Crieur public

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Crieur public
Town Crier, Provincetown, MA.jpg

Crieur de ville dans le Massachusetts en 1909

Le crieur public est une personne chargée d'annoncer au public de l'information. Profession généralement itinérante, sa fonction consiste à se promener dans la localité, s'arrêter à certains endroits (place publique, balcon de l'hôtel de ville appelé bretèche, carrefour, parvis des églises), annoncer sa présence par un appel sonore (tambour, clochette, trompette...) et commencer à lire son texte.

Histoire et géographie[modifier | modifier le code]

Bretèche de l'Hôtel de Ville d'Hesdin.

Son existence était importante dans l'Antiquité (notamment en Grèce), au Moyen Âge (consistant à annoncer des ordonnances royales ou des bans urbains, ce métier[1] fut précédé par celui de garde champêtre ou de tambour de ville), et même jusque dans les années 1960 dans les villages suisses. L'Angleterre, le Canada et l'Australie ont encore un énorme contingent de crieurs publics avec un renouveau depuis 1980.

En Basse-Bretagne jusqu'à la fin des années 1670, les crieurs se colportaient en criant les informations locales d'une ville, d'un village ou d'un hameau à l'autre, à la manière d'un véritable relais de transmission oral. L'un d'eux, Youenn Daougabel, aurait bénéficié à l'époque d'une certaine notoriété[2].

Au Canada, Daniel Richer (dit « Laflêche d'Ottawa/Gatineau », 30 ans de métier) Crieur Sénior d'Amérique exerce encore le métier de crieur à plein temps. On peut l'entendre lors d'évènements sociaux, artistiques ou à connotation amoureuse.

Dans de nombreuses villes africaines, la fonction de crieur public existe encore, mais l'individu a été remplacé par un véhicule sonorisé. Ainsi, à Douala, ces « véhicules-crieurs publics » ont été affectueusement surnommés les papas-Douala. En Afrique du Sud, on retrouve aussi le crieur de baleine, chargé d'annoncer l'arrivée de baleines dans la baie et à quel endroit on peut les observer.

Tony Appleton, un crieur a annoncé le 22 Juillet 2013 la venue au monde du fils de Catherine Middleton et du Prince William, mais c'était en réalité un imposteur [3].

Le retour des crieurs en France[modifier | modifier le code]

Dans son roman Pars vite et reviens tard publié en 2001, Fred Vargas remet au goût du jour le métier de crieur public avec le personnage de Joss Le Guern.

La lecture de ce roman a conforté un jeune acteur lyonnais, Gérald Rigaud, dans son projet d'exercer le métier de crieur public. Il fait alors du quartier de la Croix-Rousse son secteur d'activités à partir de 2003. Durant la semaine, les messages à publier sont glissés dans des boites mises à disposition chez les commerçants, puis le dimanche matin, il les crie et les mets en valeur sur la place publique. Il se présente comme mandaté par le « Ministère des Rapports Humains », et indique « contribuer au dialogue entre citoyens et à leur conscience politique ». Il rejette l'idée de subvention et tire son revenu de l'argent librement joint aux messages déposés et de demande de dons aux spectateurs assistant à sa prestation. Celle-ci dure près de deux heures. S'il effectue un tri dans la multitude des messages qui lui sont soumis, ceux-ci sont cependant très variés et vont de la petite annonce classique jusqu'à des messages plus personnels. Son initiative et sa verve ne sont cependant pas complètement appréciées par la classe politique, d'un bord comme de l'autre[4].

Le concept a été repris depuis, puisque Bazas dispose désormais des services de son crieur public, le samedi matin sur le marché. Un comédien de la Compagnie Gargantua dont la devise est : « Le crieur public de Bazas, vos messages, mes cordes vocales. »

Le crieur public de Grenoble, Aldo Fax, opère depuis 2008 sous sa devise : "Parce qu'il est inutile de se taire quand on n'a rien à dire, je crie tout haut ce que vous pensez tout bas !". Au sein de sa compagnie de théâtre de rue il travaille divers dispositifs dédiés à l'Espace Public.

Auvers-sur-Oise accueille également un crieur tous les dimanches à 12h sur la place de la mairie : « T'écris, je crie. Le crieur public crie vos poèmes, messages personnels, avis de recherche, mots d'amour, petites annonces... Les messages d'amour sont gratuits, car l'amour n'a pas de prix. 1 euro les autres messages. » Les bénéfices sont reversés à une association de solidarité, la Marmite auversoise, qui distribue des colis alimentaires aux plus démunis.

En Franche-Comté, la « Compagnie de la Trotte-Vieille », inspirée elle aussi par le roman de Fred Vargas, participe à de nombreuses manifestations avec les « Crieurs de Vent ». Les deux crieurs clament les annonces et messages ainsi que les "nouvelles du monde".

En 2007, le Lauragais (région située dans un triangle Albi, Carcassonne, Toulouse) s'est doté également de son crieur public : Aimé Phiores. Il diffuse l'information locale et anime les rues et places publiques. Le personnage utilise sa verve pendant diverses manifestations (foires, marchés, salons...) régionales et nationales en narrant les contes et légendes ancestraux, transmettant ainsi les traditions.

Compétition[modifier | modifier le code]

Les crieurs publics du monde entier se retrouvent tous les deux ans pour des compétitions de voix, de projection et d'élégance. Le dernier championnat international de crieurs fut tenu à Sidney en Colombie-Britannique (Canada) et fut remporté par Daniel Richer dit Laflêche (crieur bilingue amérindien).

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages
  • « Cris, crieurs » in Dictionnaire du Moyen Age, Claude Gauvard, Alain de Libera, Michel Zink (éd.), Paris, PUF, 2002
  • Nicolas Offenstadt, Oyez ! Haro ! Noël ! Pratiques du cri au Moyen Âge, en collaboration avec Didier Lett, Publications de la Sorbonne, 2003
  • Nicolas Offenstadt, « Les crieurs publics à la fin du Moyen Âge. Enjeux d’une recherche », C. Boudreau, K. Fianu, C. Gauvard et M. Hébert (éd.), Information et société en Occident à la fin du Moyen Âge, Paris, Publications de la Sorbonne, 2004, pp. 203-217.
  • Nicolas Offenstadt, En place publique : Jean de Gascogne, crieur du XVe siècle, Stock, 2013
Articles
  • « Oyez, oyez, braves gens, petites annonces à la criée » (portrait du crieur public lyonnais Gérald Rigaud), in Libération, 15 mai 2004.
  • « Chacun peut, grâce à ses petites annonces, informations, astuces ou poésie, se réaproprier la parole publique (Animation sur le marché : le Crieur public est de retour) » in Le Républicain lorrain, 24 mai 2007.

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Pratiqué par des hommes de condition modeste, il impliquait de savoir lire, à moins qu'il fût aidé par des hommes lettrés qui lui lisaient à voix basse le texte qu'il répétait.
  2. La relève de Youenn Daougabel
  3. http://www.metronews.fr/info/royal-baby-tony-appleton-le-crieur-etait-un-faux/mmgy!Y0PpfU4dBkh/
  4. Émission de France Culture du 13? décembre 2008 (référence à un article dans Le Progrès).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]