Make-make

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Pétroglyphe à l'effigie de Make-make (sous le masque).

Make-make dénomme deux choses :

Mythologie[modifier | modifier le code]

Dans la religion du peuple autochtone de l'Île de Pâques, d'origine polynésienne (de Hiva d'après la tradition orale), Make make, Make Make, Make-Make ou Make-make (souvent francisé en Maké-maké, Maké-Maké ou Maké Maké[1]) est le dieu principal de l'île.

Il arriva sur l'îlot Motu Nui et apporta un œuf : celui-ci donna vie aux humains (ce qui rappelle la cosmogonie polynésienne selon laquelle le genre humain proviendrait d'œufs pondus par des oiseaux ayant copulé avec des poissons après la formation de la mer et l'émergence des premières terres, à partir du chaos primordial).

Make make est représenté comme un homme avec une tête de sterne « Mahoké ». Plusieurs rituels pour honorer ce dieu ont été observés par les explorateurs hollandais : les Hopu, représentants de chaque clan, sautaient à la mer depuis la falaise d’Orongo, près du volcan Rano Kau, et nageaient à l’aide d’une gerbe de roseaux (Totora) jusqu’à l’îlot Motu Nui, où chaque hopu se postait auprès d'un nid de sterne Manutara. La volonté de Make-make se manifestait par l'ordre de ponte des œufs : le hopu qui, le premier, voyait pondre la femelle Manutara qu’il avait choisi, devait ramener l’œuf à l’ariki nui (« grand guerrier »: le "roi" de l’île). Cet unique œuf recueilli, tout le monde rentrait sans conflits. Selon la tradition orale recueillie par l’explorateur Alfred Métraux, Make-make désignait ainsi parmi les Hopu le Tangata manu : l’« homme oiseau » qui était, pour un an, l’arbitre des conflits entre clans sur l’île de Pâques. À ce titre, il était « neutre » et sacré.

Le film Rapa Nui (1994) retrace cette tradition, mais la représente comme une violente compétition où l’on doit gagner contre les autres et dont le côté sacré est complètement ignoré. En outre, dans le film le vainqueur fait du chef de son clan l’ariki nui, alors que cette dignité était héréditaire au sein de la lignée Miru, descendant selon la tradition du fils aîné de Hotu Matu'a, le découvreur légendaire de l’île.

Ce culte disparut en même temps que la population pascuane, en grande partie décimée en 1862 par les esclavagistes péruviens qui la déportèrent aux îles Chincha ; la population Rapanui actuelle (originaire majoritairement de Rapa) est chrétienne[2].

Astronomie[modifier | modifier le code]

Le plutoïde Makémaké a été nommée d'après lui car elle a été découverte le même jour, 283 ans plus tard, que la première visite des Européens sur l'île de Pâques[3],[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://books.google.ca/books?lr=lang_fr&um=1&hl=fr&q=%22mak%C3%A9+mak%C3%A9%22+dieu&btnG=Chercher+des+livres
  2. Alfred Métraux : Introduction à la connaissance de l'Ile de Pâques, éditions du Muséum national d'histoire naturelle, Paris 1935, relatant les résultats de l'expédition franco-belge de Charles Watelin en 1934.
  3. (en) Jennifer Blue, « (136472) 2005 FY9 Named Makemake »,‎ 2008 (consulté le 17 Juillet 2008)
  4. (en) Mike Brown, « Mike Brown's Planets - What's in a name? part 2 »,‎ 2008 (consulté le 14 sept 2008)
  • Thomas S. Barthel: The Eighth Land : The Polynesian Settlement of Easter Island, Honolulu University of Hawaii 1978

Liens internes[modifier | modifier le code]