Une séparation
Une séparation
| Titre original | جدایی نادر از سیمین (Jodāei-ye Nāder az Simin) |
|---|---|
| Réalisation | Asghar Farhadi |
| Scénario | Asghar Farhadi |
| Acteurs principaux |
Leila Hatami |
| Pays d’origine | |
| Genre | Drame |
| Sortie | 2011 |
| Durée | 114 min |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
Une séparation (persan : جدایی نادر از سیمین, Jodāei-ye Nāder az Simin) est un film iranien d'Asghar Farhadi, sorti en 2011. Il remporte l'Ours d'or du meilleur film, les Ours d'argent de la meilleure actrice et du meilleur acteur pour tous les comédiens lors de la Berlinale 2011, le César du meilleur film étranger et l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. Le film est par ailleurs un succès surprise en France avec près d'un million de spectateurs.
Sommaire |
Synopsis [modifier]
Téhéran. Simin demande le divorce car son mari, Nader, ne veut pas la suivre à l'étranger en compagnie de leur jeune fille de onze ans, Termeh. Nader ne peut s'occuper de son vieux père atteint de la maladie d'Alzheimer et engage une aide-soignante, Razieh. La jeune femme est enceinte mais le dissimule sous un large tchador. Elle travaille, suivie de sa petite fille Samayeh. Mais un jour, Razieh laisse le vieil homme sans surveillance : furieux, Nader, rentré plus tôt, la congédie. Razieh réclame le paiement de ses heures travaillées. Nader la repousse violemment sur le palier ; celle-ci tombe dans l'escalier. La jeune femme fait une fausse couche et intente un procès à Nader. Simin, revenue soutenir son mari, paie la caution qui permettra à Nader de ne pas se retrouver en prison…
Fiche technique [modifier]
- Titre : Une séparation
- Titre original : Jodāei-ye Nāder az Simin (persan : جدایی نادر از سیمین, littéralement La Séparation de Nader et Simin)
- Réalisation : Asghar Farhadi
- Scénario : Asghar Farhadi
- Musique : Sattar Oraki
- Décors : Keyvan Moghaddam
- Photographie : Habib Majidi
- Montage : Hayedeh Safiyari
- Production : Negar Eskandarfar, Asghar Farhadi
- Langue : persan
- Durée : 114 min (1 h 54)
- Dates de sortie :
Distribution [modifier]
- Peyman Moadi (VF : Thibault de Montalembert) : Nader
- Leila Hatami (VF : Odile Cohen) : Simin, la femme de Nader
- Sarina Farhadi (VF : Claire Bouanich) : Termeh, la fille de Simin et Nader, 11 ans
- Sareh Bayat : Razieh, la femme de ménage
- Shahab Hosseyni : Hodjat, le mari de Razieh, cordonnier au chomage
- Babak Karimi : le juge
- Ali-Ashgar Shahbazi : le père de Nader, 80 ans, atteint de la maladie d'Alzheimer
- Kimia Hosseini : Somayeh, la fille de Razieh et Hodjat
- Merila Zarei (VF : Micky Sébastian) : Madame Ghahraei, le professeur de Termeh
Accueil public [modifier]
Sorti en France le 8 juin 2011 avec une combinaison de 105 salles et bénéficiant d'un appui critique quasiment unanime, le film rencontre immédiatement un succès auprès du public qui lui permet de dépasser les 500 000 spectateurs en moins d'un mois. Le dispositif est étendu à 250 salles à la mi-juillet. La fréquentation atteint 900 000 spectateurs après 15 semaines d'exploitation[1] et 950 000 entrées en fin de carrière[2].
| Semaine | Entrées | Cumul |
|---|---|---|
| 8 au 14 juin 2011 | 151 217 | 151 217 |
| 15 au 21 juin 2011 | 129 605 | 280 822 |
| 22 au 28 juin 2011 | 103 291 | 384 113 |
| 29 juin au 5 juillet | 91 109 | 475 222 |
| 6 au 12 juillet 2011 | 74 909 | 550 131 |
| 13 au 19 juillet 2011 | 81 402 | 631 533 |
| 20 au 26 juillet 2011 | 73 261 | 704 794 |
| 27 juillet au 2 août 2011 | 46 387 | 751 181 |
| 3 au 9 août 2011 | 43 053 | 794 234 |
| 10 au 16 août 2011 | 30 276 | 824 510 |
| 17 au 23 août 2011 | 21 805 | 846 315 |
Distinctions [modifier]
Récompenses [modifier]
- Berlinale 2011 : Ours d'or du meilleur film, Ours d'argent de la meilleure actrice pour l'ensemble des actrices et Ours d'argent du meilleur acteur pour l'ensemble des acteurs
- Golden Globe 2012 du meilleur film étranger
- César 2012 du meilleur film étranger
- Independent Spirit Awards 2012 du meilleur film international
- Oscar 2012 du meilleur film en langue étrangère
- Prix du sous-titrage 2011-2012 (catégorie « film non anglophone ») attribué à Massoumeh Lahidji, pour les sous-titres français[3]
Nominations [modifier]
- 2012 : Nomination au Grand Prix de l'Union de la critique de cinéma.
- 2012 : Nomination au BAFTA Award du meilleur film en langue étrangère.
Commentaires [modifier]
- Dans le cahier critique du mois de juin 2011, la revue Cahiers du cinéma commente le film ainsi : « Comment rendre compte de la complexité d’Une séparation ? […] La meilleure définition de ce film, […], pourrait d'ailleurs être celle du mot écheveau lui-même, si on se réfère à ses différentes acceptions. Une séparation serait donc « l'assemblage d'éléments concrets ou abstraits, embrouillés » qu'il met en scène, « le déroulement d'une continuité » que son montage opère, et l'acte de « parler sans interruption » qu'il fait entendre. »[4]
- Nicolas Azalbert décrit également la place dévolue, dans la mise en scène d'Asghar Farhadi, au juge (Babak Karimi), puis au spectateur lui-même : « Le spectateur, quant à lui, n'est pas mieux placé pour trancher. […] La place qui nous est assignée est celle d'un juge qui se retrouverait devant un vide juridique […] et où l'interprétation ne lui est pas imposée par le film (ou par cet autre juge que peut être le cinéaste), mais laissée à sa libre appréciation. Si la liberté d'expression est entravée par le gouvernement iranien, Farhadi laisse la liberté d'interprétation à son spectateur. Sa mise en scène vaut toutes les critiques envers la justice iranienne et, avantage suprême, ne peut être censurée par le gouvernement. »[4]
- Le film réalise une autre prouesse, celle de « tourner autour d'un plan absent, un plan aveugle, capital dans la reconstitution des faits […]. Plutôt que de montrer la réalité des faits, cet usage de l'ellipse permet de libérer la parole contradictoire de tous les protagonistes »[4], ceci à seule fin de nous faire entendre leurs raisons, bonnes ou mauvaises, suivant notre propre opinion.
- Enfin, à travers l'instruction des deux procès, apparaît le sens profond d’Une séparation (et de son titre, par conséquent). Nous assistons à la séparation d'un couple, mais aussi à celle « entre, d'un côté la petite bourgeoisie, éduquée, libérale et moderne dont sont issus Nader et Simin, et de l'autre les classes populaires, traditionnelles et religieuses dont sont issus Razieh et son mari »[4]. Au cœur de ces dilemmes, se trouve Termeh, la fille de Nader et Simin, sommée de choisir entre la vérité et les responsabilités qui l'assaillent et, en fin, sommée de choisir entre ses deux parents. Le film se termine sur ce dernier choix impossible, indicible et laissé en suspens par le réalisateur.
- « À l'unité perdue (celle de la société, du couple, des parents, de l'individu) répond la perte de l'innocence et la mort de l'enfance », conclut N. Azalbert[4].
Notes et références [modifier]
- http://leboxofficepourlesnuls.com/2011/09/22/box-office-france-une-separation-depasse-les-900-000-entrees/
- http://www.cinefeed.com/index.php/2012/01/26/1311-box-office-france-semaine-3-fincher-passe-devant-eastwood
- http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18611907.html
- Nicolas Azalbert, « Démêler l'écheveau », Cahiers du cinéma no 668
Liens externes [modifier]
- (en) Une séparation sur l’Internet Movie Database
- Film iranien
- Film sorti en 2011
- Film traitant de la grossesse
- Film se déroulant en Iran
- Film tourné en Iran
- Golden Globe du meilleur film en langue étrangère
- Film nommé aux Oscars
- Oscar du meilleur film en langue étrangère
- Film dramatique
- César du meilleur film étranger
- Ours d'or
- Critics' Choice Movie Award du meilleur film en langue étrangère
- Prix du jury œcuménique à la Berlinale
- Film nommé aux BAFTA Awards