Michèle Mercier

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Michèle Mercier

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Michèle Mercier en 1988

Nom de naissance Jocelyne Yvonne Renée Mercier
Naissance 1er janvier 1939 (75 ans)
Nice, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Actrice
Écrivain
Ballerine
Chanteuse
Films notables Tirez sur le pianiste
L'Aîné des Ferchaux
Angélique, marquise des anges
Les Monstres
L'Appel de la forêt

Jocelyne Yvonne Renée Mercier, dite Michèle Mercier, née le 1er janvier 1939 à Nice est une danseuse, actrice et chanteuse française. Son nom reste attaché à la série cinématographique culte des Angélique . Élevée dans les années 1960 au rang de sex symbol la comédienne s'efforcera dans la suite de son parcours à se libérer de ce personnage mythique qui marqua tant sa carrière.

Biographie[modifier | modifier le code]

Michèle Mercier est la fille ainée d'un père français, pharmacien, et d'une mère italienne[1]. Petite, elle rêve de devenir une grande étoile de la danse et commence son apprentissage. À huit ans, elle entre à l'école de danse de l'opéra de Nice comme petit rat[1]. Mais, fille et petite-fille de pharmaciens propriétaires de laboratoires pharmaceutiques et cosmétiques, sa voie est tracée par avance: elle reprendra l'affaire familiale. C'est par un refus catégorique qu'elle s'oppose à ses parents.

Dans l'un de ses livres de souvenirs, Michèle Mercier parle de son premier amoureux, le mystique Giani Esposito, pour lequel elle refusa d'épouser le shah d'Iran[2]. En 1959, elle rencontre le jeune assistant réalisateur André Smagghe en Italie, sur le plateau du film Les Nuits de Lucrèce Borgia et l'épouse en 1961. Leur union ne durera pas. Smagghe sombre dans l'alcoolisme. Il est interné en raison de problèmes psychiatriques. Dès lors, tout divorce devient impossible. Ce n'est qu'au bout de nombreuses années de procédure et au prix d'une somme importante qu'elle verse à son mari, que Michèle Mercier obtient le divorce en 1967. Entre-temps, Michèle est devenue un symbole sexuel mondial.

Michèle Mercier épouse Claude Bourillot[3] en secondes noces. La série des Angélique s'interrompt brutalement, pour une raison inconnue. Lasse d'être assimilée au personnage du film, Michèle Mercier part avec son mari pour Hollywood où elle caresse l'espoir de devenir producteur. Elle y reste de 1973 à 1976 mais son ambition est un échec. Elle découvre que son mari est peu scrupuleux[4]. Ils divorcent en 1976 et Michèle Mercier rentre en Europe[1].

Seule, ruinée et oubliée, elle retourne à Paris où elle revient vers le théâtre. C'est à Genève qu'elle rencontre un homme d'affaires. Elle se met en ménage avec lui et décide d'abandonner les tournages pour élever les deux enfants de ce dernier[1]. Au bout de deux années d'un bonheur sans nuage, son ami décède d'un cancer. C'est parce qu'ils n'étaient pas mariés, qu'elle se retrouve financièrement dépourvue[1]. Quelque temps après, elle rencontre un prince romain et part vivre à Rome avec lui mais, trois ans plus tard, elle constate qu'il n'est plus amoureux d'elle. Déçue, Mercier rentre à Paris[1].

En 1999, après avoir été spoliée de plusieurs millions de francs par l'associé avec lequel elle avait monté une maison d'édition, l'actrice confesse à Nice-Matin : « Je suis ruinée. Je vais devoir vendre une partie de mes tableaux, mes meubles, mes bijoux et les vêtements que portait Angélique dans ses films ».

Carrière[modifier | modifier le code]

Dès l'âge de 15 ans, la future Michèle Mercier interprète une jeune danseuse dans le film J'avais 7 filles dont le rôle principal est joué par Maurice Chevalier.

À 17 ans, Jocelyne Mercier part pour la capitale pour se joindre aux ballets de Roland Petit[5] puis aux Ballets de la Tour Eiffel[1]. Son rêve se réalise sur les planches du théâtre des Champs-Élysées où elle danse Gosses de Paris chorégraphié par Pierre Lacotte sur une musique de Charles Aznavour. La compagnie disparaît faute d'argent. Parallèlement, elle suit des cours d'art dramatique avec Solange Sicard. Après un séjour à Londres, elle commence une carrière d'actrice au théâtre[1]

En 1956, Michèle Mercier revient à Nice pour passer les fêtes de Noël chez ses parents et, par le plus pur des hasards, rencontre deux personnages qui vont beaucoup compter dans sa vie future : Denis de la Patellière et Michel Audiard qui lui proposent d'être Jeanne, la femme de chambre, auprès de Michèle Morgan et Daniel Gélin dans Retour de manivelle, un film qui doit commencer dans quelques jours. Sa réponse est : « Non merci, je n'ai pas envie de faire de cinéma! Je suis danseuse et mon seul rêve est de danser ! »

C'est sous la pression de son père, que cela amuse plus que sa fille de « la voir au moins une fois sur les écrans », que Michèle accepte par curiosité de tourner dans ce film. Elle vient d'avoir 18 ans et prend le prénom de Michèle en l'honneur de Michèle Morgan[1] (pour d'autres sources, ce serait plutôt en hommage à sa plus jeune sœur décédée d'une typhoïde à l'âge de cinq ans).

Dès lors, elle n'arrêtera plus de tourner.

Remarquée par Léonide Moguy, elle sera la vedette de son second film Donnez-moi ma chance (1958). Le réalisateur Géza von Radványi lui propose un second rôle dans Mademoiselle Ange (1959), film dans lequel elle partage l'affiche avec Romy Schneider et Henri Vidal. Suit Tirez sur le pianiste (1960) dirigé par François Truffaut et dans lequel elle interprète le rôle d'une prostituée proche de Charles Aznavour. Robert Lamoureux en fait son personnage principal de La Brune que voilà (au théâtre en 1958 puis à l'écran en 1960). En 1959, Hollywood la réclame mais elle revient très vite sur l'ancien continent où l'Italie fait rapidement d'elle une star ; elle y travaillera avec Mario Bava, Luigi Zampa, Dino Risi (Les Monstres, le film le plus célèbre de Mercier avec la série Angélique), Mario Monicelli...

Elle enchaînera une cinquantaine de films dont une majorité en France, une vingtaine en Italie et quelques-uns au Royaume-Uni. Elle joue en italien et en anglais, langues qu'elle maîtrise parfaitement et parle couramment. Elle est la partenaire de nombreux grands noms du cinéma comme Jean Gabin, Yves Montand, Jean-Claude Brialy, Jean-Louis Trintignant, Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni, Ugo Tognazzi, Bob Hope, Tony Curtis, Charles Bronson, Charlton Heston ; avec le premier elle tourne Le Tonnerre de Dieu, où elle devient sa fille adoptive, avec Jean-Paul Belmondo L'Aîné des Ferchaux de Jean-Pierre Melville, avec Jean Rochefort (avant les Angélique) Symphonie pour un massacre de Jacques Deray, avec Claude Rich Une Veuve en or de Michel Audiard...

Robert Hossein sera sept fois son partenaire dont quatre fois (il est en effet absent du deuxième épisode) dans les cinq films de la série culte des Angélique[6] qui désormais fait partie du patrimoine français et fait sauter l'audimat à chaque passage à la télévision : Angélique Marquise des Anges, Merveilleuse Angélique, Angélique et le Roy, Indomptable Angélique, Angélique et le Sultan. Elle fait corps avec son personnage dont elle dit « Dès l'instant où j'ai ouvert ces livres et commencé à les lire, j'ai su qu'Angélique était moi et que j'étais Angélique ». C'est pour cela qu'elle accepte, comme une débutante (elle a déjà plus de vingt films à son actif !), de se plier à des essais : au bout de deux jours, elle s'emporte et quitte le plateau, le regrettant aussitôt. Le lendemain elle apprend qu'elle est choisie[7]. Angélique sera, pour l'actrice, l'aboutissement et la fin d'une carrière. Enfermée dans ce rôle comme dans une prison dorée, son personnage lui colle littéralement à la peau. Elle ne parviendra jamais à s'en défaire aux yeux des professionnels du cinéma[8].

Un film comme Lady Hamilton ne confirme pas le statut international acquis grâce à Angélique. Les échecs consécutifs du film d'action Les Baroudeurs et de la comédie satirique Macédoine, que Michèle Mercier produit, participeront aussi à sa chute. En 1969, elle enregistre La Fille qui fait tchic ti tchic[9], une chanson de Serge Gainsbourg et un flop. Michèle Mercier disparaît pratiquement des écrans à partir de 1973. En 1991, elle confie son bon espoir de voir aboutir un de ses projets les plus chers : un film sur Diane de Poitiers. Le projet n'aboutira jamais. La même année elle est acclamée au festival de Cannes puis jurée au festival du cinéma de Moscou[10]. Elle revient devant l'objectif en 1998 avec La Rumbera de Piero Vivarelli et dix ans plus tard dans la série Vénus et Apollon.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Ouvrages littéraires[modifier | modifier le code]

En 1987 Michèle Mercier écrit une première autobiographie Angélique à cœur perdu préfacée par Roger Peyrefitte et publiée aux Éditions Carrere[11]. Elle ouvre une maison d'édition et publie un album photo intitulé Merveilleuse Angélique en 1995[12]. Une seconde autobiographie, Angéliquement vôtre[13], préfacée par Pierre Palmade, voit le jour à la fin de 1996. Comme pour revendiquer sa personnalité propre, Michèle Mercier écrit encore Je ne suis pas Angélique[8], paru aux Éditions Denoël en 2002 et qu'elle présente elle-même au Festival de Cannes cette même année. Elle y partage ses souvenirs de star internationale.

Récompense[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) « Michèle Mercier » (consulté le 15-12-2010)
  2. Je ne suis pas Angélique
  3. Claude Bourillot est l'ex-chargé de mission sous la présidence d'Alain Poher après la démission du général De Gaulle en 1969.
  4. Certains disent qu'il a disparu un beau jour de 1970 en emportant les bijoux et la totalité de l'argent appartenant à Michèle Mercier, la laissant sans le sou
  5. Coulisses de la danse, Gilbert Serres, France-Europe éditions, 2005
  6. Plusieurs actrices ont été envisagées pour tenir le rôle d'Angélique: Francis Cosne, le producteur du film, souhaitait Brigitte Bardot. Elle a déclinée l'offre, mais lorsqu'elle lira les romans, elle regrettera cette décision (Initials B.B.) ; elle salue aussi la performance de Mercier dans ses mémoires. La suivante, Annette Stroyberg, n'est pas assez connue. Catherine Deneuve est jugée trop lisse. Le français de Jane Fonda est teinté d'accent américain et Virna Lisi est occupée à Hollywood. On parle aussi de Marina Vlady, Claudia Cardinale et Monica Vitti.
  7. Télé-sept-jours, 30 juillet 1987
  8. a et b Michèle Mercier & Henry-Jean Servat, Je ne suis pas Angélique, Ed. Denoël, 2006 (ISBN 978-2-207-25329-8) « Lorsque les gens s'adressent à moi, ils se réfèrent toujours à Angélique mais j'ai également interprété cinquante autres rôles féminins. J'ai longtemps essayée de l'oublier. Mais je la considère maintenant comme une petite sœur qui est perpétuellement à mes côtés et j'ai appris à vivre avec elle. »
  9. Prestation télévisée dans Dim Dam Dom, 26 décembre 1969
  10. Télé-sept-jours, 8 juin 1991
  11. Angélique à cœur perdu, Paris, Carrere, 1987 (ASIN B003EKT4PA)
  12. Raymond Boyer, Michèle Mercier, merveilleuse Angélique, TF1 Editions (ISBN 978-2-877-61064-3)
  13. Michèle Mercier, Angéliquement vôtre, Delerins, 2000 (ISBN 978-2-911-94400-0)