Cette page est en semi-protection longue.

Pénis

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Verge.

Page d’aide sur l’homonymie « Quéquette » redirige ici. Pour l’article homophone, voir Kékette.

Le pénis [1] est l’organe mâle de copulation et de miction chez les animaux.

Il constitue, avec les testicules, l’appareil génital externe du mâle. L'organe reproducteur mâle s'appelle également pénis chez d'autres animaux.

Pénis d'éléphant d'Asie en phase d'érection.

Chez les tétrapodes

Un baculum (os pénien) de morse mesurant 59 cm de long. Le morse est l'animal possédant le plus grand baculum, et sa femelle a un os clitoridien (dit baubellum) mesurant 10 à 30 mm[2].

Dans l'histoire évolutive du vivant, les doigts et les organes génitaux externes sont apparus au dévonien, il y a environ 410 millions d’années, lorsque les tétrapodes sont sortis de l'eau pour coloniser les terres émergées. Le pénis permet en effet un mode de fécondation interne qui pallie l'absence de milieu liquide environnant. Ce processus est confirmé par le gène du développement HOXD13 (en) qui contrôle la formation des extrémités, doigts des mains et des pieds (organes développés lors de terrestrialisation en lien avec le mode de locomotion terrestre (en)), mais aussi celle du pénis[3]. Selon le biologiste Michel Morange, « le nombre de doigts ne serait que la conséquence de contraintes situées ailleurs ; peut-être avons-nous cinq doigts pour que notre pénis soit plus efficace[4] ».

La plupart des marsupiaux, sauf les deux espèces les plus grandes des kangourous, ont un pénis bifurqué, c’est-à-dire qu’il se divise en deux colonnes indépendantes[5].

Le plus gros pénis du règne animal appartient à la baleine bleue. Celui-ci peut atteindre 2,4 m[6].

Chez certains mammifères euthériens (à l'exclusion des monotrèmes et des marsupiaux), le pénis est renforcé par le baculum (mot latin signifiant « canne »), ou os pénien. Il est absent chez les humains, mais présent chez presque tous les autres primates, comme le gorille et le chimpanzé. Cet os facilite le rapport sexuel.

Le pénis est homologue au clitoris femelle, puisque les deux se développent à partir de la même structure embryonnaire.

Le pénis (et le clitoris) des mammifères ont une fonction importante dans le comportement de reproduction. Les récepteurs sensoriels péniens (et clitoridiens) transmettent les sensations de la copulation au niveau du système de récompense[7], ce qui favorise le développement de la motivation sexuelle[8].

Hominidés

Évolution des principaux facteurs neurobiologiques qui contrôlent le comportement sexuel des mammifères.

Chez les mammifères non-primates, la lordose est un réflexe[note 1] moteur complexe, inné et crucial pour la femelle[9]. Ce réflexe de lordose permet, par la courbure du dos, de bien présenter la région génitale au mâle, ce qui permet la pénétration vaginale. Lors de l'œstrus (les « chaleurs »), les œstrogènes arrivant dans l'hypothalamus désactivent le circuit cérébral qui bloquait le réflexe[10]. Puis, quand le mâle monte la femelle en œstrus, les stimuli tactiles sur les flancs et la croupe déclenchent la contraction réflexe des muscles lombaires, ce qui provoque la courbure de la colonne vertébrale.

Chez les hominidés, au cours de l’évolution, la sexualité s'est progressivement dissociée des cycles hormonaux[11],[12], 90 % des gènes des récepteurs aux phéromones ont été altérés[13],[14] et le réflexe sexuel de la lordose n'est plus fonctionnel. En raison de ces modifications du système nerveux, les informations sensorielles péniennes (et clitoridiennes) deviennent plus importantes[15]. On observe que les activités sexuelles des hominidés changent : elles ne sont plus limitées à la copulation[16],[17], mais se développent autour de la stimulation du pénis (ou du clitoris). Le comportement de reproduction a évolué vers un comportement érotique où le pénis joue un rôle majeur[18],[note 2].

Chez l’homme

Le pénis humain.
Article détaillé : Pénis humain.

Le pénis humain se constitue de trois couches de tissu :

Le bout distal du corps spongieux élargi et côniforme constitue le gland du pénis (glans penis). Le gland est entouré par le prépuce (preputium), un pli de peau qui peut se retirer pour découvrir le gland et qui est supprimé lors de la circoncision. Le prépuce s’attache au-dessous du gland par une bande de peau, le frein.

L’urètre (urethra), qui constitue la dernière partie du tractus urinaire, traverse le corps spongieux ; sa sortie, le méat urétral (meatus urethralis), se trouve au bout du gland. L’urètre sert également à la miction et à l’éjaculation.

Le pénis est capable d’érection lors de stimulation sexuelle, ce qui permet le coït. L’éjaculation accompagne la plupart du temps l’orgasme.

L’anatomie du pénis humain se distingue de celle du pénis de la plupart des autres mammifères par l’absence de baculum, un os qui sert à ériger le pénis avant l’acte de copulation. Les corps caverneux du pénis humain se gorgent de sang pour atteindre l’érection. L’homme ne peut pas rétracter son pénis dans son corps. Le pénis humain est un peu plus important, relativement à la masse corporelle, que celui des autres mammifères.

De même origine embryonnaire que le clitoris, le pénis présente une structure identique : le corps caverneux – corpus cavernosum – correspondant aux piliers du clitoris, convergeant en avant vers la symphyse pubienne pour former le corps du clitoris (constitué du coude – appelé aussi genou – et de la hampe) [19].

Chez les autres animaux

Les reptiles squamates mâles possèdent deux organes sexuels reproducteurs appelés « hémipénis », logés dans des poches à la base de la queue[20],[21].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

L'organe reproducteur mâle s'appelle également « pénis » chez les gastéropodes[22].

Variété et typologies de formes et tailles dans le monde animal

Les anatomistes et les biologistes évolutionnistes s'étonnent depuis longtemps du fait que les mâles de nombreuses espèces sont dotés d'un pénis de forme complexe (ex : fourchue, double, en spirale, épineux). On a longtemps pensé que les formes de vagins étaient chez les femelles moins variées. En réalité l'étude anatomique du vagin est plus difficile ; elle a caché la diversité des formes de vagins selon l'espèce[23].

Une idée récente, issue de la biologie intégrative et comparative, est que la complexité de certains organes génitaux femelles (chez les baleines, les canards ou les serpents par exemple) a été sous-estimée, et la complexité des formes génitales a coévolué chez les mâles et femelles. La complexité croissante des formes du vagin pourrait (chez de nombreuses espèces) être l'origine même de la diversité phallique[23].
Selon cette hypothèse, la sélection naturelle a pu favoriser des femelles capables de mieux contrôler l'accouplement et mieux "choisir" le(s) mâle(s) les fécondant, en créant de nouveaux obstacles à des accouplements forcés. Ainsi, lors de l'évolution, des organes génitaux femelles sont devenus plus complexes. Des "contre-mesures" adaptatives sont alors apparues chez les mâles, un processus qui pourrait avoir contribué aux phénomènes de spéciation[23].

Chez les insectes du genre Neotrogla, ce sont les femelles qui sont équipées d'un pénis et qui pénètrent les mâles[24], seul cas connu à ce jour dans le monde animal.

Coutumes

Dans certaines traditions culinaires, le pénis entre dans la composition d’un plat préparé. C'est le cas de l'ahkoud ou akoud en Tunisie, dans lequel du pénis de taureau est mélangé avec d'autres abats.

Notes et références

Notes

  1. Figure: Lordose et Video: Copulation)
  2. Les distinctions entre “comportement sexuel”, “comportement de reproduction” et “comportement érotique” sont expliquées dans les articles comportement érotique et comportement de reproduction. Ces expressions ont été proposées par les auteurs Martin H. Johnson et Barry J. Everitt dans leur ouvrage Reproduction, 5e edition, publié chez De Boeck Université en 2001, car les différences neurobiologiques, cognitives et comportementales entre les espèces modifient la dynamique du comportement sexuel. L'ouvrage qui présente le plus de vérifications expérimentales de ces distinctions est Functional and dysfunctional sexual behavior du neurobiologiste Anders Agmo.

Références

  1. (ou la verge)
  2. (en) Leonard Janet et Alex Cordoba-Aguilar, The Evolution of Primary Sexual Characters in Animals, Cambridge University Press, (lire en ligne), p. 452
  3. (en) Pascal Dollé, Andrée Dierich, Marianne LeMeur, Thomas Schimmang, Brigitte Schuhbaur, Pierre Chambon et Denis Duboule, « Disruption of the Hoxd-13 gene induces localized heterochrony leading to mice with neotenic limbs », Cell, vol. 75, no 3,‎ , p. 431–441 (ISSN 0092-8674 et 1097-4172, PMID 8106170, DOI 10.1016/0092-8674(93)90378-4)Voir et modifier les données sur Wikidata
  4. Michel Morange, La part des gènes, Odile Jacob, , p. 182.
  5. (en)Discoveries about Marsupial ReproductionDiscoveries about Marsupial Reproduction, Anna King, 2001. Consulté le 20 février 2010.
  6. (en)The Largest Penis in the World - Both for humans and animals, size does matter!, Stefan Anitei, Science Editor, posté sur Softpedia le 5 janvier 2007. Consulté le 20 février 2010.
  7. Matsumoto J., Urakawa S., Hori E., de Araujo M.F., Sakuma Y., Ono T., Nishijo H. Neuronal responses in the nucleus accumbens shell during sexual behavior in male rats. The Journal of Neuroscience, 32(5):1672-1686, 2012
  8. Pfaus J.G., Kippin T.E., Coria-Avila G.A., Gelez H., Afonso V.M., Ismail N., Parada M. Who, what, where, when (and maybe even why)? How the experience of sexual reward connects sexual desire, preference, and performance. Archives of Sexual Behavior, 41(1):31-62, 2012
  9. Kow L.M., Florea C., Schwanzel-Fukuda M., Devidze N., Kami K.H., Lee A., Zhou J., Maclaughlin D., Donahoe P., Pfaff D. Development of a sexually differentiated behavior (lordosis) and its underlying CNS arousal functions. Curr. Top. Dev. Biol., 79:37-59, 2007
  10. Flanagan-Cato L.M. Sex differences in the neural circuit that mediates female sexual receptivity. Frontiers in Neuroendocrinology, 32(2):124-136, 2011
  11. Jean-Pierre Signoret, « Sexuel (Comportement) », Encyclopædia Universalis, vol. 11.0,‎
    version électronique
  12. J. Buvat, « Hormones et comportement sexuel de l'Homme : données physiologiques et physiopathologiques », Contracept. Fertil. Sex., vol. 24, no 10,‎ , p. 767-778
  13. (en) Nei M., Niimura Y., Nozawa M. The evolution of animal chemosensory receptor gene repertoires: roles of chance and necessity. Nat. Rev. Genet., 9(12):951-963, 2008
  14. (en) ZHANG J. , WEBB D. M. Evolutionary deterioration of the vomeronasal pheromone transduction pathway in catarrhine primates, Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, 100(14):8337-8341, 2003.
  15. (fr) Wunsch S. Comprendre les origines de la sexualité humaine. Neurosciences, éthologie, anthropologie. [PDF] L'Esprit du Temps, 2014.
  16. FORD Clellan S. , BEACH Frank A. : Patterns of sexual behavior, Methuen & Co, London, 1965. Le livre existe en français, mais il est plus difficile à trouver : Le comportement sexuel chez l'homme et l'animal, R. Laffont, 1970
  17. Bagemihl B. Biological Exuberance. St Martin's Press, 2000
  18. (fr) WUNSCH Serge, Thèse de doctorat sur le comportement sexuel EPHE-Sorbonne, Paris, 2007. [PDF] Serveur des thèses du CNRS
  19. HELEN E. O’CONNELL,*,† KALAVAMPARA V. SANJEEVAN AND JOHN M. HUTSON, « ANATOMY OF THE CLITORIS », THE JOURNAL OF UROLOGY,‎ (lire en ligne)
  20. (en)Hemipenes - Melissa Kaplan’s - Herp Care Collection, dernière mise à jour faite le .
  21. (fr) Définition de hémipénis, Dictionnaire des sciences animales.
  22. « Les gastéropodes - Gastropoda » (consulté le 11 août 2015)
  23. a, b et c Elizabeth Pennisi (2016) Beyond the penis: Vaginas shaped evolutionary history ; Biology Evolution, 14 janvier 2016 ; DOI: 10.1126/science.aae0233
  24. http://www.lepoint.fr/science/cet-insecte-dont-la-femelle-a-un-penis-et-le-male-un-vagin-18-04-2014-1814425_25.php

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

Lien externe