Michael Powell

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Michael Powell

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Michael Powell, 1943
tournage de The Volunteer

Nom de naissance Michael Latham Powell
Naissance 30 septembre 1905
Bekesbourne, Kent (Angleterre)
Nationalité Drapeau du Royaume-Uni Britannique
Décès 19 février 1990 (à 84 ans)
Avening, Gloucestershire (Angleterre)
Profession Réalisateur, scénariste, producteur et acteur
Films notables Le Voleur de Bagdad
Une question de vie ou de mort
Le Narcisse noir
Les Chaussons rouges
Le Voyeur

Michael Powell (30 septembre 1905 à Bekesbourne, Kent19 février 1990 à Avening, Gloucestershire) est un réalisateur britannique. Avec Emeric Pressburger il réalise plusieurs classiques du 7e art : Colonel Blimp, Une question de vie ou de mort, Le Narcisse noir, Les Chaussons rouges, Les Contes d'Hoffmann. Seul, il réalise un autre classique : Le Voyeur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Rex Ingram, mentor de Michael Powell

Michael Powell naît en Angleterre à Bekesbourne, ville située près de Cantorbéry, dans le Kent. Son père est cultivateur. Après sa scolarité à la King's School de Canterbury puis au Dulwich College, Powell commence en 1922 à travailler dans une banque. Grâce à son père, propriétaire d'un hôtel sur la Riviera de Nice, il est introduit auprès de Rex Ingram, réalisateur américain d'origine irlandaise, en tournage sur la Côte dans les studios Victorine. Ingram l'engage pour jouer la comédie et comme assistant directeur. Powell apparaît brièvement dans Le Magicien (1926), puis dans une série de films itinérants, les Riviera Revels, et plusieurs comédies loufoques qui l'occupent pendant trois ans. Cette expérience lui est profitable. Il met à profit sa présence sur les plateaux pour observer la fabrication des films et se former aux techniques de production, à la mise en scène, au cadrage et à la direction d'acteurs.

Premiers films[modifier | modifier le code]

De retour en Angleterre en 1928, il est engagé par Hitchcock sur Champagne en tant que photographe de plateau. Hitchcock, qui déteste les photographes, est séduit par le jeune homme et l'engage pour son prochain film, Blackmail, tourné l'année d'après, et qui est aussi son premier parlant. Powell collabore en tant qu'assistant. Le film est célèbre pour sa poursuite de fin dans la salle de lecture et sur le dôme du British Museum. C'est Powell qui a suggéré cette idée au maître du suspens, lors de la réécriture du scénario.

Il tourne ensuite, à la demande du producteur américain Jerry Jackson, une série de « quotas quickies », ces petits films des années 1930, d'une durée avoisinant une heure, tournés à la va-vite pour précéder la projection des films américains dans les salles de cinéma britanniques. Jusqu'en 1937 il en tourne en moyenne cinq par an et développe ainsi son habileté derrière la caméra. Il réalise en tout 23 films entre 1931 et 1936, dont les plus notables sont Red Ensign (1934) et Phantom Light (1935).

Il réalise en 1937 son premier long-métrage, À l'angle du monde (The Edge of the World), dans les îles Shetland : la critique le compare alors à Flaherty.

Rencontre avec Emeric Pressburger[modifier | modifier le code]

En 1939, Powell est engagé par Alexander Korda pour mettre en scène et réaliser L'Espion en noir (The Spy in Black) avec Conrad Veidt. Le scénariste est Emeric Pressburger, avec lequel il va collaborer pendant plus de quinze ans. Alexander Korda, tycoon des studios anglais, lui confie la coréalisation du Voleur de Bagdad (1940), remake de l'œuvre tournée par Raoul Walsh en 1924. Le film, commencé dans les studios anglais, est terminé à Hollywood et primé pour les meilleurs effets spéciaux. À la demande du gouvernement britannique, Powell réalise 49e Parallèle (1941), une œuvre de propagande pour encourager l'entrée en guerre des États-Unis. À l'issue du film il crée avec Pressburger la compagnie indépendante « The Archers Films Production ».

Les Archers[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Powell et Pressburger.

Powell et Pressburger joignent leurs efforts sur une quinzaine de projets communs, dont plusieurs sont aujourd'hui considérés comme des classiques du 7e art : Colonel Blimp, A Canterbury Tale, Je sais où je vais, Une question de vie ou de mort, Le Narcisse noir, Les Chaussons rouges, Les Contes d'Hoffmann. Après deux films dans lesquels leurs noms apparaissent sous crédits séparés, ils scellent leur partenariat dans Un de nos avions n'est pas rentré qui porte la mention « Écrit, produit et dirigé par Michael Powell and Emeric Pressburger » sans préciser qui fait quoi. En réalité Powell s'occupe bien souvent seul de la réalisation tandis que Pressburger met au point le scénario.

Le Voyeur[modifier | modifier le code]

Genèse du Voyeur[modifier | modifier le code]

La légende veut que Leo Marks se soit présenté un matin au domicile de Powell. Il lui aurait proposé l’idée suivante : « Que diriez-vous de réaliser un film sur un jeune homme qui tue des femmes avec sa caméra ? ». En réalité Michael Powell et Leo Marks se connaissent depuis quelques années, Marks étant lié à divers projets dont Powell avait eu connaissance. À cette époque Marks s’intéresse à la psychologie et Powell envisage de réaliser un film sur Freud, en particulier sur ses travaux. Ils mettent au point un projet ensemble mais au même moment John Huston annonce qu’il réalise un film sur l’inventeur de la psychanalyse. Leo Marks propose alors à Powell une idée à laquelle il songe depuis longtemps : celle « d’un homme obsédé, non pas tant par la caméra que par l’objectif de la caméra, qui vit sa vie à travers l’objectif d’une caméra, qui est même sexuellement obsédé par l’objectif d’une caméra. » Powell y décèle un potentiel extraordinaire et engage Marks pour écrire l’histoire puis le scénario. Il envisage dans un premier temps de prendre Laurence Harvey pour tenir le rôle du Voyeur, et même Dirk Bogarde (lequel refuse) mais finalement c’est Karl Boehm, connu en Europe pour son rôle dans Sissi, qui est choisi. Powell tient lui-même un rôle dans le film, celui du père du Voyeur, un psychanalyste aux tendances sadiques obsédé par les mécanismes de la peur. On le voit réaliser des films amateurs en noir et blanc et filmer en permanence les émotions de son jeune fils, lequel lui sert de cobaye. Le propre fils de Powell joue le rôle de Karl Boehm enfant. Moira Shearer, la ballerine des Chaussons rouges et des Contes d’Hoffmann, joue l’une des victimes du tueur, de même que Anna Massey, qui jouera ensuite dans Frenzy d’Hitchcock. Le résultat est un film d’épouvante moderne. À Londres il est programmé pour sortir sur les écrans au même moment que Psychose, avec lequel il entretient des rapports thématiques. Si le film de Hitchcock recueille les suffrages du public et de la critique, le film de Powell, très éloigné de ses œuvres antérieures, déconcerte.

Réception de la critique[modifier | modifier le code]

Le film achevé est montré avant sa sortie aux critiques, qui le démolissent sans exception. La réception est tellement désastreuse (il est qualifié à l’unanimité de « malsain » et de « répugnant ») que les producteurs, effrayés, suspendent sa sortie avant de le revendre aux exploitants du circuit porno et semi-clandestin de l’époque. Le film est auréolé d’une réputation si exécrable qu’il n’est pratiquement pas projeté, et devient rapidement invisible. Powell, lynché par la critique, voit sa carrière ruinée avec l’ensemble des distributeurs et exploitants. Le film trouve pourtant un écho auprès de la jeune génération américaine, notamment de Martin Scorsese, et en France auprès de Bertrand Tavernier. Ces deux cinéastes contribuent par la suite à faire redécouvrir son œuvre.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Michael Powell s'est marié trois fois. Sa première épouse est une danseuse américaine du nom de Gloria Mary Rouger. Leur mariage, célébré en 1927, dure seulement trois semaines. Il se marie ensuite avec Frances May Reidy en 1943. Ce mariage dure jusqu'à la mort de cette dernière en 1983. Deux enfants naissent de cette union : Kevin Michael Powell en 1945 et Columba Jerome Reidy Powell en 1951. Powell épouse à la fin de sa vie Thelma Schoonmaker, monteuse notamment des films de Scorsese (il la rencontre par l'intermédiaire de celui-ci). Leur mariage dure de 1984 jusqu'à la mort du cinéaste.

Powell a eu également des histoires d'amour avec plusieurs actrices durant les années 1940, notamment Deborah Kerr et Kathleen Byron, lesquelles ont tourné dans le Narcisse noir. Il a également vécu quelques années avec l'actrice Pamela Brown jusqu'à la disparition de celle-ci en 1975.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Quotas quickies[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Logo des Archers, ouvrant les films de Powell et Pressburger

Téléfilm[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Témoignage[modifier | modifier le code]

« Les films de Michael Powell entre 1937 et 1951 témoignent d'une originalité, d'une liberté de ton stupéfiante. Profondément enracinés dans une culture nationale, ils font en même temps preuve d'une curiosité et d'une largeur de vue quasi uniques. »

— Bertrand Tavernier

Autobiographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ian Christie, Arrows of Desire : The Films of Michael Powell and Emeric Pressburger, Londres et Boston, Faber and Faber, 1994 (1re édition Waterstone 1985), 163 p.
  • (en) Raymond Durgnat (et al.). « Remembering Michael Powell », Sight and Sound, octobre 1992, p. 22-25.
  • Claude Guiguet et Pierrette Matalon, L'Œuvre de Michael Powell, cinéaste britannique : étude biographique et thématique, 1983, 588 p.
  • Roland Lacourbe, « Introduction à l'œuvre de Michael Powell », La Revue du Cinéma/Image et Son, n° 251, juin-juillet 1971, p. 22-70.
  • Natacha Thiéry, Photogénie du désir. Michael Powell et Emeric Pressburger 1945-1950, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, « Le Spectaculaire », 2010, 326 p.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]