Marguerite de Parme (1522-1586)

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Marguerite de Parme
Marguerite de Parme
Marguerite de Parme

Titre duchesse de Parme et Plaisance
(15471586)
Prédécesseur Pierre-Louis Farnèse
Successeur Alexandre Farnèse (1545-1592)
Autres fonctions Gouverneur des Pays-Bas (1559-1581)
Biographie
Dynastie Maison de Habsbourg
Naissance 28 décembre 1522
Audenarde (Pays-Bas)
Décès 18 janvier 1586 (à 63 ans)
Ortona
Père Charles Quint
Mère Johanna van der Gheynst
Conjoint Alexandre de Médicis puis Octave Farnèse
Enfants Charles Farnèse et Alexandre

Coat of Arms of Margareth of Parma Before her Marriage.svg

Marguerite de Parme ou Marguerite d'Autriche, en italien Margherita d'Austria (née à Audenarde le 28 décembre 1522, morte à Ortona le 18 janvier 1586), duchesse de Parme et Plaisance, est une fille naturelle de Charles Quint.

La jeunesse[modifier | modifier le code]

Marguerite naît à Audenarde, dans les Flandres, de l'empereur Charles Quint et de Johanna van der Gheynst, fille d'un tapissier, servante de Charles de Lalaing, seigneur de Montigny. Elle est reconnue par son père et éduquée selon les préceptes prévus pour son rang. Sa préceptrice est sa grand-tante Marguerite, fille de Maximilien d'Autriche gouverneur des Pays-Bas, puis sa tante Marie de Hongrie à la mort de Marguerite.

Dans une époque caractérisée par des guerres politiques et religieuses qui enflamment toute l'Europe, elle devient un pion essentiel dans le jeu des alliances.

En 1533 elle reçoit en dot les fiefs de Penne, Campli, Leonessa, Cittaducale et Montereale et elle est promise à Alexandre de Médicis dit Alexandre le Maure, duc de Toscane, suivant l'accord passé à Barcelone[1] entre l'Empereur et le pape Clément VII[2]. Leur mariage, célébré le 18 janvier 1536, n'est pas heureux à cause du caractère d'Alexandre. Il n'y aura pas de descendance. En 1537, Alexandre est assassiné par son cousin Lorenzino de Médicis et Marguerite est de nouveau libre.

Le mariage avec Octave Farnèse[modifier | modifier le code]

Marguerite de Parme, par Antonio Moro, 1562, Berlin.

La condition de veuve de Marguerite convainc Paul III, en 1538, de demander sa main pour son petit-fils Octave Farnèse, fils de Pierre Louis Farnèse et duc héritier de Castro, mais Marguerite, âgée de dix sept ans, après avoir été duchesse de Florence, aspire à bien d'autres choses que d'épouser Octave âgé de seulement quinze ans.

Marguerite n'aime pas Octave qu'elle ne juge pas digne de son rang même si le pape accumule pour lui les honneurs, les charges, les richesses. Elle doit céder pour raisons d'état et elle se présente à Rome vêtue de noir pour montrer à tous son désaccord.

Le mariage est célébré le 4 novembre dans la Chapelle Sixtine en présence du pape.

Paul III met tout en œuvre pour que les propriétés d'Alexandre de Médicis à Rome soient acquises à sa nouvelle petite-fille.

Le mariage ne se révèle pas heureux ; Octave se montre peu compréhensif et manque de délicatesse alors que Marguerite cherche par tous les moyens à ne pas consommer le mariage. On la soupçonne d'aimer les femmes[3] ce qui fait beaucoup discuter ses contemporains. Elle songe continuellement à la cour des Médicis.

Selon les dépêches que reçoit Charles Quint, il semble de Paul III et Pierre Louis font tout pour remonter le moral de Marguerite pendant qu'Octave mène une vie nocturne indigne d'un petit-fils de pape.

En 1545, il y a deux événements fondamentaux : la création du duché de Parme en faveur de Pierre-Louis Farnèse, avec pour conséquence l'investiture par Octave du duché de Castro et la naissance de jumeaux.

Marguerite reste duchesse de Castro jusqu'en 1547, année de la mort de Pierre-Louis, Octave assume la charge de duc de Parme.

Le 27 août 1545, Charles et Alexandre naissent. Leur baptême a lieu à Sant'Eustachio, en présence de dix-neuf cardinaux et de parrains d'exception : Charles Quint et la reine de France.

1547, année néfaste en raison de la mort de Pierre Louis, est aussi l'année où le couple Marguerite-Octave se ressoude. Le courage montré par Octave pour la reconquête de Parme face aux ambitions de l'Empereur et du pape amène Marguerite à porter un jugement nouveau envers son mari, sentiment composé d'amitié et de compréhension. Pendant la guerre de Parme qui oppose Octave allié au roi de France et le pape allié à Charles Quint, Marguerite demeure en ville et réconforte, par sa présence, les Parmesans. Après la guerre, l'empereur, sentant sa mort venir, recommande Marguerite à son demi-frère Philippe II d'Espagne qui développe une politique de rapprochement avec le duché de Parme.

Parmi les accords scellés, une clause prévoit que son fils Alexandre soit placé sous la tutelle du roi d'Espagne et, en 1556, Marguerite en personne accompagne Alexandre à Bruxelles où se trouve Philippe II.

Gouvernante des Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Armoiries

En 1559, Philippe II nomme Marguerite gouvernante des Pays-Bas. Marguerite part de Plaisance le 25 mai au milieu des acclamations de la foule. Quand elle rejoint Gand, le roi la présente aux États-Généraux et il lui confère les pleins pouvoirs. Il s'agit d'une position purement théorique : la gouvernante est flanquée d'un conseil occulte, la Consulte, qui prépare la politique et court-circuite les institutions mises en place par Charles-Quint. Le pouvoir effectif passe ainsi du conseil d’État dominé par les grandes familles aristocratiques des Flandres, à la Consulte qui ne compte que les trois membres du conseil qui, précisément, n'appartiennent pas à ces grands clans : le chancelier Viglius, Berlaymont et surtout Granvelle. Ce dernier exaspère à la fois ces nobles exclus et la gouvernante.

Marguerite cherche une voie médiane pour éviter une révolte attisée par le mécontentement d'une majorité de la noblesse à la suite de la perte d'autorité du conseil d'Etat et aussi par la colère populaire face aux placards réprimant l'hérésie protestante par des peines féroces. Face à l'impossible application de ces dernières, elle cherche à adoucir la politique anticalviniste que mène Philippe II. Il s'agit également de calmer les grandes familles exaspérés par Granvelle et partisanes de l'apaisement avec les calvinistes. L'hostilité éclate avec la pétition remise au palais de Bruxelles par 400 nobles qui contestent la politique royale. C'est le compromis des nobles, appellation qui se double de celle de banquet des gueux. En effet, traités de gueux par un conseiller de la gouvernante, les signataires tiennent à Bruxelles, en l'hôtel de Culembourg un banquet provocateur où, par défi, ils paraissent habillés pauvrement comme des gueux. La guerre de Quatre-Vingts ans finit par éclater à l'été 1566 avec de violentes actions iconoclastes en Flandre et en Hollande. Suivant les conseils des gouverneurs de provinces appartenant à la noblesse, comme le comte d'Egmont en Flandre, la gouvernante tente une politique de clémence que désapprouve le roi. Coincée entre l'intransigeance de son frère et la sympathie grandissante de l'opinion populaire et d'une partie de la noblesse pour les calvinistes, Marguerite finit par demander son congé. Le protestantisme est alors violemment réprimé, le culte catholique étant seul autorisé par le nouveau gouverneur, Ferdinand Alvare de Tolède duc d'Albe, dont le répression sanglante fait amèrement regretter la fille de l'Empereur. La répression frappe notamment les comtes d'Egmont et de Hornes décapités sur la Grand-Place de Bruxelles.

Cette guerre commence sous le commandement du prince Guillaume d'Orange, catholique bien que sensible aux revendications protestantes sous l'influence de son conseiller et ami, le calviniste Marnix de Sainte-Aldegonde né à Bruxelles d'une famille d'origine savoyarde. Guillaume d'Orange, noble d'origine allemande issu de la cour de Charles Quint, s'oppose aux actions du roi d'Espagne depuis qu'il a appris que celui-ci aurait voulu lui faire jouer un rôle dans un projet de massacre de protestants. Les hostilités s'ouvrent entre des troupes regroupant aussi bien des catholiques que des protestants. Mais le conflit se caractérise vite dans une opposition religieuse qui oppose les catholiques aux protestants.

Durant le conflit, Marguerite est de retour en 1579 pour reprendre sa charge de gouvernante, accompagnée de son fils Alexandre. L'hostilité qu'elle continue à manifester à la politique de violence de Philippe II entraîne sa révocation définitive le 13 décembre 1581.

En 1586, à l'âge de 63 ans et la même année que son époux Octave, elle meurt à Ortona, dans les Abruzzes. Elle est enterrée dans l'église de San Sisto à Plaisance.

Elle aimait se faire appeler « Madama », c'est pour cette raison que le palais romain hérité des Médicis s'appelle Palais Madama, siège de l'actuel Sénat italien et c'est pour la même raison que se trouve une villa Madame à Monte Mario et une ville appelée Castel Madama près de Tivoli.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Traité de Barcelone entre le pape et Charles Quint. L’État pontifical est consolidé et le pape et l’empereur s’allient contre les hérétiques et les musulmans (juin 1529).
  2. (it) Évènements de 1533
  3. (it) « Madama Margherita d'Austria » (consulté le 4 mars 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Romano Canosa, Vita di Margherita d'Austria, D'Abruzzo libri, Ortona-Pescara 1998

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]