Pierre Schœndœrffer

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Pierre Schœndœrffer

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Pierre Schœndœrffer à la
Cinémathèque française en 2007.

Naissance 5 mai 1928
Chamalières
Drapeau de la France France
Nationalité Drapeau de la France Française
Décès 14 mars 2012 (à 83 ans)
Clamart (Hauts-de-Seine
Profession Réalisateur, scénariste et écrivain
Films notables La 317e Section,
La Section Anderson,
Le Crabe-tambour,
Diên Biên Phu,
Là-haut

Pierre Schœndœrffer, né le 5 mai 1928 à Chamalières (Puy-de-Dôme) et mort le 14 mars 2012 à Clamart (Hauts-de-Seine)[1], est un romancier, réalisateur, scénariste et documentariste français.

Lauréat de l'Académie française, primé par un Oscar, il était membre de l'Académie des beaux-arts depuis 1988.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Schœndœrffer a eu une enfance itinérante au gré des postes occupés par son père ingénieur de l'école centrale Paris. Quatrième enfant d'une fratrie de cinq, il naît à Chamalières (Puy de Dôme) le 5 mai 1928, son père étant chez Michelin à Clermont-Ferrand. En 1939, son père part chez De Dietrich à Niederbronn dans le Bas-Rhin. Évacuée à la déclaration de la guerre, toute la famille déménage à Annecy où son père est nommé directeur de l'hôpital. C'est là qu'il lit Fortune carrée de Joseph Kessel, qui lui indique le chemin de « la vraie vie ». En janvier 1945, son père meurt des suites de la Première Guerre mondiale. Il devient pupille de la nation, comme l'a été sa mère, un de ses grands-pères étant mort en 1917 au Chemin des Dames, réengagé à 62 ans comme capitaine/interprète.

Il rêve de devenir marin, lui qui n'a jamais vu la mer et embarque comme matelot sur un petit chalutier à voile et à moteur à 18 ans. Il est inscrit maritime. A 19 ans, il embarque sur un caboteur de haute mer suédois comme matelot de pont léger et navigue essentiellement en mer Baltique et en Mer du Nord.

Appelé pour son service militaire, il rentre en France et s'inscrit comme volontaire pour partir en Indochine pour remplacer un cameraman qui vient d'être tué. Il est nommé caporal, puis caporal chef. Il filme la guerre de 1952 à la chute de la bataille de Diên Biên Phù où il est fait prisonnier avec toute la garnison. Libéré fin août par les Accords de Genève, il reste en Indochine et se fait démobiliser sur place en janvier 1955. Il devient alors photographe pour des grands magazines étrangers et avec le pécule que lui rapportent ses reportages photographiques, il décide de boucler son tour du monde en rentrant par l'Est.

À Hong-Kong, il rencontre Kessel à qui il fait part de son désir de devenir cinéaste. Kessel lui promet de l'aider. En effet, lorsqu'il le reverra à Paris, il l'imposera à un jeune producteur, Georges de Beauregard, pour tourner en 1956 le film que lui a écrit La Passe du diable en Afghanistan. D'autres films suivront : Ramuntcho et Pêcheur d'Islande (adaptations des romans éponymes de Pierre Loti).

En 1963, il rédige La 317ème Section qui devient en 1964, un film de fiction, quasi documentaire sur la guerre d'Indochine et obtient le prix du scénario à Cannes.

Avec Dominique Merlin, il réalise en 1967 un film documentaire au Viêt Nam avec l'armée américaine, La Section Anderson, auquel est décerné un Oscar et de nombreuses distinctions internationales.

L'Adieu au roi, publié en 1969, obtient le prix Interallié, dont il rejoindra le jury quelques années plus tard. Le réalisateur américain John Milius le portera à l'écran avec Nick Nolte.

Pierre Schœndœrffer écrit, en 1976, un roman, Le Crabe-tambour, qui obtient le grand prix du roman de l'Académie française. Il l'adapte pour le cinéma. Pour réaliser le film, il tourne pendant sept semaines sur un navire de guerre, l'escorteur d'escadre Jauréguiberry, pendant l'hiver dans l'Atlantique nord. Sorti en novembre 1977, le film reçoit trois Césars en 1978.

En 1992, il réalise son film le plus ambitieux, Diên Biên Phu, tourné au Viêt Nam.

En 2007, il se rend en Afghanistan, un demi-siècle après avoir découvert le pays aux côtés de Joseph Kessel, invité par le 1er régiment de chasseurs parachutistes (1er RCP), dont il est soldat de 1re classe d'honneur.

Pierre Schœndœrffer meurt le 14 mars 2012 à l’hôpital militaire Percy de Clamart, où il avait été transféré quelques jours auparavant à la suite d’une opération chirurgicale[1]. Le 19 mars, jour anniversaire de son parachutage à Ðiện Biên Phủ, ses obsèques sont célébrées en la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides à Paris, suivis d’un hommage national dans la cour d’honneur des Invalides en présence du Premier ministre François Fillon, du Ministre de la Défense Gérard Longuet, du Ministre des Anciens combattants et du Ministre de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand.

Famille[modifier | modifier le code]

Pierre Schœndœrffer est le petit-fils de l'architecte Paul Friesé (1851 - mort pour la France en 1917), vétéran de la guerre franco-prusienne de 1870 ; celui-ci s'engage dans l'armée française au début de la Première Guerre mondiale, à l'âge de 63 ans, avec le grade de capitaine. Il meurt durant la seconde bataille de l'Aisne sur le Chemin des Dames.

Pierre Schœndœrffer était marié à la journaliste de France-Soir Patricia Schœndœrffer dite Pat Chauvel (fille de Jean Chauvel et sœur de Jean-François Chauvel, reporter à l'AFP) qu'il a rencontrée au Maroc (protectorat franco-espagnol à l'époque).

Il est le père de :

Prix, distinctions et hommage[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

De nombreux prix littéraires, cinématographiques et audiovisuels ont couronné son œuvre au fil des années, et notamment :

Distinctions militaires[modifier | modifier le code]

Distinctions civiles[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

Le 16 mai 2014, le maire de Chamalières, Louis Giscard d'Estaing, inaugure une « place Pierre-Schœdœrffer » dans la ville[3].

Filmographie[modifier | modifier le code]

En tant que réalisateur[modifier | modifier le code]

Sur Pierre Schœndœrffer[modifier | modifier le code]

  • 2011 : Pierre Schœndœrffer, la sentinelle de la mémoire (60 min), réalisé par Raphaël Millet, documentaire de long métrage consacré à l'œuvre de Pierre Schœndœrffer. Il retrace son parcours, depuis ses premières années dans la marine marchande, son engagement dans l'armée française, et l'influence que cela a eu sur l'ensemble de son œuvre.

Influences[modifier | modifier le code]

  • Apocalypse Now de Francis Ford Coppola fait indirectement référence à L'Adieu au roi, John Milius, grand admirateur du roman de Schœndœrffer qu'il connaissait depuis 1970, s'en étant en partie inspiré pour écrire le scénario du film de Coppola.
  • De même, dans le version longue d'Apocalypse Now, des scènes entières sont directement inspirées de La 317e Section. Ces scènes ne sont pas présentes dans la version courte.
  • Oliver Stone, avant le tournage de Platoon se référa à La Section Anderson comme source de documentation et d'inspiration.

Œuvre écrite[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Beaux livres[modifier | modifier le code]

  • Dien Bien Phu 1954/1992, De la bataille au film, Éditions Fixot-Lincoln, 1992
  • Préface de Pierre Schœndœrffer pour l'album La Guerre d'Indochine de Patrick Buisson, éditions Albin Michel, 2009

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Delphine Robic-Diaz, « L'Art de témoigner de Pierre Schœndœrffer », Le Temps des médias[6], 2005/1, no 4
  • Bénédicte Chéron, Pierre Schoendoerffer, un cinéma entre fiction et histoire, Paris, CNRS,‎ 2012, 300 p. (ISBN 9782271071439)
  • Pierre Schoendoerffer, Patrick Forestier, La guerre dans les yeux, Grasset, 2013.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Christophe Buisson, « Pierre Schœndœrffer est décédé à 83 ans », sur le site du Figaro, 14 mars 2012.
  2. Au fauteuil de l'architecte Guillaume Gillet, fauteuil transféré à la section Cinéma à la mort de son titulaire.
  3. « Chamalières : une place Pierre-Schœndœrffer », Le Figaro, encart « Culture », mardi 13 mai 2014, page 38.
  4. Le dernier jour en mer de Pierre Schoendoerffer, Gauthier Jurgensen, AlloCiné, 14 mars 2012
  5. Les courts-métrages de Pierre Schoendoerffer, Cinémathèque française, 28 novembre 2007
  6. Lire en ligne

Liens externes[modifier | modifier le code]

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