Liste de films non pornographiques contenant des actes sexuels non simulés

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La représentation de la sexualité dans le cinéma non pornographique a été longtemps interdite (notamment aux États-Unis par des lois fédérales). Au milieu des années 1960, le cinéma a commencé à repousser les limites de ce qu'on avait le droit de montrer sur un écran. Bien que la grande majorité des séquences de nature sexuelle soient simulées dans le cinéma non pornographique, il existe de rares exemples où les cinéastes ont mis en scène des actes sexuels de façon explicite. La différence entre ces films et les films pornographiques est que, malgré la présence de ces séquences isolées, l'essentiel de ces films n'est pas pornographique, car généralement l'objet du film n'est pas l'acte sexuel en soi mais bien de raconter une histoire dans laquelle le sexe joue un rôle. Malgré cela, la sortie de tels films est parfois accompagnée de controverses ; certains n'ont pu être diffusés dans le circuit des salles classiques qu'en version censurée avant d'être proposés par la suite en version non censurée lors de leurs sorties en VHS ou DVD.

En 2010, dans un entretien pour x-intime.com, John B. Root, réalisateur français de films pornographiques déclare à propos du gonzo :

« Mais la question de la sexualité traitée de manière narrative et intéressante va être récupérée par le cinéma. On commence à voir arriver des films avec de vrais morceaux de couilles dedans, ça ne va pas s’arrêter là même si ce sera lent. La question de la sexualité cinématographique va échapper au porno puisque le porno n’a plus de moyen. […] Dans une société […] où il n’y a pas de tabou sexuel, […] c’est le cinéma qui parlerait de sexe comme il parle d’autre chose. Si le porno existe, c’est qu’il y a un coinçage, il faut donc un genre à part, un genre ghetto pour parler de sexualité. Je pense qu’on a de moins en moins peur de la sexualité dans les sociétés occidentales et qu’on va donc accepter petit à petit qu’elle soit filmée de façon mainstream, au cinéma[1]. »

Les films de ce type demeurent cependant relativement rares, leurs possibilités de diffusion étant restreintes — comme l'illustre le cas du film Love de Gaspar Noé, interdit aux moins de 18 ans en 2015 — du fait de leur nature même.

Critères[modifier | modifier le code]

Un film peut généralement être classé comme pornographique dès lors qu'il montre au minimum un pénis en érection ; cependant les films montrant une simple érection, et ce sans aucun acte sexuel, ne sont pas listés dans cet article.

En France, il y eut une brève période entre l'abolition de la censure en 1974 (après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing) et l'entrée en vigueur de la loi X en janvier 1976 durant laquelle de nombreux films pornographiques sont sortis en salle sans le moindre problème[2], ceux-ci ne sont pas listés ici.

Films contenant des actes sexuels non simulés[modifier | modifier le code]

Les films suivants, classés comme non pornographiques, contiennent des séquences montrant des actes sexuels (dont pénétration), lesquels sont considérés comme non simulés. Le cinéma étant un art du simulacre, il existe donc de nombreuses polémiques quant à la véracité de ces considérations. Il y a une grande différence entre ce que l'on croit voir à l'écran et ce qui s'est effectivement passé sur le plateau de tournage. Le critère « acte sexuel non simulé » dépend donc de la plus ou moins grande confiance que l'on accorde aux personnes qui ont affirmé de telles pratiques comme réelles. Conséquemment sont répertoriés ici les films dont un membre de l'équipe (réalisateur, acteur, etc.) a attesté la présence d'actes sexuels non simulés durant le tournage ou si un ouvrage de référence[3] a affirmé une telle chose, même si cela a été contesté par la suite par d'autres sources. La liste suivante n'aborde donc aucune des nombreuses rumeurs qui ne sont ni fondées sur une source considérée comme sérieuse ni sur l'affirmation de quelqu'un d'assez proche de la réalisation des films concernés.

Années 1960

Années 1970

Années 1990

  • La Vie de Jésus (1997) de Bruno Dumont — contient un plan de pénétration non simulé[2]. Les deux acteurs ayant réalisé le doublage sont crédités au générique.
  • Les Idiots (1998) de Lars von Trier — contient un plan de pénétration (excluant toutefois les principaux acteurs du film) lors d'une scène de sexe de groupe .
  • La donna lupo (1999) — fellation (non complète) réalisée par Loredana Cannata[10].
  • Pola X (1999) — pénétration non simulée entre les doublures de Guillaume Depardieu et Katerina Golubeva[11].
  • Romance (1999) — Caroline Ducey prend dans sa bouche le sexe de Sagamore Stévenin, ou de sa doublure (fellation non complète). On voit par contre l'actrice saisir le sexe en érection de Rocco Siffredi à pleine main, mais la véracité de la pénétration de Rocco Siffredi sur Caroline Ducey a été niée, notamment par la réalisatrice Catherine Breillat[12] et Caroline Ducey, mais confirmée par Rocco Siffredi[13]. Si rien n'est donc sûr quant à la simulation ou non des actes impliquant l'actrice principale, des actes sexuels non simulés (pénétrations, éjaculation) sont toutefois effectués par des acteurs de porno et bien visibles dans une scène du film[6].

Années 2000

  • Baise-moi (2000) — nombreuses scènes non simulées impliquant Karen Bach et Raffaëla Anderson, par ailleurs actrices porno sous les noms respectifs de Karen Lancaume et Raphaëlla. Le film a été interdit ou classé comme pornographique dans plusieurs pays, parfois provisoirement (en Australie par exemple)[6]. Le film comprend une dizaine de plans montrant une pénétration non simulée ainsi que des fellations et des éjaculations[14].
  • In extremis (2000) — une fellation est pratiquée lors d'une scène où l'on voit Sébastien Roch entrer dans un club érotique[15].
  • O Fantasma (2000) de João Pedro Rodrigues - scène de fellation en gros plan dans des toilettes publiques entre le personnage de Sergio (Ricardo Meneses) et un figurant.
  • Sade (2000) — Daniel Auteuil introduit ses doigts dans le vagin du personnage d'Isild Le Besco, doublée par une actrice pornographique : « Jacquot tenant à ce qu'on filme la pénétration sans détour, il décide, avec Auteuil et [le producteur Patrick Godeau], de faire venir un acteur et une actrice de porno pour les doublures. (...) Après réflexion, Auteuil dit ne pas y tenir — ce sont donc ses doigts qui pénètrent le sexe de la doublure d'Isild Le Besco »[16].
  • Intimité (2001) (Intimacy) — fellation (non complète) de Kerry Fox sur Mark Rylance[2],[6].
  • Le Pornographe (2001) — scènes de tournage d’un film pornographique (dont le réalisateur est interprété par Jean-Pierre Léaud) avec pénétrations et éjaculations impliquant plusieurs acteurs pornographiques, parmi lesquels Ovidie et Titof[17].
  • Ken Park (2002) — l'actrice Tiffany Limos joue une scène sexuellement explicite avec deux acteurs où l’on voit clairement une fellation non simulée. Plusieurs autres scènes non simulées sont visibles[2].
  • The Brown Bunny (2003) — à la fin du film, Chloë Sevigny pratique une fellation sur Vincent Gallo (qui est son compagnon dans la vie), apparemment jusqu’à éjaculation[2],[18]. Toutefois, après avoir vu la première du film à Cannes (qui fit scandale), la réalisatrice Claire Denis a déclaré devant plusieurs personnes que le phallus apparaissant dans cette scène était une prothèse. Selon Denis, qui avait dirigé Gallo dans le film Trouble Every Day, il s'agirait d'un des accessoires de son film, que Gallo aurait dérobé[19]. Dès la sortie du film, le critique Emmanuel Burdeau s'interrogeait dans Les Cahiers du cinéma : « Fellation de Daisy à Bud, de Chloë Sevigny à Vincent Gallo. Inscription vraie, ou bien scènes feintes ? »[20].
  • 9 Songs (2004) — multiples scènes non simulées entre Kieran O'Brien et Margo Stilley, dont une montrant une éjaculation[21].
  • Anatomie de l'enfer (2004) — pénétration non simulée entre les personnages joués par Rocco Siffredi et Amira Casar. Ce n'est toutefois pas Amira Casar qui a tourné les plans non simulés mais une doublure, comme la réalisatrice Catherine Breillat le confirme dans un entretien[22]. La séquence d'ouverture du film montre une fellation entre hommes mais il est difficile de dire si l’acte a réellement été accompli.
  • Batalla en el cielo (2005) de Carlos Reygadas montre des fellations et une éventuelle pénétration impliquant Anapola Mushkadiz, ainsi que d'autres scènes non simulées entre des acteurs secondaires du film[23].
  • Destricted (2006) est un film collectif réfléchissant sur la pornographie et la sexualité à l'écran, avec pour point commun d'inclure une scène explicite dans chaque segment. Ce film contient donc plusieurs actes non simulés, notamment dans les segments réalisés par Larry Clark et Gaspar Noé[2].
  • Shortbus (2006) de John Cameron Mitchell contient plusieurs séquences non simulées dont une scène d'auto-fellation[2].
  • Lust, caution (2007) de Ang Lee contient de nombreuses scènes sexuelles qui, selon les insinuations du réalisateur, seraient en partie non simulées[24]. En tout cas, les scènes ont incité les autorités de certifications américaines à le classer NC-17[25] pour « contenu à caractère sexuel explicite ».
  • Serbis (2008) de Brillante Mendoza — des fellations non simulées sont filmées dans le cinéma porno qui sert de décor au film[26],[27].
  • Antichrist (2009) de Lars von Trier, contient une pénétration non simulée en début de film[28].
  • Now & Later (2009) de Philippe Díaz — scènes non simulées de pénétration et de sexe oral entre les deux acteurs principaux Shari Solanis et James Wortham[29].

Années 2010

Films contenant des pénétrations non simulées d'objets[modifier | modifier le code]

Films montrant d’autres actes sexuels non simulés n'impliquant pas de pénétration[modifier | modifier le code]

Films pornographiques ressortis dans la distribution non pornographique[modifier | modifier le code]

Avant l’arrivée de la vidéo, les films pornographiques sortaient parfois dans des cinémas non pornographiques. Dans certains cas, les scènes de pénétrations pouvaient avoir été retirées ou remplacées mais parfois le film était projeté dans sa version non censurée.

Films contenant des extraits de films pornographiques préexistants[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Certaines références incomplètes concernent des ouvrages mentionnés dans la bibliographie (s'y reporter ci-dessous).

  1. « Entretien : John B. Root (3e partie) » sur x-intime.com. Consulté le 4 décembre 2014.
  2. a b c d e f g h i j et k Voir par exemple le dossier « Les nouvelles frontières du X » dans la revue Première.
  3. Par « ouvrage de référence », il faut entendre un essai critique sérieux et non un livre qui ne sourcerait pas ses affirmations.
  4. Selon imdb, il s'agit du premier film grand public à inclure une pénétration non simulée
  5. (en) Le film fut d'abord classé X selon le site Blockbuster. Voir aussi Notcoming.com
  6. a b c et d Voir par exemple le dossier « Le sexe à l'écran, des mots aux images », dans la revue Synopsis
  7. « Monsieur Sade : la chronique de Nanarland », sur Nanarland (consulté le 4 juin 2010)
  8. a b et c Une encyclopédie du nu au cinéma, p. 404 (voir bibliographie).
  9. Films à scandale !, p. 101 (voir bibliographie).
  10. (it) Marco Giusti, Dizionario dei film italiani stracult, Sperling & Kupfer Editori, 2000, p. 231.
  11. Première, n°281, été 2000, p. 42
  12. Nouvelobs.com
  13. Nouvelobs.com
  14. a et b Première, no 281, été 2000, p. 70
  15. Première, no 278, avril-mai 2000, p. 84
  16. Christophe Carrière, « Sade fait mal », in Première, no 282, septembre 2000, p. 114
  17. « Bertrand Bonello raconte l'action en justice contre Le Pornographe », Les Inrockuptibles, 6 novembre 2001
  18. « Chloë Sevigny pratique une fellation non simulée à l'écran » (Mathieu Carratier, « Vincent Gallo, lui et lui-même », in Première, no 325, mars 2004, p. 28)
  19. Cette anecdote est mentionnée dans le documentaire Bienvenue à Cannes, de Richard Schickel, ainsi que par Dave Kehr sur cette page.
  20. Emmanuel Burdeau, « Modernes solitudes », in Les Cahiers du cinéma, no 589, avril 2004, p. 14.
  21. Paragraphe Casting sur Allociné
  22. Voir entrevue avec C. Breillat à la sortie du film (Entretien réalisé pour l'émission de cinéma Désaxés, diffusée sur Radio libertaire le 1er février 2004)
  23. Paragraphe Retour sur une scène-choc sur Allociné
  24. Voir par exemple le compte-rendu du festival de Venise par Le Point (9 septembre 2007).
  25. (en) Gregg Goldstein, « Focus won't sweat NC-17 for 'Lust' », sur hollywoodreporter.com, .
  26. Olivier De Bruyn, « Le rouleau compresseur Indiana Jones… et ceux qu'il a épargnés », sur rue89.com, (consulté le 23 mars 2011)
  27. Marc Petit, « Chronique d'une famille ordinaire », sur cinema.fluctuat.net,
  28. a et b Pascal Gavillet, « Chahut et scandale autour d’"Antichrist" », sur La Tribune de Genève,
  29. (en) Press Notes Final (lire en ligne)
  30. « Secrets de tournage à propos du film Q », sur allocine.fr, (consulté le 24 septembre 2011)
  31. « Il n'y a pas de rapport sexuel - Secrets de tournage », sur allocine.fr (consulté le 18 mars 2012)
  32. « Raphaël Siboni : « Si le porno avait une histoire, ce serait celle de la technique » », sur lesinrocks.com, (consulté le 18 mars 2013)
  33. « Journal 20 minutes : « Vraies scènes de sexe dans un film allemand » », sur Journal 20 minutes,
  34. « Premières images du film de Jean Marc Barr où le sexe n'est pas simulé - Regardez », sur jeanmarcmorandini.com,
  35. (en) Mark Adams, « Clip », sur screendaily.com, (consulté le 22 juillet 2014).
  36. Romain Blondeau, « “Doublure bite”, prothèses en latex ou silicone… : histoire de faux culs », sur lesinrocks.com, (consulté le 22 juillet 2014).
  37. (en) Nate Lanxon, « Hardcore sex in 'Nymphomaniac' puts porn actor genitals on cast's bodies », sur wired.co.uk, (consulté le 22 juillet 2014).
  38. « L’interdiction du film « Love » aux moins de 18 ans confirmée par le Conseil d’Etat », sur Le Monde, (consulté le 30 septembre 2015).
  39. Films à scandale!, p. 97 (voir bibliographie).
  40. Une encyclopédie du nu au cinéma, p. 63 (voir bibliographie).
  41. (en) Olga Craig, « Willem Dafoe interview for Antichrist », sur The Daily Telegraph,
  42. Première, n°271, octobre 1999, p. 78

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Articles et dossiers[modifier | modifier le code]

  • « Le sexe à l'écran, des mots aux images » (dossier), in Synopsis, no 20, juillet-août 2002
  • « Les nouvelles frontières du X » (dossier), in Première, no 362, avril 2007

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]