Pornographie gonzo

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L'acteur Mike Angelo et l'actrice Jessie Volt sur le tournage du film Gonzo, mode d'emploi, de John B. Root (2013).

La pornographie ou cinéma gonzo, appelée hamedori (ハメ撮り?) au Japon et parfois également all sex aux États-Unis, est une catégorie particulière de films pornographiques apparue aux États-Unis dans les années 1990.

Définition[modifier | modifier le code]

Le qualificatif de pornographie gonzo apparaît aux États-Unis dans le courant de l'année 1989 sous la plume du rédacteur en chef du magazine AVN, Paul Fishbein, par référence au journalisme gonzo (littéralement : « dans le feu de l'action »[Informations douteuses] [?]), afin de désigner la production du réalisateur et ancien acteur pornographique John Stagliano[1],[2]. Les caractéristiques premières du genre sont l'absence de scénario, de décors, de dialogues, l'emploi de la caméra portée avec un recours intense aux gros plan et un petit budget[3]. Très fréquemment, les acteurs s'adressent aux spectateur via la caméra[4].

Une forme extrême est l'utilisation de la caméra subjective, qui consiste à voir l'action à travers les yeux de l'acteur masculin (ou POV ((en) point of view) : car c'est l'acteur lui-même qui filme[3]. Apparenté au porno « amateur » par cette volonté d'immersion (nombreux gros plans, mouvements de caméra « au poing »), ce type de films a vu émerger une forte demande aux États-Unis à partir du milieu des années 1990, ce qui amènera rapidement la fortune et la professionnalisation du genre[réf. nécessaire]. En fait, en raison du grossissement obtenu par cette méthode ainsi que du poids d'une caméra professionnelle, le film n'est pas exempt de sauts et d'imperfections diverses qui limitent l'emploi de ce type de prises de vue et qui sont autant de marques de fabrique censées être des gages d'authenticité ou de naturel pour le spectateur.

Aussi connu sous le nom de All Sex, le gonzo propose une réalisation axée sur le sexe au détriment des scénarios, décors et dialogues des productions classiques. Le succès de ce type de productions est ainsi largement dû à ce sentiment de proximité dans les situations comme dans le casting (la girl next door ou « voisine de palier » qui contraste avec le stéréotype des actrices siliconées, pour plus d'effets, des productions classiques) ainsi qu'aux pratiques hard (gang bang, gokkun, bukkake, stacking, gaping…) qui sont proposées.[pourquoi ?] La durée des films (de 2 h à 2 h 30 en moyenne), le renouvellement constant des actrices, ainsi que la montée en intensité des scènes de sexe garantissent le succès du genre.[réf. nécessaire]

Certains réalisateurs (Otto Bauer/Audrey Hollander pour mach2 par exemple) investissent toutefois dans le décor, les lumières, pour proposer du gonzo sophistiqué, mais toujours extrême. Dans une interview de 2013 pour cinefilic.com, John B Root, réalisateur français de films pornographiques explique :

« Il y a du très bon gonzo, et du gonzo pas regardable ! […] Après, l’économie de moyen est souvent prise comme excuse par de mauvais réalisateurs pour faire de mauvaises vidéos. Mais ce n’est pas parce qu’on n’a pas de scénario qu’on doit être un mauvais cinéaste. C’est passionnant de garder la caméra à la main et de garder le rythme, de garder le plaisir. Ça devrait être passionnant, mais ça ne l'est pas toujours[5] ! »

Il précise dans la même interview, que le gonzo, à l'origine genre minoritaire, représenterait aujourd'hui « 99,9 % du porno »[5].

Cible marketing[modifier | modifier le code]

Les films gonzo visent un public quasi exclusivement masculin, alors que les films plus scénarisés s'adressent aussi bien à des couples qu'à des hommes seuls[6],[7]. Les scènes de double pénétration, anale et vaginale, d'une actrice par deux acteurs différents ainsi que les brutalités faites aux femmes y sont de plus en plus présentes[7]

Aspects économiques[modifier | modifier le code]

Largement dominant aux États-Unis au début du XXIe siècle, le gonzo connait un essoufflement après une dizaine d'années de progression continue due à la multiplication des studios et des productions. Les tournages sont en effet rapides et peu coûteux (le budget moyen d'une production varie entre 17 000 USD[6] et 30 000 USD).

Les principaux studios américains sont aujourd'hui dédiés au gonzo ou proposent des lignes gonzo en plus de leurs productions habituelles. Si les sites pornographiques gratuits les plus populaires présentent avant tout des vidéos de type gonzo (que ce soit la vidéo entière ou parce que la vidéo présentée est un extrait d'un film complet), le terme est tout de même utilisé comme une catégorie de recherche.

« Les menus renvoient […] aux caractéristiques exposées des personnages […] à leurs relations et activités sexuelles […] ou, plus rarement, aux procédés technologiques et genres du site (« webcam », « mangas », « gonzo »)[8]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. cf. Hot Vidéo n° 176 de juin 2005, article « Y'a du gore gonzo, là » de Pierre Cavalier.
  2. « Gonzo, quesako ? », sur 20minutes.fr, (consulté le 2 décembre 2017).
  3. a et b Stephane Rose, Défense du poil, Groupe CB, 2012
  4. Robert Jensen, Getting Off: Pornography and the End of Masculinity, South End Press, 2007, p. 56.
  5. a et b Voir sur cinefilic.com.
  6. a et b Clarissa Smith, Feona Attwood, Brian McNair The Routledge Companion to Media, Sex and Sexuality, Chapitre Feature and gonzo in mainstream pornography, Routledge, 2017
  7. a et b Gail Dine et Robert Jensen, « pornography » Encyclopedia of Interpersonal Violence, SAGE Publications, 2008, p. 250.
  8. François Perea, « Fragmentation et saisissement pornographiques », Itinéraires. Littérature, textes, cultures,‎ (ISSN 2100-1340, DOI 10.4000/itineraires.2335, lire en ligne).

Voir également[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]