Claudine Beccarie
| Naissance |
Créteil, Seine, France |
|---|---|
| Nationalité |
|
| Profession | Actrice pornographique |
| Films notables |
France société anonyme L'important c'est d'aimer Exhibition Calmos |
Claudine Beccarie, née le à Créteil (Seine) est une actrice française de cinéma, connue notamment pour ses rôles dans des films érotiques ou pornographiques, active dans les années 1970.
Biographie
[modifier | modifier le code]Claudine Beccarie obtient un CAP d'employée de bureau avant de fuguer à l'âge de quinze ans du domicile familial. Elle passe ensuite quatre années dans une maison de redressement, puis se marie en 1965 et divorce deux ans plus tard. Elle part alors pour l’Espagne où elle devient entraîneuse dans une boîte de nuit et prostituée[1],[2]. Elle apparaît également sur les chaînes de télévision espagnoles pour quelques programmes[3].
Au début des années 1970, elle tourne également aux Pays-Bas avec le réalisateur et producteur Lasse Braun, l’un des pionniers européens du cinéma pornographique, notamment dans le court-métrage Cake Orgy, aux côtés de l’actrice française Sylvia Bourdon. Parallèlement, elle travaille comme silhouette, figurante et doublure d’actrices pour les scènes dénudées.
Elle revient en France en 1972 et obtient des rôles de figuration dans Le Grand Blond avec une chaussure noire[4] d'Yves Robert, L'Héritier[4] de Philippe Labro ou Le Concierge de Jean Girault. Elle apparaît également dans une vingtaine de films érotiques, dont Le Journal érotique d'un bûcheron (1973) de Jean-Marie Pallardy ou Le Pied (1974) de Pierre Unia.
En 1975, le réalisateur Jean-François Davy fait d’elle la vedette du film Exhibition[5], présenté comme un documentaire sur la vie publique et privée d’une actrice pornographique. Sorti en , le film attire environ deux millions de spectateurs en France et connaît une importante carrière internationale, étant notamment projeté au New York Film Festival. Claudine Beccarie bénéficie à cette occasion d’une large couverture médiatique, y compris dans le New York Times.
La même année, Bertrand Blier la fait apparaître dans la scène introductive de son film Calmos. Après quelques rôles supplémentaires dans des productions de moindre envergure, elle quitte progressivement le cinéma à la fin des années 1970. En 1979, Jean-François Davy la retrouve pour un film inspiré d’Exhibition, alors qu’elle s’est reconvertie dans l’élevage de volailles et de lapins. En 1983, elle est mère célibataire et s’inquiète de l’impact de son passé sur ses enfants.
Postérité
[modifier | modifier le code]En 2025, Le Monde consacre un long portrait à Claudine Beccarie et la qualifie d’« icône oubliée de « la France porno » des années 1970 »[6]. L’article revient sur le contexte de libéralisation partielle de la censure cinématographique au milieu des années 1970, sur la réception critique contrastée d’Exhibition, ainsi que sur la manière dont le film met en scène les violences et les abus subis par l’actrice avant et pendant sa carrière.
Le quotidien souligne également l’importance rétrospective de certaines séquences, notamment la confrontation filmée entre Claudine Beccarie et sa mère, ainsi que la relecture critique opérée par la presse à partir des années 2000, qui met en lumière la dimension profondément ambivalente de cette célébrité aussi brève que marquante.
Filmographie partielle
[modifier | modifier le code]- 1972 : Cake Orgy de Lasse Braun
- 1972 : Un homme libre de Roberto Muller
- 1973 : Un ange au paradis, de Jean-Pierre Blanc
- 1973 : France société anonyme d'Alain Corneau
- 1973 : Les Gourmandises de Guy Pérol
- 1974 : Black Love de José Benazeraf
- 1974 : L'Amour aux trousses de Jean-Marie Pallardy
- 1974 : L'important c'est d'aimer d'Andrzej Żuławski
- 1974 : Club privé pour couples avertis de Max Pécas
- 1974 : Le Journal érotique d'un bûcheron de Jean-Marie Pallardy
- 1974 : Les Couples du bois de Boulogne de Christian Gion (réalisé sous le pseudonyme de Bernard Legrand)
- 1974 : Les Charnelles de Claude Mulot
- 1974 : Les Tripoteuses de Lucien Hustaix
- 1974 : Lèvres de sang, ou Suce moi Vampire de Jean Rollin
- 1974 : La Gueule de l'emploi de Jacques Rouland
- 1974 : La Bonzesse de François Jouffa
- 1974 : L'Amour pas comme les autres ou "Les enjambées" de Jeanne Varoni ou Jeanne Chaix
- 1974 : L'Amour à la bouche de Gérard Kikoïne
- 1974 : Q (alias Au plaisir des dames) de Jean-François Davy
- 1974 : La Fille à l'envers de Serge Roullet
- 1974 : La Kermesse érotique de Raoul André (sous le pseudonyme de Jean Le Vitte)
- 1974 : Tamara ou Comment j'ai enterré ma vie de jeune fille de Michel Berkowitch
- 1975 : Le Pied de Pierre Unia
- 1975 : Les Deux Gouines ou Victoire & Isabelle, José Bénazéraf
- 1975 : Draguse ou le manoir infernal de Patrice Rhomm
- 1975 : L'Amour aux trousses de Jean-Marie Pallardy
- 1975 : Change pas de main, Paul Vecchiali
- 1975 : Femmes impudiques de Claude Pierson
- 1975 : Exhibition, Jean-François Davy
- 1975 : Les Jouisseuses de Lucien Hustaix
- 1975 : Liaisons perverses (ou Le Désir satisfait ou Objectivement Votre) de Jean-Paul Savignac
- 1975 : Les Joyeuses de Jacques Otmezguine
- 1975 : Les Théâtres érotiques de Paris de Robert Hughe (Robert de Nesle)
- 1975 : La Bête à plaisir d'Eddy Matalon
- 1975 : Couche-moi dans le sable et fais jaillir ton pétrole, de Norbert Terry
- 1975 : Godefinger ou certaines chattes n'aiment pas le mou de Jean-Pierre Fougéa
- 1975 : Les Chevaliers de la croupe d'Eddy Naka alias Francis Ledoyen
- 1975 : L'Archisexe de Patrice Rhomm
- 1975 : Émilienne de Guy Casaril
- 1975 : Spasms of the Opera / Spasme Opéra de Noël Simsolo (sous le pseudonyme de "Max Eaton")
- 1975 : La Fureur sexuelle de Daniel Daërt
- 1975 : Hard Love ou La Vie sentimentale de Walter Petit de Serge Korber
- 1975 : Prostitution clandestine d'Alain Payet
- 1975 : Les Acharnées du sexe de Joseph van Houten
- 1976 : Les Pornocrates ou Plainte contre X de Jean-François Davy
- 1976 : Calmos de Bertrand Blier
- 1976 : Soupirs profonds de Michel Caputo
- 1976 : Et si tu n'en veux pas de Jacques Besnard
- 1976 : Les Bijoux de famille ou Les Membres de la famille de Lasse Braun
- 1976 : Inhibition de Paolo Poeti
- 1976 : Maîtresse à tout faire (Calde labbra) de Demofilo Fidani (comme Danilo Dani)
- 1976 : La Grande Extase de Patrice Rhomm
- 1976 : L'Hippoptamours de Christian Fuin
- 1976 : L'Essayeuse de Serge Korber
- 1976 : La Grande Culbute d'Yves Prigent ou Le Festival du Plaisir/Le Feu au Cul
- 1977 : Nathalie d'Alain Payet
- 1977 : Erotiki Yperentasi d'Illias Mylonakas
- 1977 : Train spécial pour Hitler d'Alain Payet
- 1977 : Elsa Fräulein SS de Patrice Rhomm
- 1978 : Nathalie dans l'enfer nazi d'Alain Payet
- 1979 : Exhibition 79 de Jean-François Davy
- 1979 : Amoureuse volcanique de Jean-Marie Pallardy
- 1980 : La petite Caroline aime les grandes sucettes de Michel Caputo
- 1982 : Les Bachelières en chaleur de Jean Luret
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Le Cinéma X, Éditions la Musardine, sous la direction de Jacques Zimmer, 2002, p. 294.
- ↑ Adrien Gombeaud, « Merci qui ? Merci Davy », Vanity Fair no 46, mai 2017, p. 116-123.
- ↑ Claudine Beccarie : Bibliographie sur notrecinema.com
- Non créditée au générique.
- ↑ (fr) 1975-1976, les années « classées X » - Claudine Beccarie, icône oubliée de « la France porno » des années 1970, par Julien Laroche-Joubert, version mise en ligne le 31 décembre 2025, dernière modification le 1 janvier 2026., sur Le Monde, consulté le 7 janvier 2026.
- ↑ Julien Laroche-Joubert, « Claudine Beccarie, icône oubliée de « la France porno » des années 1970 », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
Liens externes
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- Ressources relatives à la pornographie :