Fellation

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Fellation, bord d’une coupe attique du Peintre de Pédieus, v. 510 av. J.-C., musée du Louvre.

La fellation (du latin fellatio, dérivé de fellare qui signifie « sucer, têter »)[1] est un des comportements sexuels humains qui consiste à stimuler le pénis du partenaire avec la bouche, les lèvres et la langue. Elle peut être pratiquée soit comme un préliminaire soit pour conduire l’homme jusqu'à l’orgasme.

La fellation étant un rapport bucco-génital, c’est le symétrique pour un homme du cunnilingus pour une femme.

Cette pratique est désignée par un grand nombre d'expressions ou de termes familiers, comme « se faire tailler une pipe », « tailler une pipe », etc.

La fellation a également été observée chez certains animaux, dans un but de gestion de conflits (chez les bonobos, par exemple) ou bien avec une finalité sexuelle (chez certaines espèces de chauves-souris)[2].

Pratiques de la fellation[modifier | modifier le code]

Représentation dessinée dans le Kâmasûtra.

La fellation vise la stimulation du pénis à l’aide de la langue, des lèvres et de la bouche du partenaire. Les sensations ressenties au cours de la fellation peuvent être amplifiées, en même temps, en masturbant le pénis ainsi qu’en stimulant les testicules et l’anus ou de toutes les autres zones érogènes.

Plusieurs positions et techniques lui sont propres. Quelques-unes figurent même dans le très célèbre Kâmasûtra. Certaines sont difficiles à pratiquer, par exemple la gorge profonde qui reste une prouesse corporelle telle que d’autres positions sexuelles acrobatiques.

La fellation en elle-même ne peut pas causer de grossesse. Cependant, les partenaires, si l’un d’eux est une femme, devront veiller à éviter tout contact avec les parties génitales de cette dernière, notamment, à cause de l’usage quasi inévitable des mains dans cette pratique. Il en résulte un risque — faible mais réel — qu’une petite quantité de sperme ou de liquide séminal se dépose à l’entrée du vagin par le même principe que la masturbation par le frottement du pénis contre la vulve[3],[4],[5].

La fellation peut aboutir à une éjaculation. De par sa nature, la fellation conduit à l’éjaculation buccale. Pour les fellateurs, il faut donc être attentif aux prémices de l’orgasme, ou demander à son partenaire de se retirer lorsqu’il sent l’imminence de l’éjaculation, s’ils ne désirent pas recevoir de sperme dans la bouche.

La fellation peut s'inscrire dans les préliminaires d'une relation coïtale, comme les massages, les caresses, le cunnilingus ou autres jeux sexuels. Dans ce cas, les partenaires éviteront généralement de la poursuivre jusqu'à l'orgasme. Elle peut aussi être pratiquée comme un rapport unique, particulièrement dans les cas où un coït est déconseillé ou inopportun (règles, grossesse avancée, irritation vaginale pour la femme) ou lorsque l'environnement (promiscuité, agitation) ou les conditions (temps disponible) ne permettent pas aux partenaires des relations plus complètes : cette forme d'« amour à la sauvette » est un pis aller car seul le partenaire passif pourra espérer atteindre l'orgasme.

L’hygiène est aussi un facteur important. Un manque d’hygiène conduit à de mauvaises odeurs, une accumulation de sueur, de micro-résidus (peluches, urine, sperme), qui peuvent être fortement désagréables pour le fellateur, voire nauséeux.

Des gels et des préservatifs spécialement parfumés pour cette pratique (fraise, vanille, réglisse, banane, etc.) sont disponibles en pharmacie, en grandes surfaces, et dans les distributeurs automatiques.

Gorge profonde[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gorge profonde (pratique sexuelle).

La gorge profonde est une pratique sexuelle désignant une fellation au cours de laquelle le pénis est introduit le plus loin possible dans la bouche puis dans la gorge du partenaire.

Irrumation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : irrumation.

L’irrumation est une fellation active de la part de la personne qui utilise son pénis dans l’acte, il n’est plus passif mais effectue un mouvement de va-et-vient avec son sexe dans la bouche de sa ou son partenaire. La pénétration du sexe est en général plus profonde.

Instinctive (le réflexe naturel initial étant d’amener le sperme au plus près du col de l’utérus) ou volontaire (l’action est amenée par les sensations), cette pratique peut s’avérer difficilement supportable de la part de la personne qui subit l’irrumation, provoquer un réflexe de vomissement et entraîner des étouffements passagers ou des douleurs.

Les termes « actif » et « passif », lorsqu’ils sont employés pour désigner le rôle de chacun des deux partenaires impliqués dans une irrumation, pouvant être ambigus, il est parfois conseillé de parler plutôt des partenaires « insertif » et « réceptif »[6].

Autofellation[modifier | modifier le code]

L’autofellation consiste, pour les hommes très souples, à se contorsionner pour pratiquer une fellation sur leur propre sexe.

Fellation et IST[modifier | modifier le code]

Risques[modifier | modifier le code]

La fellation fait partie des pratiques sexuelles à risque, car une transmission d'infection sexuellement transmissible (IST) entre les deux partenaires est possible.
De nombreuses IST sont concernées : le VIH-SIDA mais aussi la syphilis, l’herpès, les chlamydiaes, les gonorrhées, et plusieurs types d’hépatites, cette liste n’étant pas exhaustive. À titre d’exemple, on estime le risque d’être contaminé par le VIH lors d’une fellation sans préservatif avec une personne contaminée de 0,5 à 1 pour 10 000[7]. Mais cette probabilité est extrêmement variable en fonction de divers facteurs. Lorsqu’un partenaire vient d’être infecté par le VIH (stade de la primo-infection), sa charge virale est extrêmement élevée et le risque de transmission considérablement accru, même sans éjaculation[8].
Les risques liés à la fellation semblent peu pris en considération par la population[8]. Peu d’études existent sur le sujet, compte tenu de la difficulté d’établir avec certitude qu’une maladie s’est transmise par sexe oral et non par une autre pratique.

Certaines études[9],[10] établissent un risque plus élevé de développer un cancer (de l’oropharynx, en particulier) chez les personnes ayant des relations bucco-génitales avec des partenaires différents. Il ne s’agit cependant pas d’un risque direct, ces études soulignant simplement l’accroissement récent du nombre de personnes infectées par des papillomavirus (condylomes, qui eux accroissent effectivement le risque de développement de cancer buccal) parallèlement au manque de protection utilisées lors de la pratique du sexe oral avec des inconnus. En d’autres termes, un rapport vaginal reste un facteur de transmission bien plus risqué, et la pratique du sexe oral comme de toute autre pratique sexuelle avec un partenaire sain ne saurait représenter un quelconque risque de cancer.

Prévention[modifier | modifier le code]

Le préservatif permet d’éviter le contact entre la personne qui effectue la fellation et les fluides sexuels de l’homme. Afin de cacher le goût du latex, de nombreux fabricants proposent des préservatifs parfumés, plus fins, ou sans lubrifiant. Cependant, le conseil d’utilisation du préservatif est ici moins suivi que pour les rapports sexuels génitaux, en raison tant de l’absence de campagnes de prévention axées sur ce point - même si cela commence à changer - ainsi que d’une plus grande modification des sensations physiques par la présence du préservatif dans le cas de la fellation, par rapport aux rapports génitaux ou anaux[11].

En l’absence de protection, il est vivement recommandé de suivre les quelques règles suivantes :

  • S'assurer de ne pas avoir de lésions aux lèvres et à l’intérieur de la bouche, comme des aphtes ou des saignements (gingivite). L'angine et la candidose sont également problématiques[12]. Une bonne hygiène bucco-dentaire est donc recommandée, mais se laver les dents peu de temps avant la fellation peut faire saigner les gencives, et avoir un effet contraire à celui recherché. Il n'est pas donc conseillé de pratiquer la fellation juste après s'être lavé les dents, comme il n'est pas conseillé non plus de se laver les dents quelques minutes après l'acte sexuel. Un délai de 30 minutes à 2 heures est à respecter. Il convient également de ne pas pratiquer de fellation après des soins dentaires[13].
  • Ne pas avaler le liquide séminal, qui peut être contaminant. En l'absence de préservatif, il est recommandé d'essuyer le gland avec la main ou un mouchoir, avant que la bouche n'entre en contact avec le fluide[14].
  • Ne pas éjaculer dans la bouche de sa/son partenaire. Il convient donc, bien sûr, de ne pas garder le sperme en bouche ni de l'avaler. Contrairement à une idée reçue, les sucs gastriques ou la salive (qui n'est pas en soi contaminante) n'annihilent cependant pas le virus[15]. En cas d'éjaculation buccale, il est souhaitable de recracher le sperme aussitôt, de rincer immédiatement sa bouche à l'eau claire, sans frotter, et d'éviter les bains de bouche alcoolisés (dont l'agressivité aurait tendance à fragiliser les muqueuses)[14]. Mais ces précautions ne suffisent pas à prévenir tout risque d'infection.

En cas d'accident, il est toujours possible d'effectuer un traitement post-exposition de l'infection au VIH, en se rendant dans un service hospitalier le plus rapidement possible (ou dans un délai de 48 heures au maximum)[14].

Origine neurobiologique[modifier | modifier le code]

Du XVIIIe siècle jusqu'à la révolution sexuelle des années 1970, les savants et les sexologues pensaient que la fellation provenait d'une déviation de l'instinct sexuel[16] ou de troubles psychologiques[17].

Les premières recherches scientifiques, essentiellement menées sur des rongeurs, semblaient confirmer le caractère "anormal" de la fellation. En effet, on observe que l'organisation neuroanatomique générale des organismes mammaliens est spécifiquement conçue pour la copulation : des phéromones sexuelles attirent réciproquement les mâles vers les femelles[18], puis le réflexe de lordose permet de bien présenter le vagin pour la pénétration[19], la lubrification vaginale facilite le réflexe d'éjaculation, les sensations vaginales, clitoridiennes et péniennes (via le système de récompense[20],[21]), favorisent la motivation sexuelle[22], etc.

Article détaillé : Comportement de reproduction.

Dans cette organisation neurobiologique de la reproduction, la fellation n'a pas de fonction, et surtout il n'existe pas de circuit neural spécifique pour la fellation, tel qu'il en existe par exemple pour la position cruciale de la lordose[19]. Par ailleurs, le léchage anogénital, qui pourrait être considéré comme l'équivalent de la fellation humaine, est provoqué par les phéromones et sa fonction est de recueillir des informations phéromonales contrôlant le comportement sexuel[18]. Les molécules sont ensuite transmises de la bouche vers la cavité nasale par le canal nasopalatin, puis vers l'organe voméro-nasal. Or, au niveau comportemental, la femelle ne prend pas le pénis dans sa bouche, et surtout, au niveau anatomique et physiologique, le canal nasopalatin est obturé chez l'humain[23] et l'organe voméronasal n'est plus fonctionnel[24]. Le léchage ano-génital des mammifères non-primates et la fellation humaine ne dépendent donc pas des mêmes contrôles neurobiologiques.

Les recherches récentes en neurosciences, depuis le début du XXIe siècle, permettent d'expliquer cette différence du contrôle cérébral. Elles ont montré qu'au cours de l’évolution, le contrôle neurobiologique du comportement sexuel a changé. Chez les primates et surtout chez les hominidés (être humain, chimpanzé, bonobo, orang-outan, gorille, etc.), la sexualité s'est progressivement dissociée des cycles hormonaux[25],[26], 90 % des gènes des récepteurs aux phéromones ont été altérés[27],[24] et le réflexe sexuel de la lordose n'est plus fonctionnel. Tandis qu'au contraire, l'importance du système de récompense et de la cognition est devenue majeure[28]. En raison de ces modifications du système nerveux, on observe que les activités sexuelles des hominidés changent : elles ne sont plus limitées à la copulation vaginale[29],[30], mais se développent principalement autour de la stimulation des zones érogènes, car ces stimulations procurent des récompenses / renforcements dans le cerveau[28]. Ces récompenses, en particulier l'orgasme, sont perçues au niveau de la conscience comme des sensations de plaisirs érotiques et de jouissances. Chez l’être humain, le but fonctionnel du comportement sexuel n'est plus le coït vaginal, mais la recherche des récompenses érotiques, procurées par la stimulation du corps et des zones érogènes. Le comportement de reproduction a évolué vers un comportement érotique[31],[note 1].

Article détaillé : Comportement érotique.

Le plaisir est clairement à l’origine de la fellation chez l'homme. En effet, les activités de pénétration (buccale, vaginale ou anale) procurent des sensations thermiques, tactiles et de pressions intenses sur l'ensemble du pénis (gland, prépuce, corps caverneux et spongieux), ce qui maximise les plaisirs érotiques. De plus, les chercheurs Masters et Johnson ont observé et mesuré avec des appareils spécialisés plus de 10 000 réponses sexuelles auprès de 694 hommes et femmes. Ils ont montré que le pénis de l’homme et le clitoris de la femme étaient les principales régions du corps à l’origine du plaisir sexuel[32]. Pour ces raisons physiologiques, recevoir une fellation est une des activités érotiques préférées des hommes.

En résumé, l’être humain recherche les activités sexuelles, comme la fellation, principalement car elles procurent des plaisirs érotiques intenses.

Par contre, pour la personne qui réalise la fellation, la motivation initiale n'est pas la recherche de récompenses érotiques. Mettre un pénis dans la bouche n'est pas une activité érogène innée. Parfois, la personne ressent même du dégoût la première fois qu'elle pratique une fellation. C'est uniquement en répétant cette activité, par conditionnements et apprentissages, que la fellatrice (ou le fellateur) finit par ressentir du plaisir. Mais pour la majorité des personnes, réaliser une fellation ne devient pas une activité érotique préférée. Recevoir une fellation (ou son équivalent pour la femme, le cunnilingus) est nettement préféré[31].

Néanmoins d'autres motivations à donner des fellations peuvent être apprises : donner du plaisir au partenaire, pratiquer la réciprocité, ou imiter les autres. Certaines personnes tirent une grande satisfaction psychologique de cette pratique, avec l'idée d'être maître du plaisir de l'autre ou, à l'inverse, de le servir. Pour les personnes qui pratiquent régulièrement la fellation, c’est une préférence sexuelle, qui se forme au cours de la vie de la même manière que les préférences olfactives, musicales ou alimentaires.

Représentations culturelles[modifier | modifier le code]

Les pratiques, les valeurs et les représentations attachées à la fellation changent en fonction des époques de l’Histoire et en fonction des groupes sociaux et des sociétés humaines. Ainsi, le journaliste Lucien Bodard, né et élevé en Chine, raconte que les nourrices chinoises ont coutume, pour inciter les petits garçons à s'endormir, de leur caresser le sexe avec leurs lèvres[33].

Dans de nombreuses sociétés traditionnelles, la fellation, comme d’ailleurs la sodomie ou le baiser, sont considérés comme des activités sexuelles « anormales », car dans ces sociétés ces pratiques ne correspondent pas à l’usage considéré comme « normal » des organes : l’anus est destiné à la défécation et la bouche à l’alimentation[29].

Dans l’Antiquité romaine, la fellation pratiquée par un homme était une pratique honteuse et le mot « fellateur » était utilisé comme l’« injure suprême », car un homme pratiquant des activités considérées comme typiquement féminine perdait sa « virilité » et son statut social[34]. En revanche, le fait pour un homme de recevoir une fellation par un autre homme était relativement valorisé.

Depuis l’origine de la sexologie et jusqu’à la révolution sexuelle, la fellation a été considérée comme une pathologie. La fellation était une perversion de l’instinct sexuel[16], « instinct » qui « normalement » ne devait produire que des activités sexuelles permettant la reproduction[17]. En 1952, la fellation, avec la masturbation et le cunnilingus, faisaient partie des comportements pathologiques dans la première édition du manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux[35].

Histoire[modifier | modifier le code]

Illustration de Paul Avril.

On trouve des fresques de scènes de fellations à Pompéi ainsi que sur des bas-reliefs hindous, les papyrus de l’Égypte antique et la Rome antique. On trouve des références à des fellations, hétérosexuelle, homosexuelle ou pédéraste[36] dans la Vie des douze Césars de Suetone.

Dans la Relation de la maladie, de la confession, de la mort et de l’apparition du jésuite Berthier, Voltaire attribue le questionnement « Semen ubi femina effudit, an teneatur alter effundere, sive inter uxores, sive inter fornicantes ? » au jésuite Tomás Sánchez. Roger Peyrefitte traduit cela par « Si l’on peut commencer dans les vases illégitimes ». Le théologien aurait répondu : « Utrum liceat intra vas praeposterum, aut in os feminae, membrum intromittere, animo consummandi intra vas legitimum », c’est-à-dire qu’il autorisait ces préludes « à condition de finir dans le vase légitime[37]. »

En droit pénal[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

« Tout acte de fellation constitue un viol au sens des articles précités, dès lors qu’il est imposé par violence, contrainte, menace ou surprise, à celui qui le subit ou à celui qui le pratique.»

— Crim. 16 décembre 1997, pourvoi no 97-85455[38]

La fellation imposée à un homme ou à une femme non consentants est donc un viol (il y a bien pénétration de la victime par le sexe de l’auteur). En revanche, la fellation pratiquée sur un homme non consentant n’est pas un viol (ici c’est l’auteur, homme ou femme, qui impose sa propre pénétration à la victime), mais une agression sexuelle[39] :

« L’élément matériel du crime de viol n’est caractérisé que si l’auteur réalise l’acte de pénétration sexuelle sur la personne de la victime.»

— Crim. 22 août 2001, pourvoi no 01-84024[40]

Pour être constitutive d’un viol, la fellation implique une pénétration par l’organe sexuel masculin de l’auteur et non par un objet le représentant (Crim. pourvoi no 06-89543[41]) :

« Encourt la censure pour violation des articles 111-4 et 222-23 du code pénal l’arrêt qui renvoie devant la cour d’assises, sous l’accusation de viols aggravés, un médecin qui, agissant dans un contexte sexuel et animé par la volonté d’accomplir un acte sexuel, a contraint trois jeunes patientes à introduire dans leur bouche puis à sucer un objet de forme phallique dès lors que, pour être constitutive d’un viol, la fellation implique une pénétration par l’organe sexuel masculin de l’auteur et non par un objet le représentant. »

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Jusqu’en 1961, les 50 États américains avaient des sodomy statutes, certaines interdisant toute pratique consensuelle de la sodomie, terme qui regroupait le sexe oral et anal, d’autres seulement celle ayant lieu entre deux personnes non mariées ou entre des personnes du même sexe[42]. En 2003, alors que treize maintiennent encore cette interdiction, concernant l’affaire Lawrence v. Texas la Cour suprême juge que les sodomy statutes visant uniquement les homosexuels sont inconstitutionnels car discriminatoires[42],[43],[44]. Ces lois sont encore valables dans les États où elles s’adressent aux hétérosexuels et aux homosexuels[44].

Société[modifier | modifier le code]

En politique[modifier | modifier le code]

  • Une rumeur publique entourant la mort de Félix Faure, saisi d'un malaise tandis qu'il recevait sa maîtresse à l'Élysée, prétendait qu'une fellation en était la cause.
  • Dans la vie politique française contemporaine, la question de la fellation intervient dans l'affaire DSK.
  • Lors de l’affaire Monica Lewinsky, Bill Clinton nia avoir eu un rapport sexuel avec la stagiaire. Accusé de parjure après les révélations, il argumenta qu’il n’estimait pas que recevoir une fellation constituait un rapport sexuel. En fait, avec la définition d’un rapport sexuel qui fut arrêtée pour juger l’affaire, cette interprétation n’est pas fausse, quoique difficile à défendre : en définissant le rapport sexuel comme toucher les parties intimes d’une personne pour lui procurer du plaisir, on peut conclure que la fellation ne constitue un acte sexuel que pour celui qui la donne[45].

Faits divers[modifier | modifier le code]

  • En 1995, Hugh Grant fait scandale en se faisant arrêter par la police pour exhibition sexuelle (misdemeanour lewd conduct in a public place) pour avoir eu une relation buccale avec une prostituée, Divine Brown[46].
  • En 2002 sort la série X Gag Factor chez JM Productions sur l’irrumation. En octobre 2007, un agent du FBI arrête un transporteur avec des vidéos de la série. Un jury de Phoenix le condamne pour transport de matériel (vidéo) obscène. Jeffrey Douglas, l’avocat du distributeur Five Star Video, dit que la juge Rosalyn O. Silver n’a pas voulu comparer et montrer les preuves de l’affaire (vidéo X) aux membres du jury sélectionné. Five Star Video doit payer une amende et l’affaire s’arrête là. Le journaliste Robert Jensen considère cette série sur la fellation comme ultra-dégradante et dangereuse pour les femmes[47].
  • 2011 : En mai éclate l'affaire DSK.
    Section connexe : Affaire Dominique Strauss-Kahn.

Dans les religions[modifier | modifier le code]

Judaïsme[modifier | modifier le code]

D’après la Torah tout est permis entre époux mariés, cela comprend les actes pour la fécondité comme les actes artificiels du sexe pour autant qu’ils le fassent sérieusement et de façon pure[48]. Par contre, tout acte sexuel, y compris la fellation, entre hommes est interdit.

Catholicisme[modifier | modifier le code]

L'Église catholique considère que tout acte sexuel qui dissocie la sexualité de sa finalité procréative est désordonné[49]. L'interprétation de cette position fait débat : certains[Qui ?] considèrent que tout acte de sexualité orale est contraire à son enseignement, tandis que d'autres, comme le prêtre polonais Ksawery Knotz, estiment que ce sont l'intention et les conséquences de cette pratique qui comptent. Si elle participe au renforcement de l'amour conjugal et ne devient pas un obstacle à une sexualité génitale normale (par exemple, s'il s'agit d'un acte préliminaire ou corollaire à un rapport sexuel, avec l'intention d'accroître le plaisir et la communion des époux), et qu'elle est vécue dans le respect mutuel, alors elle est favorablement accueillie. Si en revanche elle décourage ou détourne le couple d'avoir des rapports sexuels génitaux, alors cette pratique est utilisée à mauvais escient et il convient de la reconsidérer[50],[51].

Dans la Bible, le passage suivant du Livre des Proverbes pourrait décrire la pratique de la fellation chez la femme adultère :

« Il y a trois choses qui sont au-dessus de ma portée,
Même quatre que je ne puis comprendre :
La trace de l’aigle dans les cieux,
La trace du serpent sur le rocher,
La trace du navire au milieu de la mer,
Et la trace de l’homme chez la jeune femme.
Telle est la voie de la femme adultère :
Elle mange, et s’essuie la bouche,
Puis elle dit : Je n’ai point fait de mal. »

— Pr 30. 18-20

Il existe cependant un passage nettement plus évocateur, c’est ce texte célèbre extrait du Cantique des Cantiques, que les lecteurs adultes peuvent comprendre à demi-mot :

« Comme un pommier au milieu des arbres de la forêt,
Tel est mon bien-aimé parmi les jeunes hommes.
J’ai désiré m’asseoir à son ombre,
Et son fruit est doux à mon palais. »

— Ct 2. 3

Ou d’après la traduction de Louis de Carrières[52]:

français latin

« 3. Tel qu’est un pommier fécond entre les arbres stériles des forêts, tel est mon bien-aimé entre les enfants des hommes. Ainsi je me suis reposée sous l’ombre de celui que j’avais tant désiré; et j’ai goûté de son fruit, qui a été plus doux à ma bouche que le miel le plus délicieux. »

« 3. Sicut malus inter ligna silvarum, sic dilectus meus inter filios. Sub umbra illius, quem desideraveram, sedi et fructus ejus dulcis gutturi meo. »

Islam[modifier | modifier le code]

Sahih al-Bukhari est le premier musulman à en parler[réf. nécessaire]. Abou Bakr As-Siddiq en parle également dans le Traité d'Houdaybiya[53]. Les textes d’Al-Muwatta diront que toucher le pénis de l’homme n’est pas impur[54].

Mais dans les années 1960, Youssef al-Qaradâwî émet par fatwa une condition à la fellation. Il affirme même qu’elle donnerait le cancer de la bouche[55]. Abu al-Qasim al-Khoei contredit cette fatwa, disant que la fellation entre époux mariés n’est pas hors-la loi. La sexologue égyptienne Heba Kotb dit que la fellation est autorisée dans l’islam puisqu’aucun texte religieux musulman ne l’interdit[56].

Chez les animaux[modifier | modifier le code]

Femelle de chauve-souris pratiquant une fellation[57].

La fellation pourrait procurer un bénéfice adaptatif. Une étude sur la chauve-souris Cynopterus sphinx montre que lorsque la femelle de cette espèce pratique une fellation à son conjoint, chaque seconde supplémentaire de cette activité augmente la durée de copulation de six secondes. La fellation pourrait donc favoriser la reproduction. De plus, la salive aux propriétés antimycosiques et antibactériennes de la femelle préviendrait des maladies sexuellement transmissibles[57].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les distinctions entre “comportement sexuel”, “comportement de reproduction” et “comportement érotique” sont expliquées dans les articles Comportement érotique et Comportement de reproduction. Ces expressions ont été proposées par les auteurs Martin H. Johnson et Barry J. Everitt dans leur ouvrage Reproduction, 5e edition, publié chez De Boeck Université en 2001, car les différences neurobiologiques, cognitives et comportementales entre les espèces modifient la dynamique du comportement sexuel. L'ouvrage qui présente le plus de vérifications expérimentales de ces distinctions est Functional and dysfunctional sexual behavior du neurobiologiste Anders Agmo.

Références[modifier | modifier le code]

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  4. (en)Is it possible to get pregnant without penetration?, National Health Service, publié le 15 janvier 2009.
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  10. (en) Voir par exemple : Article de NewScientist.com et article de BBC News.
  11. « Ceci est une pipe » sur actupparis.org du 15 juin 2004.
  12. Les modes de transmission du VIH lors de rapports sexuels sur sida-info-service.org
  13. Chat avec Mylène Pradelle et Nicolas Derche, du Kiosque Info Sida: « Nous avons été surpris par le succès de Checkpoint » sur yagg.com du 7 mai 2011
  14. a, b et c «Je suce mais j'avale pas»: La fellation à moindre risque en cinq points sur tetu.fr du 14 juillet 2011
  15. Transmission sexuelle du VIH sur positifs.org.
  16. a et b (fr) KRAFFT-EBING Richard. Psychopathia sexualis, 1882, Agora réédition 1999.
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    version électronique
  26. (fr) J. Buvat, « Hormones et comportement sexuel de l'Homme : données physiologiques et physiopathologiques », Contracept. Fertil. Sex., vol. 24, no 10,‎ 1996, p. 767-778
  27. (en) Nei M., Niimura Y., Nozawa M. The evolution of animal chemosensory receptor gene repertoires: roles of chance and necessity. Nat. Rev. Genet., 9(12):951-963, 2008
  28. a et b (en) AGMO Anders Functional and dysfunctional sexual behavior Elsevier 2007.
  29. a et b (en) FORD Clellan S. , BEACH Frank A. : Patterns of sexual behavior, Methuen & Co, London, 1965. Le livre existe en français, mais il est plus difficile à trouver : Le comportement sexuel chez l'homme et l'animal, R. Laffont, 1970
  30. (en) Bagemihl B. Biological Exuberance. St Martin's Press, 2000
  31. a et b [PDF] (fr) Wunsch Serge, Thèse de doctorat sur le comportement sexuel, EPHE-Sorbonne, Paris, 2007.
  32. (en) MASTERS William, JOHNSON Virginia. Human sexual response, Bantam Books 1980.
  33. Voir Le Fils du consul, Paris 1975, p. 31.
  34. Paul Veyne, Sexe et pouvoir à Rome, Tallandier, 2005, p. 192-193.
  35. LANGIS Pierre, GERMAIN Bernard. La sexualité humaine, ERPI, 2009, p. 357.
  36. Vie des douze Césars, Suetone, « Vie de Tibère », chap. XLIII.
  37. in Les Clés de saint Pierre. C’est l’un des graves problèmes sur lesquels, à en croire l’auteur, on faisait plancher les jeunes séminaristes pour les préparer à leur futur métier de confesseurs.
  38. Crim. 16 décembre 1997, pourvoi no 97-85455 sur Légifrance
  39. Rejetant l’argument de la partie civile selon lequel « la fellation abusivement pratiquée sur l’organe génital de la victime constitue un viol. »
  40. Crim. 22 août 2001, pourvoi no 01-84024 sur Légifrance
  41. 21 février 2007, pourvoi no 06-89543
  42. a et b (en) Jeffrey M. Shaman, Equality and Liberty in the Golden Age of State Constitutional Law, Oxford University Press US,‎ 2008, 237 p. (ISBN 0-19-533434-5, lire en ligne), p. 211.
  43. (en) Shahid Shahidullah, Albert R. (FRW) Roberts, Crime Policy in America: Laws, Institutions, and Programs, University Press of America,‎ 2008, 324 p. (ISBN 0-7618-4098-2, lire en ligne), p. 212.
  44. a et b (en) Elaine Cassel, Douglas A. Bernstein, Criminal Behavior, Routledge,‎ 2007, 386 p. (ISBN 0-8058-4892-4, lire en ligne), p. 5.
  45. (en) Perjury about sexual relations from the Paula Jones deposition.
  46. Biographie de Divine Brown sur rotten.com.
  47. (en)Jury Finds ‘Gag Factor 18’ Obscene in Five Star Case, XBIZ, 25 octobre 2007.
  48. (en) [1] Mishneh Torah, Laws Concerning Forbidden Relations 21:9 ; « Since a man’s wife is permitted to him, he may act with her in any manner whatsoever. He may have intercourse with her whenever he so desires and kiss any organ of her body he wishes, and he may have intercourse with her naturally or unnaturally [traditionally, this refers to anal and oral sex], provided that he does not expend semen to no purpose. Nevertheless, it is an attribute of piety that a man should not act in this matter with levity and that he should sanctify himself at the time of intercourse. » myjewishlearning.com.
  49. Voir sur zenit.org.
  50. Pleasure seeking during the conjugal act.
  51. « Pendant l'acte sexuel, les couples mariés peuvent montrer leur amour de toutes les façons, ils peuvent s'offrir les caresses les plus convoitées. Ils peuvent se stimuler manuellement ou oralement » in « Un prêtre polonais publie un "Kâmasûtra catholique" » sur lefigaro.fr.
  52. (la) Sainte Bible : contenant l’Ancien et le Nouveau Testament. Psaumes, Proverbes, Ecclésiaste, Cantique des Cantiques, Sagesse / avec une trad. française en forme de paraphrase par le R. P. de Carrières ; et les commentaires de Ménochius… (trad. Carrières, Louis de. Traducteur), Uthenin Chalandre fils (Besançon),‎ 1870, vol.  ; in-8 (lire en ligne, présentation en ligne), Ct 2. 3
  53. Sahih Bukhari, Kitab al Sharut [Conditions], Book: al-Sharut fil Jihad [Conditions for Jihad], hadith 2770.
  54. (en) [2] Touching The Penis in Islamic Law, history of religions 2004.
  55. [3]Islam’s Stance on Oral Sex, islamonline.net.
  56. (en)« Much of her advice is straight biology — laying out facts rarely aired elsewhere. Nothing is too sensitive. She discusses sexual positions, female orgasm, oral sex (allowed, “since there is no religious text banning it”), even masturbation (frowned upon but at least preferable to unmarried or adulterous sex, which is “haram,” meaning forbidden by religion). »; Muslim Woman Gives Sex Advice on Arab TV[4].
  57. a et b (en) Tan M, Jones G, Zhu G, Ye J, Hong T, et col, « Fellatio by Fruit Bats Prolongs Copulation Time », PLoS ONE, vol. 4, no 10,‎ 28 octobre 2009 (DOI 10.1371/journal.pone.0007595)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « La pipe est-elle déculottée ? », in Libération, no 7523,
  • Violette Blue, Tout savoir sur la fellation, trad. Wendy Delorme, éditions Tabou, 2007.
  • Collectif, Osez 20 histoires de fellation, La Musardine, 2012.
  • Dino, Osez tout savoir sur la fellation, La Musardine, 2004.
  • Franck Évrard, De la fellation dans la littérature, Paris, Le Castor Astral, 2001.
  • Thierry Leguay, Histoire raisonnée de la fellation, GECEP/Le Cercle, 1999.
  • Gérard Leleu, L'Art de la fellation, Leducs éditions, 2008.
  • Gérard Lenne, De la fellation comme idéal dans le rapport amoureux, La Musardine, 2012.
  • Note sous Cass. crim., 22 août 2001, 01-84024, Gazette du Palais, 30 juillet 2002 no 211, p. 33s

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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