Eugène Eyraud

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Eugène Eyraud est né en 1820 à Saint-Bonnet- dans les Hautes-Alpes. Il est décédé le 19 août 1868 sur l'île de Pâques où il est enterré.

Hanga Roa

Son parcours[modifier | modifier le code]

Premier européen à s'installer sur l'Île de Pâques, le Frère Eyraud appartenait à la congrégation des religieux et religieuses des Sacrés-Cœurs de Picpus, il était serrurier mécanicien de profession.

Entré comme novice chez les religieux des Sacrés-Coeurs], influencé par l'activité de son frère, missionnaire en Chine, il quitte le Chili pour Tahiti en 1862 et arrive à Hanga Roa le 2 janvier 1864.

Tourmenté par les indigènes, il reste 9 mois dans l'île, avant d'être rapatrié au Chili le 11 octobre 1864.

Dix-sept mois plus tard, le 27 mars 1866, il revient s'installer définitivement sur l'île, accompagné du Père Hippolyte Roussel et de trois Polynésiens originaires de Mangareva.

Son action[modifier | modifier le code]

Ses débuts de missionnaire furent difficiles, les indigènes s'opposèrent farouchement à son action. Toutefois, progressivement, ils se laissèrent gagner par ses paroles et celles de ses compagnons, qui finirent par acquérir une forte influence sur la population.

En octobre 1866, le Révérend Père Gaspar Zuhmbohm et le Frère Théodule Escolan rejoignent les deux religieux, apportant avec eux des plants, graines et animaux domestiques. Ils dispensent leur enseignement à Hanga Roa et à Vaihu, et les conversions s'amplifient.

Le 22 décembre 1866, Frère Eyraud écrivait : « Les chances de triomphe s'annoncent de jour en jour plus certaines, et l'heure de la Providence semble arrivée pour les habitants de l'île de Pâques. La mission est venue s'établir au moment où le travail de destruction touchait à ses dernières limites : destruction dans l'ordre matériel, destruction dans l'ordre moral ». Il assiste, cette année-là, à ce qui sera la dernière cérémonie du culte de l'Homme-Oiseau...

Le 14 août 1868, les derniers Pascuans sont baptisés et reçus dans l'Église. Quelques jours plus tard, le 19 août, le Frère Eyraud meurt de la tuberculose. Ses dernières paroles furent : « Sont-ils tous baptisés ? ». « Tous », lui répond-on.

Frère Eyraud et les croyances locales[modifier | modifier le code]

Déjà, lors de son premier séjour, le Frère Eyraud avait constaté que dans chaque maison il y avait des tablettes de bois couvertes de signes hiéroglyphiques mais que les Pascuans ne savaient plus les lire et en faisaient peu de cas. Il s'agissait des Rongo-Rongo, observés pour la première fois. Toutefois, le Frère Eyraud ne pensera pas à les signaler aux Pères Roussel et Gaspar. Ce n'est qu'en 1869 que ce dernier en offrit une à Monseigneur Jaussen, à Tahiti, de la part des Pascuans ; c'est à partir de cette date que ces objets gravés commencèrent à être étudiés, la traduction de cette écriture n'ayant pas encore été découverte à ce jour.

Par ailleurs, concernant les Moai Kavakava, statuettes en bois sculpté trouvées sur l'île, le Frère Eyraud écrivait (dans une lettre adressée au T.R.P, Congrégation du sacré-cœur de Jésus et de Marie) : « Quoique j'ai toujours vécu avec eux dans la plus grande familiarité, je n'ai pas été capable de découvrir un quelconque acte positif de culte religieux. Dans toutes les maisons, on peut voir beaucoup de statuettes hautes d'environ 30 centimètres, représentant des personnages masculins, des poissons, des oiseaux etc... Ce sont sans aucun doute des idoles, mais je n'ai jamais observé qu'on leur ait accordé aucune sorte d'honneur. J'ai vu, à l'occasion les natifs prendre ces statues dans les airs, faisant quelques gestes et accompagnant tout ceci d'une sorte de danse et d'un chant sans signification. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'Île de Pâques - Michel et Catherine Orliac - découvertes Gallimard - février 2004 - (ISBN 2-07-053063-9)
  • E. Eyraud, « Lettres au T.R.P, Congrégation du sacré-cœur de Jésus et de Marie », Annales Association de la propagation de la foi, vol.38, Lyon 1866 : 52-61 et 124-138.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]