Palynologie

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Grain de pollen à ballonnets vu au microscope optique. Ce type pollinique est caractéristique des conifères : un corps et deux ballonnets (sacs aérifères) permettant au grain de voler
Grains de pollen actuels au microscope électronique (tournesol, volubilis, rose trémière, lys, onagre et ricin ; la taille des grains est généralement comprise entre 300 et 5 μm.
Spores trilètes du Silurien

La palynologie est l'étude des grains de pollen et spores, des palynomorphes fossiles ou actuels.

Sommaire

Historique [modifier]

Étude de morphologie pollinique par Meyer, 1888

Le terme palynologie a été introduit par Hyde et Williams en 1944. Il vient du grec ancien palunein, « saupoudrer », et logos, « discours ».

Origine ancienne de la palynologie [modifier]

Origines modernes [modifier]

Au cours des années 1940, la palynologie concernait uniquement l'étude des spores et des grains de pollen, incluant également ceux provenant des charbons et des sédiments minéraux. Par la suite, le champ d'investigation de la palynologie s'est étendu à d'autres éléments fossilisés constitués d'une paroi organique et qui résistent aux processus d'extraction au moyen d'acides comme l'acide fluorhydrique, l'acide nitrique, etc. Ces microfossiles à parois organiques, également appelés palynomorphes, peuvent être d'origine continentale, comme les cryptospores, les spores, les grains de pollen, les algues d'eau douce mais aussi d'origine marine comme les acritarches, les chitinozoaires, les dinoflagellés, les scolécodontes, etc.

Méthodes d'analyse [modifier]

Echantillonnage par carottage (Fort Bragg, Caroline du Nord)

L’analyse pollinique se déroule en plusieurs étapes :

  • Échantillonnage : prélèvement sur le terrain, en collaboration avec des archéologues ou des géologues, de sédiments qui contiennent du pollen. Il se fait par carottage ou sur coupe rafraîchie si on peut accéder directement aux formations ou aux couches archéologiques à analyser. On relève également la stratigraphie et la description de la végétation actuelle ;
  • Préparation en laboratoire (extraction des grains de pollen et des spores) ;
  • Détermination au microscope (d'après la morphologie pollinique) et énumération du pollen et des spores présents ;
  • Elaboration d'un diagramme pollinique (les spectres polliniques sont alignés selon la stratigraphie du prélèvement) grâce à un logiciel spécialisé ;
  • Interprétation des données.

Applications [modifier]

La paléopalynologie (analyse pollinique), ou étude des grains de pollen et palynomorphes fossiles, est l'application la plus largement développée. Elle est extrêmement importante en recherche pétrolière et pour l'évaluation rétrospective de la réponse des écosystèmes à des changements climatiques. Elle apporte des informations sur la stratigraphie, les sédiments, la paléoécologie, la paléogéographie, les paléoclimats, etc. L'histoire et l'archéologie peuvent utiliser le pollen pour tracer ou pour évaluer le contexte associé à un objet ou une époque : la palynologie a été mise à contribution, par exemple, pour éclairer l'origine du Linceul de Turin. La palynologie n'est pas en moyen de datation mais elle permet de repérer une séquence paléoécologique particulière et de là envisager une position stratigraphique (voir biozone).

La palynologie a de nombreuses autres applications :

  • elle apporte des éléments utiles dans les études de systématique des palynomorphes ;
  • l'aéropalynologie consiste à analyser la présence dans l'air de différents types de grains de pollen. Elle a des applications en médecine (pathologies allergiques) et en agronomie (pollinisation) ;
  • la mélissopalynologie est l'étude des grains de pollen présents dans le miel. Elle permet de détecter les mélanges et les fraudes mais aussi de labelliser des miels certifiés en ce qui concerne leur composition ;
  • la police scientifique peut utiliser des données polliniques : en médecine légale, la palynologie peut apporter des indices complémentaires sur les milieux visités par une victime ou un suspect.

Botanique [modifier]

Paléoécologie [modifier]

Paléoclimatologie [modifier]

En paléoclimatologie (étude des climats anciens), la palynologie appliquée à des échantillons(issus de carottages par exemple) permet de connaître les végétaux présents à des périodes données, permettant ainsi de déduire les climats correspondants (par exemple la présence unique de Chénopodiacées correspond à un climat aride, la cohabitation de Chénopodiacées et d'Armoises indique plutôt un semi-désert)[1].

Archéologie [modifier]

La paléopalynologie est désormais une science paléoenvironnementale (paléoécologie) qui a pris une place grandissante dans la recherche archéologique moderne. En effet, elle permet d'obtenir un grand nombre d'informations liées au milieu dans lequel évoluaient les groupes humains du passé. Quand des pollens ont été piégés et conservés dans une structure archéologique, leur analyse et leur comptage apporte des informations sur l'environnement végétal général, sur les pratiques anthropiques et sur l'âge de la structure archéologique en question. Plusieurs types de pratiques peuvent être approchées grâce aux pollens :

  • les pratiques agricoles et alimentaires (par exemple les types de céréales cultivées, le temps de mise en culture des parcelles, etc.) ;
  • les pratiques funéraires (par exemple le type de dépôt) ;
  • les niveaux d'occupation et d'abandon d'un site.

On peut obtenir des datations relatives par comparaison de diagrammes polliniques.

Aéropalynologie [modifier]

Certaines espèces de grains de pollen et de spores sont allergisants (cf. rhume des foins, coryza, asthme ou pollinose). Les principaux grains allergènes sont les graminées, les armoises te l'ambroisie, le platane, etc. Un réseau d'alerte[2] définit un calendrier pollinique et permet de connaître par jour et par région les risques d'allergie au pollen présent dans l'atmosphère. L'analyse du pollen contenu dans l'atmosphère est utilisé également en agronomie pour suivre la pollinisation des espèces cultivées, notamment des vergers, prévenir certaines maladie crytogamiques et éventuellement faire des prévisions de récoltes.

Mélissopalynologie [modifier]

La mélissopalynologie étudie le miel et son contenu pollinique. En analysant le pollen d'un échantillon de miel, il est possible de déterminer son origine géographique et de savoir quelles plantes ont été visitées par les abeilles. Le miel d'une seule espèce végétale est souvent plus précieux que le miel provenance de multiples espèces (voir la réglementation sur les miels). L'analyse du pollen est effectuée au microscopie après centrifugation d'une solution aqueuse de miel. Le grossissement microscopique dépend de la qualité de l'échantillon et de la précision que l'on souhaite obtenir. Un atlas et des lames de référence sont nécessaires aux déterminations.

Notes et références [modifier]

  1. [1], Paléoclimat de la Méditerranée orientale et de l'Asie du Sud-Ouest de 15 000 à 6 000 BP.
  2. http://www.pollens.fr/accueil.php

Références [modifier]

  • Faegri K. & Iversen, J. 1964 - Textbook of Pollen Analysis. Munksgaard, Copenhague.
  • Galop D., 1998 - La forêt, l’homme et le troupeau dans les Pyrénées. 6 000 ans d’histoire de l’environnement entre Garonne et Méditerranée. Géode, Framespa, Toulouse, 283 p.
  • Moore P.D., Webb J.A. & Collinson M.E., 1991 - Pollen Analysis. Blackwell Scientific Publ., 2e éd. 1991.
  • Pons A., 1970 - Le Pollen. Coll. Que sais-je ?, PUF, Paris, 128 p.
  • Pons A., 1984 - La paléoécologie face aux variations spatiales du bioclimat méditerranéen. Bull. Soc. bot. Fr., 131, Actual. bot., 2,3,4 : 77-83.
  • Pons A., 1993 - Contribution de l’analyse pollinique à l’étude des changements de végétation et de climat en Europe. Sécheresse 4,4 : 233-240.
  • Reille M., 1990 - Leçons d’analyse pollinique et de palynologie. Éd. du CNRS, 206 p.
  • Sémah A.-M., 2004. L'évolution de la végétation depuis deux millions d'années. Éditions Errance, 318 p.
  • Rossignol-Strick M., 1997 - Paléoclimat de la Méditerranée orientale et de l'Asie du Sud-Ouest de 15 000 à 6 000 BP. In Paléorient, 23, 2 : 175-186.

Voir aussi [modifier]

Liens externes [modifier]