Ménades

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Ménade furieuse portant le thyrse et la nébride, et tenant une panthère, coupe à fond blanc de Macron, v. 480 av. J.-C., Staatliche Antikensammlungen (Inv. 2645)

Dans la mythologie grecque, les Ménades (en grec ancien Μαινάδες / Mainádes, de μαίνομαι / maínomai, « délirer, être furieux »), ou Bacchantes chez les Romains, sont les accompagnatrices de Dionysos. C'est essentiellement la tragédie des Bacchantes d'Euripide qui nous a laissé une description des rites orgiaques des Ménades[1],[2].

Les Ménades sont des femmes possédées qui personnifient les esprits orgiaques de la nature. Elles sont souvent accompagnées de satyres, avec qui elles forment le « thiase » (cortège) dionysiaque. Elles sont couronnées de feuilles de lierre, portent un thyrse, et sont vêtues de la nébride ou de la pardalide.

La plupart des Ménades sont les nourrices du dieu, les nymphes du mont Nysa, auxquelles Hermès avait confié le divin nourrisson. Elles l'escortent, vêtues de peaux de bêtes, en jouant du tambourin et en secouant leurs thyrses, en proie au délire dionysiaque.

On désigne aussi par ce nom les participants des Dionysies, célébrations religieuses athéniennes en l'honneur du dieu.

Les accompagnatrices de Dionysos sont ivres en permanence et portent des tatouages sur le visage en guise de camouflage. Elles ne font pas attention à ce qu'elles font. Elles chantent la joie de chasser les chèvres. Lorsque parfois les Ménades deviennent folles, elles n'ont aucune pitié, démembrant les malheureux voyageurs et mangeant leur chair crue (voir notamment Orphée). Leur mois de prédilection est celui d'octobre car c'est le temps des vendanges.

Le délire, caractéristique qualifiante des Ménades, n'est pas seulement éthylique. Les participantes des Dionysies consommaient de la bière additionnée de baies de lierre, toxiques, mais psychodysleptiques à faible dose, ainsi que des champignons comme l'amanite tue-mouches, hallucinogène.

Interprétation[modifier | modifier le code]

Le délire des Ménades, avec leurs mouvements convulsifs, la flexion du corps en arrière et leurs danses violentes jusqu'à l'épuisement, l'insensibilité et l'aliénation, fait écho à un phénomène beaucoup plus général que l'on retrouve notamment en Thrace, ou en Asie mineure et auquel on peut donner le nom de ménadisme. Dans la Grèce contemporaine, on peut rapprocher ce phénomène des exploits des Anasténaridès (en)[3]. Ces pratiques ont reçu une interprétation psychanalytique de Paul Diel dans son ouvrage, Le symbolisme dans la mythologie grecque[4] : ce psychologue y voit le « symbole du déchaînement frénétique des désirs multiples » et de la « libération à l'égard de toute inhibition » dont le « châtiment est l'écartèlement ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Euripide, Bacchantes, vers 139, 677 et suiv., 1043 et suiv.
  2. Louis Séchan et Pierre Lévêque, Les grandes divinités de la Grèce, Éditions E. de Boccard, 1966, p. 292.
  3. Louis Séchan et Pierre Lévêque, Les grandes divinités de la Grèce, Éditions E. de Boccard, 1966, p. 292-293.
  4. Paul Diel, Le symbolisme dans la mythologie grecque, Petite Bibliothèque Payot, 1966, p. 135-136.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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