Thor Heyerdahl

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L'explorateur norvégien Thor Heyerdahl

Thor Heyerdahl est un anthropologue, archéologue et navigateur norvégien (né le à Larvik en Norvège, mort le à Andora en Italie) qui est devenu internationalement célèbre en 1947 à la suite de l'expédition du Kon-Tiki, tentative de rallier les îles polynésiennes sur un radeau partant des côtes d'Amérique du Sud afin d'expliquer le peuplement de l'Océanie.

L'expédition du Kon-Tiki[modifier | modifier le code]

Le Kon-Tiki

Thor Heyerdahl naît en 1914 dans la petite ville norvégienne de Larvik. Il s'intéresse très tôt à la zoologie, puis à l'ethnographie. Il se passionne pour l'étude du peuplement des îles polynésiennes, et, se basant sur des indices concordant du matériel archéologique et anthropologique des peuples polynésiens et de ceux du continent américain, il échafaude une hypothèse d'une expansion dans le océan Pacifique venant de l'Est, contre la théorie admise jusqu'alors d'un peuplement venant de l'Asie du Sud-Est.

Cette nouvelle théorie est accueillie fraîchement, il décide donc de l'étayer en entreprenant en 1947 de reproduire, dans les conditions de l'époque préhistorique, le voyage d'Amérindiens à la dérive à travers le Pacifique. Il part de Callao au Pérou avec cinq équipiers sur un radeau de troncs de balsa, baptisé Kon-Tiki, et au bout de trois mois atteint les îles Tuamotou : lui et ses cinq compagnons échouent sur l'atoll Raroia.

Le livre qu'il écrit, L'Expédition du Kon-Tiki, connaît un succès international. Il continue ses recherches en organisant une campagne de recherche sur les îles Galápagos en 1953 qui lui permet d'y découvrir des vestiges d'origine inca qui confirment sa théorie. Trois ans plus tard, il dirige une équipe de 23 chercheurs principalement norvégiens qui réalisent d'importantes fouilles archéologiques sur l'île de Pâques, et il trouve là encore des indices qui le confortent, mais les milieux scientifiques restent généralement sceptiques sur la validité des conclusions de Thor Heyerdahl :

  • d'une part les découvertes faites ne concernent que deux îles extrêmement proches du continent américain ;
  • les découvertes faites avant et après l'expédition du Kon-Tiki contredisant l'hypothèse de Thor Heyerdahl sont bien plus nombreuses, en particulier l'étude archéologique des poteries Lapita, et établissent la chronologie du peuplement des îles de l'océan Pacifique à partir de l'Asie.
  • le développement des études génétiques semble corroborer l'hypothèse du peuplement de la Polynésie à partir de l'Asie.

Des Égyptiens en Amérique[modifier | modifier le code]

Ra II au musée du Kon-Tiki à Oslo

En 1969, il tente d'appliquer sa méthode de démonstration par l'exemple en utilisant cette fois des bateaux en papyrus des anciens Égyptiens qu'il pense aptes à traverser l'océan Atlantique. Une première expérience à bord du échoue après 5 000 km en mer, mais l'année suivante le bateau de papyrus Râ II, parti du Maroc, atteint la Barbade, poussé par les courants marins, démontrant que les anciens Égyptiens auraient pu influencer les civilisations amérindiennes pré-colombiennes.

Ses dernières explorations[modifier | modifier le code]

En 1977— il a alors 63 ans —, il entreprend avec un bateau de roseaux, le Tigris, d'étudier les routes commerciales maritimes et les échanges culturels dès l'an 3000 av. J.-C. entre Sumer, en Mésopotamie, et d'autres civilisations, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord-Est et au Pakistan, avec la civilisation de la vallée de l'Indus. Enfin il se consacre à des recherches archéologiques aux Maldives, aux îles Canaries, et à Túcume au Pérou, où vingt-cinq pyramides sont exhumées.

Il a réalisé des fouilles aux Maldives et, selon lui, des populations de Lothal, dans la vallée de l'Indus, seraient venues sur ces îles construire des pyramides à degrés. Puis leurs descendants seraient allés d'un côté en Égypte, comme en témoignerait la pyramide de Saqqarah, de l'autre vers le Mexique.

À 87 ans, il meurt sans avoir arrêté son activité à Colla Micheri, hameau de la commune italienne d'Andora.

Il a publié de nombreux ouvrages de vulgarisation et d'aventure traduits dans de nombreuses langues qui lui ont assuré une renommée internationale.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Citation de Thor Heyerdahl affichée à l'extérieur du musée du Kon-Tiki à Oslo.
  • Pa Jakt Efter Paradiset, In Search of Paradise, Gyldendal, Oslo, 1938
  • L'Expédition du Kon-Tiki, ed. Albin Michel, Paris, 1951
  • American Indians in the Pacific, The Theory behind the Kon-Tiki Expedition, ed. George Allen & Unwin, London, 1952
  • Objects and Results of the Kon-Tiki Expedition, Proceedings of the 30th International, Congress of Americanists, pp. 76-81, Cambridge, 1952
  • Expédition Râ, ed. Presses de la Cité, Paris, 1970 ASIN: B0000DLA53
  • Fatu Hiva, le retour à la nature, Les éditions du Pacifique, Papeetee : 1976, ISBN 2-85700-061-8 [n 1]
  • Tigris, ed. Albin Michel (1979), ISBN 2-226-00881-0
  • Île de Pâques, l'énigme dévoilée, ed. Albin Michel,1989, ISBN 2-226-03529-X
  • L'Expédition du Kon-Tiki, Éd. Phébus, ISBN 2-85940-850-9
  • Aku-Aku, Le secret de l'île de Pâques, Éd. Phébus, ISBN 2-7529-0088-0 [n 2]
  • Le mystère des Maldives, ed. Albin Michel, 2000, ISBN 2-226-02936-2

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Erik Hesselberg, Les compagnons du Kon-Tiki, ed. Julliard, Paris, 1952.
  • Bengt Danielsson, From Raft to Raft, Allen and Unwin, London, 1960 (Traduit en français sous le titre : Le dernier rendez-vous d'Eric de Bisschop, Julliard, Paris, 1962, ce livre est consacré à Eric de Bisschop, principalement à l'expédition du radeau Tahiti-Nui II, de février à août 1958).
  • Snorre Evensberget, Thor Heyerdahl: The Explorer, J.M.Stenersen, Oslo, 1994.
  • Ben R. Finney, Voyage of rediscovery: A cultural odyssey through Polynesia, University of California, Los Angeles, 1994.
  • Donald P., Ryan, Thor Heyerdahl et l'Expédition du Kon-Tiki: mythe et réalité, in Bulletin de la Société des Études Océaniennes n° 275, pp.22-35, Septembre 1997. [lire en ligne]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Traduit de l'anglais par Aliette Henri Martin
  2. Edition originale norvégienne : Gylendal Norsk Forlag, 1957, traduit du norvégien par Marguerite Gay et Gerd Mautort.

Liens externes[modifier | modifier le code]