Rotative

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Rotative Marinoni de 1883
Rotative Zero Make Ready.
Presse Miehle pour l'impression du journal La Samedi. Montréal, 1939.

En imprimerie, le terme apparaît au XIXe siècle, âge d'or de la presse écrite[1]. La rotative désigne selon le Petit Robert une presse typographique ou offset servant à imprimer en continu, au moyen de cylindres, en noir ou en couleur (quadrichromie), et en utilisant du papier en rouleau. L'intérêt du procédé réside dans sa capacité à réaliser une impression de masse.

Principe[modifier | modifier le code]

Le principe de la rotative réside dans le remplacement de la platine, partie plane qui dans une presse traditionnelle exerçait la pression nécessaire pour imprimer le papier, par un cylindre, qui permet une pression bien plus importante. Les presses à cylindre ont en premier bénéficié de la mécanisation (entraînement par la vapeur, puis l'électricité). Le passage à la rotative a été fait en remplaçant la forme typographique plane par une forme courbe, adaptée à un cylindre, qui effectue une rotation constante, alors que la forme traditionnelle devait effectuer des va-et-vient, sources de lenteur et de vibrations. Ceci permet d'imprimer une bande de papier continue à partir d'une bobine, au lieu d'une alimentation feuille par feuille. Le papier est coupé automatiquement en sortie.

À l'origine utilisant la typographie, les rotatives utilisent aujourd'hui le système d'impression dit offset, ou aussi l'héliogravure et la flexographie. La plupart des machines peuvent former et plier les cahiers, les massicoter, les relier, faire des découpes ou apposer certaines finitions sur le papier. Elles sont généralement destinées à de grands tirages (de quelques centaines de milliers à plusieurs millions d'exemplaires), contrairement aux machines dites « à feuilles » qui sont aussi à cylindres rotatifs.

Histoire[modifier | modifier le code]

La paternité de l'invention de la rotative est sujette à controverses. De nombreux constructeurs l'ont progressivement élaborée.

Rotative de Hoe[modifier | modifier le code]

La rotative de Hoe

Une rotative, la Type Revolving Press, fut construite en 1844 par le fabricant américain Richard M. Hoe, sur un principe établi dès 1818 par Edward Cowper. Son système de rouleaux cylindriques est allié à un mouvement rotatif. Elle est basée sur un énorme cylindre central qui porte les formes imprimantes classiques en caractères mobiles, et de six à dix cylindres presseurs correspondant à chacune des formes. Elle nécessite autant d'ouvriers margeurs pour l'alimenter en feuilles. La tenue des caractères mobiles sur la courbure du cylindre pose certains problèmes.

Rotative de Bullock[modifier | modifier le code]

La rotative de Hoe est perfectionnée en 1865 par William Bullock (1813-1867), qui remplace les feuilles par des bobines de papier, selon un brevet déposé cinq ans plus tôt par l’Autrichien Alois Auer, ce qui augmente considérablement la rapidité de l’impression et réduit le personnel nécessaire ; invention dont il a pu tester l'efficacité en y coinçant malencontreusement sa jambe. Il mourra d'une gangrène, suite à cet accident.

Rotatives à clichés cintrés[modifier | modifier le code]

La solution au problème de la forme est le cliché cintré d'une seule pièce, adaptable au cylindre et réalisé par moulage de la forme classique, d'abord au moyen d'un moule en plâtre, puis d'un carton fort, mais souple, qu'on appellera le flan.

Article détaillé : Stéréotypie.

En France, dès 1845, Jacob Worms travaille sur une rotative à bobine et cliché cintré. Il est assisté par Hippolyte Auguste Marinoni, qui fabrique les premières rotatives françaises commercialisées, d'abord sur le modèle de celle de Hoe. Car l'impression en continu est empêchée en France par la loi qui impose un timbre collé sur chaque journal avant l'impression, loi qui ne sera supprimée qu'en 1871. Cette loi existe aussi en Angleterre, mais The Times obtient une dérogation dès 1853 et peut donc imprimer en continu.

Entre 1847 et 1850, les britanniques Augustus Applegath et Edward Cowper mettent au point la Rotary press, qui utilise une forme imprimante cylindrique et qui imprime The Times.

En 1851, Thomas Nelson, d'Edinbourg, construit une rotative qui imprime 10 000 exemplaires à l'heure.

En 1912, la société allemande VOMAG fabrique la première rotative offset, qui se trouve être beaucoup plus souple d'utilisation. Les rotatives offset remplacent définitivement la plupart des rotatives typographiques dans les années 1970.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Journal La Croix , 29 juin 2011

Annexes[modifier | modifier le code]

Les « rotativistes » sont les ouvriers qui travaillent sur ce type de machine. C'est l'une des professions composant les métiers du Livre.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Audin, Histoire de l'imprimerie, Paris, A. et J. Picard, 1972