Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec

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Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec
L'église paroissiale et, devant, la borne milliaire trouvée sur la voie romaine, surmontée d'une croix
L'église paroissiale et, devant, la borne milliaire trouvée sur la voie romaine, surmontée d'une croix
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Morlaix
Canton Saint-Thégonnec
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Pays de Morlaix
Maire
Mandat
Françoise Raoult
2014-2020
Code postal 29410
Code commune 29127
Démographie
Gentilé Éguinérien, Éguinérienne
Population
municipale
325 hab. (2011)
Densité 41 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 28′ N 3° 58′ O / 48.47, -3.9748° 28′ Nord 3° 58′ Ouest / 48.47, -3.97  
Altitude Min. 83 m – Max. 181 m
Superficie 8,02 km2
Localisation

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Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec (lɔk eginɛʁ sɛ̃ tegonɛk) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le fleuve côtier Penzé à hauteur du bourg de Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec

Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec ne doit pas être confondue avec Loc-Eguiner qui est une autre commune du département du Finistère située dans le canton de Ploudiry. Les habitants se nomment les Éguinériens. Le maire de la commune, Françoise Raoult a déclaré en avril 2010 : « Le petit village de Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec souffre de la ressemblance de nom avec les communes de Saint-Thégonnec et de Loc-Eguiner. Courriers qui n'arrivent pas, livraisons effectuées dans la mauvaise commune et touristes égarés. « On en a au moins deux par semaine », assure-t-elle. »[1].

Longée par le fleuve côtier la Penzé, qui sert de limite communale avec Saint-Sauveur, la commune de Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec a une altitude comprise entre 83 et 181 mètres d'altitude, le bourg se trouvant vers 110 mètres.

Histoire[modifier | modifier le code]

Panneau bilingue français-breton d'entrée du bourg

Étymologie et origines[modifier | modifier le code]

Stèle de l'âge du fer, puis borne miliaire christianisée (replacée dans l'enclos paroissial)

Le nom de la commune provient du mot breton lok (« lieu consacré ») et de saint Éguiner, un saint breton du Ve siècle venu d'Irlande croit-on sur une barque de pierre pour évangéliser la région[2].

Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec a été depuis l'Antiquité un lieu de passage obligé dans la traversée de la Bretagne intérieure. Une stèle datant de l'âge du fer, replacée comme borne miliaire le long de la voie romaine menant de Vorgium à Tolente (des fragments de tuiles romaines ont été trouvés dans le placître), et christianisée au cours du Moyen Âge, a été placée à l'intérieur de l'enclos paroissial[3]. La première trace du nom date seulement de 1652 (Logueguiner).

Une motte féodale, datée entre le Xe siècle et le XIIIe siècle, proche du bourg, entourée de douves profondes, d'une circonférence de 120 mètres et haute de 12 mètres, surveillait le franchissement de la Penzé par la route qui avait succédé à la voie romaine[4].

Longtemps Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec n'a été qu'une simple trève de la paroisse de Plounéour-Ménez. L'église est traditionnellement consacrée au saint éponyme, saint Éguiner mais aussi à saint Jean, car un établissement de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, dont une commanderie se trouvait non loin de là à La Feuillée a dû y exister.

Par décret en date du 25 mai 1955 la commune portera désormais le nom de Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec[5].

L'activité toilière[modifier | modifier le code]

L'activité toilière liée au lin et au chanvre s'était très développée entre le XVIe et le XVIIe siècle à Plounéour-Ménez, pour partie en raison de la proximité de l'abbaye du Relec[6], les moines encourageant le développement de cette activité économique, ce qui facilita l'ascension sociale des Juloded, y compris dans la partie de cette paroisse devenue par la suite la commune de Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec : par exemple en 1765 François Croguennec, se fait construire une imposante demeure à Kergaradec-Bihan (depuis 1857 en Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec, auparavant paroisse de Plounéour-Ménez), le fil et la toile représentent 62 % de la valeur totale des biens inventoriés sur l'exploitation [...] qui porte sur plus de 10 000 livres[7].

Article détaillé : Julod.

L'indépendance paroissiale, puis communale[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Éguiner au sein de l'enclos paroissial
Façade de l'église paroissiale (XVIe siècle)

« La chapelle, et non l'église, de Loc-Eguiner n'a jamais été qu'une chapelle de secours, dans et pour la paroisse de Plonéour-Ménez, sans fabrique, ni possession ni titre avant la Révolution » écrit M. Kernéis, recteur de Plounéour-Ménez, au vicaire général de Quimper en 1864. Dès le 28 frimaire an XII, (20 décembre 1803), les habitants font la demande d'un prêtre à Mgr André, évêque de Quimper. Ils exposent qu'ils sont à une lieue et demie de l'église paroissiale de Plonéour-Ménez, et à des distances analogues de toutes les localités voisines : Saint-Sauveur, Guimiliau, Commana, Saint-Thégonnec. M. Berthou, desservant de Plonéour-Ménez, appuie leur requête, le 1er ventôse an XII, (21 février 1804), en déclarant qu’il faut conserver l'oratoire nommé Loc-Eguiner, où, avec un prêtre, on rendrait service aux fidèles de quatre paroisses. Un presbytère est construit grâce à une souscription parmi les habitants en 1828 et une nouvelle demande est adressée en 1829 : un prêtre (un vicaire de la paroisse-mère de Plounéour-Ménez) est enfin nommé et Loc-Eguiner devient une trève de Plounéour-Ménez en 1830. En 1832 les habitants demandent le droit d'inhumer dans leur cimetière. Le 20 novembre 1843 cette dernière est érigée en église succursale par l'évêque de Quimper, ce qui est confirmé par ordonnance royale du 16 août 1844[8], mais sa séparation de Plounéour-Ménez a déclenché de violentes protestations de la part des riches paysans qui pensaient avoir été rattachés à une paroisse de rang inférieur.

Loc-Eguiner devient une commune indépendante le 31 décembre 1866.

Démographie[modifier | modifier le code]

La population de Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec n'est connue qu'à partir de la création de la commune en 1876.

           Évolution de la population  [modifier]
1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921
702 647 644 645 625 651 675 651 561
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
564 539 503 448 405 418 381 366 332
1990 1999 2006 2008 2011 - - - -
319 336 325 322 325 - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2004[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Commentaire : Depuis sa création en 1867, la population de la commune a décliné régulièrement pendant plus d'un siècle jusqu'en 1990, perdant 383 habitants entre 1876 et 1990 soit -54,6 % de sa population en 114 ans, atteignant donc en 1990 son minimum démographique. Ces vingt dernières années, la population s'est stabilisée, enregistrant même un léger regain démographique. La densité de population est de 40 habitants par km2.

Entre 1998 et 2007, la commune a enregistré 50 naissances et 25 décès, enregistrant donc un fort excédent naturel, mais continuant à connaître un déficit migratoire (-1,2 % l'an en moyenne entre 1999 et 2006).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie-poste

Monuments et sites[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Éguiner (XVIe ‑ XVIIe siècles) est datée de 1566 (ou 1651) ; elle est à double nef, la seconde nef ayant été rajoutée pour faire face à l'affluence les jours de Pardon, ici celui de la Saint-Jean ; les deux nefs sont séparées par 4 arcades pénétrant directement dans des piliers cylindriques. une inscription située à l'entrée du chœur indique « Dimanche 1er jour de juillet l'an (1577) fut dédiée ceste église, était lors Yven Gouverneur ». Le clocher, de style Beaumanoir date de 1631, les fonts baptismaux de 1641, la chaire à prêcher de 1688, le porche de 1699 et la sacristie de 1718. Les deux retables représentent l'un le Couronnement de la Vierge, l'autre saint Louis de Gonzague[11].
  • La fontaine de saint Éguiner (datant de 1566 et probablement restaurée en 1697).
  • La fontaine saint Jean-Baptiste (1690)[12].
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  • Les croix et calvaires : quatre croix et calvaires sont disséminées sur le territoire communal : le calvaire du cimetière date des XVIe siècle et XVIIe siècle et porte une inscription évoquant la Mission de 1926 ; la croix de Langoat, du XVIIIe siècle, évoque la Mission de 1937 ; celle de Croas-ar-Mair est surmontée d'une croix grecque et son fut porte des écots. La plus remarquable est l'ancienne stèle de l'âge du fer, peut-être remployée en colonne itinéraire à l'époque romaine. Elle a été trouvée au lieu-dit Kerargan, sur la tracé de la voie romaine allant de Carhaix (Vorgium) à l'Aber-Wrac'h, puis déplacée dans le cimetière de l'église, en 1948, et surmontée d'une croix de mission.
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  • La motte féodale (Xe ‑ XIIIe siècles)[13].
  • Le manoir de Kergaradec
  • La maison de Ty-Dreuz (1740), maison d'un paysan-toilier (un julod)[14].
  • Les maisons de Poulfanc-Braz (XIXe siècle)
  • La grange à lin de Lanandol (XVIIIe siècle)
  • Quatre moulins

Évènements[modifier | modifier le code]

L'ancienne boite de nuit le Lit d'eau
  • Le Lit d'eau fut longtemps une boîte de nuit réputée dans la région.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Ouest-France, 27 avril 2010
  2. InfoBretagne
  3. http://fr.topic-topos.com/loc-eguiner-saint-thegonnec
  4. http://fr.topic-topos.com/motte-feodale-loc-eguiner-saint-thegonnec
  5. Journal officiel du 2 juin 1955, page 5602
  6. Wikisource
  7. Sébastien Carney, Les riches maisons paysannes du Léon aux XVIIe et XVIIIe siècles, ou les palais des rois-paysans, Annales de Bretagne, 2000, n° 107-3, Persée
  8. Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, Notices sur les paroisses Loc-Eguiner (Saint-Thégonnec) Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 21e année 1921, p. 321-324.
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  11. http://monumentshistoriques.free.fr/calvaires/loceguiner/loceguiner.html
  12. Topic Topos
  13. Topic Topos
  14. Topic Topos