Louis Daguerre

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Louis Daguerre

Description de cette image, également commentée ci-après

Louis Daguerre en 1844, photographié par Jean-Baptiste Sabatier-Blot, George Eastman House, Rochester.

Nom de naissance Louis Jacques Mandé Daguerre
Naissance
Cormeilles-en-Parisis, France
Décès (à 63 ans)
Bry-sur-Marne
Nationalité France Française
Profession Peintre et photographe

Louis Daguerre, né le à Cormeilles-en-Parisis (Val-d'Oise), mort le [1] à Bry-sur-Marne (Val-de-Marne), est un peintre et photographe français[2]. Sa commercialisation du daguerréotype inspiré des travaux de Joseph Nicéphore Niépce a fait qu'il a un temps été considéré comme l'inventeur de la photographie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Panneau central du seul diorama subsistant de Louis Daguerre, dans l'atelier de restauration de Bry-sur-Marne, septembre 2007.

Le peintre et décorateur[modifier | modifier le code]

Louis Daguerre fut d'abord peintre avant de se convertir au métier de décorateur de théâtre pour lequel il exécuta des tableaux remarquables (notamment les décorations d'Aladin ou la Lampe merveilleuse à l'Opéra). Il fut l'élève de Pierre Prévost et contribua à réaliser des panoramas.

Invention du diorama[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Diorama de Louis Daguerre.

Il connaît son premier succès grâce au diorama, un spectacle conçu avec son associé Charles Marie Bouton en 1822. Ces très grandes toiles translucides peintes en trompe-l'œil et animées par des effets d'éclairage variés donnent aux spectateurs une illusion de réalité. Selon l'éclairage, la scène, représentée sur une toile de vingt-deux mètres sur quatorze, passe du jour à la nuit, change de climat, etc.
Le diorama mis en place dans l'église de Bry-sur-Marne (1842), seul subsistant encore aujourd'hui, est peint de cette façon. Lors des sermons de monsieur le curé, les fidèles étaient parfois distraits de leur pieuse méditation lorsqu'un nuage passait devant le soleil et modifiait l'éclairage de la scène peinte. Excédé par cette concurrence, le curé le cacha en plaçant un rideau devant[3]. Après sept années de restauration, le diorama est de nouveau exposé dans l'église depuis 2013.
Daguerre et Bouton utilisent une chambre noire pour peindre ces immenses toiles de façon aussi réaliste que possible.

L'association Niépce-Daguerre[modifier | modifier le code]

Daguerre fait la connaissance, grâce à leur ingénieur-opticien commun Vincent Chevalier, de Joseph Nicéphore Niépce, qui, après avoir reproduit photographiquement des gravures, a entrepris de réaliser des « points de vue » (il nous en reste, de 1827, le Point de vue du Gras). Intéressé, Daguerre écrit une première lettre à Niépce en janvier 1826. Mondain, homme de théâtre, Daguerre impressionne, lors de leur première rencontre à Paris pendant l'été 1827, l'inventeur chalonnais. Ils se mettent à correspondre. Niépce est réticent à montrer les avancées de ses travaux « héliographiques », qui avaient débouché sur des premières images stabilisées. Cependant, l'entregent de Vincent Chevalier conduit les deux hommes à signer, le à Chalon, un contrat d'association, dans le but d'améliorer le procédé de Niépce par les perfectionnements que Daguerre y apporterait. Ce contrat stipule que l'invention, objet du traité, est due à Joseph Nicéphore Niépce. Mais la mort subite de Niépce le laisse le champ libre à Daguerre, qui pourra un temps se laisser attribuer le mérite principal de l'invention de la photographie. De fait, en s'appuyant notamment sur les travaux de Bernard Courtois sur les propriétés de l'iode, qu'il utilise comme agent sensibilisateur sur une plaque de cuivre recouverte d'une couche d'argent, il met au point, entre 1833 et 1839, le procédé par lequel le monde prendra connaissance de la photographie et qu'il décide d'appeler Daguerréotype.

Le daguerréotype[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Daguerréotype.

Après la mort de Niépce, en 1833, Daguerre décide de poursuivre les recherches sur les propriétés photochimiques de l'iode. De 1835 à 1837, il va progresser sur les méthodes de développement et de fixation des images, en découvrant que la vapeur de mercure agit comme révélateur de l'image. Avec le principe du développement de l'image latente, Daguerre apporte une contribution majeure en trouvant le procédé qui a pour conséquence pratique de raccourcir le temps de pose, jusqu'alors très long (plusieurs heures), à quelques dizaines de minutes seulement.
En 1837, il parvient à fixer ces images avec de l'eau chaude saturée de sel marin. Le daguerréotype est né, sans que le nom de Niépce y soit associé.

L’atelier de l'artiste, daguerréotype, 1837

Daguerre fait la démonstration de son invention à François Arago, homme politique et savant célèbre. Vivement intéressé, Arago perçoit le potentiel du nouveau procédé et annonce officiellement cette découverte par une communication à l'Académie des sciences, le . Durant l'été 1839, à l'instigation d'Arago, une loi est votée par laquelle l'État français acquiert le nouveau procédé contre une pension annuelle de 6 000 francs à Daguerre et de 4 000 francs à Isidore Niépce, le fils de Nicéphore, successeur de son père dans l'association formée avec Daguerre. Le , les détails techniques sont présentés devant les Académies des sciences et des beaux-arts réunies[4].

L'engouement du public est immédiat. Le daguerréotype se répand rapidement dans toute la France, en Europe, puis dans le monde entier. Il connait un immense succès pendant une dizaine d'années, avant d'être détrôné par d'autres procédés. La commercialisation des chambres et du matériel nécessaire à ces images photographiques firent la fortune de Daguerre.

Avant sa mort, Daguerre avait exigé que soit gravé sur sa tombe "Daguerre, Artiste Peintre, Chimiste, Inventeur de la photographie". ce qui fut fait. Il faudra quelques années pour que la paternité de l'invention, confisquée un temps par Daguerre, soit définitivement rendue à Niépce. Ceci grâce aux initiatives d'un archiviste de Chalon-sur-Saône, Victor Fouque[5] qui voulut sans doute défendre la mémoire d'un compatriote.

Publications de Louis Daguerre[modifier | modifier le code]

  • Historique et description du daguerréotype et du diorama [6] en 1839.
  • Nouveau moyen de préparer la couche sensible des plaques destinées à recevoir les images photographiques [7] en 1844.

Distinction[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

La maison de Daguerre à Bry-sur-Marne.

Le nom de Louis Daguerre est inscrit sur la tour Eiffel.

En août 1880, une souscription publique est décidée pour élever un monument à la mémoire de Daguerre à Cormeilles-en-Parisis. La Société française des Archives photographiques, historiques et monumentales la prend en charge. Ce monument est inauguré trois ans plus tard, en août 1883, en présence d'un public nombreux[9],[10].

En 1935, l'Union astronomique internationale a donné le nom de Daguerre à un cratère lunaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice BnF no FRBNF120157730
  2. D'origine basque, Daguerre est la forme francisée du nom basque Aguirre
  3. Exposition "le diorama de Daguerre" au musée Adrien Mentienne à Bry-sur-Marne, hivers 2013
  4. François Arago, « Le daguerréotype », Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, vol. 9,‎ 19 août 1839, p. 250-267 (lire en ligne)
  5. Manuel Bonnet et Jean-Louis Marignier, Niépce : correspondance et papiers, Maison Nicéphore Niépce,‎ 2003, 1560 p. (ISBN 2-9520921-0-9, lire en ligne)
  6. Voir le livre scanné : « Historique et description du daguerréotype et du diorama », sur http://gallica.bnf.fr/ (consulté le 15 mars 2010)
  7. Voir le livre scanné : « Nouveau moyen de préparer la couche sensible des plaques destinées à recevoir les images photographiques », sur http://gallica.bnf.fr/ (consulté le 15 mars 2010)
  8. Le 15 juin 1839, cf. « Cote LH/646/53 », sur Léonore (consulté le 1er mars 2014)
  9. Adrien Mentienne, La découverte de la photographie en 1839, Série The sources of modern photography, Arno Press, New York, 1979 (réimpr. de l'édition de 1892 publié par Imprimerie Paul Dupont, Paris), p. 126. Aperçu partiel sous Google Livres. Consulté le 17 mars 2010.
  10. Éric Michaud, « Daguerre, un Prométhée chrétien », Études photographiques, 2 | Mai 1997. Consulté le 17 mars 2010.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Louis Daguerre » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)
  • Félix Hément, Discours à l'inauguration du monument élevé à Daguerre à Cormeilles-en-Parisis, le 26 août 1883, Paris : Impr. Nationale, 1883.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Monument élevé à Daguerre à Cormeilles-en-Parisis.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Adrien Mentienne, La découverte de la photographie en 1839 - Description Du Procédé Faite Aux Chambres Législatives Par Daguerre (Inventeur) 1892
  • R. Colson (ed.), Mémoires originaux des créateurs de la photographie. Nicéphore Niepce, Daguerre, Bayard, Talbot, Niepce de Saint-Victor, Poitevin, Paris, 1898
  • Helmut and Alison Gernsheim, L.J.M. Daguerre. The History of the Diorama and the Daguerreotype, London 1956 (revised edition 1968)
  • Beaumont Newhall, L'histoire de la photographie depuis 1839 et jusqu'à nos jours, Bélier-Prisma, Paris, 1967
  • Beaumont Newhall, An Historical and Descriptive Account of the Various Processes of the Daguerreotype and the Diorama by Daguerre, New York 1971
  • Jean Loup Princelle, « Ces noms qui ont fait la photo : Louis Daguerre », dans Réponses Photo (ISSN 1167-864X), no 186, septembre 2007
  • Louis Daguerre par J Roquencourt - Revue Vivre en Val-d'Oise, no 48
  • Hans Rooseboom, What’s wrong with Daguerre? Reconsidering old and new views on the invention of photography, Nescio, Amsterdam, 2010 (www.nescioprivatepress.blogspot.com)
  • Ennery Taramelli, Le roman de Daguerre, l'artiste qui fixa le temps, Contrejour, 2013, (ISBN 979-10-90294-10-3)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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