Opération Seelöwe

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Plan de l'opération.

L'opération Lion de Mer (en allemand : Unternehmen Seelöwe, en anglais : Operation Sea Lion) était un plan d'invasion allemand du Royaume-Uni au début de la Seconde Guerre mondiale. Retardé à fin 1940, il fut définitivement abandonné en 1943.

Description[modifier | modifier le code]

Les préparations d'invasion de l'Angleterre commencèrent peu après la fin de la Campagne de France au moment où les Allemands croyaient avoir gagné la guerre sur le front de l'ouest. Refusant cette idée, le Royaume-Uni n'acceptait pas de commencer des pourparlers de paix ; ainsi cette opération fut conçue pour briser la résistance britannique.

La Manche (Der Kanal), D.66 Kriegsmarine nautical chart, 1943, http://www.kartengruppe.it private collection

L'amiral de la Kriegsmarine Erich Raeder était à l'origine de la création de nombreuses études portant sur la plausibilité d'un assaut naval allemand à travers la Manche. La première de ces études datait de novembre 1939 et soulignait l'importance des éléments suivants :

  1. Les forces navales ennemies doivent être anéanties ou, à défaut, incapables d'intervenir.
  2. La menace de la Royal Air Force doit être supprimée.
  3. Les défenses côtières doivent être détruites.
  4. L'action des sous-marins sur les troupes d'invasion doit être empêchée.

Les plans de l'Oberkommando des Heeres préconisaient l'emploi de neuf divisions terrestres et deux divisions aéroportées de la Wehrmacht. Les sites d'invasion se situaient entre Douvres et Portsmouth.

L'opération était initialement prévue pour le 17 septembre 1940, et fut par la suite reportée à une date ultérieure car Adolf Hitler était sûr qu'en battant les Soviétiques grâce à l'opération Barbarossa prévue pour 1941, il priverait d'alliés en Europe les Britanniques qui n'auraient ainsi d'autre choix que de se rendre.

Mais l'entrée en guerre des États-Unis et les revers de la Wehrmacht en URSS diminuaient les chances de réussite de Seelöwe. L'incapacité des Allemands à améliorer leur situation confirmait les craintes de l'armée de terre à mener la guerre sur deux fronts.

La bataille d'Angleterre faisait partie de l'Opération Adler initialement prévue pour donner à la Luftwaffe la supériorité aérienne sur le front ouest et permettre l'invasion des troupes au sol, mais ces plans changèrent et l'Opération Adler devint le Blitz, le bombardement stratégique et intensif des villes britanniques.

Les transports utilisés auraient été les bateaux que les Allemands avaient employés contre la France durant le franchissement du Rhin, la Kriegsmarine ne possédant pas de véritables barges de débarquement, ce qui réduisait la capacité d'acheminement d'artillerie et de blindés.

La plupart des analystes militaires croient que l'opération Seelöwe avait peu de chance de réussir. Les Allemands manquaient de navires en comparaison de la flotte de la Royal Navy (la Kriegsmarine ayant subi de lourdes pertes lors de l'invasion de la Norvège). D'autre part, les pertes de leur force aéroportée durant la Bataille des Pays-Bas n'auraient pas été remplacées à temps pour cette nouvelle opération.

La Royal Navy ne pouvait cependant pas apporter la totalité de sa supériorité de dix contre un contre la Kriegsmarine car la majeure partie de la flotte britannique était engagée dans l'océan Atlantique et en Méditerranée. Néanmoins, la Home Fleet, maintenue pour la protection des Îles Britanniques, restait supérieure en nombre à la flotte allemande.

Les renseignements britanniques ont faussement cru que la Luftwaffe avait un avantage de quatre contre un dans le ciel. Ceci amena donc la Royal Air Force à mobiliser toutes ses réserves et à augmenter la fabrication des Spitfire. En outre, la menace de l'invasion permit le développement des radars, qui connurent alors leur première utilisation en temps de guerre.

Phase de test du plan[modifier | modifier le code]

Des jeux de guerre menés à l'Académie royale militaire de Sandhurst en 1974, qui supposaient que la Luftwaffe n'avait pas encore gagné la suprématie aérienne, concluaient que les Allemands pouvaient établir une tête de pont au Royaume-Uni en utilisant un champ de mine dans la Manche pour protéger leur assaut initial. Toutefois, les forces terrestres allemandes étaient ensuite retardées sur les Stop lines, une série de positions défensives constituées chacune d'une combinaison de barrages routiers et de troupes de la British Home Guard ; pendant ce laps de temps, les troupes régulières de la British Army pouvaient se mettre en formation.

Après seulement quelques jours, la Royal Navy en provenance de Scapa Flow (Écosse) atteignait la Manche, où elle pouvait couper le ravitaillement des troupes allemandes au Royaume-Uni. Isolée et face à des troupes régulières munies de blindés et d'artillerie, la force d'invasion aurait été contrainte de se rendre.

Ce wargame ne tenait pas compte du fait que pendant l'été 1940, l'armée de terre britannique se réduisait à 10 divisions dépourvues de tout leur matériel lourd, qu'elles avaient dû abandonner à Dunkerque. À ces 10 divisions ne détenant qu'un matériel léger, la Wehrmacht avait prévu d'opposer trois armées abondamment pourvues en blindés et artillerie.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yann Mahé, « Débarquer en Angleterre ! L'impossible opération "Seelöwe" », dans Histoire(s) de la Dernière Guerre, n° 7, septembre 2010.
  • (en) F-K von Plehwe, « Operation Sea Lion 1940 », Journal of the Royal United Services Institution, Mars, 1973

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]