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Jacquie et Michel

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Logo de Jacquie et Michel
Logo de la marque Jacquie et Michel.

Adresse jacquieetmichel.fr
Description Hébergement de vidéos pornographiques
Slogan « Merci qui ? Merci Jacquie et Michel »
Type de site Pornographie
Inscription Optionnel
Lancement 1999
État actuel Actif

Jacquie et Michel est une marque exploitée par un groupe d'entreprises et portée par plusieurs sites internet pornographiques, dont des services de VOD. Le groupe contrôle aussi des sex shops portant son nom, et un magazine papier. Il est présent dans l’événementiel (soirée en discothèques) et commercialise des produits dérivés[1].

Jacquie et Michel a commencé de manière amateur et s'est professionnalisé par étapes, avec notamment le dépôt de la marque en 2004[2].

En 2007 est lancé Jacquie et Michel TV, aujourd'hui le site le plus populaire du groupe.

Le groupe aurait généré 25 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2017[3],[4], possède une trentaine de sites internet, emploie une vingtaine de salariés et une soixantaine de personnes au total en comptant les producteurs travaillant en partenariat avec lui, les gérants de boutiques, les organisateurs de soirées, etc[2],[5].

En décembre 2016, les propriétaires de la marque Jacquie et Michel rachètent le magazine Hot Vidéo et le groupe s'impose comme un des deux poids lourds de l’industrie pornographique française[6],[7].

Historique

La présentation de l'histoire de la marque a évolué au fil des ans.

La légende de Jacquie

C'est en 1999 que le premier site de Jacquie et Michel voit le jour. Michel Piron, un instituteur d'origine toulousaine[8],[1],[9] habitant alors Odos[10],[11],[12] met à profit sa formation de webmaster pour mettre en ligne un site photos de voyages en 1999 qui s’est vite transformé par hasard en un site de contributions photos érotiques[13]. En 2004, la marque « Jacquie et Michel » est déposée à l'INPI[14],[15],

En 2005 Michel quitte l'Éducation Nationale[1]. Dans les premières versions de l'histoire communiquées au public, il lance ses sites internet avec Jacquie, qui est présentée jusqu'en 2014 comme son épouse, elle aussi institutrice et libertine[16]. Par la suite, « Jacquie » devient une simple rencontre éphémère[17]. Quand à l'épouse réelle de Michel Piron, Araceli, elle est tantôt présentée comme « Présidente de la société à sa création »[18], tantôt comme sans aucun rôle dans la création de l'entreprise[17]. Celle-ci indique « s'être retirée de l'activité » en 2013[19]. Le groupe, initialement présenté pour des raisons de marketing comme créé par un couple libertin, est piloté par Michel Piron et son fils[4], rejoints par un associé[17].

Un site de vidéos

Vers 2007, avec la démocratisation du haut-débit dans les foyers français, l'entreprise lance un site de vidéos. Des amateurs libertins ou échangistes contactent le site qui leur trouve un ou plusieurs partenaires sexuels, l'acte est filmé par une des équipes de Jacquie et Michel. Ensuite, Jacquie et Michel sortent des dizaines de sites internet liés à la pornographie (rencontre, webcams, sextoys, visio, etc.). Sur les sites de vidéos, les internautes peuvent regarder un extrait gratuit, et doivent payer pour visionner le reste d'un film, ou entrer en contact avec les actrices[20].

À partir des années 2010, la marque a de plus en plus souvent recours à des acteurs rémunérées, et en 2015, deux tiers des actrices reçoivent un cachet ; les films postés par les amateurs sont remplacés par des films scénarisés, même si les actrices rémunérées continuent à être présentées comme « la voisine d'à côté »[20]. Le site historique de 1999, qui n'avait pas évolué depuis sa création, connaît une refonte graphique en 2014.

En 2014, on estime qu'il y aurait une dizaine de personnes qui parcourent la France afin de réaliser les vidéos postées sur le site. En moyenne, 500 vidéos par an[21].

Les deux tiers des vidéos du site sont réalisées par des actrices semi professionnelles qui souhaitent se lancer dans l'industrie du X[22]. En Europe, l'industrie pornographique rémunère les actrices entre 250 et 600 € par vidéo tandis qu'aux États-Unis, les tarifs varient entre 400 et 1 000 €[9],[23],[24].

Montée de gamme

L'année d'après, le groupe diversifie son activité en se lançant également dans les films scénarisés à moyen et gros budgets avec Jacquie et Michel Elite[25],[26].

Fin 2017, deux ans après la création de son studio J&M Elite, le groupe annonce via son journal La Voix du X avoir été nominé aux AVN Awards, cérémonie se déroulant à Las Vegas qui récompense les meilleures productions pornographiques mondiales[27].

En janvier 2019, le label sort un film intitulé La Casa de Michel, une parodie pornographique d'une célèbre série espagnole reprise par Netflix, La Casa de Papel. Cette parodie est rediffusée par Canal+[28].

Réseau de boutiques

Une boutique Jacquie et Michel à Lyon.

Jacquie et Michel ont développé un réseau de sex-shops depuis 2015, avec des ouvertures successives à Paris dans le quatorzième arrondissement[29],[30] (2015), à Lyon[31], à Nancy[32] et à Annecy[33],[34] (2016), à Marseille[35],[36], à Fréjus puis à Nice (2017), puis encore à Paris à Mulhouse, et à Saint-Étienne[37] (2018).

Magazines

En 2015, la marque lance en toute discrétion un magazine en ligne La Voix du X pour défendre sa vision du porno et régler ses comptes avec les médias l'ayant attaqué. La paternité, initialement niée par la marque, est confirmée par des rédacteurs sollicités pour participer au magazine[38],[39].

Le 30 septembre 2016, la marque lance son magazine papier[1]. Le groupe revendique des ventes comprises entre 25 000 et 27 000 ventes pour le premier numéro[6].

Ce dernier continue également, après son rachat, la publication du magazine Hot Vidéo dont les ventes sont approximativement de 11 000 numéros par mois[6].


Des produits dérivés en grande surface

Bière Jacquie et Michel.

En 2017, les produits dérivés de la marque (housse de couette, bières, boxers, chaussettes...) sont distribués en grandes surfaces : E.Leclerc, Auchan, Cora et autres[40],[41],[42].

Autres

Stand J&M Immersion au salon de l'érotisme de Rouen. Le visionnage s'effectue à l'aide d'un smartphone placé dans un boîtier.

Le , l'entreprise lance PornEverest.com, un site de VOD illimitée calqué sur le modèle de Netflix, le géant américain de la vidéo, plus ou moins un mois après la sortie de ce dernier dans l'Hexagone, avec les mêmes technologies[43]. Le 31 août 2015, J&M lancent Jacquie et Michel Immersion, un site pornographique de films à réalité virtuelle[44].

Modèle économique

Structures exploitantes

Les structures juridiques exploitant la marque sont relativement opaques. Un avocat indique l'existence d'un réseau d'entreprises comportant plusieurs structures de production, de diffusion, ainsi que des holdings. Au centre du dispositif, la société Arès, dirigée par Michel Piron et son fils Thibaut (directeur général), exploite des droits de la marque et est éditrice du site principal. Le directeur de production, Abel Elleboode, est le principal responsable des castings pour les vidéos à la demande qu'il commande à des producteurs non salariés via la société Yves Remords[45].

Promotion de la marque

La publicité pour les sites internet pornographiques étant interdite à la télévision, la marque a mis en place des modèles de promotion permettant le contournement de cette interdiction[17].

Promotion par le slogan

Fin octobre 2017 à Somain, l'actrice Thérèse Dune fait peindre sur la façade de sa maison le slogan « On dit Merci qui ? Merci Jacquie et Michel[46] ».

Le groupe impose aux actrices, de répéter à plusieurs reprises le slogan de la marque « On dit Merci qui ? Merci Jacquie et Michel »[47] lors des tournages. Ce gimmick est devenu populaire au-delà du cercle d'initiés[21],[48],[49]. Il sert aussi de watermark sonore quand les vidéos se font pirater[8],[50]. Dans les stades de football, certains supporters brandissent des banderoles affichant le slogan du site[51], des artistes tels que Seth Gueko[52],[53] n'hésitent pas à l'utiliser pour faire leur publicité. Le slogan est aussi repris par l'opérateur Free dans sa campagne de communication afin de faire réagir le public[54],[55],[56].

Promotion par le scandale

Pour asseoir sa notoriété, la marque provoque de nombreux buzz et scandales, et attire elle-même l'attention de la presse, qui relaye alors à moindre frais les scandales ainsi provoqués. Elle fait par exemple « fuiter » un lieu de tournage pour attiser les réactions locales[17]. Les controverses engendrées s'appuient sur des lieux de tournage supposés ou réels, et font intervenir des actrices se faisant passer pour des personnes liées au lieu : vidéo présentée comme tournée en région parisienne, avec une actrice se faisant passer pour une surveillante en 2013 (le film est retiré du site à la suite de menaces de plainte du proviseur pour atteinte à l'image de l'établissement)[57],[58],[59] ; vidéo mettant en scène une femme se disant éleveuse de poulet à Loué en 2014[60],[61] et s'avérant être une actrice[62] ; vidéo tournée sous les arches du pont du Gard en alors que le site est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO[63] ; vidéo tournée dans une friterie à Arlon (en Belgique) en 2015 où le propriétaire, après avoir menacé de porter plainte, se ravise en voyant l'augmentation de la fréquentation de son commerce et décide de surfer sur la vague en créant deux burgers à l’effigie[64].

C'est le même schéma qui est mis en œuvre lorsqu'elle annonce sponsoriser une rencontre de rugby[65],[66], et que ce sponsoring est ensuite rejeté par la Ligue Nationale de Rugby, qui l'estime incompatible avec le public familial qui fréquente le stade[67].

C'est cette communication qui lui permet d'être reprise par certaines personnalités comme Cauet ou Joey Starr[17] qui pour annoncer un récent clip, reprend par exemple les codes du site dans une vidéo[68].

Diversification

L'entreprise serait victime d'un piratage massif de ses vidéos ; elle explique que sa rentabilité n'est possible que grâce à la diversification de ses activités, en complément de la trentaine de sites de vidéo à la demande qu'elle anime[69] et qui représenteraient 57 % du chiffre d'affaires en 2017[4]. Cette diversification passe par un site de rencontres[70], des soirées en boîtes de nuit, des sex shops, des sites de webcams et autres produits dérivés[71],[4].

Controverses

Controverses quant aux conditions de tournage

Le 15 mai 2015, le site de l'association Le Cabinet de Curiosité Féminine publie le témoignage de Léonarda Guinzburg qui relate la mauvaise expérience vécue lors du tournage d'une vidéo pour Jacquie et Michel[72]. Le 23 mai, Jacquie et Michel démentent les accusations de Léonarda dans la presse[73]. Le Nouvel Observateur publie un témoignage similaire peu de temps après, d'une amateur évoquant des pressions lors du tournage qui l'ont amenée à accepter des pratiques qu'elle avait initialement refusées[74].

Plusieurs autres témoignages font état de pratiques sexuelles acceptées sous la contrainte, d'humiliations et de violences[75],[9] ; le refus de consentement peut ne pas être pris en compte, les producteurs jugeant que ces conditions de travail des actrices sont inhérentes à l'activité pornographique[75],[17],[4],[9]. Toutefois, les vidéos sont tournées par des producteurs indépendants, et non par Jacquie et Michel[2] où les réalisateurs sont très généralement respectueux en dehors des heures de tournage. Michel Piron affirme que les insultes proférées aux femmes, que lui même pratique quand il endosse la casquette de réalisateur, relèvent du marketing, et que « souvent c'est un plaisir pour [la femme] » ; de même, « les tartes dans la gueule, ce sont les filles qui aiment ça ! C’est du SM. Il y a une sorte de domination avec les tartes dans la gueule ou une tarte sur le cul... ». Cette déclaration fait suite à plusieurs témoignages, dont celle d'une jeune fille désargentée ayant postulé pour tourner sans savoir à quoi s'attendre, et qui se dit « marquée au fer rouge » par cette expérience : les claques reçues n'avaient pas été annoncées ; elle n'a accepté des pratiques sexuelles violentes qui lui étaient imposées uniquement après qu'on lui eut promis plus d'argent ; ses demandes de faire la pause promise en cas de douleurs trop fortes a été ignorée ; elle dit avoir été transformée en femme-sanwich sous les gifles incessantes pour l'obliger à répéter le slogan « Merci qui ? »[76]. D'autres, au contraire, se disent ravies de leur expérience, malgré les traitements infligés[76].

Controverses sur l'anonymat et les demandes de retrait des vidéos

Fin 2015, Canal + consacre un reportage à la marque. Une quinquagénaire y explique comment malgré les promesses de floutage de son visage dans l'extrait gratuit — qui ont été scrupuleusement respectées selon le producteur—[77], sa vie a été détruite en raison d'une large diffusion de la vidéo entière non floutée sur des sites pirates[78]. En juin 2018, la presse relate la mésaventure d'une jeune femme apparaissant dans une vidéo, et sa difficulté à la faire ensuite retirer. La jeune femme évoque une « période assez noire » de sa vie, une détresse financière, des promesses non tenues sur le montant du cachet, et sur son anonymat[79]. Le producteur aurait répondu avoir perdu le contrat, et aurait exigé différentes sommes (2 000 €, 4 000 €, ou 6 000 €) pour retirer la vidéo[80]. Le responsable communication parle de montants ubuesques et réitère le fait que l'actrice aurait dû les contacter directement suite à ses échanges avec le producteur[79], l'entreprise J&M se disant prête à prendre la défense des actrices contre les producteurs malhonnêtes[23].

En février 2019, le journaliste Robin d'Angelo revient sur les conditions de tournage des vidéos, plusieurs actrices évoquant par après des situations personnelles difficiles, voire des pressions. Surtout, il expose « un montage délibérément opaque » dans lequel les contrats sont signés entre les actrices et des producteurs, situation que le site Jacquie et Michel invoque pour se dédouaner de toute responsabilité, et ne pas donner suite aux demandes de retrait[45]. Cette position est celle que le site défendait déjà en 2015, se présentant comme une simple plate-forme de diffusion, à la manière de YouTube, et qu'il ne tolérait aucun abus des producteurs indépendants[23].

Cependant, le statut de « producteur exécutif » sous lequel opèrent les prestataires laisserait la responsabilité au site Jacquie et Michel. Le schéma global répondrait à une « volonté de ne pas être totalement transparent », selon l'avocat Éric Morain, et le plus dur serait d’« identifier les responsables légaux » dont ni le nom ni les coordonnées n'apparaissent en ligne. Une fois identifiés, les responsables de Jacquie et Michel accéderaient rapidement aux demandes[45].

Autres controverses

En 2014, le site tente de mettre en avant sa chanson officielle en utilisant un compte Twitter suivi par une majorité d'adolescents[75].

Au moment de l'élection de Miss France 2015, une polémique éclate lorsque des internautes reconnaissent une des candidates au titre de Miss Grand Troyes, connue pour avoir tourné chez Jacquie et Michel sous le prénom « Andréa »[81].

Notes et références

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  5. « Web porno : qui se cache derrière Jacquie et Michel ? » (consulté le 14 septembre 2015).
  6. a b et c Yann Duvert, « "Jacquie & Michel" rachète Hot Vidéo », BFM Business, (consulté le 28 février 2019).
  7. « Le groupe "Jacquie & Michel" rachète Hot Vidéo », Atlantico.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 19 février 2017).
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Liens externes

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