Opposition à la pornographie
L'opposition à la pornographie englobe les courants d'opinion qui soutiennent l'idée selon laquelle la pornographie a des effets néfastes. Elle s’appuie sur des valeurs universelles comme le respect de la dignité[1], sur des études scientifiques, sociologiques et sur des considérations spirituelles. Les arguments avancés sont nombreux : représentations sexistes et racistes[2] et la diffusion de contenus pédocriminels[3],[4],[5],. La pornographie favorise la traite des êtres humains[6], la pédophilie[7],[8],[9] et l'exploitation[6]; elle réduit la sensibilité relationnelle et entraîne une déshumanisation[10] des rapports humains tout en développant la perception du corps des femmes comme morcelés[2]; elle est une des causes de dysfonction sexuelle, d’anxiété, de repli sur soi[11],[12] et de certains symptômes du spectre de stress post-traumatique[13], ou de l'addiction[14]; elle peut engendrer l'incapacité d'avoir un comportement sexuel sain et être un facteur important à l’origine de violences[15],[16], de ruptures amoureuses, de violences sexuelles[17] et un risque élevé d’exposition aux maladies sexuellement transmissibles et de mort sociale pour les acteurs[18],[11].

À l’origine des mouvements anti-porno il y a principalement[réf. nécessaire] des groupes religieux et des groupes féministes. Malgré leur engagement aux côtés des associations de lutte contre le sida, l’industrie pornographiques a multiplié les productions de type no-condoms (sans préservatif), ce qui explique le nombre croissant de séropositifs dans ce milieu[19],[20].
Les organisations anti-pornographie dénoncent aussi la facilité d'accès via internet à des contenus pornographique aux mineurs et à des contenus pornographiques illégaux[4]. En 2021, près d’un millier de sites pornographiques sont accessibles depuis la France. Les Français effectuent chaque mois un total de plus de 650 millions de visites sur l’ensemble des sites pornographiques accessibles dans le monde[11]. En 2021, 36% des internautes français s’y rendent chaque mois, dont 12% de mineurs répartis sur 2 030 000 de garçons et 270 00 filles. L’âge moyen de la première exposition à la pornographie est à 10 ans. 20% des garçons de 10-11 ans en consomment au moins une fois par mois, 51% des garçons de 12-13 ans, 59% des garçons de 14-15 ans, 65% des garçons de 16-17 ans et 55% des hommes adultes. En 2023, 82% des accès à la pornographie en ligne se font au moyen d’un téléphone[2],[11]. Il existe des ressources en ligne pour soutenir et accompagner les personnes désireuses de limiter ou arrêter leur addiction à la consommation pornographique[21],[22],[23],[24],[25].
Objections scientifiques
[modifier | modifier le code]Certains chercheurs affirment que la pornographie porte préjudice à la société, car elle augmente les risques d'agression sexuelle[26],[27]. Les résultats des recherches sur ce sujet sont exposés dans leur ensemble dansThe Effect of Pornography: Consumption of Pornography[28], dans The effects of pornography on adult’s males relationships[29], Pornographie, les hommes s'approprient les femmes[30] ou encore Pornland, comment le porno a envahi nos vies[31].
Les recherches récentes sur les usages problématiques de la pornographie révèlent des mécanismes psychologiques et neurologiques proches de ceux observés dans les addictions comportementales. Plusieurs études montrent que certaines zones du cerveau, notamment le striatum ventral, jouent un rôle central dans l’anticipation et la gratification liées à la consommation de contenus sexuels explicites. Chez les hommes présentant un usage régulier de la pornographie, on observe une forte activation du striatum ventral face aux signaux annonçant des images érotiques, mais pas lors de leur vision effective[32]. Cette réaction accrue aux signaux prédictifs, c'est-à-dire que leur cerveau réagit fortement à l’anticipation de ces images plutôt qu’à la récompense elle-même, suggère une intensification du désir plutôt que du plaisir, un schéma déjà bien connu dans les addictions aux substances ou aux jeux d’argent[33].
Sur le plan psychologique, plusieurs travaux ont permis de dégager trois dimensions principales de la dépendance à la pornographie : la perte de contrôle sur le comportement, le sentiment de regret après usage et l’utilisation de la pornographie comme principal moyen d’excitation sexuelle[34],[35]. Ces trois composantes expliqueraient ensemble plus de 60 % de la variance du phénomène, illustrant la complexité d’un usage à la fois compulsif et culpabilisant. Ces résultats confortent l’idée que la consommation régulière de pornographie s’inscrit dans un modèle de dépendance, où désir, perte de maîtrise et détresse émotionnelle s’entretiennent mutuellement.
À un niveau collectif, les analyses soulignent un lien significatif entre la consommation fréquente de pornographie et des comportements ou attitudes associés à la violence sexuelle. Une méta-analyse de grande ampleur a mis en évidence que les personnes consommant davantage de pornographie sont, en moyenne, plus susceptibles d’adopter des attitudes permissives à la violence, à la domination sexuelle et de commettre des agressions sexuelles, comparativement à celles qui en consomment peu ou pas [15]. Bien que la pornographie ne soit pas en soi la cause unique de ces comportements — qui résultent de facteurs multiples —, l’accumulation des données scientifiques révèle un facteur à risque suffisant pour être mesurable[36].
Les études chez les jeunes adultes mettent en évidence la diversité des représentations, des pratiques et des effets associés. Parmi un groupe de 404 étudiants, la pornographie apparaît comme un objet culturel accepté, bien que les attentes et jugements à son égard varient fortement selon le genre et le contexte relationnel. L’étude a mis en évidence quatre profils distincts concernant la perception de la pornographie au sein des relations amoureuses. Une majorité d’hommes (70,8 %) et près de la moitié des femmes (45,5 %) estiment que la consommation de pornographie, qu’elle soit pratiquée seul ou en couple, peut être acceptable, sous certaines conditions. Un deuxième groupe, regroupant 22,3 % des hommes et 26,2 % des femmes, considère cette pratique comme incompatible avec une relation sérieuse. Un troisième groupe, plus restreint, composé de 5,4 % des hommes et 12,9 % des femmes, juge la pornographie inacceptable dans toutes les situations. Enfin, un dernier sous-groupe, représentant 10,4 % des femmes, estime que la consommation de pornographie par leur partenaire est acceptable, tout en ne souhaitant pas y participer personnellement[37]. Ces résultats soulignent la tension contradictoire entre la normalisation sociale de la pornographie et les valeurs personnelles ou relationnelles.
Sur le plan psychologique, plusieurs travaux ont montré que l’usage fréquent ou problématique de la pornographie chez les hommes est associé à des formes de mal-être et d’insécurité affective[11]. Une étude portant sur 373 jeunes hommes hétérosexuels indique que la consommation pornographique, qu’elle soit régulière ou auto déclarée excessive, est liée à de forts troubles de l’attachement anxieux et amène une baisse de la qualité relationnelle au sein du couple et à une augmentation de l’insatisfaction sexuelle[38]. Ces effets semblent en lien avec la difficulté à concilier les normes de virilité apprises dans le porno avec l’intimité émotionnelle au sein du couple, autrement dit, avec des biais sexistes inconscients[2]. Ainsi, la pornographie renforce la misogynie et certains schémas de troubles affectifs, de perte de contrôle émotionnel, nuisant à la qualité des relations amoureuses.
Chez un groupe de plus de 3400 adolescents préoccupés par leur consommation de pornographie, on distingue trois profils : ceux qui se perçoivent comme ayant un problème moral, ceux qui présentent une perte de contrôle et ceux dont l’usage est compulsif. Les effets négatifs sur la vie quotidienne et les symptômes de manque ou de troubles de l’humeur sont particulièrement marqués dans les deux derniers groupes[39].

D’autres recherches soulignent que regarder de la pornographie aggrave les fonctionnement cognitifs d’évitement émotionnel. Chez les jeunes hommes, la consommation à des fins de fuite psychologique — pour éviter des émotions désagréables comme le stress ou la solitude — est systématique[40]. Le visionnage plus fréquent est lié à des conséquences négatives autodéclarées plus importantes. Ce mécanisme dissociatif pourrait expliquer pourquoi certaines personnes développent une relation compulsive à la pornographie, non pas pour le plaisir en soi, mais pour soulager temporairement un mal-être émotionnel. Le phénomène d’excitation traumatique[13] vient corroborer cette étude, pour garder dans l’inconscient une souffrance traumatique d’origine sexuelle, le sujet se convainc d’être excité par des scènes de violences sexuelle. Une étude portant sur 172 anciens combattants masculins de l’armée américaine a montré que des scores d’usage problématique de la pornographie plus élevés. Sur le plan psychiatrique, la dépression, l’anxiété, le syndrome de stress post-traumatique, l’insomnie et l’impulsivité sont associés à la consommation de pornographie[41]. En parallèle une autre étude sur les jeunes recrues, a révélé que l'U.S. Army contait dans ses rangs 13% de violeurs la première année et 19% la troisième année après leur engagement[42]. Ces données suggèrent que les traumas et la comorbidité psychiatrique augmentent la vulnérabilité et la répétition comportementale[41],[43],[44].
Objections féministes
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Les féministes ont des opinions diverses sur la pornographie. Pour bon nombre d'entre elles, par exemple Diana E. H. Russell, Andrea Dworkin, Catharine MacKinnon, Léo Thiers-Vidal, Bell Hooks, Gail Dines, Susan Brownmiller, Dorchen Leidholdt, Ariel Levy, Édouard Durand ou Robin Morgan, la pornographie est dégradante pour les femmes et se rend complice de la violence exercée contre elles à la fois par la production d'œuvres (dans un milieu où, selon elles, les mauvais traitements et l'exploitation des actrices sont monnaie courante) et par la consommation de ces œuvres (qui, selon elles, érotise la domination et l'humiliation des femmes, et renforce les comportements sociaux et sexuels qui favorisent le viol et le harcèlement sexuel). Toutefois, les féministes font souvent des distinctions entre les diverses formes de pornographie.
Historique
[modifier | modifier le code]Dès la fin des années 1970, les féministes radicales dénoncent la pornographie et constituent des associations, par exemple Women Against Pornography, qui organisent des activités de sensibilisation, comme des projections, des discours et des visites guidées de l'industrie du sexe à Times Square, afin de faire prendre conscience à la population du contenu des œuvres pornographiques et de l'image de la sexualité véhiculée par les boutiques érotiques et les spectacles à caractère sexuel.
La publication de L'Épreuve (Ordeal) donne des arguments féministes opposés à la pornographie. Dans cet ouvrage, Linda Boreman, héroïne de Gorge profonde sous le pseudonyme de Linda Lovelace, affirme que son mari Chuck Traynor l'a battue, violée et obligée à se prostituer depuis le début de leur relation. Il lui aurait fait jouer certaines scènes du film sous la menace d'une arme à feu, et il aurait usé de violence physique, verbale et psychologique, ainsi que de menaces, pour la contraindre. Elle a aussi raconté que son époux l'avait contrainte à se soumettre à une scène zoophile avec un chien lors d'un autre tournage. Cependant, dans le documentaire Inside Deep Throat, on voit les réalisateurs Fenton Bailey et Randy Barbato interviewer plusieurs personnes liées à Gorge profonde, dont le réalisateur Gerard Damiano et l'acteur Harry Reems. Ces derniers affirment que Linda Boreman n'a pas été forcée à participer au film et qu'ils n'ont jamais vu d'armes à feu sur les lieux du tournage. Dworkin, MacKinnon et les membres de Women Against Pornography affichent publiquement leur soutien à Linda Boreman et collaborent avec elle lors de ses apparitions publiques et de ses discours. La réflexion autour de L'Épreuve attire l'attention des féministes non plus seulement sur la consommation d'œuvres pornographiques (ce qui était le centre de leurs préoccupations dans les années 1970), mais aussi sur le milieu de la pornographie, où selon elles abondent les cas de mauvais traitement, de harcèlement, d'exploitation et de violence physique et sexuelle. Elles s'appuient aussi sur l'expérience d'autres actrices pornographiques célèbres, comme Traci Lords, et sur les témoignages exprimés dans des œuvres féministes récentes, comme Power Surge: Sex, Violence and Pornography de Susan Cole. Catharine MacKinnon propose, pour déterminer si l'industrie pornographique exploite les femmes, de poser la question suivante : les femmes choisiraient-elles de travailler dans la pornographie s'il n'y avait pas d'argent en jeu ? Les critiques notent cependant que ce cadre d'analyse pourrait s'appliquer à n'importe quel autre secteur sans que les résultats ne soient différents.
Certaines féministes qui militent contre la pornographie, en particulier Andrea Dworkin et Catharine MacKinnon, préconisent l'adoption de lois qui permettraient aux femmes qui ont été agressées sexuellement ou qui ont subi un préjudice à cause de la pornographie de poursuivre en justice les producteurs de ce milieu. Le projet de loi qu'elles ont rédigé, l'Antipornography Civil Rights Ordinance, est voté deux fois en 1983 par la ville de Minneapolis, mais le maire Donald Fraser, affirmant que la ville n'a pas les moyens de défendre en Cour le caractère constitutionnel de la loi, y met son veto. La loi est adoptée en 1984 par la ville d'Indianapolis et approuvée par son maire William Hudnut; elle est également adoptée à Bellingham, Washington, en 1988, mais est déclarée chaque fois inconstitutionnelle par les tribunaux d'État et la Cour fédérale. En 1986, la Cour suprême des États-Unis corrobore les décisions des autres tribunaux sur le cas d'Indianapolis sans faire de commentaires.
Si de nombreuses féministes militant contre la pornographie soutiennent les actions législatives, d'autres, comme Susan Brownmiller, Janet Gornick, et Wendy Kaminer objectent que ces campagnes seraient déboutées par les tribunaux, qu'elles violent le principe de liberté d'expression et qu'elles nuisent à la lutte contre la pornographie en détournant des efforts qui pouvaient être consacrés à des campagnes d'éducation et à des actions directes.
Bon nombre de militantes féministes se décrivant comme radicales sur les questions touchant la sexualité, comme Ann Simonton, Nikki Craft et d'autres membres du mouvement Media Watch, connaissent des démêlés avec la justice pour exhibition au cours d'actions de dénonciation de la pornographie. Elles appliquent des principes de désobéissance civile à l'égard de l'industrie de la pornographie en déchirant des exemplaires de magazines présentant des scènes violentes et représentant selon elles le viol comme un divertissement sexuel. Au cours de ces actions, elles affirment rejeter les représentations de la sexualité illustrées dans des magazines comme Hustler et Penthouse.
En 1992, la Cour suprême du Canada, dans le jugement R. contre Butler aussi appelé « décision Butler », alimente les critiques en incorporant des éléments des travaux de Dworkin et de MacKinnon dans les lois canadiennes sur l'obscénité. La Cour affirme dans ce jugement que la loi actuelle, en fondant ses principes sur le critère de la moralité ou sur des normes sociales de décence, viole le droit à la liberté d'expression exprimé dans la Charte canadienne des droits et libertés. La loi pourrait être conforme à la constitution canadienne si elle se fondait sur les principes de la Charte garantissant l'égalité des sexes. Le jugement de la Cour, avec la collaboration de MacKinnon, reprend de nombreux éléments de textes préparés par le mouvement Women's Legal Education and Action Fund (LEAF). Andrea Dworkin s'oppose aux positions de la LEAF en affirmant que les féministes ne devraient pas appuyer la loi sur l'obscénité ni chercher à réformer le droit criminel sur la question.
L'opposition entre les féministes anti-pornographie et leurs critiques s'intensifie lorsque le gouvernement canadien intente une poursuite contre la librairie gay Glad Day Bookshop, située en Ontario, en invoquant pour la première fois la décision Butler. La librairie est poursuivie pour avoir vendu un magazine sado-masochiste lesbien, Bad Attitude. En 1993, des exemplaires du livre Pornography: Men Possessing Women d'Andrea Dworkin sont confisqués par des douaniers canadiens afin d'être inspectés[45]. Cette anecdote fait naître la légende selon laquelle les livres d'Andrea Dworkin sont interdits par une loi qu'elle a elle-même fait voter. On doit savoir cependant que la décision Butler ne reprend pas tout le contenu des travaux de Dworkin, qu'Andrea Dwordin elle-même n'appuie pas cette décision et que les livres (qui seront rendus peu après le contrôle) sont confisqués à la suite d'une mesure habituelle d'inspection qui n'a rien à voir avec la décision Butler.
À la fin des années 1970, le Royaume-Uni connaît également une vague de féminisme radical qui s'en prend à la pornographie. Les groupes Women Against Violence Against Women et Angry Women, entre autres, protestent contre l'usage d'images à caractère sexuel dans la publicité et au cinéma. Des membres de ces groupes vont jusqu'à mettre le feu dans des boutiques érotiques. Ce mouvement ne dure toutefois pas longtemps. Il est contré par des manifestations de femmes noires et handicapées, qui affirment que la pornographie est une question à laquelle s'attaque la classe moyenne blanche, mais qui fait oublier les discriminations dont sont victimes les femmes noires et handicapées.
Depuis le mouvement Metoo une reprise de la lutte contre la pornographie renaît dans divers pays. En France à l'initiative de la féministe Solveig Halloin, un mouvement Balance Ton Porn a vu le jour. Les féministes dénoncent aussi la cannibalisation du langage par les pornocrates. Selon elles, euphémismes « pour adultes », « cinéma », « cam girl », « tds », « images sexy » « fantasmes » ou « kink » sont des mots paravents destinés à neutraliser les gardes-fous moraux et légaux, permettant une désensibilisation de la société à la violence, une accoutumance au sexisme et à la haine des femmes dans la pornographie[2],[30],[46],[47],[48]. Les violences physiques, sexuelles ou verbales sont présentes dans 90% des films porno, la violence n'est pas simulée, dans le porno les dégradations physiques, sexuelles ou émotionnelles sont réelles[49],[2],. L’observation des expériences vécues par les femmes montre que, malgré les avancées du féminisme, une partie de la pensée masculine peine encore à intégrer les principes féministes fondamentaux et tend à minimiser la portée de l’oppression sexiste[50],[47].
Les données internationales convergent pour souligner que les violences sexuelles et sexistes sont majoritairement perpétrées par des hommes à l’encontre de femmes et d’enfants[43],[51],[52],[53]. Ce constat renvoie à une dimension structurelle : la culture pornographique contribue à normaliser la domination masculine et la déshumanisation du corps des femmes et des enfants, renforçant les stéréotypes de pouvoir et de contrôle[54],[53]. La consommation répétée de contenus violents ou dégradants[49] participe à l’entretien de comportements coercitifs, de violences conjugales ou intra-familiales[51],[55], notamment sous la forme d’humiliations, de manipulations psychologiques, de menaces ou de dénigrement émotionnel[43],[56],[57]. Ces formes de violence, souvent invisibilisées[15], s’inscrivent dans un continuum qui va de la plaisanterie humiliante au meurtre[36] en passant par le contrôle psychologique, les violences émotionnelles et les violences physiques et sexuelles[43],[2],[1]. Pour y mettre fin, il est nécessaire que la société redéfinisse les limites de ce qui est tolérable et cesse de valoriser les représentations de la domination comme des signes de puissance ou de désirabilité[43],[54],[58]. Cela suppose une action collective[53] : éducation au consentement, responsabilisation des institutions et des médias, régulation drastique des contenus pornographiques, et accompagnement clinique des personnes présentant des troubles liés à la sexualité ou à la consommation problématique de pornographie[50],[43],[59].
Pour les actrices victimes de l'industrie
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Comme toujours, les féministes, luttant contre toutes les formes de violences masculines, défendent le respect de la dignité pour toutes les femmes, y compris prisonnières d'un système aliénant[1],[60].
Une étude britannique menée après quinze ans de suivi dans l’industrie du sexe montre une prévalence très élevée d’infections sexuellement transmissibles (IST) parmi les participantes : 64 % avaient eu une chlamydia, 57 % une gonorrhée, 49 % une trichomonase, 40 % un herpès génital, 31 % des condylomes, et 8 % une syphilis. Au total, 93 % des femmes avaient contracté au moins une IST au cours de leur vie. D’autres problèmes de santé étaient fréquents : troubles psychiques (40 %) et addictions (64 %)[61].
Marie Maurisse, journaliste et autrice de Planète Porn[18], dit avoir assisté à des scènes surréalistes de femmes en détresse, en grande difficulté économique et sociale, qui participent à des tournages sans savoir comment elles avaient atterri là ni ce qu’elle devrait faire. Elles sont abusées dans des scènes extrêmement violentes pour quelques dizaines d’euros. Bien qu’elles aient techniquement donné leur accord, légalement, en France, un contrat pour consentir à son humiliation, sa dégradation physique, psychologique ou émotionnelle n’a pas de valeur[62],[11],[2].
Le suicide et les overdoses ne sont pas des phénomènes marginaux dans l’industrie pornographique[63]. Une étude menée en Californie en 2011[64] met en évidence une dégradation significative de la santé mentale des actrices de films pour adultes par rapport aux femmes en dehors de ce milieu. Les données révèlent que ces actrices ont connu des parcours marqués par une exposition accrue aux violences et à la précarité. Des prédispositions liées aux violences dans l’enfance, 37 % d’entre elles déclarent avoir subi des rapports sexuels forcés, contre 13 % dans le reste de l’échantillon. À l’âge adulte, cette proportion s’élève à 27 %, contre 9 % pour les autres participantes à l'enquête. Par ailleurs, 34 % des actrices rapportent avoir été victimes de violences domestiques, contre 6 % des femmes extérieures au secteur. Sur le plan socio-économique, 50 % des actrices indiquent avoir vécu dans la pauvreté au cours des douze derniers mois, contre 36 % des autres femmes. Enfin, les troubles psychologiques sont plus fréquents et plus sévères : 33 % des actrices présentent des signes de dépression, soit plus du double du taux observé chez les femmes n’évoluant pas dans l’industrie pornographique 13 %.
Avant les années 2000, l’industrie pornographique fonctionnait selon un modèle économique plus structuré, comparable à celui du cinéma traditionnel. Les abus existaient mais depuis la multiplication des plateformes en ligne, la gratuité des contenus et le déplacement du marché du cinéma porno vers les géants de la finance, les studios se sont déplacés vers des appartements privés, augmentant les liens avec la prostitution et la situation économique et sociale des femmes travaillants dans ce milieu s'est considérablement dégradée. Le modèle économique des grandes plateformes pornographiques repose avant tout sur la génération massive de clics et la vente d’espaces publicitaires, souvent associés à leurs propres contenus de live cam, à des jeux vidéos porno, des sites de rencontre ou des produits à caractère sexuel. Derrière cette façade numérique, l’organisation financière de ces entreprises révèle une structure complexe et opaque : nombre d’entre elles disposent de filiales dans des paradis fiscaux tels que Chypre, le Panama, l’Irlande ou le Luxembourg. Ces montages favorisent une circulation d’argent difficile à tracer, à la limite de la légalité, et soulèvent de fortes suspicions d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent[65],[11].
En 2016, Martin Fulop, directeur de la plateforme LiveJasmin, estimait à deux millions le nombre de modèles inscrits depuis la création du site en 2001, dont environ 50 000 étaient alors actifs, dans un renouvellement constant des camgirls et camboys. Le site comptait notamment près de 10 000 modèles en Roumanie et un nombre équivalent en Colombie, ainsi que dans de nombreux autres pays économiquement fragiles. Selon les plateformes et les contextes nationaux, les performeurs peuvent reverser jusqu’à 70 % de leurs revenus à la plateforme, tout en subissant une double précarité : économique, du fait de la dépendance à ces intermédiaires, et sociale, en raison de la stigmatisation durable et de l’impossibilité d’effacer leurs vidéos une fois diffusées en ligne[11],[2].
Protection de l'enfance
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Historiquement les premières et souvent les seules, les féministes prennent position et s'engagent pour la protection des enfants et des adolescents des dangers et dérives de la pornographie.
Selon la Commissaire européenne Ylva Johansson, le nombre d’images pédopornographiques en ligne a augmenté de plus de 6 000 % entre 2011 et 2021, dont près de 60 % sont hébergées sur des serveurs situés en Europe[7]. En 2023, le NCMEC (National Center for Missing and Exploited Children) a transmis à l’Office des mineurs (OFMIN) en France plus de 318 000 signalements de contenus pédocriminels échangés sur Internet[3]. Une enquête menée par l’association finlandaise Suojellaan Lapsia (Protect Children) montre que les utilisateurs accèdent facilement à ces contenus sur le web, puis les diffusent sur les réseaux sociaux et les applications de messagerie les plus populaires : 32 % des répondants ont utilisé Instagram (29 %) ou X/Twitter (26 %), mais aussi Discord et TikTok. Parmi les messageries, Telegram (46 %) et WhatsApp (37 %) sont les plus fréquemment citées, ce qui complique considérablement la détection et la suppression de ces contenus. Par ailleurs, entre 2021 et 2022, l’Internet Watch Foundation (IWF) a observé une hausse de 60 % des images et vidéos à caractère sexuel impliquant des enfants âgés de 7 à 10 ans[3]. En seulement neuf mois, la même organisation a recensé sur un unique forum plus de 3 500 nouvelles images pédopornographiques générées par intelligence artificielle[66].
En 2022 sur les 4 plateformes porno les plus visitées (Pornhub, Xhamster, Xvideos, XNXX) les enfants avec un smartphone peuvent trouver :
- 1 404 276 vidéos de violences sexuelles
- 1 573 109 vidéos racistes
- 789 282 vidéos d'inceste
- 1 595 593 vidéos pédocriminelles
Soit 5 362 260 vidéos hors la loi en France et en libre accès[11]

Les adolescents n’ont aucune difficulté à ouvrir un compte de caming à l'aide d’une fausse identité et à s’improviser acteurs ou actrices porno. Certains camgirls ou camboys sont des enfants prépubères manifestement exploités[4]. Les plateformes de caming comme OnlyFans, Mym ou Chaturbate participent à « la banalisation de la sexualité marchande » et jouent un rôle central dans le proxénétisme des mineurs, dont les affaires judiciaires sont passées de 21 en 2015 à 192 affaires en 2022[2]. Les proxénètes utilisent les réseaux sociaux pour repérer un enfant dès 12-14 ans, le séduire en jouant les amoureux, en lui promettant du succès et l'amènent vers la prostitution en ligne ou dans la vraie vie[2],[5]. Ces plateformes sont devenus des espaces de recrutement, aussi bien pour les producteurs de films pornographiques que pour les proxénètes. Les même techniques de rabattage en proxénétisme sont utilisées dans la pornographie : mise en confiance par la manipulation «love boy», promesses de fortune, emprise et viol d'abattage visant à casser les capacités de réaction et de résistance (choc traumatique qui sature le fonctionnement du cerveau et entraîne une décorporalisation extrême)[13], pour ensuite livrer la victime aux producteurs/proxénètes qui commettront des violences sexuelles, physiques, émotionnelles et psychiques filmées. Les abus de faiblesse peuvent devenir constants[2]. Ces sites de streaming live sont parfois utilisés pour commander des viols par webcam, des viols pédocriminels et des viols incestueux[8],[9].
L’exposition des enfants et des adolescents à la pornographie soulève aujourd’hui des enjeux majeurs de santé mentale et de prévention de la violence. Les recherches montrent que les mécanismes cérébraux impliqués dans la consommation régulière de contenus sexuels explicites sont similaires à ceux observés dans d’autres formes d’addiction[32],[33]. Chez les jeunes, cette hyperstimulation du système de récompense renforce la recherche compulsive de contenus toujours plus intenses qui peut mener à la construction de biais psychopathologiques et des passages à l’acte[67],[15],[68]. La pornographie développe un type de sexualité basée sur la violence, l'humiliation, la pression et le contrôle. L’apprentissage de la virilité/masculinité se fait par non-dit, large place à la violence, aux abus, aux comportements toxiques[69].
Sur le plan psychologique et affectif, la consommation de pornographie dès l’adolescence peut perturber la construction d’une sexualité saine. Plusieurs études montrent que les usages problématiques s’accompagnent souvent d’un sentiment de honte, de culpabilité, de regret[35] ainsi que des symptômes de manque et des troubles de l’humeur[39]. Chez les jeunes, la consommation massive de porno mène à une confusion entre désir, performance et violence[38],[15]. Pourtant, une partie importante d’entre eux perçoit la pornographie comme acceptable[37], traduisant une dissonance cognitive qui peut s’exprimer par des conflits intérieurs, un sentiment de perte de sens, une mauvaise estime de soi et des autres[70],[71]. La réification sexuelle et la pornification permet au groupe "garçons" de se dissocier du groupe "filles" pour pouvoir le dominer et par là même, confirmer son appartenance au groupe dominant, le groupe masculin[50]. À travers la pornographie, le groupe social masculin s’auto-valide autour d’actes de force et de terrorisme sexuel humiliants, violents ou dégradants[72]. La prise de conscience, dès l’enfance, des différences entre les filles et les garçons signifie que les garçons comprennent très tôt qu’ils bénéficient d’un certain avantage dans l’environnement social qui les entoure (regard des adultes et des objets culturels comme les séries ou les films pornographiques). Ils perçoivent qu’ils ont plus de liberté pour occuper l’espace, donner leur avis ou imposer leurs idées, utiliser la force ou obtenir du réconfort. Peu à peu, ils apprennent à utiliser ces avantages et à adopter des comportements qui leur permettent de maintenir et de renforcer, cette position privilégiée[50],[73],[74].
Critiques féministes de l'opposition à la pornographie
[modifier | modifier le code]Un certain nombre de féministes, au contraire, refusent les contraintes juridiques et prônent l'accès libre à la pornographie. Ils préfèrent aborder la sexualité de façon positive et critiquent l'activisme dirigé contre la pornographie. Ces féministes défendent un large éventail de points de vue sur la question : certains affirment que la croissance du secteur de la pornographie est un élément important de la révolution sexuelle et qu'elle aurait contribué à la libération de la femme; d'autres soutiennent que l'industrie pornographique, qui exploite souvent la femme, est effectivement misogyne, mais que la pornographie peut être féministe et qu'elle l'est parfois. Ils proposent donc de réformer l'industrie pornographique plutôt que de s'y opposer. Ils contestent les théories anti-pornographie défendues par d'autres féministes et accusent ceux qui les défendent d'occulter certaines preuves, de se montrer trop prudes et d'être intolérantes à l'égard des différences sexuelles. Ils s'opposent également aux pratiques politiques des opposants, qui relèvent selon eux de la censure, et accusent les féministes qui militent contre la pornographie de défendre le statu quo en complicité avec les conservateurs.
Par ailleurs, de nombreux féministes critiquent l'hypocrisie de ceux qui veulent interdire la pornographie en raison de son caractère sexiste, mais qui ne parlent pas d'autres formes de communication au moins aussi sexistes. Dans son livre Sexwise, Susie Bright note que :
« C'est une critique différente de dire que la pornographie est sexiste. Tous les médias commerciaux le sont. C'est comme boire plusieurs verres d'eau salée et se plaindre que l'un d'entre eux est salé. La (seule) différence de la pornographie est qu'il s'agit de gens qui font l'amour, et nous vivons dans un monde qui ne peut pas tolérer cette image […] »
Parmi les défenseurs de ce point de vue et d'idées similaires[réf. nécessaire], on compte également la sociologue Laura Kipnis, l'écrivain et thérapeute Patrick Califia ou encore l'écrivain et actrice pornographique Nina Hartley.
Objections religieuses
[modifier | modifier le code]La pornographie est catégoriquement interdite par des religions, tout particulièrement par le judaïsme, le christianisme, l'islam et l'hindouisme. Contrairement aux religions antiques[75],[76],[77],[78].
Les recherches académiques sur les usages de la pornographie en ligne soulignent que les difficultés vécues par les individus ne relèvent pas uniquement de mécanismes de dépendance, mais aussi de conflits moraux et spirituels. Plusieurs études ont montré que le sentiment d’être dépendant à la pornographie, d'autant plus que la fréquence de consommation est élevée, est un facteur prédictif de souffrances psychiques et existentielles, notamment de lutte intérieure morale, spirituelle ou de sentiment de culpabilité[70]. Ces effets ont été observés aussi bien chez des adolescents que chez des adultes, et se maintiennent dans le temps : le simple fait de se percevoir comme « accro » à la pornographie est associé à une intensification durable de conflits intérieurs.
Cette dimension morale du rapport à la pornographie a conduit certains chercheurs à proposer un modèle d'étude fondé sur l’« incongruence morale », c’est-à-dire le décalage entre les comportements et les valeurs personnelles[71] . Selon ce modèle, les difficultés attribuées à une addiction pourraient, dans de nombreux cas, résulter de ce conflit interne plutôt que d’un processus neurobiologique de dépendance. Autrement dit, un individu peut se sentir prisonnier de sa consommation de pornographie non pas en raison d’une perte de contrôle physiologique, mais parce que cette pratique contredit profondément ses convictions éthiques ou spirituelles profondes. Ce sont les injonctions contradictoires entre les valeurs intimes d'un côté et l'impossibilité d'échapper aux normes masculinistes socialement ou culturellement encouragées qui provoquent le sentiment d'être coincé.
Un des principaux arguments avancés par les groupes religieux est que les relations sexuelles doivent uniquement se dérouler dans la sphère intime et privée et dans le cadre du mariage ou de la vie amoureuse. Pour certains groupes extrémistes religieux, seuls certains actes sexuels sont autorisés. Certains prédicateurs intégristes, tels que Jerry Falwell, critiquent la pornographie en s’appuyant sur des principes religieux. Selon eux[réf. nécessaire], les relations sexuelles doivent être réservées aux couples hétérosexuels mariés, et elles ne peuvent être pratiquées qu’en conformité des lois religieuses. Ces conservateurs affirment également que la consommation de pornographie est un acte de luxure, considérée comme un des sept péchés capitaux par l’Église chrétienne.
L’extrait suivant du Catéchisme de l'Église catholique présente les raisons de l'opposition du Vatican à la pornographie[79] :
« La pornographie consiste à retirer les actes sexuels, réels ou simulés, de l’intimité des partenaires pour les exhiber à des tierces personnes de manière délibérée. Elle offense la chasteté parce qu’elle dénature l’acte conjugal, don intime des époux l’un à l’autre. Elle porte gravement atteinte à la dignité de ceux qui s’y livrent (acteurs, commerçants, public), puisque chacun devient pour l’autre l’objet d’un plaisir rudimentaire et d’un profit illicite. Elle plonge les uns et les autres dans l’illusion d’un monde factice. Elle est une faute grave. Les autorités civiles doivent empêcher la production et la distribution de matériel pornographique. »
Certains y voient également une attaque contre la famille traditionnelle. Selon le chercheur Dolf Zillmann, qui se place du côté des positions anti-pornographiques, la consommation de films à caractère pornographique engendre une banalisation des actes sexuels représentés et une confusion de ces derniers avec la réalité de la sexualité. Elle présente des effets sociologiques nuisibles chez les personnes qui en visionnent régulièrement, tels qu'une indifférence pour les relations monogames à long terme et un désintérêt pour la procréation[27]. Il expose les fondements théoriques de ses constatations dans ce passage[80] :
« Les valeurs reflétées dans la pornographie contrastent violemment avec le concept de la famille. De fait, elles ébranlent les valeurs traditionnelles du mariage, de la famille et des enfants […]. Les scénarios pornographiques sont basés sur des relations sexuelles entre des personnes qui viennent de se rencontrer, qui ne sont ni attachées ni engagées l’une envers l’autre et qui se quitteront rapidement pour ne plus jamais se revoir […]. La gratification sexuelle dans la pornographie ne relève aucunement d’un attachement émotionnel particulier, ni d’un acte de gentillesse ou de compassion, ni d’un désir que cette relation se poursuive. Une telle prolongation impliquerait alors des responsabilités; elle imposerait des limites; elle aurait un prix […] »
Du point de vue de la sexologie
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La construction de genre s’enracine très tôt dans les représentations sociales du féminin et du masculin, encouragée par le modèle des adultes et la culture[73],[81],[82],[83]. Cette identification, souvent inconsciente, façonne la manière dont chacun investit son identité sexuelle, son rapport à l’autre et son inclination à reproduire les schémas appris[84],[73],[50],[30].
L’exposition précoce et répétée à la pornographie influence profondément la construction du désir et les représentations du plaisir[71],[49],[30],[81]. En France, concernant les mineurs, environ 2 030 000 garçons et 270 000 filles se rendent sur des sites porno au moins une fois par mois[2]. Le cerveau en construction des enfants et des adolescents n’est pas prêt à traiter et comprendre les informations liées aux scènes de violences et de violences sexuelles présentent dans la pornographie[49],[36],[2],[85]. Le cerveau utilise alors des stratégies de protection, comme l’adhésion au discours de l’agresseur[13], plus l’enfant est jeune et plus l’impact traumatique est important[86],[36], ce qui a des conséquences à long terme[87],[88],[56]. L’imaginaire pornographique est centré sur la performance de la domination masculine et de la violence[81]; la violence, présente dans 90% des films, qu’elle soit physique ou verbale [49], entretient une confusion entre excitation et peur, plaisir et culpabilité[71],[35],[89]. Avec l’addiction à la pornographie, l’hyperstimulation du système de récompense favorise une recherche de sensations toujours plus fortes, car le plaisir est vécu par anticipation et non dans la pratique[34]. Cet effet est encouragé par les algorithmes des plateformes qui étudient le comportement des usagers pour leur proposer des contenus susceptibles de les « scotcher » sur le site[36],[90]. Cela mène parfois jusqu’à la compulsion solitaire « flapping » ou « schlicking » et à vouloir repousser ses limites ou celles de sa/son partenaire[81], inciter des biais psychopathiques, des passages à l’acte violents[56],[91],[15],[86], au détriment d'une découverte progressive et partagée de la sexualité[38],[92],[93]. Ces usages perturbent la construction d’une sexualité équilibrée et non marchande[32],[68],[58]. Le fait d’enflammer sa sexualité par une stimulation visuelle artificielle, favorise des sentiments négatifs envers soi-même et détourne la conscience de ses propres ressentis en la matière[71],[35],[38],[94],[95].
Les « porn sicks »[96],[85] défendent la pornographie comme un exutoire, un moyen d’échapper aux émotions difficiles et un espace d’apprentissage[97]. Pourtant, ils exposent aussi leur consommation comme problématique[98],[99], ils font part d’anxiété relationnelle, d’une difficulté accru à être surpris ou excités par de vrais relations, d’un besoin de se masturber irrépressible, se dépeignent plus enclins aux infidélités, et disent ressentir des sentiments de honte, de mépris ou de regret après avoir jouit ou après avoir regardé du porno[71],[35],[39],[94]. Ces émotions négatives ont des origines multi-factorielles mais l’impact de la pornographie est suffisamment prégnant pour être constaté cliniquement[15],[86],[99],[36].
Parmi les causes identifiées, on constate généralement une contradiction entre les valeurs personnelles et les représentations violentes ou dégradantes véhiculées par les images et intégrée par l’imaginaire[54],[71],[30],[49]. Cette dissonance émotionnelle peut engendrer ou aggraver des comportements d’évitement[99],[35], des biais psychopathiques[36],[56],[86],[13], des troubles de l’attachement, des baisses de satisfaction relationnelle et sexuelle et provoquer des difficultés à vivre une intimité authentique où chacun a droit à l’intégrité et au respect de son corps[84],[38],[49],[98],[99],[62]. En valorisant la domination et l’objectification des corps, la pornographie renforce les modèles de prise de pouvoir[30],[50],[36], réduit la créativité érotique et la capacité d’exploration sexuelle commune, sensuelle et respectueuse et peut chez certaines personnes provoquer des comportements inappropriés[100], des agressions[101],[58],[15], et même des agressions sexuelles de entre mineurs[102],[91],[56],[86],[95].
L’enfant ne peut consentir à aucune relation sexuelle et s’il est naturel qu’il explore son corps, cette sexualité appartient exclusivement à son intimité. Toute intrusion d’autrui — qu’elle soit physique ou virtuelle — constitue une atteinte à son intimité, une violence[55]. L’exposition précoce à la pornographie, induit une sexualité traumatique et prématurée. Le système cérébrale n’étant pas arrivé à maturité, cette entrée forcée dans la sexualité est susceptible de désorganiser le développement psychique, affectif et comportemental[103],[104]. En brouillant les repères entre violence et sexualité, ces contenus fragilisent la construction de l’identité et détournent les liens affectifs de leur développement naturel[55],[13],[95].
Les productions culturelles — cinéma, publicité, littérature, clips — en sexualisant ou en proposant des narratifs violents, participent subtilement à cette confusion[83],[55],[50],[84],[30]. Les hommes sont représentés en situations de pouvoir tandis que les corps des enfants et des femmes sont sexualisés, cela participe à transformer le corps humain en objet marchand, consommables, et où l’estime de soi des femmes dépend de la validation des hommes[31],[82],[89]. Le cerveau des enfants et des adolescents, encore en formation, n’est pas préparé à décoder la charge symbolique de ces narratifs et encore moins la violence sexuelle véhiculée dans la pornographie[49],[55],[13]. Face à aux agressions sexuelles, comme une exposition au porno en bas âge, le cerveau met en place des mécanismes de défense telles que la dissociation, identification à l’agresseur, adhésion au discours dominant, amnésie, stratégies d’évitement pour survivre au choc traumatique[13],[44],[84]. Plus l’enfant est jeune, plus ces stratégies de survie laissent des traces profondes. Cette exposition peut provoquer des symptômes similaires à ceux observés dans le trauma sexuel, notamment un dérèglement du système de récompense[33] et de la perception du plaisir[99], des troubles de l’attachement[35], une sexualité compulsive[104] ou paraphilique[87], une hypersexualisation précoce, de l’anxiété, repli sur soi, comportements d’évitement[89], des biais permissifs[56], des mises en danger, passages à l’acte, troubles alimentaires[13],[103],[88],[105],[84],…
Les recherches en psycho-traumatologie, décrivent la « sexualisation traumatique »[104] comme l’un des quatre mécanismes majeurs du trauma sexuel, avec la trahison, l’impuissance et la stigmatisation. Cette dynamique altère les repères de confiance, l’image de soi[35], la capacité d’attachement, etc conduisant à des troubles émotionnels, somatiques et relationnels persistants[13],[89],[99]. En France, où l'âge moyen de première exposition au porno est à 10 ans[2], au moins un enfant sur dix subit des violences sexuelles, soit environ trois millions de victimes sur une génération de 18 ans. Parmi elles, 80 % sont agressées à plusieurs reprises, 50 % sur une durée d’un an ou plus, avec un âge moyen de 8 ans au début des violences et 22 % avant 5 ans[55]. Dans 60 % des cas, les victimes rapportent un « plaisir » traumatique et malsain, induit par la stimulation des zones érogènes par l’agresseur[55],[13]. Le phénomène d’excitation traumatique est normal, c’est une réaction physique du corps et un mécanisme de protection du cerveau, mais c’est extrêmement culpabilisant pour les victimes. Il est comparable à celui observé dans la pornographie, où la confusion entre excitation et violence est entretenue et provoque des sentiments de culpabilité[99],[95].
Certains enfants et adolescents exposés, adoptent les scripts sexuels pornographiques et développent une ambivalence (obsession et aversion simultanées). Ces traumatismes précoces se traduisent souvent, à l’âge adulte, par des conduites sexuelles à risque : hypersexualité, comportements compulsifs[106], entre autres la consommation compulsive de pornographie[56],[36]. Plusieurs études confirment le lien entre antécédents d’abus sexuels, symptômes post-traumatiques, pornographie et agressions sexuelles[56],[86],[41],[95]. Un échantillon de 686 adultes engagés dans une relation intime ont montré que les personnes ayant subi des violences sexuelles durant l’enfance présentent davantage de comportements d’évitement, de compulsivité sexuelle, de troubles du sommeil et de difficultés conjugales[89],[103].
Les données neurobiologiques indiquent que l’exposition répétée à des stimuli pornographiques répétés renforce le circuit cérébrale en jeu dans les addictions[33]. Le sujet ressent une forte excitation par anticipation et une insatisfaction pendant, créant un phénomène de tolérance et de recherche de sensations plus fortes[34],[32]. Pour éviter toute confrontation à leur difficultés sexuelles, les consommateurs de pornographie vont préférer la masturbation à des relations sexuelles[90] et la recherche d’images plus extrêmes, favorisée par les algorithmes des plateformes en ligne qui proposent des contenus plus choquants[36] et sur mesure pour l’internaute qui a accepté les cookies, amplifie les ressentiments négatifs et l’évitement émotionnel et relationnel[106]. Ainsi, certaines personnes développent une dépendance[34], ce qui créé une boucle de répétition traumatique[35],[99],[13],[107]. Dans ses formes, extrêmes, le porno mainstream[81] alimente la production et la diffusion de contenus pédopornographiques par le biais de « pornographie imitative » où des acteurs adultes jouent des enfants[55],[2], bien que la loi française condamne toute représentation pornographique d’un mineur[108]. Cette banalisation de la pédopornographie[81],[85] a des impacts réels sur la représentation du corps des femmes[84], sur comment les femmes se voient elles-mêmes et sur les attentent des hommes à leur égard[94],[2],[54]. Les agresseurs, notamment dans les cas de « grooming », utilisent la pornographie pour conditionner les enfants à accepter la perversion, le viol et la violence[55], ce qui a pour effet d’aggraver le traumatisme et ses conséquences à long terme[44],[13].
Chez les adolescents, une dimension sociale d’imitation et d’apprentissage s’ajoute[50],[59],[86]. Un suivi longitudinal auprès de plus de mille jeunes montre qu’une exposition régulière à la pornographie augmente les attitudes permissives à la domination et au passage à l’acte[36]. Dans un autre échantillon de 1 058 jeunes âgés de 14 à 21 ans, 9 % les participants ont rapporté avoir commis au moins un acte de violence sexuelle, dont 4 % de tentatives ou viols — l’âge moyen du premier passage à l’acte étant à 16 ans, et 98 % des premiers perpétrateurs étant des garçons de 15 ans ou moins[91]. Une autre étude auprès de 1882 étudiants d’université ayant pour but d'estimer la part de violeurs non détectés est parvenu à révéler que 6% des participants avaient déjà commis un viol et que leurs premières agressions sexuelles ont été commises entre 14 et 18 ans[57]. La consommation de pornographie par les jeunes a été associée positivement à l'exacerbation des paraphilies[87],[105], à une augmentation des agressions sexuelles et au risque d’être à nouveau victime d’agression[88].
Les statistiques montrent que 50% et 55% des hommes adultes déclarent consommer de la pornographie et entre 30% et 37% des femmes[2],[94]. Parmi les hommes,17,4 % présentent un usage auto déclaré problématique, nettement plus élevée que chez les femmes 5,6 %[94]. Les utilisateurs de pornographie sont majoritairement masculins, ont moins d’enfants, des unions plus courtes, un besoin accru de masturbation[90], des débuts sexuels plus précoces, une moindre satisfaction conjugale et sexuelle[38], une communication plus limitée avec le ou la partenaire, plus de relations extra-conjugales et une spiritualité peu affirmée[94],[98],[71]. Les comportements sexuels compulsifs[106] sont positivement associés à une détresse émotionnelle, à des symptômes dépressifs et anxieux, ainsi qu’à une altération du fonctionnement conjugal et relationnel[35]. La pornographie joue un rôle dans la difficulté à gérer ses émotions, créant un mécanisme qui s'auto alimente entre mal-être et recherche compulsive de gratification sexuelle pour se rassurer[38],[95].
Les caractéristiques développées par les plateformes en ligne — nouveauté constante, disponibilité illimitée, potentiel d’escalade rapide vers des contenus extrêmes, immersion vidéo, suggestions par IA[36]— conditionne l’excitation sexuelle à des stimulis artificiels. Cette dissociation entre excitation virtuelle et réalité affective pourrait expliquer l’augmentation des cas de dysfonction érectile et de baisse de libido observée chez les hommes de moins de quarante ans[98],[90].

Une étude de grande ampleur montre que dans une relation hétérosexuelle, le plaisir est positivement associé par les hommes aussi bien que par les femmes à la qualité et à la fréquence des orgasmes féminins[109]. Dans la pornographie mainstream, le plaisir sexuel est généralement concentré sur l’homme qui utilise sa partenaire pour se satisfaire. Par cette contradiction, la pornographie occulte un des aspects essentiels du plaisir[110]. Une sexualité basée sur l’écoute partagée et respectueuse des émotions et des sensations, permet l’émergence de la créativité et d’un plaisir sexuel plus grand. La communication sexuelle ouverte et sensible entre partenaires, fondée sur une sensualité authentique, le respect des émotions et la présence à soi et à l’autre sont fortement liées à à l’excitation et la satisfaction sexuelle, à la lubrification, de plus nombreux orgasmes, la fonction érectile et la diminution de la douleur[92]. Des méta-analyses et revues montrent une corrélation robuste entre communication sur la sexualité et satisfaction[111]. Autrement dit, parler de ses désirs, limites et sensations avec son/sa partenaire augmente statistiquement la qualité des relations sexuelles et favorise un plaisir sexuel plus riche et créatif[112],[110],[111]. Or, 55% des hommes adultes en regardent au moins une fois par mois[2] alors que 13% des femmes jugent inacceptable que leur partenaire regarde de la pornographie, 26% trouvent cela inacceptable dans une relation sérieuse et 11% acceptent que leur partenaire en regarde mais ne veulent pas le savoir, donc pour 50% des femmes[37], la pornographie est un problème qui peut amener des difficultés de communication avec leur partenaire, des non-dits, des expériences sexuelles non partagées, une baisse de la satisfaction sexuelle et même la rupture[98],[99]. Des études montrent que la présence attentive et la pleine conscience[113] appliquées à la sexualité permettent une meilleure expérience, une communication plus efficace et améliorent nettement le désir, l’estime de soi[93] et favorisent la connexion amoureuse[112].
Arrêter le porno permet une meilleure régulation émotionnelle grâce à la prise de responsabilité de ses émotions[112] et une communication plus sensible au sein du couple, conditions nécessaires à une sexualité créative ou la sécurité émotionnelle va de pair avec un plaisir amplifié[111],[110]. Les rapports cliniques indiquent aussi qu’un arrêt prolongé de la consommation peut parfois suffire à restaurer le désir et la fonction érectile, ce qui témoigne d’un mécanisme neuroadaptatif réversible[98], autrement dit il suffit d’arrêter pour aller mieux.
La sexologue belge Thérèse Hargot prend position contre la banalisation de la pornographie, notamment parce que cette dernière introduit une forme anxiogène dans la relation sexuelle à travers la norme de jouissance à tout prix[114], la notion de performance et de danger lié à la sexualité inspirée du porno[115]. Pour elle, cette nouvelle normativité sexuelle crée une discrimination sexuée visant les femmes, et surtout les jeunes filles, qui sont continuellement humiliées dans les films pornos, alors que les hommes ou les garçons y sont glorifiés. Pour y remédier, elle suggère la fidélité au sein du couple afin de bâtir une relation de confiance et l'abstinence dans le célibat, car lorsqu'un homme est sevré du porno, il s'aperçoit naturellement que la masturbation est un plaisir mais pas une besoin[116].
Organisations et lois anti-pornographie par pays
[modifier | modifier le code]Afrique du Sud
[modifier | modifier le code]Le gouvernement d'Afrique du Sud révise le Films and Publications Act[117], qui interdit la pédopornographie réelle et virtuelle. La pédopornographie « réelle » désigne l'utilisation de vrais enfants dans des pratiques sexuelles, tandis que la pédopornographie « virtuelle » désigne les matériaux pédopornographiques ne mettant pas en scène des enfants réels, ce qui inclut des peintures, des dessins, des images créées par ordinateur, des descriptions écrites, ou des représentations d'adultes sous la forme d'enfants. Une proposition[118] récente[Quand ?] au Parlement demandait l'interdiction de la pédopornographie réelle mais pas de la pédopornographie virtuelle. Le processus de la proposition, incluant des discussions avec le public, les organisations non-gouvernementales et les membres du Parlement, a été enregistré[119].
États-Unis
[modifier | modifier le code]Commissions du gouvernement américain sur la pornographie
[modifier | modifier le code]Aux États-Unis, une décision de la Cour suprême en 1969 affirma que les gens pouvaient regarder ce qu'ils voulaient si c'était dans leur cercle privé[120], ce qui poussa le Congrès et le président Lyndon B. Johnson à mettre en place une commission pour l'étude de la pornographie.
En 1970, la « Commission présidentielle sur l'obscénité et la pornographie » conclut qu'« il n'y a pas suffisamment de preuves que l'exposition à des œuvres sexuellement explicites joue un rôle significatif dans l'encouragement de comportements délinquants ou criminels ». En général, en se limitant aux adultes, la commission recommanda que la loi « ne devrait pas chercher à interférer avec le droit qu'ont les adultes de lire, posséder ou regarder des œuvres à caractère sexuel ». Sur le fait que ces œuvres devraient être limitées aux adultes afin de protéger les jeunes, la commission affirma qu'il serait « inapproprié d'ajuster le niveau de communication destiné aux adultes à celui considéré comme adapté aux enfants ». Ces conclusions furent approuvées par la Cour suprême[121].
Une grande partie du budget de la commission fut utilisé pour financer des recherches sur les effets des œuvres à caractère sexuel. Dans l'une de ces expériences, l'exposition répétée d'étudiants à des œuvres pornographiques « a causé un déclin d'intérêt envers la pornographie, moins de réponse et pas d'effets durables » ; cependant, l'effet de saturation finit par se dissiper. William B. Lockhart, proviseur de la faculté de droit de l'université du Minnesota et président de la commission, affirma qu'avant de participer à celle-ci, il était favorable au contrôle des œuvres obscènes à la fois pour les adultes et les enfants, mais qu'il avait changé d'avis après avoir vu les études scientifiques dirigées par la commission. À propos d'autres membres de la commission, Keating et le révérend Morton Hill, qui n'étaient pas d'accord avec lui, il affirma que « quand on oubliera ces hommes, la recherche effectuée par la commission fournira une base factuelle pour des règles fondées et intelligentes créées par les législateurs de demain[122] ».
De son côté, le révérend Morton A. Hill, fondateur de Morality in Media, corédigea un rapport qui contredisait les conclusions de la commission. Affirmant que celle-ci était jugulée par le premier amendement de la Constitution sur la liberté d'expression pour autoriser la pornographie, le révérend Hill et un autre membre du clergé participant à la commission, le docteur Winfrey C. Link, rédigèrent un document nommé Hill-Link Minority Report, contredisant les conclusions du rapport officiel de la commission. Publié en 1970, le rapport officiel fut rejeté à la fois par le président Richard Nixon et le Congrès, tandis que le rapport Hill-Link fut enregistré par le Sénat et la Chambre des représentants. Il fut cité dans plusieurs décisions de justice contre les œuvres obscènes en 1973 dont le procès Miller v. California[123].

Le président Ronald Reagan annonça son intention de créer une commission pour étudier la pornographie[124], et au printemps 1985, le procureur général Edwin Meese réunit une commission de 11 membres, dont la plupart étaient connus pour avoir participé à des croisades anti-pornographie[125].
En 1986, la commission, souvent nommée « commission Meese », parvint à la conclusion inverse de la commission de 1970 : la pornographie était jugée dangereuse à différents degrés. Un atelier dirigé par le docteur C. Everett Koop fournit la plupart des recherches faites par la commission. Ayant eu peu de temps et d'argent pour développer des preuves à inclure dans le rapport de la commission, il décida de mener un atelier d'un week-end regroupant des « autorités reconnues » du milieu. Tous les participants invités y prirent part sauf un. À la fin de l'atelier, les participants parvinrent à un consensus sur cinq points :
- « Les enfants et les adolescents qui participent à la production d'œuvres pornographiques s'exposent à des effets néfastes et durables »
- « L'usage prolongé de pornographie fait croire que des pratiques sexuelles rares sont courantes »
- « Les œuvres pornographiques qui représentent les agressions sexuelles comme agréables pour les victimes encouragent l'acceptation de la violence dans les relations sexuelles »
- « Des études de laboratoire mesurant les effets à court terme ont montré que l'exposition à de la pornographie violente fait augmenter le comportement punitif à l'égard des femmes »
Selon le docteur Koop, « Même si les preuves peuvent être ténues, nous en savons quand même assez pour conclure que la pornographie présente un danger clair et réel pour la santé publique américaine[126] ».
En 1983, des procureurs de Californie tentèrent d'utiliser les lois anti-prostitution de l'État pour condamner un producteur et des acteurs de cinéma pornographique. La Cour suprême de Californie décida en 1988 que ces lois n'étaient pas applicables à la production de pornographie non-obscène[127]. Certains affirment que cette décision approuve implicitement la pornographie, et que c'est l'une des raisons pour lesquelles la plupart des œuvres pornographiques américaines actuelles sont produites en Californie.
Jurisprudence de la Cour suprême des États-Unis
[modifier | modifier le code]Dans une série d'affaires commençant par l'affaire Roth vs. United States[128], la Cour suprême des États-Unis a soutenu que l'obscénité n'est pas protégée par le premier amendement relatif à la liberté d'expression, ni par aucun autre élément de la Constitution des États-Unis d'Amérique. La Cour suprême explique sa position ainsi[129] :
« Différentes cours de justice sonnent l'alarme de la répression. Mais de notre point de vue, mettre sur un pied d'égalité l'échange libre et clair d'idées et de débats politiques avec l'exploitation commerciale d'œuvres obscènes n'est pas dans la conception du Premier amendement et ses grandes idées dans la lutte historique pour la liberté. C'est un mauvais usage des grandes garanties de liberté d'expression et de liberté de la presse (…) »
et, dans une autre affaire, ainsi[130] :
« En particulier, nous soutenons qu'il y a des intérêts légitimes de l'État en jeu dans la jugulation de la vague de commercialisation d'obscénités, même en supposant qu'il est possible de renforcer les sécurités contre l'exposition des jeunes et des personnes non-impliquées. (…) Des droits et des intérêts autres que ceux des plaignants sont en jeu. (…) Cela inclut les intérêts du public pour sa qualité de vie et l'environnement communautaire, la tendance des commerces dans les centres-villes, et peut-être la sûreté du public elle-même (…) Il y a un droit de la nation et des États à maintenir une société décente (…) L'expérience, y compris celle de ces deux dernières décennies, donne une large base aux législateurs pour conclure qu'une relation sensible, utile, clé de la vie de famille, du bien de la communauté et du développement de la personnalité humaine, peut être détournée par l'exploitation commerciale crasse du sexe. »
La Cour suprême définit l'obscénité dans l'affaire Miller vs. California en 1973[131] avec le test de Miller.
Le , la Cour suprême a confirmé une loi fédérale de 2003, Prosecutorial Remedies and other Tools to end the Exploitation of Children Today Act ou Protect Act, contre la pédopornographie, dans un vote à 7 voix contre 2 dirigé par le juge Antonin Scalia dans l'affaire United States vs. Williams. Cette confirmation annule l'appel selon lequel la loi était inconstitutionnelle. Michael Williams, en Floride, a été arrêté dans une opération fédérale et reconnu coupable de diffusion d'œuvres pédophiles, car il vendait des photos dénudées de sa fille et d'autres œuvres pédopornographiques via un chat sur Internet[132],[133],[134].
Chine
[modifier | modifier le code]La pornographie en Chine, est strictement interdite dans tout le pays depuis 1949 (comme pour la Corée du Nord depuis 1993), qui est passive d'un avertissement et jusqu'à une censure totale en cas de récidive, même avec l'utilisation d'un VPN.
Europe
[modifier | modifier le code]Allemagne
[modifier | modifier le code]L'Allemagne a imposé la toute première fois vers fin 1995 la censure de la pornographie comme la vente de livres électroniques érotiques et sur internet en 2009[réf. nécessaire].
Hongrie
[modifier | modifier le code]Le , marque la fin de l'âge d'or du porno gratuit sur internet, car les visiteurs devrons dorénavant payer avant d'entrer sur les sites pour adultes.
Russie
[modifier | modifier le code]Le 10 septembre 2015, le Roskomnadzor, l'organe russe de surveillance des médias, a bloqué 11 sites pornographiques ainsi que 136 autres sites porno[pas clair]. Un an plus tard, le gouvernement russe confirme cette mesure en mentionnant « favoriser les rencontres dans la vraie vie ».[réf. nécessaire]
Royaume-Uni
[modifier | modifier le code]Le principal groupe anti-pornographie au Royaume-Uni est le groupe Mediawatch, qui vise à criminaliser la possession d'œuvres pornographiques.
La possession d'œuvres pornographiques n'a jamais été considérée comme illégale au Royaume-Uni (sauf les œuvres pédophiles), mais en 2006, le gouvernement britannique a annoncé un projet de rendre illégale la possession d'œuvres de « pornographie extrême », passible de trois ans de prison. Cette loi fait suite à la campagne menée par Liz Longhurst après la mort de sa fille Jane Longhurst. Graham Coutts a été reconnu coupable du meurtre (mais cela a été remis en cause en juillet 2006[135]). Selon Liz Longhurst, son acte était imputable au fait qu'il était un grand consommateur de pornographie extrême : Graham Coutts avait regardé de nombreuses œuvres pornographiques ultra-violentes sur Internet, dont des vidéos sur le fétichisme de la strangulation. La campagne de Liz Longhurst fut soutenue par des membres du Parlement, et une pétition contre les sites « faisant la promotion de la violence contre les femmes au nom de la gratification sexuelle » recueillit 50 000 signatures[136]. Elle est soutenue par les organisations anti-pornographie Mediawatch et Mediamarch, mais pas par le mouvement Backlash, soutenu par les mouvements BDSM, les défenseurs des droits civils et des féministes anti-censure. Beaucoup de personnes ayant répondu à la consultation lancée par le gouvernement, en particulier parmi les forces de police, ont ajouté que le projet de loi devrait aller plus loin et imposer des restrictions sur toutes les formes de pornographie. Cependant, la majorité des réponses à la consultation affirment qu'il ne devrait pas y avoir de changements dans la loi[réf. nécessaire].
Le gouvernement britannique exerce un contrôle plus strict sur la pornographie que ce que l'on rencontre dans d'autres pays. La diffusion de pornographie hardcore n'a été légalisée qu'en 2000, près de 30 ans après les États-Unis et les autres pays d'Europe. Les films pornographiques doivent être certifiés par le British Board of Film Classification pour pouvoir être vendus légalement. Cela fait du Royaume-Uni la démocratie libérale la plus régulée en matière de media[137].
France
[modifier | modifier le code]Le premier arrêté pour interdire l'exposition des mineurs aux contenus pornographique date du (article 227-24 du code pénal) introduit par la loi no 92-684 du portant réforme des dispositions du code pénal relatives à la répression des crimes et délits contre les personnes[138].
Le , la loi SREN interdit l'affichage sur écran de contenus pornographiques sans que la majorité de l'utilisateur (18 ans) n'ait été contrôlée par un système robuste et protecteur en « double anonymat ». Le double anonymat signifie que l'âge de la personne est contrôlé, mais sans révéler son identité.
À partir du , tous les sites pour adultes doivent mettre en place un système de vérification de l'âge des visiteurs (AgeVerif), conforme à un référentiel technique validé par la CNIL.
Dans la nuit du au , les mesures sont renforcées par le blocage définitif à l'accès libre aux 17 sites pour adultes via AgeVerif :
- Accès payant par la carte bancaire, ticket AgeVerif chez les buralistes, portefeuille numérique (Pleenk ou Gataca).
- Vidéos payantes pour certains sites comme Jacquie et Michel, Ton Porno Du Jour, Dorcel Club, Colmax, etc..
- Création d'un compte AgeGO, AgeVerif, PayPal ou un compte d'utilisateur premium selon les sites comme XVideos, XNXX, etc..
- Estimation de l'âge par adresse mail, selfie, pièce d'identité.
- Utilisation des applications de double anonymat comme Yoti ou AnonymAGE.
Sauf Pornhub, Youporn et RedTube qui sont de nouveau accessibles entre le jusqu'au , après la décision du Conseil d’État de rétablir la vérification d'âge pour les utilisateurs des sites pornographiques basés dans toute l'Union Européenne et dans le reste du monde.
Autres pays européens
[modifier | modifier le code]La pornographie est illégale en Biélorussie, en Lituanie, en République tchèque (depuis 1993), en Pologne (depuis 2000), au Danemark (depuis 1969), en Islande (depuis 2013) ou encore en Ukraine (depuis 1998)[réf. nécessaire].
Notes et références
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Annexes
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Commentaire
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Liens externes
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- (en) Discours d'Andrea Dworkin à la conférence de janvier 1985 sur la pornographie à l'université de Duke (Fichier mp3, durée : 1h)
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- (en) Bibliographie sur la pornographie et les violences contre les femmes
- (en) Candeo's Six Weeks to Freedom - Système développé par le Dr. Randy Hyde, le Dr. Bernell Christensen et Mark Kastleman, auteurs du livre The Drug of the New Millennium, contre l'addiction à la pornographie.
