SOS Chrétiens d'Orient

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SOS Chrétiens d'Orient
Logo de l'organisation

Devise : « Aidez-nous ici à les aider là-bas ! »

Situation
Région Proche-Orient
Création
Type Association à but non lucratif
Organisation non gouvernementale internationale
Siège Paris, Drapeau de la France France
Langue Français
Organisation
Membres 800
Fondateurs Benjamin Blanchard
Charles de Meyer
Arthur du Tertre
Président Charles de Meyer
Directeur général Benjamin Blanchard

Site web soschretiensdorient.fr

SOS Chrétiens d'Orient (SOS-CO) est une organisation caritative privée française à but humanitaire, dédiée à l'aide aux chrétiens d'Orient, dont le siège est situé à Paris.

Fondée en 2013, l'association se donne plusieurs missions principales : l'aide d'urgence, l'aide médicale, l'éducation, l'enracinement des chrétientés orientales, la valorisation du patrimoine et de la culture au Proche-Orient, l'information et la sensibilisation des chrétiens d'Occident aux problématiques des chrétiens d'Orient.

L'organisation est présente dans 5 pays du Proche-Orient : elle met en œuvre 4 missions permanentes en Syrie, en Irak, au Liban et en Jordanie, ainsi qu'une antenne activée lors de la saison d'été en Égypte. Elle est reconnue « partenaire de la défense nationale » par le ministère de la Défense.

Considérée comme proche des milieux d'extrême-droite, l'association fait également l'objet de controverses. Elle soutient le régime syrien de Bachar el-Assad au cours de la guerre civile syrienne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

L'association a été créée en 2013 à la suite de la prise de Maaloula, en Syrie, par les rebelles et les djihadistes. l'association se donne plusieurs missions principales : l'aide d'urgence, l'aide médicale, l'éducation, l'enracinement des chrétientés orientales, la valorisation du patrimoine et de la culture au Proche-Orient, l'information et la sensibilisation des chrétiens d'Occident aux problématiques des chrétiens d'Orient[1].

Elle est fondée par Charles de Meyer et Benjamin Blanchard ; le premier est un ancien assistant du député d'extrême droite Jacques Bompard, et le second un ancien collaborateur de l’eurodéputée du Front national Marie-Christine Arnautu[2]. Tous deux se sont rencontrés en garde à vue, en , dans le cadre d'une manifestation contre le mariage homosexuel[3]. L'hebdomadaire La Vie note également que « les dirigeants et fondateurs [de SOS Chrétiens d'Orient] sont tous des jeunes issus de la droite catholique identitaire »[4],[5].

Le directeur des opérations de l'association, salarié, est François-Xavier Gicquel, ancien militant du Front national et des Jeunesses nationalistes[3], tandis que son aumônier général est le père Augustin-Marie Aubry, membre de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier. La collecte de fonds échoit quant à elle à la société Ad litteram, dirigée par Tristan Mordrelle[3], fils d'Olier Mordrel et ancien militant du GRECE[6] ; Benjamin Blanchard déclare pourtant au Monde ne pas connaître cette structure[3].

Ses dirigeants revendiquent l’envoi, en quatre ans d’existence, de plus de 1000 volontaires sans le moindre incident sérieux[7].

En février 2017, l'association est reconnue « partenaire de la défense nationale » par le ministère de la Défense français[8].

Partenariats[modifier | modifier le code]

En 2013, l'ONG organise la tournée en France de la chorale chrétienne Cœur-Joie, originaire de Damas[9].

L'association travaille en partenariat avec des organisations humanitaires catholiques comme l'Aide à l'Église en détresse[10] ou l'Ordre de Malte Liban[11]. En 2015, elle reçoit par ailleurs le soutien financier de l'aumônerie de l'Institut catholique de Rennes[12].

En 2017, le chanteur Jean-Pax Méfret dédie sa chanson « Noun » aux chrétiens d'Orient et organise un concert au bénéfice de l'association SOS Chrétiens d'Orient[13].

En , SOS Chrétiens d'Orient signe un partenariat avec l'association syrienne Al-Sakhra (« le Rocher ») pour la création d'un institut professionnel d'architecture traditionnel. Le but est de participer à la préservation du patrimoine architectural syrien et notamment celui du vieux Damas[14].

Controverses[modifier | modifier le code]

Du fait de la proximité relative de leurs noms respectifs, l'Œuvre d'Orient a envoyé un courrier à ses donateurs pour dissiper la confusion et se démarquer de SOS Chrétiens d'Orient[2].

En 2015, plusieurs titres de presse comme Libération et BuzzFeed, ont relevé la présence de personnalités issues de l'« extrême-droite » parmi les membres de l'ONG[15]'[16].

Lors de la guerre civile syrienne, l'association ne cache pas — d'après un article de Pierre Alonso et Dominique Albertini — « son parti pris en faveur de Bachar al-Assad »[5] ; en 2014, Charles de Meyer déclare à l'agence de presse russe Sputnik : « L’alternative qui s’impose aujourd’hui est triviale : c’est soit al-Assad, soit le djihadisme international, intolérant et ultra-violent »[5]. En 2016, elle sert d'intermédiaire pour organiser des rencontres de députés français — comme Thierry Mariani, Nicolas Dhuicq et Jean Lassalle — avec le président syrien[5].

Pierre Le Corf, entré en Syrie par l'intermédiaire de l'association, se montre particulièrement actif sur les réseaux sociaux, notamment lors de la bataille d'Alep, où il défend les forces du régime syrien[17],[18],[19],[20].

Le 8 novembre 2017, Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de L'Œuvre d'Orient et vicaire général de l'ordinariat des catholiques orientaux en France, critique fortement l'association SOS Chrétiens d'Orient devant les évêques de France réunis à Lourdes. Il dénonce les « risques inconsidérés » que l'association fait courir à ses « jeunes volontaires très méritants », un budget de communication « semblant excessif », l'adoption d'une grille de lecture opposant chrétiens et musulmans, la proximité des fondateurs de l'association avec le Front national et les « réseaux de Marine Le Pen » et sa complaisance vis-à-vis de Bachar el-Assad alors que la France n'est pas neutre dans le conflit : « On doit éviter que la question des chrétiens d’Orient soit liée de manière partisane. Nous devons parler aux élus, aux cabinets ministériels, mais ne pas se lier à un parti. »[21],[22].

Face à ces critiques de L'Œuvre d'Orient, le président de SOS Chrétiens d'Orient Charles de Meyer affirme que « 1 000 volontaires [ont été] envoyés sans aucun problème », et réfute avoir une lecture confessionnelle ou partisane du conflit en mettant en avant la présence de volontaires dans des régions majoritairement sunnites: « Il est évident que quand on rentre en Syrie, on a un rapport avec les autorités syriennes. Mais au Liban, nous travaillons avec des personnes qui sont considérées comme adversaires du pouvoir en place à Damas. Notre but est d’aider les chrétiens d’Orient à rester sur place, pas d’être les agents de qui que ce soit. ». Il se défend aussi de toute tentative de récupération : « Notre but est d’être intégralement indépendants [...] Nos 35 000 donateurs ont un profil plus militant et sont intéressés par le côté dynamique de nos actions ». Ce « dynamisme » est jugé excessif par L'Œuvre d'Orient, notamment pour un appel aux dons caricaturant les propos de Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères d'alors[23].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « L’association SOS chrétiens d’Orient : « Retisser un lien entre les chrétiens français et orientaux » », sur www.famillechretienne.fr, (consulté le 22 août 2017)
  2. a et b « Confusion autour de l’aide aux chrétiens d’Orient », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  3. a, b, c et d Dominique Perrin, « Querelles de chapelle autour des chrétiens d’Orient », sur lemonde.fr, .
  4. « SOS Chrétiens d'Orient, une ONG très idéologique - Société - La Vie », sur www.lavie.fr, (consulté le 22 août 2017)
  5. a, b, c et d Pierre Alonso et Dominique Albertini, SOS Chrétiens d'Orient, inattendu «partenaire de la défense nationale», Libération, 16 mars 2017.
  6. Jean-Louis Remilleux, Les Barristes : Les hommes de Raymond Barre. Rites et codes d'une nouvelle famille. La stratégie des réseaux. Les ministrables, Albin Michel, , 272 p. (ISBN 9782402242097, lire en ligne)
  7. Bastien Lejeune, « Les chrétiens d’Orient ont besoin de notre engagement, pas de nos divisions ! », sur valeursactuelles.com, (consulté le 5 mars 2018)
  8. Arrêté du 27 février 2017 portant attribution de la qualité de partenaire de la défense nationale (lire en ligne)
  9. Eugénie Bastié, « Une chorale d'enfants syriens en tournée dans toute la France », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  10. « Une nuit aux Invalides pour les chrétiens d’Orient », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  11. « Semi-marathon de Paris : 3000 coureurs pour les chrétiens d’Orient », sur www.valeurs.actuelles.com, (consulté le 22 août 2017)
  12. L’association SOS Chrétiens d’orient reçoit 1000 euros, Ouest France, 11 mars 2015.
  13. Eugénie Bastié et Alexandre Devecchio, « Jean-Pax Méfret : « Le martyre des Chrétiens d'Orient pourrait annoncer le nôtre » », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  14. « À Damas, l’inauguration de l’Institut professionnel d’architecture traditionnelle », sur Aleteia, (consulté le 22 août 2017)
  15. « SOS Chrétiens d'Orient, une association humanitaire discrètement noyautée par l'extrême droite », sur www.buzzfeed.com, (consulté le 22 août 2017)
  16. « Comment l'association SOS chrétiens d'Orient est noyautée par l'extrême-droite », sur www.liberation.fr, (consulté le 22 août 2017)
  17. Nolwenn Le Blevennec, Dans sa nouvelle vie, Pierre Le Corf défend le régime syrien sur Facebook, L'Obs, 15 décembre 2016.
  18. Vincent Coquaz, Pierre Le Corf, "l'humanitaire" français qui chronique Alep sur Facebook...... en prenant le parti de Bachar Al Assad, Arrêt sur image, 15 décembre 2016.
  19. Camille de Rouvray, Pierre le Corf, dans l’enfer de la propagande du régime de Bachar al Assad, Medium, 2 décembre 2016.
  20. Christophe Ayad, La propagande et la guerre de l’information ont tenu une place essentielle dans la bataille d’Alep, Le Monde, 7 juillet 2017.
  21. Clémence Houdaille, Que reproche l’Église de France à l’association SOS Chrétiens d’Orient ?, La Croix, 11 novembre 2017.
  22. Bernadette Sauvaget, SOS Chrétiens d'Orient dans le collimateur de l'Eglise, Libération, 12 décembre 2017.
  23. Samuel Lieven, « Confusion autour de l’aide aux chrétiens d’Orient », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)