Jean-Jacques Aillagon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Jean-Jacques Aillagon
Jean-Jacques Aillagon en octobre 2003
Jean-Jacques Aillagon en octobre 2003
Fonctions
Conseiller régional de Lorraine
Élection
Ministre de la Culture et de la Communication
Président Jacques Chirac
Gouvernement Jean-Pierre Raffarin I et II
Prédécesseur Catherine Tasca
Successeur Renaud Donnedieu de Vabres
Biographie
Date de naissance (69 ans)
Lieu de naissance Metz (Moselle)
Nationalité française
Profession Professeur d'histoire-géographie

Jean-Jacques, Claude, Aillagon, né le à Metz, est un dirigeant d'institutions culturelles, ancien ministre de la Culture et de la Communication des gouvernements de Jean-Pierre Raffarin, sous la présidence de Jacques Chirac.

Il est, notamment, directeur des affaires culturelles de la Mairie de Paris avant d'être nommé président du Centre Georges-Pompidou, en 1996. Il devient ministre de la Culture et de la Communication en 2002.

Après avoir quitté le gouvernement, en 2004, il assure la présidence de TV5 Monde avant d'être nommé, le , président de l'Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles. Renouvelé dans ses fonctions, il le restera jusqu'au . Le 14 février 2013, Jean-Jacques Aillagon est élu à la présidence des Arts décoratifs[1], dont il démissionne le 9 septembre 2013.

Jean-Jacques Aillagon est le conseiller de François Pinault dans ses activités artistiques et culturelles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Jean-Jacques Aillagon est titulaire d'une maîtrise d'histoire moderne, obtenue à l'université de Toulouse ainsi que d'un diplôme d'études approfondies en histoire de l'art de l'université Paris X-Nanterre : « Viollet-le-Duc et l'enseignement de l'architecture » puis du CAPES d'histoire-géographie. De 1973 à 1976, il est enseignant en Corrèze, avant de quitter l'enseignement pour rejoindre, à Paris, l'administration culturelle.

Carrière[modifier | modifier le code]

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article contient une ou plusieurs listes. (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).

Le texte gagnerait à être rédigé sous la forme de paragraphes synthétiques, plus agréables à la lecture.

De l'Éducation nationale au ministère la Culture et de la Communication

Dans l'entourage de Jacques Chirac, de la Mairie de Paris à l'Élysée

  • 1985 : adjoint au directeur des affaires culturelles de la Ville de Paris et directeur de l'Office d'information culturelle.
  • 1988 : délégué général aux manifestations culturelles de la Ville de Paris
  • 1993 : directeur des affaires culturelles de la Ville de Paris.
  • 1990 : coordinateur de la célébration du Centenaire de la naissance du général de Gaulle
  • 1992 : directeur général de la Vidéothèque de Paris
  • 1995 : élu président de l'Association des directeurs des affaires culturelles des grandes villes de France
  • 1995 : commissaire général de l'Année France-Égypte (1997-1998)

Présidence du Centre Georges-Pompidou et missions ministérielles

  • 1996 : nommé, par décret du 28 mars 1996, président du Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou. Il est reconduit, par décret du 26 mars 1999, à la présidence du Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, puis de nouveau le 7 mars 2002, à la présidence du Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou (fonction quittée lors de sa nomination au gouvernement).
  • 1996 : chargé par le Premier ministre d'une mission de réflexion pour l'organisation de la célébration, par la France, de l'entrée dans le troisième millénaire.
  • 1996 : nommé, par décret du 17 décembre 1996, président de la Mission 2000 en France.
  • 2000 : création de l'Université de tous les savoirs au Conservatoire national des arts et métiers dans le cadre de la mission 2000 (ensemble de leçons magistrales à vocation encyclopédique)

Du ministère de la Culture à la direction d'établissements culturels, publics et privés

  • 2002 : ministre de la Culture et de la Communication (voir plus bas)
  • 2004 : conseiller de François Pinault, président du groupe Artemis ; administrateur délégué et directeur du Palazzo Grassi à Venise.
  • 6 avril 2004 : élu administrateur puis président-directeur général de la chaîne de télévision TV5 Monde par son conseil d'administration. Le même jour il est nommé administrateur puis Président du Conseil d'administration de Canal France International, dont la direction exécutive est confiée à son Directeur général, Jean Mino. Sa nomination à la tête de TV5 Monde a été critiquée par le Syndicat national des journalistes sur le fondement de l'article 432-13 du code pénal. Néanmoins, le gouvernement a, préalablement à la désignation de Jean-Jacques Aillagon à la présidence de TV5, consulté le Conseil d'État qui a précisé que l'article 432-13 du code pénal n'est pas applicable à un ancien ministre. Le 3 mars 2006 il annonce sa démission prochaine[2].
  • 2007 : (6 juin) par décret du président de la République, il est nommé président de l'Établissement public du musée et du domaine national de Versailles (Journal officiel no 0131 du 07/06/2007)
  • 2010 : (4 juin) l'Élysée fait savoir que le mandat de Jean-Jacques Aillagon sera reconduit (décret du 10 juin, Journal officiel du 11 juin 2010). Xavier Darcos, quittant le gouvernement fin mars 2010, avait été un moment approché pour lui succéder.
  • 2011 : (octobre) Jean-Jacques Aillagon, qui a atteint, à 65 ans, l'âge officiel de la retraite dans le service public, doit quitter la présidence du château de Versailles. Il est remplacé par Catherine Pégard, ancienne conseillère de Nicolas Sarkozy[3].
  • 2013 : Présidence des Arts décoratifs

Faits politiques

Ministre de la Culture et de la Communication[modifier | modifier le code]

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (avril 2013).
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [Comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Entre 2002 et 2004, il est ministre de la Culture et la Communication dans le premier et le deuxième gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.

Sa réalisation la plus notable comme ministre est la loi dite Aillagon sur le mécénat qu'il parvient à faire adopter en 2003. Elle dote la France d'un des régimes les plus favorables en ce domaine. La loi, autorisant des déductions fiscales allant jusqu'à 90 %, permet notamment de résoudre le problème de l'acquisition des biens qui, déclarés « trésors nationaux », doivent être conservés en France.

Jean-Jacques Aillagon mène une politique visant à favoriser l'autonomie des établissements publics relevant de son ministère. Orsay et le Musée Guimet sont érigés en établissements publics autonomes, et leur indépendance, tout comme celle du Louvre et de Versailles, est confortée vis-à-vis notamment de la Réunion des musées nationaux et de la Direction des Musées de France.

Jean-Jacques Aillagon s'efforce de surmonter les réticences de son ministère vis-à-vis de la décentralisation : il accepte la décentralisation du service de l'inventaire, et charge une commission présidée par René Rémond de préparer le transfert aux collectivités territoriales, sur la base du volontariat, de monuments appartenant à l'État mais qui ne paraissent pas justifier que la collectivité nationale continue à les détenir.

Toutefois, Jean-Jacques Aillagon porterait une lourde responsabilité sur la situation critique du patrimoine français qui s'aggrave sous son ministère. Paul Barnoud, président de la Compagnie des architectes en chef des monuments historiques fait ainsi remarquer : « L'entretien des cathédrales est absolument énorme… jusqu'à présent lorsqu'il y avait une alerte, on pouvait agir. Actuellement, on ne peut plus. La crise, devenue endémique à partir du moment où Jean-Jacques Aillagon, alors ministre de la Culture, a fait une ponction d'environ 100 millions d'euros sur les fonds affectés au patrimoine. Comme les crédits se reportent d'année en année, il les prit pour les remettre au fur et à mesure. Évidemment, l'argent n'est jamais revenu et depuis, il y a des tensions folles de trésorerie. »[6]

Dans le domaine de la communication, il remet en cause les projets de France Télévisions sur le numérique terrestre, invitant le groupe public à approfondir les missions de service public des chaînes existantes. Le rapport commandé à Catherine Clément sur la culture à la télévision (La nuit et l'été) ne reçoit toutefois pas vraiment d'application concrète, tandis que celui de Blandine Kriegel sur la violence à la télévision suscite la polémique.

Jean-Jacques Aillagon est également l'artisan de la loi du 9 juillet 2004 relative aux communications électroniques et aux services de communication audiovisuelle, qui donne notamment un cadre juridique à la relance des télévisions locales.

Il négocie avec la Commission européenne une ouverture limitée et graduelle de la publicité télévisée pour la distribution et une ouverture complète de la publicité télévisée pour la presse, mettant fin à un contentieux qui durait depuis plusieurs années.

Il dépose également le projet de loi DADVSI sur les droits d'auteur.

La renégociation des annexes VIII et X de la convention de l'UNEDIC, relatives au régime des intermittents du spectacle, que le gouvernement accepte d'agréer suscite, toutefois, de violents remous. Pris à partie lors de la cérémonie des Césars, le ministre ne voit pas venir le mouvement des intermittents et l'annulation sans précédent des festivals à l'été 2003. Les jours du ministre sont dès lors comptés. Il est remplacé, en avril 2004, par Renaud Donnedieu de Vabres.

Établissement public du château, du musée et du domaine de Versailles[modifier | modifier le code]

De 2007 au 30 septembre 2011, Jean-Jacques Aillagon est président de l'établissement public du musée et du domaine de Versailles, devenu en 2010 établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles.

Jean-Jacques Aillagon a organisé du au une exposition Jeff Koons dans le château de Versailles, en présentant dans les Grands appartements et la galerie des Glaces la première rétrospective consacrée en France à cet artiste américain[7]. Cette exposition a donné lieu à des réactions nombreuses et contrastées dans le monde entier[réf. nécessaire]. Des observateurs l'ont perçue[8] comme un acte témoignant d'un profond mépris à l'égard du patrimoine de la France[9]. Le Monde et artpress soulignent au contraire la cohérence et la pertinence de l'exposition[10],[11]. Plus concrètement, L'Humanité rappelle les liens d'amitié entre Jean-Jacques Aillagon et François Pinault, son ancien employeur, ce dernier ayant prêté 6 œuvres de l'artiste en sa possession et en ayant revendu trois « pour plusieurs millions de dollars » grâce à l'augmentation de la cote de l'artiste faisant suite à cette exposition de Versailles[12].

Jean-Jacques Aillagon a de nouveau invité l'art contemporain en 2009 (Veilhan Versailles, Le Carrosse dans la cour, les Architectes dans le jardin, Le Mobile dans le château…), 2010 (Takashi Murakami) et 2011 (Bernar Venet) sans abandonner les expositions liés à l'histoire du lieu (Fastes de Cour et cérémonies royales, La Guerre sans Dentelles, Louis XIV l'homme et le roi, qui a réuni près de 480 000 visiteurs, Versailles photographié, 1850-2010, Sciences à la Cour de Versailles, etc.).

Jean-Jacques Aillagon poursuit la politique des grands travaux de Versailles nécessaires à la sauvegarde du patrimoine: la galerie des Glaces, la réinstallation de la grille Royale, le Petit Trianon, les allées du parc, le Belvédère dans le domaine de Marie-Antoinette.

Jean-Jacques Aillagon est le premier du classement des cinquante personnalités les plus influentes du monde de l'art en France, réalisé par l'Œil et Le Journal des arts en mars 2011[13].

Arts décoratifs[modifier | modifier le code]

Le 14 février 2013, il est élu à la présidence des Arts décoratifs, institution culturelle française privée qui regroupe le musée des arts décoratifs de Paris, la bibliothèque des Arts décoratifs, le musée Nissim-de-Camondo et l'école Camondo. Il remplace Hélène David-Weill, dont le mandat arrivait échéance et qui, après dix-neuf ans de présidence[1], ne se représentait pas. Seul candidat, il est élu à l'unanimité des quatorze membres présents[1] du conseil d'administration du musée qui en compte une vingtaine, dont trois représentants de l'État[1]. Il avait été coopté comme administrateur au sein de ce conseil quelques mois auparavant. Le poste de président est un poste non rémunéré[1]. Le 9 septembre suivant, il démissionne de la présidence pour motifs personnels. « Six mois, à peine, après mon élection à la présidence des Arts décoratifs, je constate, avec un immense regret, que les contraintes qui s'imposent à ma vie privée m'obligent à renoncer au mandat passionnant qui m'a été confié », écrit l'ancien ministre dans une lettre au personnel rendue publique par l'établissement de la rue de Rivoli[14].

Autres[modifier | modifier le code]

En avril 2014, il est chargé par le maire de Nice, Christian Estrosi, de présider la commission chargée présenter la candidature pour de la Promenade des Anglais au patrimoine mondial de l'Unesco[15]. Celle-ci sera élargie au thème de « Nice, Capitale d'hiver »[16].

À l'occasion du 10e anniversaire du musée du Quai Branly, Jean-Jacques Aillagon assure le commissariat d'une exposition consacrée à Jacques Chirac, son initiateur, intitulée "Jacques Chirac ou le dialogue des cultures". Lors de son inauguration, le 20 juin 2016, le Président de la République, François Hollande, annonce qu'un décret adopté le même jour a fait évoluer la dénomination du musée qui devient l'Etablissement public du musée du Quai Branly-Jacques Chirac[17].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Avant son entrée dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, il évoque son homosexualité[18] dans une interview publiée dans Le Monde du , expliquant : « En affirmant ma liberté de vivre ma sexualité, et ce dans un contexte historique, géographique (la province), et dans un contexte familial très répressif, j'ai agi politiquement. Au-delà de mon sort, c'est la situation de tous les homosexuels qui était concernée par mon engagement. »

Jean-Jacques Aillagon est père de deux enfants.

Décorations[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Jean-Jacques Aillagon élu président des Arts décoratifs , Lepoint.fr, 15 février 2013.
  2. Le Monde le 3 mars 2006
  3. [1]
  4. Décret du 3 septembre 2004 portant nomination au Conseil économique et social
  5. soutien à François Hollande
  6. Valeurs actuelles (no 3760 du 18 décembre 2008, pages 58 et 59)
  7. Site officiel de l'exposition
  8. Jeff Koons à Versailles: De l'art ou du homard ?, lexpress.fr
  9. [2]
  10. Jeff Koons honore Louis XIV - exposition réussie et à grand spectacle au Château de Versailles. Le Monde 12 septembre 2008.
  11. artpress - novembre 2008
  12. Aillagon remplacé par Catherine Pégard à la direction du château de Versailles, humanite.fr, 30 AOÛT 2011
  13. Jean-Christophe Castelain, « Les 50 personnalités de l'art les plus influentes en France », l'Œil n°633 et Le Journal des arts,‎ (consulté le 21 juillet 2011)
  14. « Jean-Jacques Aillagon quitte les Arts décoratifs », lexpress.fr, 9 septembre 2013
  15. Sylvain Lacombe, « Nice : l'étrange générosité d'Estrosi envers ses soutiens », planet.fr, 23 avril 2014.
  16. « Nice "élargit" sa candidature à l'Unesco », sur www.nicematin.com (consulté le 10 novembre 2015)
  17. Décret n° 2016-818 du 20 juin 2016 portant changement de dénomination de l'Etablissement public du musée du quai Branly, (lire en ligne)
  18. Aurore Merchin, Politique : élus homos, le jour où ils l'ont dit, Le Parisien, 8 novembre 2012
  19. « Décret du 25 mars 2016 portant promotion dans l'ordre de la Légion d'honneur », sur le site de Légifrance,‎ (consulté le 27 mars 2016).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]