Mike Leigh

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Mike Leigh

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Mike Leigh, Avril 2008

Naissance (71 ans)
Manchester
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Profession Réalisateur
Scénariste
Metteur en scène
Films notables Naked
Secrets et mensonges
Vera Drake

Mike Leigh est un metteur en scène de théâtre et réalisateur anglais né le 20 février 1943 dans la banlieue de Manchester.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mike Leigh intègre, en 1960, la Royal Academy of Dramatic Art qu'il quitte deux ans plus tard pour divergence de points de vue[1]. Il étudie ensuite le dessin et le cinéma à la London International Film School[1]. S'il cherche à travailler avant tout au cinéma, il devient auteur et metteur en scène de théâtre et collabore avec plusieurs troupes expérimentales et la Royal Shakespeare Company[1]. Il monte sa première pièce, The Box Play, en 1965[1]. Il réalise son premier film en 1971 en adaptant sa pièce Bleak moments : le film obtient le Léopard d'or du Festival de Locarno et le Grand Prix du meilleur film à Chicago mais est boudé par le public. Malgré cet échec, cette première réalisation lui vaut d'être reconnu comme le représentant du nouveau cinéma d'auteur britannique à l'instar de Ken Loach[1]. À travers ce portrait d'une secrétaire vivant avec sa sœur handicapée et incapable de communiquer, Leigh construit une mise en scène précise et minimaliste : silences gênés, conversations anodines et actes manqués invitent le spectateur à faire l'expérience de la durée[1].

Il revient ensuite au théâtre et tourne en parallèle de nombreux téléfilms, contraint de délaisser le cinéma car son indépendance d'esprit, sa méthode de travail et la noirceur de ses scripts effraient les producteurs[1]. Il effectue son retour au grand écran en 1988 avec High Hopes, initialement produit par la télévision. Le réalisateur obtient sa première reconnaissance publique en 1993 avec Naked, peinture sombre et désabusée d'un antihéros, qui se voit attribuer les Prix de la mise en scène et d'interprétation masculine (pour David Thewlis) au Festival de Cannes[2],[3]. Suit Secrets et mensonges (1996) qui narre les retrouvailles d'une jeune femme noire de bonne fille, abandonnée à la naissance avec sa mère biologique, une ouvrière blanche d'un quartier populaire[4]. Le film gagne la Palme d'or à Cannes et vaut à Brenda Blethyn le Prix d'interprétation féminine[5],[6]. En 2004, c'est à Venise que le cinéaste connaît la consécration en remportant le Lion d'or pour Vera Drake, qui évoque la vie d'une faiseuse d'ange londonienne des années 1950, interprétée par Imelda Staunton récompensée par la Coupe Volpi de la meilleure actrice[7]. Jim Broadbent, l'un des acteurs fétiches de Leigh, avait d'ailleurs déjà obtenu le Prix d'interprétation à Venise pour son rôle de librettiste d'opéra du Londres victorien dans Topsy-Turvy. En 2008, la comédie Be Happy, qui met en scène une institutrice aussi heureuse qu'elle est imprévisible, vaut à Sally Hawkins l'Ours d'argent de la meilleure comédienne au 58e Festival de Berlin. Après quelques années d'absence à Cannes, suite à un contentieux avec la direction qui avait refusé de sélectionner Vera Drake, le cinéaste revient sur la Croisette, en 2010, présenter Another Year, peinture mélancolique, en quatre saisons, de quelques Britanniques d'âge mûr, issus de la middle class[8].

Entre humour et gravité, le cinéma de Mike Leigh s'attache à mettre en scène les drames intimes de personnes ordinaires, généralement issues de milieux sociaux défavorisés ou de la classe moyenne inférieure[1],[2]. De fait, le cinéaste s'ancre dans la tradition britannique du Free cinema dans la manière d'explorer le quotidien sans fard de la classe ouvrière ou de gens simples, gardant avec eux une distance certaine en dépit des situations très dures qu'ils traversent[1]. Avec son compatriote Ken Loach et les frères Dardenne, il est considéré comme celui qui a renouvelé, sur le plan thématique, narratif et esthétique, le cinéma social européen dans les années 1990[2].

Sa méthode de travail s'axe sur l'improvisation[1]. Refusant d'écrire une liste de dialogues précise, il attend surtout que les comédiens participent au scénario et utilisent leurs propres mots à partir d'une recherche sur le terrain et d'un engagement total dans des situations dessinées par un synopsis réduit au strict minimum[1]. Par touches successives, la répétition et l'investissement des acteurs vont approfondir les personnages et le scénario[1].

Mike Leigh fut juré au 50e Festival de Cannes et président du jury de la Berlinale 2012 .

Filmographie[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Courts métrages[modifier | modifier le code]

  • 1975 : Five minutes Films
  • 1975 : The Permissive Society
  • 1976 : Knock for Knock
  • 1987 : The Short and Curlies
  • 1992 : A Sense of History

Téléfilms[modifier | modifier le code]

  • 1973 : Hard Labour
  • 1975 : Nuts in May
  • 1976 : Plays for Britain
  • 1976 : The Kiss of Death
  • 1977 : Abigail's Party
  • 1979 : Whos's Who
  • 1980 : Grown-Ups
  • 1982 : Home sweet home
  • 1983 : Meantime
  • 1985 : Four Days in July

Acteur[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Mike Leigh, président du jury de la Berlinale 2012.

Nominations et sélections[modifier | modifier le code]

Théâtre (écriture et mise en scène)[modifier | modifier le code]

  • Bleak Moments (1970)
  • A Rancid Pong (1972)
  • Wholesome Glory (1973)
  • The Jaws of Death (1973)
  • Dick Whittington and his cat (1973)
  • The Silent majority (1974)
  • Babies grow old (1974)
  • Abigail's party (1977)
  • Ecstasy (1979)
  • Goose Pimples (1981)
  • Smelling a rat (1988)
  • Greek tragedy (1989)
  • Greek tragedy (1990)
  • It's a great big shame (1993)
  • Abigail's party (2002)

Radio[modifier | modifier le code]

  • Too Much of a good thing (1979, diffusé en 2002 sur BBC 3).

Engagements[modifier | modifier le code]

En octobre 2010, pour protester contre la politique israélienne, il décline l'offre de rendre visite fin novembre 2010 à l’école de Cinéma et Télévision Sam Spiegel de Jérusalem, la plus ancienne du pays. Il répond au directeur « Si vous et moi vivons assez longtemps pour voir la paix, une situation juste pour les Palestiniens, et si Gaza retrouve son humanité, je serai le premier à rendre visite à l’école. »[9].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l (fr) Article de l'encyclopédie Universalis sur Mike Leigh, consulté le 21 octobre 2012.
  2. a, b et c [vidéo] Mike Leigh, à propos de son cinéma sur Ina.fr
  3. (fr) Palmarès 1993 sur le site du Festival de Cannes
  4. [vidéo] Présentation de Secrets et mensonges sur Ina.fr
  5. [vidéo] Palmarès de Cannes (1996) sur Ina.fr
  6. [vidéo] Cannes : la Palme d'or pour Secrets and Lies de Mike Leigh sur Ina.fr
  7. [vidéo] Présentation de Vera Drake sur Ina.fr
  8. (fr) TF1.fr : « Mike Leigh ou les saveurs amères de l'automne », consulté le 23 octobre 2012.
  9. http://www.lesinrocks.com/cine/cinema-article/t/52522/date/2010-10-19/article/le-realisateur-mike-leigh-decide-de-boycotter-israel/