Tour de Tokyo

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Tour de Tokyo
(ja)東京タワー
Tour de Tokyo
Tour de Tokyo
Géographie
Pays Drapeau du Japon Japon
Ville Tokyo
Coordonnées 35° 39′ 31″ N 139° 44′ 44″ E / 35.658611, 139.74555635° 39′ 31″ Nord 139° 44′ 44″ Est / 35.658611, 139.745556  
Histoire
Architecte(s) Nikken Sekkei, Tachū Naitō
Construction 1958
Usage(s) Communication
Architecture
Hauteur de l'antenne 332,6 m
Hauteur du dernier étage 249,9 m
Nombre d'étages 6
Superficie 23 100 m²[1]
Nombre d'ascenseurs 4
Géolocalisation

Géolocalisation sur la carte : Japon

(Voir situation sur carte : Japon)
Tour de Tokyo(ja)東京タワー

Géolocalisation sur la carte : Tokyo

(Voir situation sur carte : Tokyo)
Tour de Tokyo(ja)東京タワー

La tour de Tokyo (東京タワー, Tōkyō tawā?, de l'anglais Tokyo Tower) est une tour rouge et blanche située dans l'arrondissement de Minato à Tokyo au Japon. Son concept est fondé sur celui de la tour Eiffel de Paris. Elle a été réalisée par l'architecte Tachū Naitō.

La tour mesure 332,6 mètres de haut (soit 7,6 mètres de plus que la tour Eiffel, qui en mesure 325 avec son antenne) ce qui en fait l'une des plus hautes tours en métal du monde. L'édifice ne pèse que 4 000 tonnes, ce qui est bien moins que les 10 100 tonnes de la tour Eiffel. La construction démarre en 1957 et s'achève en 1958. La tour ouvre au public le 23 décembre de la même année. 176 ampoules réparties à différents endroits éclairent la tour. L'hiver, elle est illuminée en orange et l'été en blanc.

Ses fonctions d'émetteur de radio et télévision seront prochainement déplacées sur la Tokyo Sky Tree, une tour deux fois plus haute, construite dans le quartier Sumida-ku.

L'antenne dominant la tour s'est tordue lors du séisme du 11 mars 2011.

Histoire[modifier | modifier le code]

La tour de Tokyo en 1961. Elle est alors la plus haute tour de Tokyo.

Le 1er février 1953, la chaîne de télévision publique NHK émet pour la première fois, suivie le 28 août de la même année par la chaîne commerciale NTV[2]. La croissance rapide du réseau de télévision poussa le gouvernement japonais à réfléchir à la construction d’une antenne permettant de couvrir Tokyo et ses alentours[3]. La topographie relativement plate de la région du Kantō avait permis l’utilisation d’une seule antenne, pour peu qu’elle soit assez grande[4]. Cette dernière permet la diffusion de signaux de télévision sur un rayon de 150 km[5].

Le gouvernement décida donc de construire une tour qui devait être le symbole de la reconstruction du Japon, encore marqué par les séquelles de la Seconde Guerre mondiale[5]. Elle se devait donc de dépasser les références occidentales, comme la tour Eiffel dont elle s’inspire[3]. En raison des risques sismiques dans la région, touchée alors 30 ans auparavant par un grand séisme, la conception de la tour revint à Tachū Naitō, un spécialiste de la construction parasismique[3]. Il a conçu la tour afin qu'elle résiste à des séismes deux fois plus puissants que le séisme de 1923 de Kantō, mais aussi à des vents supérieurs à 220 km/h[5].

En plus des contraintes naturelles, Hisakichi Maeda, président de la Nihon Denpatō et propriétaire de la tour, voulait qu’elle dépasse l’Empire State Building, qui était alors, du haut de ses 381 mètres (au niveau du toit), la plus haute structure du monde. Cependant, il semble que le manque de fonds et de matériaux aient eu raison de ce projet[5].

La construction débuta en juin 1957, sur le site d’un ancien temple bouddhiste[6]. Environ 400 tobi[3], des ouvriers spécialisés dans la construction de gratte-ciels, font partie de l’aventure. Sous les ordres de Seita Kurosaki, ils assemblent entre elles les 4 000 tonnes[7] de poutres d’acier[8], dont environ un tiers provient de 90 chars de combat américains endommagés pendant la guerre de Corée[6],[9].

En 19 mois, la tour est érigée et l’assemblage de l’antenne, haute de 90 mètres, est terminé le 14 octobre 1958[5]. La tour de Tokyo atteint alors 333 mètres, ce qui en fait la plus haute tour autoportante de l'époque, mais aussi la plus haute tour de Tokyo, loin devant les 40 mètres du bâtiment de la Diète nationale[6]. Sa peinture caractéristique, orange international et blanc, est présente pour satisfaire les règles de sécurité aérienne[10]. 28 000 litres de peinture sont nécessaires pour peindre la tour dans son intégralité, et cette opération doit être répétée tous les 5 ans[5]. La tour ouvrit ses portes au public dès le 23 décembre 1958 et elle coûta au final 2,8 milliards de yens[11].

La tour n'est équipée qu'en 1961 d'antennes radios[10], situées au-dessus du premier observatoire à environ 200 m du sol[7].

Description de la tour étage par étage[modifier | modifier le code]

Les informations ci-dessous décrivent les principales données techniques de chaque étage, ainsi que les principales curiosités qui s'offrent au visiteur, une fois sur place.

La base[modifier | modifier le code]

Le Foot Town est situé sous la base de la tour.

La tour est fondée sur une base carrée de 80 mètres de côté[3]. Un bâtiment composé de quatre niveaux se situe entre les quatre piliers de la tour. Du nom de Foot Town, ce centre commercial abrite différentes attractions.

Un aquarium contenant 50 000 poissons de différentes espèces est présent au rez-de-chaussée[7]. Au même niveau, le restaurant officiel de la tour, le Tower Restaurant, permet d'accueillir 400 couverts simultanément[12] et un petit magasin Family Mart permet de faire des achats de dernière minute. Le 1er étage est occupé par de nombreux restaurants dont ceux des franchises McDonald's et Pizza-La.

Un musée de cire ainsi qu’une exposition d’hologrammes se trouvent au 2e étage[7]. Le musée de cire, portant le nom de Tokyo Tower Wax Museum, a ouvert ses portes en 1970[13]. De nombreuses célébrités comme les Beatles y ont leurs représentations. L'exposition d'hologrammes porte quant à elle le nom de Space Wax. Un autre musée, le Guinness World Records Museum, est présent à cet étage.

Un petit parc de jeux se trouve sur le toit du bâtiment, offrant une vue différente de la tour[7]. Des jongleurs ainsi que des attractions sont présents afin de distraire les enfants.

L'observatoire principal[modifier | modifier le code]

Des fenêtres situées au sol servent d'attraction dans l'observatoire principal.
Le temple shintō situé au 2e étage de l'observatoire principal est le plus haut de Tokyo.

L’observatoire principal constitue le premier étage de la tour. Il est situé 145 mètres au-dessus du sol[7] et peut être atteint de deux manières différentes, soit par les ascenseurs, soit par les escaliers, qui sont ouverts exclusivement les weekends et les jours fériés. Afin d'atteindre l'observatoire, les visiteurs doivent alors gravir 660 marches[14], ils se verront récompensés à leur arrivée par la remise d'un certificat de reconnaissance[15]. Les trois ascenseurs, quant à eux, sont situés dans un pylône au centre de la tour[12] et sont fournis par Mitsubishi[1].

Bâti sur deux niveaux, l'observatoire abrite au sein du premier une petite salle de concert, le Club333, ainsi qu'un café. Deux fenêtres situées au sol sur les côtés Nord et Est de la tour permettent d'en apprécier la hauteur.

Des tables d'orientation constituées d'écrans tactiles sont situées aux quatre côtés de l'observatoire, et complètent ainsi le panorama à 360°. Des jumelles peuvent y être louées et sont utilisables également dans l'observatoire spécial.

Le second niveau est occupé par une boutique de souvenirs et plus surprenant, un temple shintō. Situé à 150 mètres du sol, c'est le plus haut temple shintō des 23 arrondissements spéciaux de Tokyo[16]. Il est censé accorder des faveurs divines aux personnes passant des examens, mais également permettre de réussir en amour ou bien d'être protégé sur la route[16]. C'est également à cet étage que se trouve l'ascenseur pour accéder à l'observatoire spécial.

L'observatoire spécial[modifier | modifier le code]

L'observatoire spécial vu de l'intérieur
Le mont Fuji est visible depuis l'observatoire spécial de la Tour de Tokyo.

L’observatoire spécial se situe sous l’antenne principale, à 250 mètres du sol[7]. Un ascenseur vitré permet de parcourir les 100 m séparant les deux observatoires. Une galerie circulaire ponctuée de longues-vues offre une vue panoramique unique sur Tokyo et certains lieux comme le Rainbow Bridge et par beau temps, sur le mont Fuji au sud-ouest.

Un éclairage spécial ainsi que des musiques d'ambiance donnent à l'observatoire un style tout droit sorti d'un film de science-fiction.

Illuminations[modifier | modifier le code]

La Tour de Tokyo est illuminée la nuit.

Depuis son inauguration, la tour profite d’un système d’éclairage décoratif. Jusqu’à 1987, seules les arêtes de la tour étaient illuminées. Pendant l'été de l'année 1987, la Nihon Denpatō invita Motoko Ishii, une éclairagiste, afin de moderniser l'apparence de la tour[17]. Elle métamorphosera son éclairage en 1989 par le biais de l'installation de 176 projecteurs, éclairant la tour de blanc du 7 juillet au 1er octobre et d'orange du 2 octobre au 6 juillet. La couleur blanche est obtenue grâce à des lampes aux halogénures métalliques tandis que la couleur orange est obtenue avec des lampes à vapeur de sodium.

La tour avec l'éclairage Diamond Veil commémorant ses 50 ans.

À la fin de l'année 2008, afin de célébrer les 50 ans de la tour, Motoko Ishii a conçu un nouvel éclairage, portant le nom de Diamond Veil (voile de diamant en anglais). Des lumières blanches sont placées sur les nœuds de la structure tandis qu'un dégradé, créé par des projecteurs, éclaire la tour de bleu au niveau de l'antenne et de rouge au niveau de la base[18].

Du 11 au 16 avril 2011, soit un mois après le séisme de la côte Pacifique de Tōhoku, la tour affichait grâce à 8 400 diodes électroluminescentes de couleur blanche le message GANBARE NIPPON, ce qui signifie « Fait de ton mieux, Japon ». Ce système était rechargé par le biais de panneaux photovoltaïques[19].

Fonctions[modifier | modifier le code]

14 signaux sont transmis depuis le sommet de la tour : 9 de la télévision (NHK, NTV, TV Asahi, Fuji TV...) et 5 de la radio FM (Tokyo FM, NHK FM...). De couleur orange et blanche, la tour de Tokyo a nécessité 28 000 litres de peinture. La tour est équipée de caméras permettant de surveiller le trafic routier et maritime. Elle abrite également des antennes de la Japan Railways.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le Temple Zōjō-ji se trouve non loin de celle-ci.

Tours en métal plus hautes que la Tour de Tokyo[modifier | modifier le code]

Nom Hauteur Année de construction Pays Ville Commentaire
Tokyo Sky Tree 634 m 2012 Japon Tokyo La plus haute antenne radio du monde
Tour Ostankino 540 m 1963 Russie Moscou 3e plus haute tour autoportante du monde
Tour de télévision de Kiev 385 m 1973 Ukraine Kiev
Tour de radiotélévision de Tachkent 374,9 m 1985 Ouzbékistan Tachkent
Pylônes électriques de la rivière de Yangtze 346,5 m 2003 Chine Jiangyin Les deux plus grands poteaux électriques au monde
Tour du dragon 336 m 2000 Chine Harbin
Tour de Tokyo 332,6 m 1958 Japon Tokyo

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Facts and visitor information on the Tokyo Tower », sur www.great-towers.com (consulté le 31 janvier 2013)
  2. (fr) Jacques Mousseau, « La télévision au Japon », Communication & Langages, vol. 59, no 59,‎ 1984, p. 89-90 (lire en ligne)
  3. a, b, c, d et e (fr) « La Tokyo Tower défie la nature depuis 50 ans », sur 20min.ch,‎ 23 décembre 2008 (consulté le 13 décembre 2012)
  4. (en) « Tokyo Tower vs. Super Tower Crossed Signals », sur colliersinternational.com (consulté le 13 décembre 2012)
  5. a, b, c, d, e et f (en) Rob Gilhooly, « The Tower and the story », sur japantimes.co.jp,‎ 17 mars 2002 (consulté le 15 décembre 2012)
  6. a, b et c (en) Martin Fackler, « Tokyo Tower goes from futuristic hope to symbol of the good old days », sur nytimes.com,‎ 30 décembre 2008 (consulté le 13 décembre 2012)
  7. a, b, c, d, e, f et g (en) « Tokyo Tower Data », sur tokyotower.co.jp (consulté le 15 décembre 2012)
  8. (en) « Minato Ward, the Home of the Tokyo Tower », sur mtlo.co.jp (consulté le 13 décembre 2012)
  9. (en) « Tokyo Tower celebrates five decades », sur tokyoreporter.com,‎ 1er décembre 2008 (consulté le 13 décembre 2012)
  10. a et b (en) Masami Ito, « Half century on, Tokyo Tower still dazzles as landmark », sur japantimes.co.jp,‎ 30 décembre 2008 (consulté le 13 décembre 2012)
  11. (en) Stuart Braun, « BIG IN JAPAN Tokyo Tower », sur metropolis.co.jp (consulté le 16 janvier 2013)
  12. a et b (fr) Alexandre Rosa, « Tokyo Tower – la petite sœur japonaise de la Tour Eiffel rouge et blanche », sur travelpics.fr,‎ 17 septembre 2010 (consulté le 16 janvier 2013)
  13. (en) « Wax Museum », sur tokyotower.co.jp, Nippon Television City Corporation (consulté le 22 décembre 2012)
  14. (en) (es) « Tokyo Tower (東京タワー) », sur Takumi Japan,‎ 16 août 2012 (consulté le 16 janvier 2013)
  15. (en) « Direct staircase to the Main Observatory (Starting Point) », sur tokyotower.co.jp (consulté le 16 janvier 2013)
  16. a et b (en) « Great Shinto Shrine of the Tower », sur tokyotower.co.jp (consulté le 16 janvier 2013)
  17. (ja) « ⑤起死回生のライトアップ », sur yomiuri.co.jp,‎ 6 janvier 2008 (consulté le 22 janvier 2013)
  18. (en) « Diamonds for Tokyo Tower », sur tokyoreporter.com,‎ 30 novembre 2008 (consulté le 17 janvier 2013)
  19. (en) « Tokyo Tower has a new illuminated message, “GANBARE NIPPON” », sur tokyohive.com,‎ 11 avril 2011 (consulté le 17 janvier 2013)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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