Arthur Raffalovitch

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Arthur Raffalovitch

Arthur Raffalovich (1853-1921) est un économiste et diplomate russe qui a joué un rôle central dans l'Affaire Arthur Raffalovitch, scandale médiatico-financier consistant à payer des journalistes ou des directeurs de média pour les inciter à écrire des articles favorables au placement en France des emprunts russes à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.

Il est le fils d'Hermann Raffalovitch et Marie Raffalovich, originaire d'Odessa qui fuient les pogroms en Russie en 1881 pour s'installer en France[1]. Son père a créé la compagnie d'assurances Rossia avec le baron et banquier Jacques de Gunzbourg[2]. Son frère Marc André Raffalovich[3] était un journaliste, essayiste et poète de langue français.

Dès 1889, Arthur Raffalovich, achète le château de l'Ermitage, où il donne de nombreuses réceptions fastueuses, qui à sa mort sera revendu à l'audience des criées à un marchand de lingerie fine. Économiste de grande renommée, auteur de nombreux traités et ouvrages, il est rédacteur au Journal des débats[1], sous la direction d'Étienne Bandy de Nalèche.

Grand officier de la Légion d'honneur, il est représentant du ministère des Finances russe à Paris et correspondant de l'Institut[4]. Arthur Raffalovich travaille à l'ambassade de Russie, où il s'emploie à corrompre plusieurs médias, afin d'obtenir des articles favorables aux emprunts russes[5]. Sa correspondance avec le ministère des Finances russe est publiée dans L'Humanité du 5 décembre 1923 au 30 mars 1924[6].

Dans un lettre adressée le 2 novembre 1904 au ministre des Finances russe il écrit par exemple : « J'ai l'honneur de remettre à Votre Excellence les chèques payés par l'agent Lenoir pour le concours donné par la presse française durant le mois de septembre. J'y joins une sorte de clef, c'est-à-dire le numéro du chèque en face du journal qui a touché. »[7]

En 1931 sort un recueil de 450 pages, qui provoque un certain émoi à Paris, regroupant l'ensemble de ces courriers sous le titre L'Abominable Vénalité de la presse (correspondance d'Arthur Raffalovich, d'après les documents des archives russes 1897-1917). L'émotion causée par la publication de ce livre concourt à la création en France en 1935 d'un statut de journaliste professionnel avec le vote à l'unanimité par le parlement de la loi Brachard.

En tout, il a distribué 6,5 millions de francs[8] (environ 23 millions d'euros de 2005), entre 1900 et 1914, à de nombreux titres de la presse parisienne, de manière à assurer le succès du placement des emprunts russes dans le grand public.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Discours littéraires et scientifiques fin-de-siècle : la discussion sur les homosexualités dans la revue Archives d'anthropologie criminelle du Dr Lacassagne, 1886-1914 : autour de Marc-André Raffalovich, par Patrick Cardon, page 14
  2. "Le Scandale de Panama", par Jean-Yves Mollier [1]
  3. Généalogie de la famille Raffalovich
  4. http://www.jdf.com/histoire/2007/04/21/04015-20070421ARTHBD00105-le-jdf-celebre-ses-ans.php
  5. Une histoire des médias : des origines à nos jours, par Jean-Noël Jeanneney (1998), page 118
  6. http://www.rms-republic.com/reference/FrenchPress_Influence.pdf
  7. Le Journal des Finances célèbre ses 140 ans, numéro spécial du 21 avril 2007
  8. La Presse écrite en France au XXe siècle, par Laurent Martin, page 39, éditions Le Livre de poche