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Le Diable au corps (Radiguet)

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Le Diable au corps
Couverture de l'édition originale (1923) parue dans la collection dirigée par Edmond Jaloux.
Format
Langue
Auteur
Genres
Fiction romantique (d)
Fiction militaire (en)
Fiction psychologiqueVoir et modifier les données sur Wikidata
Sujets
Première Guerre mondiale, L'Amour (d), La Liberté (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Date de parution
Pays
Nombre de pages
137Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvre dérivée

Le Diable au corps est un roman français de Raymond Radiguet paru en mars 1923 aux éditions Bernard Grasset.

Il raconte l'histoire d'amour entre un garçon et une jeune femme, tandis que le mari de cette dernière se bat sur le front durant la Première Guerre mondiale. L’œuvre aborde les thèmes de l'adolescence, de la passion, de la trahison, du scandale, de la parentalité, de l'adultère et des doutes amoureux.

Raymond Radiguet meurt quelques mois après la parution de l'ouvrage.

La Première Guerre mondiale est en cours ; Marthe, âgée de 18 ans, épouse du soldat Jacques, entame une relation amoureuse avec le narrateur, un lycéen de 15 ans, trop jeune pour être mobilisé.

Leur idylle est perturbée par leur entourage, ainsi que par le comportement exigeant et possessif de l'adolescent[1].

Autour de cette intrigue, l'auteur a abordé la thématique du cycle de la vie et de l'évolution personnelle, de l'enfance jusqu'à la maturité. Le roman alerte sur le risque que la société encourt en se livrant à toutes sortes de calculs à des fins égoïstes. Il décrit une adolescence meurtrie par l'ennui provoqué par quatre années de guerre[2]. Le lecteur voit la cellule familiale se désorganiser, les institutions se déstabiliser, et l’indifférence aux autres se confronter à l’indifférence aux institutions sociales.

Le ton désabusé et cynique de Radiguet rejoint le « gidisme », présent notamment dans L'Immoraliste. La lucidité et la justesse de l'analyse mettent ce roman dans la tradition moraliste (de Madame de La Fayette à Stendhal). L'influence de Jean Cocteau est sensible. Mais Radiguet écrit et publie des articles, des contes et des poèmes, depuis .

Cette précocité vient de son milieu, notamment l'influence de son père, l'illustrateur humoriste de renom, Maurice Radiguet[3]. Le roman porte le même titre qu'un ouvrage érotique d'Andréa de Nerciat (1803), publié clandestinement[4].

C'est le premier roman de Raymond Radiguet (1903-1923). Il paraît quelques mois avant sa mort.

L'auteur insiste sur le caractère fictif de toute entreprise romanesque et nie toute dimension autobiographique. À l'âge de 14 ans, l'auteur a entretenu une liaison avec Alice Saunier, âgée de 23 ans. Cette voisine de ses parents donne des cours à domicile, son fiancé étant parti au front[5].

Le narrateur ne porte pas de nom dans le roman. Radiguet envisageait de l'appeler François selon ses brouillons. Ce prénom sera choisi pour l'adaptation cinématographique de 1947 : Le diable au corps.

Deux villes sont désignées par J… et F… dans le roman : « Nous habitions à F…, au bord de la Marne... Marthe habitait J… ; sa rue descendait jusqu’à la Marne ». Ce pourrait être Joinville-le-Pont et Saint-Maur-des-Fossés. Radiguet est né à Saint-Maur-des-Fossés. La ligne de la Bastille est mentionnée.

Réclame publiée dans L'Action française (12 avril 1923) — BNF.

Lancé en , l'ouvrage fait scandale et atteint au paroxysme en avril-mai suivant. Aucun journal n'omet d'en parler. L'éditeur lance une campagne de publicité à coup de réclames dans les journaux : parmi ces effets publicitaires, l'auteur y est indiqué comme ayant « 17 ans » ; les ventes sont annoncées le à 50 000 exemplaires[6].

Dès l'introduction, la phrase : « les quatre ans de grandes vacances » suscite une levée de boucliers. Les anciens combattants sont encore puissants dans l'opinion :

« Je vais encourir bien des reproches. Mais qu’y puis-je ? Est-ce ma faute si j’eus douze ans quelques mois avant la déclaration de la guerre ? Sans doute, les troubles qui me vinrent de cette période extraordinaire furent d’une sorte qu’on n’éprouve jamais à cet âge ; mais comme il n’existe rien d’assez fort pour nous vieillir malgré les apparences, c’est en enfant que je devais me conduire dans une aventure où déjà un homme eût éprouvé de l’embarras. Je ne suis pas le seul. Et mes camarades garderont de cette époque un souvenir qui n’est pas celui de leurs aînés. Que ceux qui déjà m’en veulent se représentent ce que fut la guerre pour tant de très jeunes garçons : quatre ans de grandes vacances. »

Le Diable au corps postulait que la guerre était une condition même du bonheur des amants, il portait atteinte au respect dû au soldat. La mort de l'auteur à l’âge de 20 ans va contribuer à construire un mythe autour de ce roman. L'éditeur Grasset orchestra savamment le lancement ; il l'annonçait comme le chef-d'œuvre d'un très jeune auteur. Une bande-annonce, projetée lors des actualités cinématographiques, s'ouvrait sur la phrase : « Le plus jeune romancier de France... » et montrait l'auteur signant son contrat[7]. La presse n'hésita pas à donner à Radiguet le sobriquet de « Bébé Cadum de la littérature »[1].

Adaptations

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Le film Le Diable au corps de Claude Autant-Lara, en 1947, avec Gérard Philipe et Micheline Presle, provoqua un scandale à sa sortie.

En 1986 est sorti Diavolo in corpo, de Marco Bellocchio.

Notes et références

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  1. 1 2 « Radiguet, le Diable au corps », documentaire d’Anaïs Kien dans l'émission La Fabrique de l'histoire sur France Culture, 12 février 2013, [lire en ligne]
  2. Claire Leturcq, La Représentation du personnage adolescent dans Le Diable au corps, Les Révoltés et La vie est ailleurs (Master Recherche en études littéraires), Université Bordeaux Montaigne, (lire en ligne Inscription nécessaire).
  3. « Raymond Radiguet : le Diable au corps, sur 13 cahiers d'écolier », sur ActuaLitté.com (consulté le ).
  4. [Vital Puissant], Bibliographie anecdotique et raisonnée de tous les ouvrages d'Andréa de Nerciat, par M. de C***, bibliophile anglais, édition ornée du portrait inédit de Nerciat gravé d'après l'original appartenant à M. B. de Paris, Londres, Job.-Alex. Hooggs, 1876, p. 13sur Gallica.
  5. Micheline Dupray, Roland Dorgelès : Un siècle de vie littéraire française (biographie), Paris, Presses de la Renaissance, (réimpr. 2000, 2013), 537 p. (ISBN 2-85616-383-1, lire en ligne), p. 235.
  6. Marina Bellot, 1923 : « Le Diable au corps » déchaîne les passions, Retronews, 3 août 2019.
  7. Élisabeth Philippe, « Rentrée littéraire : les petites recettes des gros succès »], Vanity Fair n°15, septembre 2014, pages 86-90.

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Articles connexes

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Liens externes

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