Mouvement de la paix

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Militants du Mouvement de la Paix marchant le 1er mai 2007.
Manifestation organisée par des associations pacifistes dont le Mouvement de la Paix à Avignon en août 2006 contre la guerre entre Israël et le Liban ou le Hezbollah.

Le Mouvement de la paix est une organisation pacifiste française qui s'inscrit dans la promotion de la culture de Paix initiée par l'ONU. Elle a été créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par de grands courants de la Résistance, notamment ceux d'inspiration communiste, chrétienne ou de libres penseurs, elle est directement liée au Mouvement mondial des partisans de la paix, dont le but est la lutte pour la paix.

Historique[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

L’origine du Mouvement de la paix est à chercher dans la création des « Combattants de la Liberté » au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. C’est Charles Tillon, l'un des cadres dirigeants du Parti communiste français qui, fin 1947, lance un appel à créer une organisation destinée à « soutenir le régime républicain et interdire le retour du fascisme et de la dictature »[1]. Dès lors, le 22 février 1948, une soixantaine de personnalités issues de la Résistance fondent à l'Hôtel des Deux Mondes à Paris « les Combattants de la Liberté », sous la direction d’Yves Farge, nommé préfet de la région Rhône-Alpes par le général de Gaulle à la Libération. Les statuts de ce tout jeune mouvement qui veut préserver l'esprit unitaire de la Résistance sont déposés notamment par Raymond Aubrac.

Dès la fin 1948, le Mouvement est récupéré par les communistes. Lors des 1ères Assises du peuple français pour la paix et la liberté, qui se tiennent à Paris les 27 et 28 novembre 1948 à l'initiative des Combattants de la Paix, les thèmes du réarmement allemand, de l'usage de l'arme atomique et du désarmement général reflètent l'adéquation avec les positions communistes[2]. Ces derniers en profitent d'ailleurs pour installer plusieurs responsables à la direction du Mouvement, au détriment des anciens résistants[3].

Après le Congrès des peuples pour la paix qui se tient à Wroclaw du 25 au 28 août 1948, le Mouvement mondial des partisans de la paix se constitue et incite à la création de comités nationaux. En France, « les Combattants de la liberté » devenus « les Combattants de la paix et de la liberté », deviennent en 1951 « le conseil national français du Mouvement de la paix », appelé communément « Mouvement de la paix ».

Les années de Guerre froide[modifier | modifier le code]

Cette période est la plus riche en actions, en influence et en effectif. Le Mouvement participe au Congrès mondial des partisans de la paix à Paris en 1949 qui crée le Conseil mondial de la paix. La direction en est confiée au grand intellectuel scientifique Frédéric Joliot-Curie. Soutenant l'Appel de Stockholm contre la prolifération nucléaire, le Mouvement de la Paix organise en France une vaste campagne de soutien, qui recueillera des millions de signatures, dont celle du jeune Jacques Chirac. Cette campagne marquera l'apogée de la popularité du Mouvement de la Paix en France.

Le Mouvement se radicalise ensuite et perd de son influence dans les masses. Plusieurs campagnes se succèdent, contre la guerre de Corée en 1950 (manifestation contre Ridgway), ou contre le réarmement allemand au sein de la CED, à partir de 1952.

Les autres campagnes[modifier | modifier le code]

L'année 1956 marque le début de la déstalinisation et bouleverse le paysage communiste en Europe. Le Mouvement de la paix fait des efforts d'ouverture pour attirer des militants. Concernant la Guerre d'Algérie, il prend position contre les hostilités et pour l'indépendance.

Le Mouvement de la Paix perd ensuite de sa vitalité, notamment après la campagne contre la Guerre d'Algérie.

La flamme se ravive au moment de la guerre du Viêt Nam, puis avec la Crise des euromissiles dans les années 1980. Le Mouvement de la Paix soutient ainsi en 1987 le premier accord de désarmement entre les États-Unis et l'Union soviétique qui concerne les missiles de courtes et moyennes portée en Europe[réf. nécessaire]. En 1995, il participe à la vaste campagne internationale qui aboutit à le fermeture du Centre d'expérimentation du Pacifique à Mururoa.

Depuis les années 2000 le Mouvement de la Paix anime en France les larges réseaux d'opposition aux guerres (Afghanistan, Irak, Proche-Orient...).

Très actifs dans le mouvement alter-mondialiste et les partenariats internationaux, il soutient en France « Mayors for Peace » et le PNND « Parlementaires pour la non-prolifération et le désarmement nucléaire ».

Le Mouvement de la Paix est membre du Conseil mondial de la Paix, du Bureau international de la Paix, d'Abolition 2000 et de l'Association internationale des Éducateurs à la paix.

Vie du mouvement[modifier | modifier le code]

Actions[modifier | modifier le code]

Le Mouvement de la Paix est aujourd'hui la plus importante ONG pacifiste[réf. nécessaire] avec près de 150 comités locaux. Il coordonne fréquemment les coalitions anti-guerre et s'investit fortement auprès des jeunes. La journée internationale de la Paix du 21 septembre marque un de ses temps forts annuels.

L'association semble connaître un regain de mobilisation depuis la guerre en Irak de 2003 et le développement des mobilisations altermondialistes. Elle joue un rôle important dans l'organisation des Forums sociaux européens, et elle s'est mobilisée contre la guerre en Irak, contre la situation en Tchétchénie et en Israël, et contre l'utilisation des armes nucléaires, avec une campagne autour du traité de non-prolifération nucléaire. Elle demande une réduction du budget de la Défense. Depuis quelques années, à l'occasion des violences urbaines, elle promeut l'idée de « comités pour une culture de la paix » dans les quartiers.

Depuis l'année 2000, année internationale de la Culture de la Paix, le Mouvement de la Paix a fait de l'engagement des jeunes, un axe fort et identitaire de l'association. En octobre 2000, ce sont 128 jeunes qui portent à l'ONU les signatures recueillies sur le Manifeste 2000 des Prix Nobel de la Paix. En août 2005, 125 jeunes se rendent à Hiroshima et Nagasaki pour les 60 ans des bombardements atomiques. En mai 2010, ce sont 230 citoyens de France qui se rendent à l'ONU à New-York pour la Conférence d'examen du Traité de non-prolifération nucléaire. Elle organise des rencontres internationales de jeunes pour la culture de la paix (2002 - 2003 - 2005 - 2010 - 2011).

Organe de presse[modifier | modifier le code]

Après plus de cinquante années d'existence (premier numéro en octobre 1951) et de 500 numéros, la revue Combat pour la Paix change de nom et devient Planète Paix à partir de mars 2005.

Personnalités membres[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. in. Un procès de Moscou à Paris, Seuil, Paris, 1971.
  2. Laurent Piron, Le Mouvement de la Paix français, pacifisme militant et propagande communiste (1952-1975), Archives départementales de Seine-Saint-Denis, Bobigny, 2007
  3. Olivier Le Cour Grandmaison, « Le Mouvement de la paix pendant la guerre froide : le cas français (1948-1952) », Communisme, n°18-19, 1988, p.120-138.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Le Cour Grandmaison, « Le Mouvement de la paix pendant la guerre froide : le cas français (1948-1952) », in. Revue Communisme, no 18-19, 1988, p. 120-138.
  • Stéphane Courtois, « Le Mouvement de la paix », in. Jean François Sirinelli (dir.), Dictionnaire de la vie politique française au XXe siècle, PUF, Paris, 2005 (1re éd. 1995).
  • Yves Santamaria, Le parti de l'ennemi ? : Le Parti communiste français dans la lutte pour la paix (1947-1958), Armand Colin, Paris, 2006, 373 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]