Alexandre del Valle

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Alexandre del Valle
Biographie
Nom de naissance Marc d'Anna
Naissance (48 ans)
à Marseille, Bouches-du-Rhône, France
Nationalité Drapeau de la France française
Drapeau de l'Italie italienne
Thématique
Formation Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence (jusqu'en 1992)
Université de Milan (jusqu'en 1993)
Université Paul-Valéry-Montpellier (soutenance de doctorat en 2015)
Titres Docteur en histoire contemporaine
Profession Géopolitologue
Essayiste
Employeur Sup de Co La Rochelle
Intérêts Monde arabe
Islamisme
Terrorisme islamiste
Relations entre l'Europe et la Turquie
Auteurs associés
Influencé par Gaston Bouthoul
Pierre-Marie Gallois

Alexandre del Valle (nom de plume de Marc d'Anna) est un essayiste, géopolitologue et militant politique français né le à Marseille.

Il s'intéresse principalement aux relations entre l'Europe et la Turquie et au terrorisme islamiste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Fils d'une Espagnole pied-noire et d'un Italien originaire de Tunisie installés dans le Sud de la France[1], Marc d'Anna naît le [2] à Marseille[réf. souhaitée].

Il est diplômé de l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence (1992), diplômé d'études approfondies en histoire militaire, sécurité et défense de cet IEP et de l'université Montpellier-3 (1993), en histoire des doctrines et institutions politiques de l'université de Milan (1993), et docteur en histoire contemporaine de l'université Montpellier-3 (après avoir soutenu le sous la direction de Carol Iancu (ro))[3].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Il intègre le secrétariat général de la défense nationale (SGDN) en 1997, puis évolue dans la fonction publique territoriale et internationale avant de fonder son cabinet de conseil à Bruxelles.[réf. nécessaire]

Il est également professeur associé à Sup de Co La Rochelle[4],[5].

Engagement intellectuel[modifier | modifier le code]

Il s'intéresse d'abord aux questions moyen-orientales durant des séjours au Liban, où il milite au sein de l'ordre de Malte, et dans le cadre d'une spécialisation « monde arabe » suivie auprès de Bruno Étienne à l'IEP d'Aix-en-Provence.

Ayant opté pour le pseudonyme « Alexandre del Valle » — du nom de sa mère —, il publie en 1997 son premier livre, Islamisme et États-Unis : une alliance contre l'Europe, où il dénonce l'aide accordée par certaines franges du gouvernement américain aux milieux islamistes ; Alexandre del Valle fait état dans cet ouvrage, préfacé par le général Pierre Marie Gallois, d'un anti-américanisme auquel il dira avoir renoncé après les attentats du 11 septembre 2001. En 1998 il publie, aux éditions France-Empire, sous la direction d'Alain Griotteray, un ouvrage collectif intitulé Une certaine idée de la France. Il y défend l'idée du « patriotisme intégrateur ». Del Valle commence à ce moment ses activités de chroniqueur (La Une, Figaro Magazine, Le Figaro, Spectacle du Monde, Israël Magazine, Il Liberal et France soir).

Après les attentats du 11 septembre, il acquiert une plus grande notoriété médiatique et il trouve des appuis à l'Union des patrons juifs de France (UPJF) et au B'nai B'rith[6],[7] et donne de nombreuses conférences dans ces milieux où son discours sur le « totalitarisme islamiste » et la « défense de l'Occident » dit judéo-chrétien trouvent écho.

Le rapprochement d'Alexandre del Valle avec les milieux identitaires juifs est critiqué sous plusieurs angles. Les auteurs du livre OPA sur les juifs de France estiment qu'il demeure lié à la « mouvance identitaire » et que ses positions « pro-sionistes » n'auraient qu'un angle utilitaire[8]. Son positionnement est également critiqué par l'extrême droite antisioniste[9].

Dans Pourquoi on tue les chrétiens dans le monde aujourd'hui, Alexandre del Valle dénonce les persécutions, voire le « génocide » des chrétiens dans le monde « anti-occidental », qu'il assimile à une forme de « solution finale »[10].

Il est membre de divers groupes de réflexion, tels que le Daedalos Institute of Geopolitics[11].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Selon Vincent Geisser, il aurait dans sa jeunesse été proche de certains milieux de l'extrême droite européenne néo-païenne[12] liés à la mouvance identitaire[13]. Ainsi, en 2001, la revue REFLEXes juge que del Valle présente un double visage, le décrivant comme « celui qui s’incruste dans la communauté juive et multiplie les gages de bonne conduite politiquement correcte en attaquant les « nazis » et « celui qui continue à écrire dans des revues extrême droitières comme Relève politique » et « continuerait à rencontrer quelques représentants de la droite la plus nazifiante »[14], ce qu'il dément par plusieurs droits de réponses[15],[16].

La même publication écrit qu'à l'IEP d'Aix-en-Provence, « ses fréquentations le poussent à participer aux activités d’Yggdrasill, petite secte païenne ultra-droitière, pour laquelle il écrit quelques articles dans la revue Muninn[14] ». Alexandre del Valle conteste ces accusations, accusant ses détracteurs d’être issus de l’extrême gauche [17] et de livrer une instruction à charge ne mentionnant que ses conférences ou articles accordés dans des milieux néo-païens en éludant ses autres interventions auprès de milieux divers. Dans son premier livre Islamisme et États-Unis paru en 1997, il dénonçait une tendance qui, selon lui, existerait dans les mouvements néo-païens, le GRECE et la nouvelle droite antisémite et islamophile : « Croire que l'ultra monothéisme islamique constitue une solution de rechange au monothéisme judéo-chrétien est une aberration que soutiennent certains intellectuels d'extrême droite se réclamant du « nationalisme européen », de « la nouvelle droite » ou du « néo-paganisme ». »

En 1998, il écrit : « L’Européen n’a pas à s’excuser éternellement pour les Croisades, l’Inquisition, la Colonisation ou la Shoah. L’utilisation systématique, obscène même, des drames de la IIe Guerre mondiale pour discréditer les Patriotes européens est devenu tout simplement insupportable[14]. »

En 2002, le journaliste et militant trotskiste[18] René Monzat écrit, dans un article paru en avril dans la revue Ras l'front[19], que del Valle aurait initialement exposé ses thèses dans des cercles et conférences de la Nouvelle droite et du GRECE. Lorsque, la même année, Le Monde diplomatique, Le Monde, Politis et Libération reprennent les informations de Ras l'front sur le passé de del Valle[20], ce dernier réfute ces accusations et porte l'affaire devant la justice[21], intentant des procès à tous les journaux qui l'incriminent. Le premier d'une série de procès se solde par un arrêt de la 11e chambre de la Cour d'appel de Paris en février 2005, qui le déboute sur l'accusation de diffamation. Toutefois, la cour ne se prononce pas sur les accusations portées par Ras l'front contre del Valle dont elle n'a pas été saisie[22],[23].

Toujours étudiant à l'IEP d'Aix-En-Provence, Alexandre del Valle fait ensuite un passage au Centre national des indépendants et paysans (CNIP). Au même moment, il suit le mouvement de Philippe de Villiers Combat pour les valeurs, puis le Rassemblement pour la France (RPF) de Villiers et Charles Pasqua, dont il reste proche jusqu'à son adhésion à l'Union pour un mouvement populaire (UMP) en 2002.

Il cofonde, avec son ami Rachid Kaci, La Droite libre, courant libéral-conservateur associé à l'UMP[24].

Le 17 novembre 2002, lors de l'assemblée constituante de l'UMP, Rachid Kaci et lui[n 1] se présentent en tandem à la direction de l'UMP[réf. nécessaire]. Ils obtiennent 3,17 %, puis 14 % l'année suivante en liste commune avec Nicolas Dupont-Aignan.

Il soutient Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles de 2007 et 2012.

Positions[modifier | modifier le code]

De son point de vue, exprimé dans Islamisme et États-Unis (1997) et réitéré dans Le Complexe occidental (2002), l'Occident atlantiste a eu tort de perpétuer l'endiguement contre la Russie ; et que les États-Unis, l'Union européenne et la Russie doivent se réconcilier et œuvrer de concert pour lutter contre le totalitarisme islamiste et construire un « pan-Occident » ou un « alter-Occident » fondés sur des racines judéo-chrétiennes, le retour de la realpolitik et la renonciation à l'arrogance interventionniste-universaliste dans les affaires des autres nations.

Alexandre del Valle, en s'appuyant sur les attentats du 11 septembre, assimile l'islamisme à un « totalitarisme » ou un « fascisme »[25]. Selon la revue Érudit, la Ligue du Nord a repris en Italie les thèses d'Alexandre del Valle lors de l'intervention de l'OTAN en Yougoslavie[26], et pour Jean-Yves Camus, Alexandre del Valle est un « néoconservateur », « proche de la droite juive »[27]. Il fait l'objet de vives critiques, le chercheur Olivier Roy estimant notamment que ses écrits « vont au-delà de l'islamophobie »[28]. Pour sa part, Alexandre del Valle récuse toute « islamophobie »[29].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il dispose des nationalités française et italienne.

Il épouse, en 2001, une intellectuelle juive d'origine argentine impliquée dans la cause israélienne, Monica Altman[30].[réf. insuffisante]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Chapitres[modifier | modifier le code]

Préfaces[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Comme vice-président.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site officiel d'Alexandre del Valle, consultable en ligne (consulté le 21 janvier 2016)
  2. Notice BnF.
  3. Laboratoire CRISES - Université Montpellier 3 - Liste de thèses soutenues
  4. Alexandre del Valle - ESC La Rochelle
  5. Del Valle Alexandre, Culture and Contemporary Issues Department - ESC La Rochelle
  6. Xavier Ternisien, Le danger de l'islamophobie, 11 mai 2002, sur Le Monde (consulté le 15 avril 2016)
  7. Une lettre d'Alexandre Del Valle , 21 juin 2002, sur Le Monde (consulté le 15 avril 2016)
  8. Cécilia Gabizon, Johan Weisz, OPA sur les juifs de France : enquête sur un exode programmé (2000-2005), Grasset, 2006, p. 86-87
  9. Tahir de la Nive, Les Croisés de l'Oncle Sam, Avatar, 2003, pages 51-55; voir également la postface de Christian Bouchet à ce livre, p. 210-212
  10. Après l'UNI, la Droite libre : Guéant de moins en moins complexé - François Krug, sur Rue89, 16 février 2012
  11. Comité de rédaction de la revue française de géopolitique Outre Terre - Daedalos Institute.
  12. M. Haddad, « Vincent Geisser, La nouvelle islamophobie », Archives de sciences sociales des religions, (En ligne), 134 | 2006, document 134-37, mis en ligne le 5 septembre 2006, consulté le 16 janvier 2011 ; assr.revues.org lire en ligne.
  13. Cécilia Gabizon, Johan Weisz, OPA sur les juifs de France : enquête sur un exode programmé (2000-2005), Grasset, 2006, pages 83, 87
  14. a, b et c Portrait Alexandre del Valle - REFLEXes, 29 novembre 2004.
  15. Claudine Douillet, « J'en ris ! » Alexandre del Valle répond à ses détracteurs - Jerusalem Post, édition française no 771, 19 juin 2006 (consulté le 26 avril 2016)
  16. A. Del Valle, "Droit de réponse à Marianne", 16 septembre 2006 (consulté le 26 avril 2016)
  17. Lettre d'Alexandre del Valle à Fiammetta Venner, Cercle d'Étude de Réformes Féministes (consulté le 26 avril 2016)
  18. Pierre-André Taguieff, Les contre-réactionnaires : Le progressisme entre illusion et imposture, Denoël, 2007, p. 197 -note en bas de page ""René Monzat (pseudonyme du trotskiste Denis Scherer)"
  19. « L'étonnant parcours d'Alexandre del Valle, portraits croisés d'un militant multicartes », Ras l'front no 87, avril 2002
  20. Au nom du combat contre l'antisémitisme - Le Monde diplomatique, décembre 2002
  21. «  Au nom du combat contre l’antisémitisme » : droit de réponse d'Alexandre del Valle - Le Monde diplomatique, mars 2003
  22. Anne Vigerie, "Alexandre Del Valle: Nouveau livre à paraître en mai 2011", Cercle d'Étude de Réformes Féministes, 5 avril 2011 (consulté le avril 2016)
  23. Normann L., "Qui est Alexandre del Valle?", 5 mars 2011 (consulté le 26 avril 2016)
  24. Biographie d'Alexandre del Valle sur Bibliomonde.
  25. Racisme anti-arabe : Nouvelle évolution - MRAP, 6 août 2003 (voir archive) [PDF]
  26. Contre la mondialisation : xénophobie, politiques identitaires et populisme d’exclusion en Europe occidentale - Hans-Georg Betz, Érudit vol. 21, no 2, (ISSN 1203-9438), p. 9-28
  27. Jean-Yves Camus, « Un conflit instrumentalisé par les communautaristes »[1] - Revue internationale et stratégique no 58, février 2005, DOI:10.3917/ris.058.0079, pp. 79-86
  28. Christophe Forcari, Appétits extrémistes pour la tête de l'UMP - Libération, 11 novembre 2002 (consulté le 26 avril 2016)
  29. « J'en ris ! » Alexandre del Valle répond à ses détracteurs - Jerusalem Post, édition française no 771, 19 juin 2006
  30. Jean-Patrick Grumberg, Mais qui est donc Alexandre del Valle, 27 février 2011, sur dreuz.info.

Liens externes[modifier | modifier le code]