Blitz

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Blitz
Pompiers en action après une vague de bombardements, 1941
Pompiers en action après une vague de bombardements, 1941
Informations générales
Date Septembre 1940 - 10 mai 1941
Lieu Royaume-Uni
Issue Lourdes pertes parmi les populations civiles britanniques; échec stratégique pour l'Axe
Belligérants
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Flag of Italy (1861-1946).svg Royaume d’Italie
Commandants
Drapeau du Royaume-Uni Winston Churchill
Drapeau du Royaume-Uni Hugh Dowding
Drapeau du Royaume-Uni Frederick Pile
Drapeau du Royaume-Uni Owen Tudor Boyd
Drapeau du Royaume-Uni Sir Leslie Gossage
Drapeau de l'Allemagne nazie Adolf Hitler
Drapeau de l'Allemagne nazie Hermann Göring
Drapeau de l'Allemagne nazie Hugo Sperrle
Drapeau de l'Allemagne nazie Albert Kesselring
Drapeau de l'Allemagne nazie Hans Jeschonnek
Pertes
43 000 morts civils, 90 000 blessés graves, et 150 000 blessés légers
environ 1 000 morts militaires
873 avions abattus, plus de 2 000 morts militaires
Seconde Guerre mondiale
Batailles
Front d'Europe de l'Ouest

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Le Blitz (terme allemand signifiant « éclair ») est le nom donné à la campagne de bombardements stratégiques durant la Seconde Guerre mondiale mené par la Luftwaffe, l'aviation allemande, contre le Royaume-Uni du 7 septembre 1940 au 21 mai 1941. Il s'agit de l'opération la plus connue de la bataille d'Angleterre. À ne pas confondre avec le Blitzkrieg, guerre éclair.

Elle toucha principalement Londres mais également Coventry, Plymouth, Birmingham et Liverpool.

14 621 civils furent tués et 20 292 blessés selon des chiffres officiels. Près de 3,75 millions de Britanniques évacuèrent Londres et les principales villes.

Principaux bombardements[modifier | modifier le code]

Alerte aérienne ; population réfugiée dans le métro

L'attaque des centres de productions industriels incluant des populations civiles dans un cadre de destruction stratégique sera reprise par les Alliés sur une échelle bien supérieure.

En juillet 1940, après la fin de la bataille de France, alors qu’une grande partie de l’Europe est sous occupation allemande, Hitler proposa aux Britanniques une paix de compromis avec l’Allemagne et de nouvelles négociations. Churchill refusa, tout en sachant que le Royaume-Uni serait la prochaine cible de l'envahisseur. L'armée de terre allemande et la Luftwaffe n'avaient fait qu'une bouchée de la Pologne avant de concentrer son attention sur le nord et l'ouest. La campagne menée par les Britanniques en Norvège avait pris fin honteusement, tandis que leur Force expéditionnaire avait essuyé une cuisante défaite en France. Hitler décide donc d’envahir le Royaume-Uni, mais il sait que pour ce faire il doit avoir la suprématie du ciel et donc anéantir la Royal Air Force.

Il y avait d'un côté le maréchal de l'Air, sir Hugh Dowding, commandant les avions de chasse du Fighter Command de la RAF ; et de l'autre Hermann Göring, chef de la Luftwaffe, l'aviation de combat allemande, et les maréchaux Albert Kesselring et Hugo Sperrle, qui commandaient les 2e et 3e flottes aériennes. Les Britanniques engagèrent 55 squadrons du Fighter Command, soit 850 chasseurs (Spitfire et Hurricane), et 3 080 pilotes. Les Allemands disposaient de 1 000 chasseurs, de 1 200 bombardiers (Junkers Ju 88, Dornier Do 17 et Heinkel He 111), de 280 bombardiers en piqué (Stukas), et de 375 chasseurs-bombardiers (Messerschmitt bf 109 ou 110), soit 10 000 hommes d'équipage. Ce qui fut la première bataille de l'histoire entièrement livrée dans les airs, se déroula du 10 juillet au 31 octobre 1940.

Le 13 août 1940, la grande offensive allemande, qui devait être décisive (le nom de code de l'opération était Adlertag, le Jour de l'aigle), fut lancée dans l'après-midi. La Luftwaffe, commandée par Göring, effectua 1 000 sorties de chasse et 485 sorties de bombardement. Elle perdit 45 bombardiers et chasseurs, tandis que les Britanniques perdirent 13 chasseurs.

Le 14, le temps qui se dégradait (il était déjà mauvais le 13) obligea les Allemands à n'engager que le tiers des flottes de Kesselring et de Sperrle qui avaient été utilisées la veille. Le 15, la 5e flotte du général Stumpff, qui était stationnée au Danemark et en Norvège, vint aider les autres flottes ; il engagea tous ses chasseurs et la moitié de ses bombardiers, soit au total 1 000 appareils. La RAF dut repousser au cours de cette journée 5 attaques successives. 75 appareils allemands furent détruits et 35 chasseurs britanniques abattus.

Le 16 et le 17, les attaques se poursuivirent, mais n'eurent aucun résultat. Du 18 au 23, les opérations durent être suspendues à cause du mauvais temps. En 10 jours, une centaine d'appareils britanniques avaient été détruits, contre 100 chasseurs et 400 bombardiers pour les Allemands. De plus, ces derniers avaient dû renoncer à l'emploi des Stukas trop vulnérables, et des Me-110, trop lents.

Le 24, Göring lança sa seconde offensive. Les raids furent concentrés sur les pistes d'envol, les hangars, les stations radar, les centres de contrôle aérien, et les usines d'aviation britanniques. Pendant 14 jours, c'est-à-dire jusqu'au 6 septembre, la RAF effectua en moyenne plus de 700 sorties quotidiennes, étant constamment en état d'alerte. Les Britanniques perdirent 295 chasseurs et 171 autres furent gravement endommagés, tandis que la Lutwaffe perdit 530 appareils. Début septembre, la RAF commença à manquer de pilotes et d'appareils.

Le 24 août 1940 se produisit un évènement qui changea le cours de la bataille. Un bombardier Heinkel He 111, croyant attaquer la raffinerie de Thameshaven (en), largua ses bombes par erreur sur Londres, un objectif qui ne devait être attaqué que sur l'ordre personnel de Hitler. En représailles, dans la nuit du 25 août 1940, la RAF parvint à lâcher quelques bombes sur Berlin. Hitler se lança dans une violente diatribe contre les Britanniques « S'ils bombardent nos villes, nous raserons les leurs, s'ils lâchent des centaines de bombes nous en lâcherons des milliers ». Hitler modifia alors sa stratégie et décida de bombarder les villes britanniques et plus particulièrement Londres en guise de représailles.

Ruines dans la banlieue Est de Londres, septembre 1940

Dès 7 septembre, dans l'espoir d'abattre le moral ennemi, les villes britanniques furent bombardées. C'était le Blitz, qui frappa en premier lieu les quartiers populaires de l'East End de Londres. Le raid le plus violent frappa Coventry dans la nuit du 14 au 15 novembre. La propagande allemande inventa pour l'occasion le néologisme « coventryser » (coventrisieren) pour exprimer l'idée d'une destruction totale. Le Blitz se poursuivit jusqu’en mai 1941, ce qui permit à la RAF, vu la concentration des objectifs sur les grandes villes, de se « refaire une santé » : les avions et les hommes n'ayant plus qu'à attendre chaque vague sur le chemin des villes, puis au retour, de pourchasser les bombardiers, tandis que la DCA prenait le relais sur zone.

Du 15 septembre et jusqu'au 10 mai 1941, pour échapper à la défense britannique, les bombardiers allemands intervinrent systématiquement de nuit, par vagues de 150 à 200 appareils à chaque fois. Les bombardements firent un total de 50 000 morts chez les civils. Devant l'incapacité de vaincre la chasse adverse et la destruction quotidienne des barges de débarquement dans les ports de la Manche, Adolf Hitler reconnut son échec et renonça le 12 octobre à son projet d'invasion ; il retourna alors ses armes contre l'Europe de l'Est et l'Union soviétique.

C’est donc la bravoure et la détermination de tous les pilotes britanniques, canadiens, australiens, néo-zélandais, américains, français, belges et de bien d’autres nationalités, en plus de l’erreur d’Hitler de concentrer les attaques sur les villes qui permirent d’empêcher l’invasion du Royaume-Uni. De plus, les pilotes alliés pouvaient compter sur l’avantage de combattre sur leur territoire. S’ils devaient se parachuter, ils étaient en quelques heures à nouveau opérationnels tandis qu’un pilote allemand était perdu.

Le réseau de radars disséminés sur toute la côte joua également un rôle déterminant, prévenant à temps les escadrilles d’interception et en les dirigeant de manière efficace. On lui doit notamment le Jeudi Noir le 15 août 1940 qui vit d'énormes pertes allemandes.

Enfin, les chasseurs d'escorte allemands manquaient d'autonomie et devaient souvent abandonner les bombardiers au retour, les laissant ainsi vulnérables.

De juillet à octobre, 415 pilotes britanniques perdirent la vie dans cet affrontement décisif. Le Premier ministre Winston Churchill exprima dès le 20 août la reconnaissance des Britanniques à leur égard : « Jamais dans l'histoire des guerres un si grand nombre d'hommes ont dû autant à un si petit nombre[1]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Never was so much owed by so many to so few »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]