Capitole

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41° 53′ 27″ N 12° 29′ 02″ E / 41.8909, 12.484 ()

Statues des Dioscures à l'entrée du Campidoglio

Le Capitole (Capitolinus Mons, aujourd'hui : Campidoglio) est l'une des sept collines de Rome. C’est le centre religieux et de pouvoir de la ville. Par extension chaque cité romaine se devait d'avoir son Capitole.

Le Capitole de Rome[modifier | modifier le code]

Le Capitole est la plus petite des sept collines de Rome, avec une longueur de 460 mètres pour une largeur moyenne de 180 mètres, et se trouvant entre le Forum Romain et le Champ de Mars. La colline était entourée par des falaises raides de tous côtés excepté au sud-est, où elle était accessible de la vallée du Forum Romain. La Capitole était très apprécié par Jules César.

Le Capitole fut la forteresse naturelle de Rome. Sa position stratégique au cœur des voies des communications terrestres et fluviales, dominant d'un côté le fleuve Tibre et de l'autre côté la vallée du Forum (Velia), permit aux Romains de contrôler la traversée et la remontée du fleuve.

Il est en fait constitué de deux collines reliées entre elles par une dépression :

  • Au nord, la colline de l'Arx, 49 mètres de hauteur, fortifiée dès l'origine de Rome et sur laquelle était la citadelle (en latin, Arx signifie « citadelle », « forteresse »[1]).
  • Au sud, le Capitolium (le Capitole proprement dit), 46 mètres de hauteur, où se trouvait un complexe religieux. Son nom vient du latin, caput qui signifie « tête », mais aussi « principal »[2], car le Capitole était le Caput Urbis c'est-à-dire littéralement l'« endroit principal de la ville » ou tout simplement le « chef-lieu », puisqu'il fut d'abord le centre religieux de Rome..
  • Entre les deux, l'Asylum ou l'Intermontium, une dépression de 36 mètres de hauteur, actuellement occupée par la place du Capitole. Depuis le Forum, s'élève la montée du Capitole.

C’est aussi le centre religieux de l’ancienne Rome avec le temple consacré à Jupiter, Junon et Minerve. C’est aussi le lieu de la Rome Républicaine et impériale où siège la puissance qui dirige l’Empire. Dans la zone du temple se sont élevés de nombreux petits temples, des édicules, des portiques et quelques arcs de triomphe parmi lesquels celui de Scipion l'Africain, décoré de sept statues de bronze doré. Il y avait aussi de très nombreuses statues et bustes d'empereurs et de généraux, dont on ignore encore aujourd'hui les positions exactes pour la plupart. Sous Auguste, il y en avait tellement que l'empereur en fit transférer un grand nombre dans le nouveau quartier du Champ de Mars.

Du côté du Tibre se trouve également la fameuse roche Tarpéienne, du haut de laquelle étaient précipités, sous la Rome antique, les traîtres à la patrie. C'est aussi le centre religieux de l'ancienne Rome, avec le temple de Jupiter Capitolin consacré à Jupiter, Junon et Minerve.

Histoire du Capitole[modifier | modifier le code]

Durant la Rome antique[modifier | modifier le code]

Le temple de Jupiter sur le Capitole sous la République romaine (illustration de Friedrich Polack, 1896)

Le mur de Servius Tullius fut agrandi pour inclure la colline entière.

Le temple primitif, Temple de Jupiter Capitolin aurait été construit par Tarquin l'Ancien et terminé par Tarquin le Superbe, mais selon Tite-Live il fut consacré seulement en 509 av. J.-C. lors de la première année de la République romaine.

En 390 av. J.-C., lors d'une invasion des Gaulois, le cri des oies du Capitole, consacrées à Junon, auraient, selon la légende, donné l'alerte à la garnison, sauvant ainsi la majestueuse ville de l'invasion. La vraie version de ce glorieux fait attribué aux volatiles est plus prosaïque. Des éclaireurs gaulois s'étant hissés sur le bastion lancèrent du pain aux chiens pour les empêcher d'aboyer. Les oies, affamées comme tous les autres assiégés, disputèrent aux destinataires cette pitance inespérée. Le vacarme qui s'ensuivit avertit les Romains.

Le 23 avril 215 av. J.-C., dédicace du temple consacré à Vénus Érycine (Venus Erycina) pour commémorer la défaite romaine lors de la bataille du lac Trasimène.

En 244 av. J.-C., construction du Temple de Junon Moneta qui fut à l'origine de la monnaie romaine.

En 83 av. J.-C., reconstruction du Temple de Jupiter sur ordre du dictateur Sylla.

En 26 av. J.-C., reconstruction du Temple de Jupiter par Auguste.

Jules César aurait fait enlever 3 000 livres d'or pour les revendre, or qu'il remplaça par du cuivre doré.

En 69 ap. J.-C., lors de l’année des quatre empereurs, le Capitole fut victime d'un siège et fut incendié par les partisans de Vitellius : voir l'incendie du Capitole.

En 75 ap. J.-C., le Temple de Jupiter reconstruit est consacré par Vespasien[3].

En 83 ap. J.-C., reconstruction du Temple de Jupiter par Domitien. Il fut complètement revêtu de marbre, ce qui dorénavant le sauvera d'incendies ultérieurs.

Durant la Rome moderne[modifier | modifier le code]

Le musée du Capitole sur la place du Campidoglio à Rome. Au centre, statue équestre de Marc-Aurèle. À l'extrême-droite, les statues de Castor et Pollux.

Le Capitole d'aujourd'hui a été tiré des ruines grâce au génie de Michel-Ange et de ses successeurs. On peut y trouver, le Musée du Capitole, le plus ancien musée du monde, créé en 1471 par le pape Sixte IV, afin de rendre au peuple Romain quelques exceptionnelles statues de bronze, comme la "Louve capitoline", le "Camille", le "Tireur d'épine" et la "tête de Domitien" aujourd'hui reconnue comme celle de Constance II.

Mairie de Rome sur le Capitole dans le palais des Sénateurs, édifié sur les ruines du Tabularium
Escalier en pente douce montant au Capitole (Cordonata), conçu par Michel-Ange

En 1538, y a été transférée la statue équestre de Marc Aurèle, auparavant installée au Latran. L'original de cette statue est maintenant au Palazzo dei Conservatori qui borde la place, tandis qu'une copie a été installée à la place.

Des deux côtés au sommet de la rampe d'accès ont été placés les groupes des Dioscures d'époque impériale tardive. Au milieu de la rampe d'accès, sur la gauche en montant, se trouve la statue de Cola di Rienzo.

De nos jours, le Capitole accueille les Musées capitolins. Le Palais du Sénat abrite, quant à lui, le siège de la Mairie de Rome.

Anciens monuments du Capitole de Rome[modifier | modifier le code]

Le Tabularium[modifier | modifier le code]

Le Tabularium fut construit à la demande de Sylla en 78 avant J-C, par Q. Lutatius Catulus. C’est la seule composante de l’antique Capitole dont il reste aujourd’hui des éléments significatifs. Il rassemblait les archives de l’État Romain. Les anciennes lois de la Rome Antique y étaient gravées sur des tables de bronze.

Le Temple de Jupiter Capitolin[modifier | modifier le code]

Il est édifié à l’initiative du Roi Tarquin l’Ancien en remplacement de temples plus anciens construits par les Sabins. Il est terminé à la fin du VIe siècle av. J.-C. par Tarquin le Superbe puis dédié en 509 av. J.-C., la première année de la République. Ce temple était le plus grand de la Rome Républicaine, il symbolisait la puissance de la ville et en était le centre religieux.

Le Temple de Junon[modifier | modifier le code]

Ce temple est construit par L. Camille en 343 av. J.-C. sur la seconde hauteur du Capitole (l’Arx). Il était dédié à Junon Moneta. Il a presque entièrement disparu au fil du temps.

Les capitoles romains[modifier | modifier le code]

Chaque colonie possédait un capitole : avec son temple dédié à Jupiter, Junon et Minerve (temple de la triade capitoline) et son trésor.

Les capitoles postérieurs à l'époque romaine[modifier | modifier le code]

Le nom de « capitole » (du latin caput, « la tête » ou « le sommet ») a aussi été donné à différents monuments servant de centre à la vie municipale ou nationale comme pour le Capitole de Toulouse où se trouve l'actuel Hôtel de Ville.

Aux États-Unis :

Références[modifier | modifier le code]

  1. Définition de « Arx » (¶1) dans le dictionnaire Gaffiot-1934
  2. Définition de « Caput » (¶8) dans le dictionnaire Gaffiot-1934
  3. R. H. Darwall-Smith, Emperors and Architecture: A Study of Flavian Rome, Latomus, Brussels, 1996, p. 41–47

Liens externes[modifier | modifier le code]