Abstinence

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L'abstinence est un renoncement volontaire et durable à la satisfaction d'un appétit ou d'une envie. Dans la plupart des cas, le terme désigne l'abstention de rapports sexuels, d'alcool, de tabac voire d'un type de nourriture ou d'une pratique addictive.

Cette pratique peut résulter d'interdits religieux (vœu de chasteté chez certains religieux), de considérations pratiques, philosophiques voire politiques.

Abstinence aux toxiques[modifier | modifier le code]

Alcool[modifier | modifier le code]

Concernant les problèmes d'alcoolisme, l'abstinence est la cessation de toute consommation d'alcool. Cette abstinence doit être totale et définitive pour éviter les reconsommations et pour diminuer le risque de séquelles sur la santé, en particulier en termes de risque de cancer[1]. Un suivi longitudinal d’une population d’alcooliques a montré que le risque de survenue d’un cancer des VADS (voies aérodigestives supérieures) est 3 à 6 fois plus élevé chez eux que pour la population générale[2],[1]...

L'abstinence semble être la seule méthode efficace pour faire cesser ou pour diminuer les atteintes psychologiques de l'alcoolisme.
Elle est également le seul moyen de diminuer ses impacts sur la santé physique : Wynder a dans les années 1950 étudié les taux de cancer aux États-Unis d'une population d'Adventistes (traditionnellement abstinente). Il a montré que ces adventistes présentaient les taux de cancer de la cavité buccale, du larynx ou du cancer de l'œsophage beaucoup plus bas que ceux de la population non-adventiste[1]. De même, Lyon, en 1980 a-t-il conclu d'une étude similaire chez les Mormons de l'Utah que le taux de ces mêmes cancers était beaucoup plus faibles chez eux par rapport aux non-Mormons dans l’Utah[1].

Cette abstinence peut être obtenue et réussie à la suite d'une cure de désintoxication en milieu hospitalier, et éventuellement d'une post-cure en établissement spécialisé en alcoologie.
L'assistance régulière à des réunions de groupes de soutien et d'échange tel que Alcooliques anonymes, Vie Libre, Croix d'or, Croix-Bleue, Croix-Bleue-Française, Le nouveau chemin etc. peut aussi être efficace.

Drogues[modifier | modifier le code]

Concernant les problèmes de drogue, l'abstinence est la cessation de toute consommation afin d'éliminer les problèmes liés à la dépendance. Cette abstinence doit être totale et définitive pour éviter les rechutes.

Cette abstinence peut être obtenue et réussie à la suite d'une cure de désintoxication en milieu hospitalier, et éventuellement d'une post-cure en établissement spécialisé.

Concernant l'héroïne, elle est le but des différents traitements de substitution pratiqués avec la méthadone ou la buprénorphine.

Abstinence liée à la religion ou la philosophie[modifier | modifier le code]

Elle peut résulter d'un élément ascétique présent dans la plupart des religions ou d'un besoin subjectif de discipline spirituelle. Dans ce cas, l'abstinence doit aider à élever le croyant au-delà de la vie normale, des désirs matériaux vers un idéal choisi. L'abstinence est un acte conscient, librement consenti afin de s'élever spirituellement.

Elle se rapporte souvent à une abstinence provisoire ou partielle de nourriture, comme c'est le cas pour le jeûne, pour les juifs, il s'agit du Yom Kippour ; pour les musulmans, la période de jeûne dure pendant tout le mois du Ramadan, de l'aube au crépuscule ; pour les chrétiens, il y a abstinence de boisson et de nourriture avant l'eucharistie, le vendredi et le carême qui sont des périodes dites maigres à savoir sans viande.

Des protestants s'abstiennent d'alcool et de tabac. Les mormons s'abstiennent d'alcool, de tabac, de café et de thé en combinant la discipline spirituelle avec des considérations de santé.

En Inde, les Bouddhistes et un certain nombre d'hindous s'abstiennent de manger de la viande pour des raisons de santé et par vénération de toutes les formes sensibles de la vie. L'abstinence totale de l'alimentation de la viande de bœuf vient de l'hindouisme.

Abstinence sexuelle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Abstinence sexuelle.

Il s'agit de son sens le plus ancien, elle est à rapprocher (mais à ne pas confondre) avec des pratiques comme la chasteté ou le célibat.

La morale sexuelle chrétienne, ascétique, a formulé tout une série d’interdits et d'obligations autour de la sexualité. En dehors du lien conjugal, les rapports sexuels sont un péché, car désordonnés. La finalité de la sexualité en morale chrétienne est le don total de soi à son conjoint, devant rester ouverte à la procréation. Si les époux ne peuvent raisonnablement accueillir la vie, ils peuvent utiliser une méthode de planification familiale naturelle.

Au Haut Moyen Âge, toute une série d’interdictions sont formulées par l’Église catholique, à l’égard des laïcs : les rapports sexuels sont interdits le jour, mais aussi de très nombreuses nuits, par pénitence, afin de se garder pur : la nuit qui précède les dimanches et jours de fêtes, celle qui précède les mercredis et vendredis, pendant les trois carêmes (quarante jours avant Pâques, Noël et la Sainte-Croix de septembre), ni pendant les menstruations, ni pendant les trois derniers mois de grossesse, ni quarante jours après l’accouchement. Il est également conseillé aux jeunes époux de ne pas avoir de rapports les trois premières nuits du mariage, l’idéal étant l’abstinence totale, même entre époux[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Rapport Alcool et risque de cancer (60 pages), Institut national du Cancer, et réseau Nacre, 2008
  2. Adami, 1992
  3. Georges Duby. Le chevalier, la femme et le prêtre, chapitre Morale des prêtres, morale des chevaliers, in Féodalité. Gallimard, 1996. Collection Quarto. p 1181. Première publication : 1981.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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