Claude Chappe

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Claude Chappe

alt=Description de l'image AduC 175 Chappe (Claude, 1765-1828).JPG.
Naissance 25 décembre 1763
Brûlon (France)
Décès 23 janvier 1805
Paris (France)
Champs ingénieur
Diplôme Collège Royal de la Flèche
Renommé pour télégraphe Chappe

Claude Chappe (né le 25 décembre 1763 à Brûlon (Sarthe) en France — mort le matin du 23 janvier 1805 à Paris, inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 29), fut un inventeur qui démontra la communication pratique par sémaphore. Il fut le premier entrepreneur des télécommunications dans l'histoire de l'humanité. Il est le neveu du scientifique Jean Chappe d'Auteroche.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Né le jour de Noël 1763[1], il est le second des sept enfants d'Ignace Chappe et de Marie Renée Devernay. Ses quatre frères Ignace (1760 - 1829), l'aîné, Pierre François (1765 - 1834), René (1769 - 1854) et Abraham (1773 - 1849) vont chacun jouer un rôle dans le domaine du télégraphe.
Jean Chappe d'Auteroche (1722 - 1769), oncle de Claude Chappe, était originaire de Mauriac, en Haute-Auvergne. Il fut nommé abbé commendataire à la fin de ses études au Collège Royal de la Flèche (aujourd’hui le Prytanée), mais il perdit sa sinécure pendant la Révolution française. À l'âge de vingt ans, il avait fait insérer dans le Journal de Physique un grand nombre de mémoires intéressants, qui lui donnèrent des titres pour être admis à la Société philomathique de Paris, où il fut reçu à la fin de l'année 1792.

Le système de Chappe[modifier | modifier le code]

Télégraphe de Chappe
Copie d'une tour Chappe « Milan » de 1809

Lui et ses quatre frères chômeurs et politiciens décidèrent de développer un système pratique de stations de relais sémaphore. Son frère Ignace Chappe (1760-1830) comme membre de l’assemblée législative l’aida à faire adopter une ligne entre Paris et Lille de quinze stations pour environ deux cents kilomètres pour transmettre les informations de la guerre.

Les frères Chappe déterminèrent par expérimentation que les angles d’une perche étaient plus faciles à voir que la présence ou l’absence de panneaux. Leur construction définitive était deux bras connectés par une traverse. Chaque bras avait sept positions et la traverse quatre soit un code total de 196 positions. Les bras avaient de un à quatre mètres de long, noirs, avec des contrepoids déplacés par deux poignées. Des lampes montées sur les bras ne furent pas d’une utilisation nocturne satisfaisante. Les tours de relais étaient placées de 12 à 25 km entre eux. Chaque tour avait deux télescopes pointant de chaque côté de la ligne.

Le désir de communiquer avec des amis qui habitaient à quelques lieues de lui fit concevoir au jeune physicien, en 1791, le projet de leur parler par signaux. Ces tentatives réussirent au point qu'il s'aperçut que ce qu'il avait cru n'être qu'un jeu pouvait devenir une découverte importante. Il fit alors beaucoup de recherches pour trouver le moyen d'exécuter son procédé en grand.

Claude Chappe réalisa sa première expérience publique de communication à distance entre Parcé-sur-Sarthe et Brûlon le 2 mars 1791. L'expérience consista à placer deux cadrans mobiles dotés d'aiguilles et de chiffres, appelés tachygraphe, installés respectivement dans son village natal de Brûlon, distant de 14 km, et le village de Parcé. L'expérience, qui consistait à envoyer un message dans chaque sens, fut réussie et authentifiée par un compte rendu officiel. Claude Chappe put, avec ces preuves de fonctionnement, se rendre à Paris pour promouvoir son invention.

En 1791, les premiers messages furent envoyés avec succès entre Paris et Lille. Quand il eut atteint le but qu'il s'était proposé, il offrit à l'assemblée législative, en 1792, l'hommage de sa découverte ; il lui présenta une machine à signaux, nommée par lui télégraphe, de deux mots grecs tele, loin, et graphein, écrire. L'établissement de la première ligne télégraphique ne fut ordonné qu'en 1793.

Condé[modifier | modifier le code]

Le 1er septembre 1794, la ligne de sémaphore informa les Parisiens de la victoire de Condé-sur-l'Escaut sur les Autrichiens moins d’une heure après l'événement.
La Convention reçut cette nouvelle au commencement d'une de ses séances, rendit un décret qui déclarait que Condé s'appellerait Nord-Libre, et le télégraphe annonça, pendant cette même séance, que le décret était déjà parvenu à sa destination, et que déjà il circulait dans l'armée.
Ce résultat fit alors une grande sensation ; on comprit combien l'invention du télégraphe pouvait être utile ; mais plus cette découverte paraissait importante, moins on concevait qu'elle n'eût pas été faite plus tôt.
Le système fut largement copié dans les autres pays européens, et était utilisé par Napoléon pour coordonner son empire et ses armées.

Couverture d'un almanach alsacien de 1837. On voit à l'arrière-plan la cathédrale de Strasbourg avec le télégraphe Chappe

Des systèmes de télégraphie[modifier | modifier le code]

En effet, dans tous les temps, on s'était servi de signaux pour communiquer des phrases convenues. Les marins employaient ce moyen depuis des temps immémoriaux, et un prince anglais avait acquis quelque célébrité pour avoir perfectionné les signaux marins. Énée le tacticien fait mention de quelques expériences dont l'objet était de signaler les lettres de l'alphabet à plusieurs stations ; et, vers la fin du XVIIe siècle, Guillaume Amontons avait fait un essai de ce genre ; mais le premier système ne pouvait servir que pour un petit nombre de faits, prévus longtemps avant qu'on veuille les signaler. Une nuit suffisait à peine pour transmettre deux ou trois mots d'après la méthode d'Énée le tacticien[2]. Quant à Amontons, qui est placé parmi les inventeurs de l'art télégraphique, il n'a laissé aucune trace de la machine qu'il avait imaginée. Le problème était donc encore à résoudre, ou plutôt n'était qu'un projet sans exécution ; il consistait à trouver le moyen de transmettre, à quelque distance que ce fût, avec rapidité, dans tous les lieux et par tous les temps, toutes espèces d'idées.

Moyens télégraphiques[modifier | modifier le code]

Pour parvenir à ce but, Chappe n'imita aucune des machines dont on s'était servi jusqu'alors ; il en imagina une dont les formes sont extrêmement visibles, les mouvements simples et faciles, qui peut être transportée et placée partout, qui résiste aux plus grandes tempêtes, et qui, malgré sa grande simplicité, donne assez de signaux primitifs pour faire de ces signes une application exacte aux idées, application telle, qu'elle n'exige ordinairement qu'un signe par idée, et jamais plus de deux, ce qui est très remarquable (dit le rapport décennal fait par la classe des sciences physiques), comme ayant ce donné naissance à une langue nouvelle, simple et exacte, qui rend l'expression d'un mot et d'une phrase par un seul signe.

Épilogue[modifier | modifier le code]

En 1805, Claude se suicida en se jetant dans un puits à son hôtel. Il aurait été victime d'une dépression causée par la maladie et des déclarations de ses rivaux selon lesquels il avait plagié des systèmes de sémaphores militaires[3]. Une autre version est proposée par Etienne-Gaspard Robert dans ses Mémoires (p 200), "un puits, que les fumées du vin l'avaient empêché d'apercevoir".

En 1824, Ignace essaya d’augmenter l’intérêt de l'invention de Claude en utilisant la ligne de sémaphore pour des messages commerciaux, comme par exemple les prix des matières premières, mais cela déplut à la communauté d’affaires. La même année, son frère, Jean Chappe, a publié une Histoire de la Télégraphie.

En 1846, le gouvernement français fit mettre en place un système de lignes de télégraphes électriques. Plusieurs contemporains avertirent de la facilité de sabotage et d’interruption de service car un fil était facile à couper.

Le système figure de manière éminente dans le roman d’Alexandre Dumas Le comte de Monte-Cristo où le comte soudoie un opérateur sous-payé pour transmettre un faux message.

Source partielle[modifier | modifier le code]

« Claude Chappe », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition,‎ 1843-1865 [détail de l’édition]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le père de Claude Chappe, contrôleur général du domaine du roi au département de Laval, avait épousé Marie Devernay, d'une vieille famille de bourgeoisie (médecins et chirurgiens) lavalloise. Son frère (mais l'abbé Angot n'est pas formel sur cette parenté) René était receveur de l'enregistrement à Lassay, en 1793.
  2. Homère, Eschyle, Pausanias, Jules Africain, etc., parlent de signaux de torches et autres semblables. Porta, Kircher, Robert Hooke, Schott, Guyot, Bergsträsser, Achard de Berlin, etc., se sont occupés de ce problème, dont on peut voir l'histoire dans l'Essai sur la Télégraphie, par Bockmann, Karlsruhe, 1794, in-8° (en allemand), et dans celui d'Edelcrantz, traduit du suédois en français, Paris, 1801, in-8°, fig.
  3. Il avait publié, au sujet des essais de MM. Bréguet et Béthancourt, qui lui contestaient injustement la priorité de son invention, une Lettre sur le nouveau télégraphe, Paris, 1798, in-8°.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]