Panzer Lehr Division

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Panzer Lehr Division
Insigne tactique de la Panzer-Lehr-Division
Insigne tactique de la Panzer-Lehr-Division

Période Décembre 1943Mai 1945
Pays Flag of German Reich (1935–1945).svg Allemagne
Branche Wehrmacht
Type Panzer Division
Fait partie de District militaire (Wehrkreis) III
Guerres Seconde Guerre mondiale

La Panzer-Lehr-Division (division blindée d'instruction) ou 130. Panzer-Division était une division blindée allemande durant la Seconde Guerre mondiale et une unité d'élite de la Wehrmacht[1].

Elle fut créée fin 1943 à partir de diverses unités de démonstration et de formation stationnées alors en Allemagne afin de fournir une force blindée supplémentaire en prévision du débarquement allié attendu dans le nord-ouest de l'Europe. La division concentrait les meilleurs commandants et instructeurs de blindés allemands. En raison de son statut d'élite, elle fut mieux dotée que des Panzer-Divisionen ordinaires.

Sous le commandement du général Fritz Bayerlein, elle combattit en Normandie mais fut quasiment décimée par le « tapis de bombes » précédant l'opération Cobra lancée par les Alliés fin juillet 1944, reformée elle prit part à l'offensive des Ardennes où elle subit à nouveau de lourdes pertes, avant de disparaître dans la poche de la Ruhr en avril 1945.

Emblèmes divisionnaires[modifier | modifier le code]

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Histoire[modifier | modifier le code]

Elle voit le jour en décembre 1943 dans le Nord-est de la France entre Verdun et Nancy, constituée avec des éléments du Panzer-Lehr-Regiment et d'autres unités dissoutes. En janvier 1944, viennent le personnel d'encadrement de l'école d'instruction des Panzers de Krampnitz et des unités de démonstration des autres écoles. De ce fait, ce n'est plus une unité de tradition, mais va petit à petit devenir unité d'élite où les nouveaux armements sont « testés » sur le terrain.

Elle participe à l'occupation de la Hongrie en mars 1944 puis est envoyée en France en mai où elle est déployée dans le secteur du Mans[1].

En juin 1944, la division est dotée de 99 PzkwIV, 89 Panther, 10 Sturmgeschütz III, 31 Jagdpanzer IV, 3 Tiger I et 5 Königstiger, ces derniers n'ayant pas été envoyés en Normandie[2].

Son bataillon de reconnaissance dispose du Puma, un engin sophistiqué de reconnaissance[1]

La division comprend alors 14 700 hommes[1], soit la dotation théorique d'une division Panzer.

Bataille de Normandie[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 5 au 6 juin, son commandant, le général Bayerlein, à l'annonce des premiers bombardements et lâchers de parachutistes, veut faire route vers la côte normande mais l'état-major allemand refuse. De plus, des chars Tigre et Panther de la division sont en cours de chargement sur des trains pour être envoyés en Pologne[1]. Le temps du contre-ordre et de l'accord de l'état-major, la division ne commence à quitter Le Mans qu'en fin d'après-midi du 6 juin. Bien que divisée en 5 colonnes empruntant des itinéraires différents, elle subit ses premières pertes sous l'attaque de l'aviation alliée.

Rommel demande à Bayerlein le 9 juin de reprendre Bayeux et l'axe de la N13 mais la division allemande ne réussit pas[1]. Le 13 juin, elle est même sauvée de l'encerclement par le bataillon de chars Tigre de Wittmann[1] lors de la bataille de Villers-Bocage. Elle va ensuite mener une guerre de position entre Tilly-sur-Seulles et Lingèvres[1]. Mais les pertes commencent à être conséquentes : 2972 hommes et 50 panzer pour le seul mois de juin[1]. Relevée par la 272e division d'infanterie, début juillet, la Panzer-Lehr est alors redéployée dans le secteur de Saint-Lô face aux Américains. Elle lance une contre-attaque vers Le Désert mais qui est rapidement arrêtée par les Américains et le peu de terrain gagné est perdu[1]. Elle revient alors à une position et une tactique strictement défensive au nord-ouest de Saint-Lô.

Le 24 et 25 juillet, la Panzer-Lehr se trouve dans l'étroite zone choisie par les Alliés pour un bombardement aérien massif (« tapis de bombes ») précédant l'opération Cobra lancée par les Alliés et qui allait conduire à la percée d'Avranches. La division subit d'énormes pertes, une grande partie est détruite par les 6 000 tonnes de bombes larguées par l'aviation stratégique américaine.

« Tout le coin ressemblait à un paysage lunaire, tout était calciné et ravagé. Il était impossible d'y déployer des véhicules ou de récupérer ceux qui avaient été endommagés. Les survivants avaient sombré dans la folie. Ils n'étaient plus bons à rien. Je ne pense pas que l'enfer soit pire que ce nous ayons vécu. »[3].

Quelques Panzergrenadiere et quelques chars résistent le premier jour de l'offensive mais, dès le lendemain, l'unité s'effondre et, du fait de la progression rapide des Américains, des tanks en réparation et la logistique arrière de la division doivent être abandonnés[1]. Au 1er août, la division ne compte plus que 33 panzers en état de marche[1]. Seule une petite Kampfgruppe reste sur le front normand et les restes de la division sont évacués sur Fontainebleau[1]. La division aura perdu plus de 7400 hommes en Normandie[1].

Fin de la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La Panzer Lehr est partiellement reconstituée en octobre 1944 à Paderborn.

Elle participe à la bataille des Ardennes, puis dans les combats dans la Ruhr où elle se rend aux troupes américaines en avril 1945.

Ordre de bataille[modifier | modifier le code]

130.Panzer-Lehr-Division

  • Panzer-Lehr- Regiment 130
    • I. Abteilung, Pz.Rgt.6
    • II. Abteilung, Pz.-Lehr-Rgt.130
    • 316.Panzerkompanie (Funklenk)
  • Panzergrenadier- Lehr-Regiment 901
    • I. Battalion, PzGr-Lehr-Rgt.901
    • II. Battalion, PzGr-Lehr-Rgt.901
  • Panzergrenadier- Lehr-Regiment 902
    • I. Battalion, PzGr-Lehr-Rgt.902
    • II. Battalion, PzGr-Lehr-Rgt.902
  • Panzer-Artillerie-Lehr-Regiment 130
  • Panzeraufklärungs-Lehr-Abteilung 130
  • Panzer-Lehr-Pionier-Bataillon 130
  • Panzerjäger-Abteilung 130
  • Panzer-Flak-Artillerie-Abteilung 311

Composition[modifier | modifier le code]

  • Panzer-Lehr Regiment 130:
    • Composé de deux abteilungen à 4 compagnies (numérotées de 1 à 8).
      • La I/Pz.Rgt.130 est composé de deux compagnies de 20 Panther (les 1re et 2e), et les 2 autres de 19 Panthers chacune.
      • La II.Abteilung avait 21 Pzkw IV (par Schwadron) pour les 5 et 6e et 22 Pzkw IV pour chacune des deux autres.
    • Funk Lenk Kompanie 316 :
  • La compagnie de chars téléguidés disposait de 3 Tiger I, 5 Königstiger et de 10 StuG III, ainsi que des engins B IV (Goliath).
  • Panzer-Jäger Lehr Abteilung 130 :
  • Panzer-grenadier Regiment 901 :
    • Composé de 2 bataillons motorisés équipés de SdKfz 251 (transport de troupes blindés semi-chenillé).
  • Panzer-grenadier Regiment 902 :
    • Composé de 2 bataillons motorisés équipés de SdKfz 251 (transport de troupes blindés semi-chenillé)
  • Panzer-artillerie Regiment 130 :
    • La II/Abteilung était équipé de canons d'assaut Hummel (construits sur un châssis de PzKw IV avec un canon de 150mm) et Wespe (construits sur un chassis de Pzkfw.II).
  • Panzer-Aufklärungs Lehr Abteilung 130 : (bataillon de reconnaissance blindée)
    • Composé de deux Panzer.Späh.Wagen.Kompanie et trois autres compagnies
  • Pionnier Bataillon 130 :
    • Composé de la Ire Abteilung
  • Panzer Regiment 6 :
    • Le I/Pz.Rgt.6 provient de la 3.Panzer Division mais est attaché à la Panzer Lehr de mai à octobre 1944 à la place du I/Pz.Rgt.130. Il est composé de PzKw V Panther.
  • Schwere Panzer Jager Abteilung 654 :
    • Bataillon lourd indépendant à l'origine, a été mis à la disposition de la Panzer Lehr division, mais n'entre pas dans l'organigramme de la division. Forte de 12 Jagdpanther (chasseurs de chars sur châssis de Panther avec un canon très performant de 88mm).

Commandants[modifier | modifier le code]

Début Fin Grade Nom
10 janvier 1944 23 août 1944 Generalleutnant Fritz Bayerlein
23 août 1944 Septembre 1944 Oberst Rudolph Gerhardt
Septembre 1944 Septembre 1944 Oberst Paul Freiherr von Hauser
Septembre 1944 15 janvier 1945 Generalleutnant Fritz Bayerlein
15 janvier 1945 3 avril 1945 Generalmajor Horst Niemack
3 avril 1945 15 avril 1945 Oberst Paul Freiherr von Hauser

Théâtres d'opérations[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Niklas ZETTERLING, Normandy 1944; German Military Organization, Combat Power and Organizational Effectiveness, J.J. Federowicz Publishing, Inc., ISBN 0-921991-56-8
  • Paul Carell, Ils arrivent, Éditions Texto, Avril 2010

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n "Division : Panzer-Lehr Division" dans le Dictionnaire du Débarquement", page 289, sous la direction de Claude Quétel, éd. Ouest France, 2011.
  2. Zetterling, p. 384-392
  3. D Day et la bataille de Normandie d'Anthony Beevor, éd. Calmann-Levy, 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]