Amaury VI de Montfort

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Amaury VI de Montfort d'après une reproduction du vicomte de Vaublanc[1] en 1844
Amaury IV de Montfort, dessin d'après un vitrail de la Cathédrale de Chartres

Amaury VI de Montfort (v. 1195 † 1241), comte de Montfort, comte titulaire de Toulouse, vicomte d'Albi, vicomte de Béziers et de Carcassonne, connétable de France, est le fils de Simon IV et d'Alix de Montmorency.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père s’engage dans la croisade des Albigeois en 1209 et reçoit à la fin de l’été les vicomtés de Carcassonne, d’Albi et de Béziers, ainsi que la charge de continuer la lutte contre l’hérésie. Au printemps 1210, Alix de Montmorency vient le rejoindre en amenant avec elle des renforts. Il est raisonnable de considérer que ses enfants l’accompagnaient, dont Amaury, âgé d’environ quinze ans. Avec son frère Guy, il figure dans un acte de donation de son père en faveur l’abbaye Notre-Dame de la Trappe, en 1212[2].

En 1213, il est adoubé chevalier dans la ville de Castelnaudary, choisie par son père pour tenir à l’œil des agissements du comte Raymond VI de Toulouse et de ses alliés. Sa participation à la bataille de Muret (12 septembre 1213) ne semble pas impossible, quoique non mentionnée par les documents Il participe à d'autres campagnes de Languedoc sous les ordres de son père, comme le siège de Beaucaire (1216) et le siège de Toulouse (1218).

C’est au cours de ce siège de Toulouse que son père est tué et qu’il prend sa succession. Amaury est considéré comme peu capable car il a perdu les conquêtes de son père. Mais les compagnons de son père étaient las de se battre sans arrêt et de reprendre la lutte à son début, car chaque révolte des barons occitans embrasaient le pays et la reconquête devrait être reprise à zéro[3]. En même temps que les titres paternels, Amaury héritait d’une armée réduite et démoralisée. À peine sorti de l'adolescence, il n'avait pas non plus l'expérience paternelle. Pour venger son père, il refusait de lever le siège de Toulouse et conclure une trêve avec Raymond VI de Toulouse, considérant que c’était contraire à son honneur. Ce sont ses barons et son oncle Guy qui l’obligent à mettre fin au siège.

Il reçoit peu après quelques renforts, amenés par sa mère, mais ne peut faire autre chose qu’un raid dans les Corbières sans grand résultat. Puis il met le siège devant Marmande, mais ne parvient pas à prendre la ville avant l’arrivée du prince Louis de France. Après le départ du prince Louis, Amaury parcourt l’Occitanie avec une petite armée, reprenant de temps en temps une place forte, mais Raymond VII les lui reprenait et gagnait du terrain de son côté. Fin 1223, les domaines d'Amaury se réduisent aux alentours de Carcassonne, de Minerve et de Penne-d'Agenais, et ses troupes à Guy de Montfort, Guy Ier de Lévis, Lambert de Thury[4], un vingtaine de chevaliers et leurs soldats. Les comtes de Toulouse et de Foix font alors mine d'assiéger la ville. Sachant qu'il ne peut pas résister à un assaut, Amaury signe le 14 janvier une trêve jusqu'à la Pentecôte et part vers l'Île de France le 15 janvier.

En février 1224, il obtient une audience auprès du roi Louis VIII. Pas plus doué de diplomatie et de sens politique que son père, il s'attendait à un roi dévot prêt à lui donner des renforts pour reconquérir ses états, mais trouva un roi capétien doublé d'un homme d'État, qui le persuada sans mal de renoncer à tous ses droits sur l'Occitanie en faveur de la Couronne[5].

En 1230, il succède à son oncle Mathieu II de Montmorency comme connétable de France. Il participe à la Croisade de 1239 mais est capturé à Gaza au cours de la désastreuse action du comte Henri II de Bar. Détenu en Égypte par Malik al-Salih Ayyoub, il est libéré en 1240 lorsque les croisés et Ayyub concluent une alliance contre le sultan de Damas[6]. Il meurt à Otrante en 1241, lors de son retour en Occident[7].

Mariage et enfants[modifier | modifier le code]

Amaury de Montfort épousa en 1214 à Carcassonne Béatrix de Viennois (v. 1205 † après 1248), fille de Guigues VI André de Bourgogne, dauphin du Viennois, et de Béatrice de Sabran. Le mariage ne fut consommé qu'en 1220, et donna naissance à :

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. La France au temps des croisades
  2. Foundation for Medieval Genealogy : Simon de Montfort
  3. Simon de Montfort avait également ce problème de démotivation de ses troupes depuis Beaucaire, en 1216.
  4. ou Lambert de Limoux, ancien défenseur du château de Beaucaire.
  5. Georges Bordonove, Ibid, page 357
  6. René Grousset, Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem - III. 1188-1291 L'anarchie franque, Paris, Perrin,‎ 1936 (réimpr. 2006), 902 p., p. 387, 393-6, 404 et 407.
  7. Foundation for Medieval Genealogy.

Liens externes[modifier | modifier le code]