Éjaculation

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L’éjaculation est l’expulsion d’un liquide biologique, à l’approche ou au moment de l’orgasme lors d’un rapport sexuel, d’une masturbation, ou d’une pollution nocturne (rêve érotique) . Chez l’homme, l’éjaculat est constitué de sperme ou de liquide séminal, alors que chez la femme, il s’agit du fluide sécrété par les glandes de Skene.

Chez l'homme[modifier | modifier le code]

Séquence d’images d’une éjaculation masculine.

Physiologie[modifier | modifier le code]

L’éjaculation est l’expulsion du sperme, le plus souvent accompagnant l’orgasme. Chez l’homme, elle s’accomplit en deux phases :

  • l’émission : dans un premier temps, les canaux déférents, les vésicules séminales et la prostate se contractent en expulsant le sperme vers la base de l’urètre[1], ce qui provoque une tension de cette région. Cette étape est ressentie par l’homme comme un point de non retour, l’orgasme va se produire ; on parle de « point d’inévitabilité éjaculatoire »[2],[3].
  • l’expulsion du sperme : un muscle situé autour de la base de la verge et de l’anus, appelé muscle pubococcygien du périnée ou muscle PC, se contracte par saccades[1] ; le sperme est expulsé par le méat urétral.

Le volume normal d'une éjaculation est compris entre 2 et 6 ml. Pour un ordre d’idée, la contenance admise d’une cuillère à café est de 5 ml de liquide : au-delà de 6 ml, on parle d’hyperspermie, en dessous de 2 mL, on parle d’hypospermie.

En général, le pénis perd son érection après l’éjaculation.

Lors de la puberté, les premiers orgasmes, nocturnes (accompagnant parfois un rêve érotique) ou faisant suite à la masturbation, peuvent avoir lieu sans émission de sperme, sa production n’étant pas encore fonctionnelle.

En dehors d’une stimulation sexuelle active, l’éjaculation peut se produire pendant le sommeil ; on appelle parfois ce phénomène « émission nocturne » ou « pollution nocturne ». Ces éjaculations peuvent se produire à partir de l’adolescence et, moins fréquemment, au cours de l’âge adulte ; elles sont considérées comme normales. L’éjaculation nocturne correspond souvent à un rêve érotique. L’érection nocturne ou avant le réveil est due à l’activité du nerf vagal (nervus vagus) mais n’a aucun lien avec la pollution nocturne[4].

L’éjaculation est généralement concomitante à l’orgasme. Cependant, les deux ne sont pas liés. L’un est la conséquence naturelle de l’autre. Il est courant d’éjaculer sans orgasme (c’est souvent le cas des éjaculations précoces) et il est aussi possible d’avoir des orgasmes sans éjaculer en contractant fortement son muscle pubococcygien au moment où l’on sent venir le point de non retour. Déjà enseigné dans certains écrits tantriques et taoïstes, cet apprentissage permet à l’homme de ne pas perdre son érection après un premier orgasme sans éjaculation (on parle d’injaculation, d’étreinte réservée, d’orgasme sec, de coup sec…) et de devenir multi-orgasmique[5].

Éjaculation précoce[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Éjaculation précoce.

L’éjaculation précoce survient en moins de trois minutes après le début de la stimulation sexuelle. L’éjaculation précoce peut arriver notamment lors des premiers rapports sexuels. Bien que n’étant pas une maladie, car l’homme qui éjacule rapidement fonctionne sexuellement bien, elle peut avoir des conséquences sur la relation sexuelle.

Éjaculation rétrograde[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Éjaculation rétrograde.

Chez certains hommes, l’absence d’émission de sperme lors de l’orgasme a pour origine une anomalie anatomique. L’éjaculation est alors redirigée partiellement ou en totalité vers la vessie. Cette éventuelle cause de stérilité peut être palliée par une opération chirurgicale ou par prélèvement et insémination artificielle.

L’éjaculation rétrograde peut survenir lors d'une injaculation mal menée (pression insuffisante sur le muscle...). Elle est alors sans conséquence sur la santé. Cependant, l'injaculation ne doit pas être réalisée à des fins contraceptives étant donné le risque très élevé de faibles émissions résiduelles mais suffisantes à la fécondation.

L’ablation chirurgicale d’un adénome de la prostate a souvent pour effet secondaire l’éjaculation rétrograde.

Chez la femme[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Éjaculation féminine et Glande de Skene.

On peut aussi parler d’éjaculation chez certaines femmes, qui libèrent aussi en jet souvent lors de l’orgasme un liquide sécrété par les glandes de Skene situées en dessous de l’urètre. En général, cette expulsion est liée à une stimulation des glandes de Skene.

Ce phénomène d’éjaculation très variable peut aller de la simple goutte imperceptible à la libération d’importantes quantités de liquide (parfois supérieures à 1/2 litre, en plusieurs fois…[réf. nécessaire]). Souvent, les témoignages[réf. nécessaire] révèlent qu’un couple peut passer des années sans que se produise ce phénomène. Les études sexologiques[réf. nécessaire] souvent liées aux études sur le point G[réf. nécessaire] montrent que la plupart des femmes peuvent (au moins potentiellement) éjaculer. Il semblerait[réf. nécessaire] aussi qu’il soit plus facile d’éjaculer à l’approche des menstruations (hypersensibilité), pendant une grossesse, lorsque les partenaires sont en totale confiance et/ou lorsque la femme est totalement détendue et relaxée[réf. nécessaire].

Par manque d’habitude, les femmes ont souvent du mal à dissocier l’envie d’éjaculer de l’envie d’uriner. En fait, le liquide sécrété n’est en rien de l’urine, mais se rapproche par sa composition du liquide séminal masculin. La plupart du temps, la couleur est translucide et la texture liquide. Certaines femmes ont cependant un éjaculat qui peut être plus ou moins visqueux, il se teinte alors parfois d’une couleur blanche[réf. nécessaire].

Lorsque cette éjaculation est abondante, l’expression « femme fontaine » est parfois utilisée ; elle a été donnée pour la première fois par une psychanalyste française[6].

Parfois, le liquide éjaculé se mélange à la cyprine (lubrifiant sécrété par les glandes de Bartholin près du vagin) et peut occasionnellement provoquer des troubles passagers de la sensation de pénétration[réf. nécessaire].

Neuroanatomie[modifier | modifier le code]

Du point de vue neuroanatomique ou de la neuroanatomie fonctionnelle, l’émission de sperme est un phénomène réflexe dont le contrôle est assuré par des centres nerveux situés dans la moelle épinière[7] ; L'éjaculation est l'une des composantes des comportements sexuels humains les plus renforcées, mais les substrats neuraux et les signaux nerveux contrôlant l'éjaculation sont encore imparfaitement compris en particulier concernant le rôle du cerveau. On a récemment identifié une population spécifique de neurones de la moelle épinière et une voie spinothalamique qui pourrait jouer un rôle important en relayant des signaux spécifiques à l'éjaculation[8].

Les organes et structures anatomiques impliquées dans l'éjaculation sont contrôlé plusieurs centres nerveux, mobilisant à la fois l' innervation sympathique et le système nerveux parasympathique[9] : le centre sympathique dorsolombaire situé dans la moelle épinière entre les vertèbres T10 et L2) et les centres cérébro-spinaux sacrés (réflexe spinal).

Les « fibres efférentes » sont des fibres nerveuses du système sympathiques passant par le plexus hypogastrique[1]. L’expulsion de l'éjaculat s’effectue via l'urètre par contraction de la musculature somatique, innervée par un nerf autrefois dénommé nerf honteux[1].

Chez les mammifères, dont l'Homme, les mécanismes parasympathiques cholinergiques contrôlent la sécrétion des « glandes sexuelles accessoires » (prostate notamment) alors que des mécanismes sympathiques adrénergiques contrôlent la contraction des muscles lisses du tractus séminal et du col vésical[10].

Les contractions des muscles striés pelvi-périnéaux sont eux commandés par des efférences somatomotrices émergeant de la moelle épinière sacrée chez l'homme (mais lombosacrée chez le rat), en empruntant le nerf pudental.

Les différentes phases de la réponse éjaculatoire réflexe dépendent des étages spinaux thoracolombaires et lombosacrés (ce qui explique que l'éjaculation peut persister après section médullaire complète chez l'homme et l'animal, en réponse à une stimulation du nerf pudental). On a récemment découvert chez le rat un ensemble de neurones chargés de coordonner et synchroniser les groupes de nerfs impliqués (« neurones LSt », situés dans le segment médullaire lombaire et liés à une aire du thalamus qui est le noyau parvo-cellulaire subparafasciculaire (ou SPFp, qui « occupe une position charnière dans le réseau cérébral de l'éjaculation »[10])[11], et formant un « générateur spinal de l'éjaculation » ou GSE, qui s'il est lésé chez le rat permet la copulation avec intromission, mais empêche toute éjaculation selon Truitt et Coolen 2002 [12].

Une « modulation cérébrale » existe également[13] et une activation de zones particulières du cerveau peut être visualisée durant l'éjaculation[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Christophe L. Hugonnet, Dominik BÖHLEN & Hans-Peter SCHMID (2002) Le profil éjaculatoire : une pression de 5 mètres H2O au niveau du col vésical lors de l’éjaculation ; Progrès en Urologie, 12, 1240-1243, PDF, 4 pages
  2. Dallaire, Y. (2014). La sexualité de l'homme après 50 ans. Jouvence Pratiques (extraits avec Google Livres).
  3. Alarie, P., & Brouillette, D. (2008) Le traitement de l’éjaculation précoce: l’état de la question en 2008 ; Congrès international de médecine sexuelle francophone Montréal ; 18 septembre 2008 (Diaporama 74 pages).
  4. (en) Woo Sik Chung et coll., Erotic erection versus nocturnal erection, The Journal of urology, vol. 143, no 2, 1990, p. 294-297.
  5. (en) Male Multiple Orgasms, sur un site web de l’Université de Californie à Santa Barbara (UCSB).
  6. Frédérique Gruyer, Ce paradis trop violent, Laffont, 1983.
  7. Allard, J., Truitt, W. A., McKenna, K. E., & Coolen, L. M. (2005). Spinal cord control of ejaculation. World journal of urology, 23(2), 119-126 (http://link.springer.com/article/10.1007/s00345-004-0494-9 résumé]).
  8. Lique M. Coolen (2005) Neural control of ejaculation ; Special Issue: The Anatomy of the Soul ; Journal of Comparative Neurology Journal of Comparative Neurology ; en ligne 27 octobre 2005 ; DOI: 10.1002/cne.20784  ; Volume 493, Issue 1, pages 39–45, 5 December 2005
  9. Soler, J. M. (2005). Point de vue sur la prise en charge des troubles de l’éjaculation du blessé médullaire. Andrologie, 15(4), 357-358.
  10. a et b Marie Saint-Dizier, Sylvie Chastant-Maillard (2014) "La reproduction animale et humaine" ; Editions Quae, 6 oct. 2014 - 800 pages (http://books.google.fr/books?id=fc3CBAAAQBAJ&dq=%C3%A9jaculat+sympathique&lr=&hl=fr&source=gbs_navlinks_s avec Google livres]
  11. Coolen, L. M., Veening, J. G., Wells, A. B., & Shipley, M. T. (2003). Afferent connections of the parvocellular subparafascicular thalamic nucleus in the rat: evidence for functional subdivisions. Journal of Comparative Neurology, 463(2), 132-156 (résumé).
  12. Truitt, W.A. & Coolen, L. Identification of a potential ejaculation generator in the spinal cord. Science, 297, 1566 - 1569, (2002), résumé
  13. Buvat, J. (1996). Neurotransmetteurs cérébraux et contrôle du comportement sexuel masculin. Andrologie, 6(2), 184-199.
  14. Holstege, G., Georgiadis, J. R., Paans, A. M., Meiners, L. C., van der Graaf, F. H., & Reinders, A. S. (2003). Brain activation during human male ejaculation. The Journal of Neuroscience, 23(27), 9185-9193.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • de Carufel, F. (2009). L'éjaculation prématurée: compréhension et traitement par la thérapie sexofonctionnelle. Presses univ. de Louvain.
  • Cour, F., Droupy, S., Faix, A., Methorst, C., & Giuliano, F. (2013). Anatomie et physiologie de la sexualité. Progrès en Urologie, 23(9), 547-561.
  • Denys, P., Even-Schneider, A., Bensmail, D., & Giuliano, F. (2007). Physiologie de l’éjaculation. Pelvi-périnéologie, 2(4), 342-345.
  • Hermabessière J, Guy L, Boiteux J-P (1999) Éjaculation chez l’homme : Physiologie, conservation chirurgicale de l’éjaculation. Prog. Urol. , 9: 305-309
  • Hugonnet C.L, Böhlen D & Schmid H.P (2002) Le profil éjaculatoire : une pression de 5 mètres H2O au niveau ducol vésical lors de l’éjaculation ; Progrès en Urologie , 12, 1240-1243, PDF, 4 pages
  • Jardin, A. (2010). L'éjaculation : aspects physiologiques et pathologiques chez l'homme. MT/médecine de la reproduction, gynécologie et endocrinologie, 12(3), 208-215.
  • Chia M, Abrams D et al. (2001), Le Couple multi-orgasmique, Maisnie Tredaniel, Paris
  • Sundahl D (2005), Tout savoir sur le point G et l’éjaculation féminine, Tabou, Paris