Jean Donneau de Visé

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Jean Donneau de Visé, né en 1638 à Paris où il est mort le , est un écrivain et publiciste français.

Donneau de Visé débuta dans les lettres, en 1661, par des nouvelles et par des critiques de Corneille et de Molière, critiquant l'École des femmes et écrivant notamment à l’occasion de cette querelle une pièce en un acte, intitulée Réponse à l'Impromptu de Versailles ou La Vengeance des marquis, vraisemblablement jouée en novembre 1663.

Plus tard, il se réconcilia avec Molière, qui fait jouer plusieurs de ses pièces dans la seconde moitié des années 1660. Il devint également un admirateur et un défenseur zélé de Corneille, mais ne ménagea pas ses critiques contre Racine et Boileau. Voltaire critique notamment ces attaques contre Racine, ainsi que son journal dans l'Ingénu (1767). Ce dernier, lorsqu'il est emprisonné à la Bastille, se retrouve dans une cellule avec M. Gordon, qui le forme à la littérature et autres écrits. Et lors de leurs lectures, ils tombent sur des écrits de Visé :

« Le bonhomme avait quelques-uns de ces petits livres de critique, de ces brochures périodiques, où des hommes incapables de rien produire dénigrent les productions des autres, où les Visé insultent aux Racine, et les Faydit aux Fénelon. L'ingénu en parcourut quelques-uns. “Je les compare, disait-il, à certains moucherons qui vont déposer leurs œufs dans le derrière des plus beaux chevaux : Cela ne les empêche pas de courir.” À peine les deux philosophes daignèrent-ils de jeter les yeux sur ces excréments de la littérature. »

En 1672, il fonde le Mercure Galant, périodique consacré aux nouvelles du théâtre, des arts, de l’édition, mais aussi aux potins de salons et aux chansons galantes. Malgré les critiques de La Bruyère, Le Noble, ou Boursault, ce périodique, dont le privilège date du 15 février 1672, fournit une brillante carrière destinée à lui survivre jusqu’à l’époque actuelle.

En même temps, Donneau de Visé avait abordé le théâtre où il connait un éclatant succès avec des comédies et des tragédies jouées à la Comédie-Française.

Auteur de Mémoires pour servir à l’histoire de Louis le Grand en 10 volumes, Donneau de Visé reçoit, avec le titre d’historiographe du roi, une pension de 500 écus et un logement aux galeries du Louvre.

On a de lui : Nouvelles (Paris, 1663, 3 vol. in-12) ; Nouvelles galantes et comiques (1669) ; Zélinde, ou la Véritable Critique de l’École des femmes, et la critique de la Critique (1663, in-12), comédie en un acte qui ne fut pas représentée ; la Mère coquette, comédie en trois actes, en vers (1665) ; la Veuve à la mode, comédie en un acte, en vers (1667) ; l’Embarras de Godard, ou l’Accouchée, comédie en un acte (1667) ; les Amours de Vénus et d’Adonis, tragédie à machines (1670) ; les Intrigues de la loterie, comédie en trois actes (1670) ; le Gentilhomme Guespin, ou le Campagnard, comédie en un acte (1670) ; les Amours du Soleil, tragédie à machines (1671); Les Dames vengées, ou La Dupe de soi-même, comédie en cinq actes qui eut un grand succès (1675) ; Mémoires pour servir à l’histoire de Louis le Grand (Paris, 1697-1705, 10 vol. gr. in-fol.), simple réimpression très luxueuse de quelques extraits du Mercure, etc.

La Mère coquette, les Intrigues de la loterie et les Dames vengées ont été imprimées dans le Théâtre-français (1737, 12 vol. in-12).

Comédies[modifier | modifier le code]

  • Les Maris infidèles (1673)
  • Les Amours de Vénus et d’Adonis (1685, avec des musiques de Charpentier)
  • Les Dames vengées, ou La Dupe de soi-même (1695)
  • L'Aventurier (1696)
  • Le Vieillard couru (1696).
  • La Devineresse (1679, comédie à machines, l’un des plus grands succès du siècle)
  • La Pierre philosophale (1680, avec des musiques de Charpentier)
  • L'Usurier (1685).
Avec Thomas Corneille
  • Circé
  • L’Inconnu (1673, tragédie et comédie, avec des musiques de Charpentier)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Mélèse, Un Homme de lettres au temps du Grand Roi, Donneau de Visé, fondateur du Mercure galant, Paris, E. Droz, 1936. In-16, VI-261 p., planche, errata.
  • Georges Mongrédien, « Le Fondateur du Mercure de France. Jean Donneau de Visé », Mercure de France, 1er octobre 1937, p. 89-116.
  • Pierre-François Burger, « Autour de Deux Propagandistes mémorialistes de Louis XIV : Vuorden et Donneau de Visé », XVIIe siècle, n° 137, 1982.
  • Monique Vincent, Donneau de Visé et le Mercure de France. Lille, ANRT, Aux Amateurs de Livres, 1988. 2 vol. 24 cm, IV-675 et 174 p. (Thèse, Paris IV, 1987.)

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