Pseudohistoire

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Le mot pseudohistoire (aussi prim'histoire ou parahistoire) désigne une étude qui se présente comme un travail d'historien mais ne respecte pas les règles de la méthodologie historique[1]. Dans un cadre polémique, il peut aussi être utilisé comme étiquette péjorative pour dévaloriser un travail historique dont les détracteurs n'apprécient pas les conclusions[2].

La pseudohistoire peut traiter soit d'événements à la réalité discutable et qui se seraient déroulés avant ou en parallèle de l'histoire officielle, soit d'événements incontestés, mais interprétés de manière à « valider » abusivement une thèse pré-conçue, en occultant, niant ou excluant tous les éléments allant à l'encontre de cette thèse. Les sujets d'étude de la pseudo-histoire sont souvent d'hypothétiques civilisations avancées et que l'on imagine connaissant l'écriture ou des technologies complexes (voir par exemple le mythe de l'Atlantide), ou encore une hypothétique filiation directe, très ancienne et exclusive, entre une civilisation ancienne et une nation actuelle (voir l'article « Protochronisme »).

Critères[modifier | modifier le code]

Quelques critères ont été suggérés pour déterminer si une étude relève de la pseudohistoire[3] :

  • L’ouvrage poursuit un but politique, religieux ou idéologique.
  • L’ouvrage n’est pas publié dans une revue scientifique et/ou n’a pas été validé par des pairs.
  • Les principaux faits mentionnés à l’appui de la thèse du livre sont spéculatifs, controversés ou font partie des cas suivants :
  1. les sources ne sont pas correctement citées ;
  2. interprétées de manière partiale ;
  3. se voient accorder une importance anormale ;
  4. sont citées hors de leur contexte ;
  5. sont déformées, involontairement, accidentellement, ou frauduleusement.
  • Les explications divergentes et plus simples pour le même ensemble de faits, données par des spécialistes et correctement référencées, ne sont pas mentionnées.
  • L’ouvrage fait référence à une ou plusieurs théories de la conspiration ou à des explications complexes, alors qu’une explication plus simple peut être trouvée et devrait être retenue en application du rasoir d'Occam
  • L’ouvrage réfute catégoriquement toute possibilité de manipulation dans le déroulement ou le récit d’un événement dont il défend une version exclusive.

Le problème de flou dans la définition est le même que pour la pseudo-science, qui d'ailleurs se reconnait à peu près par les mêmes critères.

Exemples[modifier | modifier le code]

Les sujets de recherche les plus connus sont ceux sur les mythes de la Genèse (quête de l'arche de Noé), l'Atlantide ainsi que son pendant Pacifique, Empire de Mû ou la Lémurie en Afrique, que des sceptiques considèrent comme des métaphores politiques ou de pures inventions. La pseudo-histoire comprend aussi beaucoup de sujets dont les sources sont parcellaires et permettent donc beaucoup d'interprétations différentes, comme les origines indo-européennes, le druidisme, l'afrocentrisme, les empires précolombiens ou le mégalithisme.

Outre les civilisations humaines du passé, la pseudohistoire étudie aussi les visites supposées d'extra-terrestres sur Terre. Ainsi, le tarmac supposé formé par les géoglyphes de Nazca ou bien les peintures des Dogons entrent dans le champ de la discipline. En langue française, des auteurs comme Pierre Carnac, Robert Charroux, Erich von Däniken (traduit), Serge Hutin ou Guy Tarade ont été prolifiques dans ce domaine.

À ce titre, la pseudo-histoire est à l'histoire ce que la cryptozoologie est à la zoologie : un espace où le rêve et le mythe se nourrissent de la science. À ce titre, elle relève de la créativité et s'apparente à la science-fiction (voir par exemple les quêtes d'êtres fabuleux comme le Yéti ou le Sasquatch ou d'espèces préhistoriques survivantes comme le monstre du Loch Ness, ou encore les scenarii des films mettant en scène le personnage d'Indiana Jones).

Mais la pseudo-histoire peut aussi prendre des positions politiques, par exemple dans le cadre du protochronisme nationaliste, lorsqu'elle tente de démonter des filiations directes, très anciennes et exclusives, entre une civilisation ancienne et une nation ou une ethnie actuelle, ou bien dans le cadre du négationnisme lorsque, non contente de nier la réalité d'évènements historiques[4], elle en propose d'autres versions[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Garrett G. Fagan, Archaeological Fantasies: How Pseudoarchaeology Misrepresents The Past and Misleads the Public, ISBN 978-0415305938
  2. Par exemple, les négationnistes qualifient de « pseudo-histoire » les études sur la Shoah.
  3. Douglas Allchin, Pseudohistory and Pseudoscience
  4. Israel Charny, Le Livre noir de l'humanité, Paris, Privat. (ISBN 2-7089-5607-8).
  5. Par exemple l'historiographie scolaire turque expliquant qu'il n'y a jamais eu de génocides arménien et grec pontique, « parce qu'en réalité » ces populations auraient été déplacées avec des pertes limitées, dues « uniquement aux conditions de guerre », ou bien ont fui, « pour ensuite inventer de toutes pièces et à l'aide de documents apocryphes, lesdits génocides afin d'obtenir des dédommagements » : voir étude des « sözde soykırımı » (les « prétendus génocides ») dans « Turquie : de la difficulté de débattre du génocide arménien », Courrier international, 2005 [lire en ligne (page consultée le 2 avril 2008)] et Jérôme Bastion : « La Turquie propose une "commission-vérité" à l’Arménie », RFI, 15 avril 2005 [lire en ligne (page consultée le 2 avril 2008)]

Articles connexes[modifier | modifier le code]