Alexandre del Valle

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Alexandre del Valle
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Biographie
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Marc d'Anna
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Carol Iancu (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Alexandre del Valle (de son vrai nom Marc d'Anna), né le à Marseille, est un géopolitologue, consultant, essayiste et militant politique franco-italien.

Docteur en histoire contemporaine, il se spécialise en géopolitique. Il s'intéresse principalement à l'islamisme, au terrorisme islamiste, aux relations entre l'Europe et la Turquie, et au monde arabo-musulman. A titre professionnel, il exerce comme Chroniqueur et enseignant.

Il milite à partir de 1991, dans plusieurs organisations proches du RPR avant de fonder un courant libéral-conservateur de l’UMP, avec Rachid Kaci, appelé « La Droite libre ». En 2001 et 2002, à la suite de plusieurs articles de presse l'associant à l'extrême droite, il engage des poursuites pour diffamation. Après le procès de 2006, il reste régulièrement associé, dans la presse, à la mouvance identitaire[1]. Auteur d'écrits violents contre l'islam[2], il est souvent qualifié d'islamophobe[3],[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Marc d'Anna naît le [5] à Marseille[réf. nécessaire], d'une mère espagnole pied-noir et d'un père italien originaire de Tunisie[6]. Issu d'un milieu populaire immigré défavorisé, il est orphelin à l'âge de 4 ans et passe le gros de son enfance dans un foyer d'accueil des Villages d'Enfants ou il grandit dans un milieu multiculturel[7].

En 1993, il est diplômé de Sciences Po Aix, où il a obtenu un diplôme d'études approfondies (DEA) en histoire militaire, sécurité et défense. Il commence à s'intéresser aux sciences politiques et à l'analyse géopolitique lors de son intégration de l'Institut d'études politiques de Paris en Prépa-ENA[7].

En 2015, il obtient un DEAE (DEA européen) de l'université de Milan en histoire des doctrines politiques et des institutions politiques, ainsi que d'un doctorat en histoire contemporaine, à l'université Paul-Valéry-Montpellier[n 1],[8],[9].

Carrière[modifier | modifier le code]

En 1997, Marc d'Anna intègre le Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale, organisme chargé d'assister le Premier ministre dans l'exercice de ses responsabilités en matière de défense et de sécurité nationale. Pour rentrer au SGDSN, il fait l'objet d’une enquête de sécurité, avec des moyens de renseignement militaire, à l'issue de laquelle il est habilité secret-défense. Il y travaille comme rédacteur-analyste de la Lettre Faits et tendances de la section Affaires internationales et stratégiques. Ensuite, il évolue dans la fonction publique territoriale et internationale avant de fonder son cabinet de conseil à Bruxelles[10],[7].

Il est également enseignant en géopolitique à Sup de Co La Rochelle et à l'IPAG[9],[11],[12], et intervient à l'Université européenne de Rome[13], à l'Université de Metz[13] ainsi qu'à l'Institut international de géopolitique[réf. nécessaire]. Il est chercheur-associé à l’Institut Choiseul jusqu'en 2014[14], et co-fondateur de l’Observatoire géopolitique de la Méditerranée (basé à Chypre).

En tant qu'Alexandre del Valle, il a été chroniqueur à la Nouvelle Liberté (Marseille), La Une, Le Figaro Magazine, Le Figaro, Le Spectacle du monde, Israël Magazine, Libéral (Italie), France-Soir[10],[15], Atlantico[14]. Il écrit régulièrement pour Atlantico, Figarovox et Valeurs actuelles.

Il a collaboré à plusieurs revues de géopolitique, Hérodote, Stratégique, Géostratégiques, Nova Storica, Risk, Politique Internationale, Outre-Terre, Daedalos Papers, Geopolitical affairs, Géoéconomie. Il se focalise sur la géopolitique du monde arabo-musulman.

Il est membre de divers groupes de réflexion, tels que le Daedalos Institute of Geopolitics[16].

Il est administrateur du cabinet de conseil et think tank Géopol Consultings.

En 2019, il prend part au voyage organisé en Sicile par Odeia (succursale de Wagram Voyages), ce qui illustre, selon France-Soir, les liens de cette entreprise avec l'extrême droite[17].

En , Alexandre del Valle est consulté, avec Emmanuel Razavi de GlobalGeoNews, sur l'islamisme radical par la vice-présidente du sénat et élue radicale Nathalie Delattre, en tant que géopolitologue, consultant et essayiste, pour la Commission d'enquête sur la radicalisation islamiste et les moyens de la combattre[18].

Thèses défendues[modifier | modifier le code]

L'alliance américano-islamiste[modifier | modifier le code]

En 1997, Marc d'Anna publie son premier ouvrage Islamisme et États-Unis : Une alliance contre l'Europe sous le pseudonyme « Alexandre del Valle ». Dans sa deuxième édition, le livre est préfacé par le général chevènementiste et artisan de la politique de dissuasion nucléaire française Pierre-Marie Gallois[19],[20]. Dans cet essai, il défend la thèse que depuis la fin des années 1970, le gouvernement américain utilise l'islamisme dans le but de détruire l'Europe[21],[22]. Selon Denise Artaud, la thèse d'Alexandre del Valle concernant un « machiavélisme américain qui pousserait les États-Unis à s'allier à l'Islam pour nuire à l'Europe » est difficilement admissible, mais l'ouvrage traite également de « questions essentielles pour tous ceux qui s'intéressent à la géopolitique », notamment en ce qui concerne la « vassalité » et l'identité de l'Europe, qui s'affaiblit en renonçant à ses « racines culturelles »[21].

Le complexe occidental[modifier | modifier le code]

En 1999, il signe la pétition « Les Européens veulent la paix »[23], initiée par le collectif « Non à la guerre » pour s'opposer à la guerre en Serbie[24]. La même année, il assure des séances de formation pour les militants du Groupe union défense et s'exprime dans les colonnes d'Offensive, le journal des jeunes mégrétistes[25]. Il est, par ailleurs, conférencier à l'université d'été de Jeunesse Action Chrétienté, organisation catholique intégriste[25] fondée par Guillaume Peltier[26].

Dans son ouvrage Le Complexe occidental : Petit traité de déculpabilisation publié en 2014, Alexandre del Valle développe ses idées de 1998. Il y estime que cette « mauvaise conscience » et ce sentiment de culpabilité seraient la principale menace contre les sociétés occidentales[27]. Il estime que l'« Européen n’a pas à s’excuser éternellement pour les croisades, l’Inquisition, la colonisation ou la Shoah. L’utilisation systématique, obscène même, des drames de la Deuxième Guerre mondiale pour discréditer les patriotes européens est devenue tout simplement insupportable ». Il considère que la seule façon d’assurer une pérennité à la vieille Europe serait de renouer avec son identité, de se déculpabiliser, de se réconcilier avec son histoire judéo-chrétienne et ses racines dans le cadre d’un monde multipolaire fait de retour des identités et de realpolitik décomplexée[28]. Il estime que cette déculpabilisation est une condition nécessaire à l'intégration des nouvelles populations arrivées sur le sol européen[29].

Il exprime régulièrement son opposition à l'entrée de la Turquie dans l’UE[30]. Ce processus relèverait, selon lui, une stratégie menée par certains dirigeants politiques turcs issus du courant islamiste visant à « subvertir les valeurs occidentales et à pénétrer l'Union européenne pour mieux mettre fin à l'expérience d'essence occidentale et européenne par excellence que fut le kémalisme »[31].

Dénonciation de la nouvelle judéophobie[modifier | modifier le code]

En 1999 et 2000, Alexandre del Valle défend, dans Le Figaro, la communauté juive et Israël, « alors victimes d’une vague de haine sans précédent », et il devient pro-israélien. C'est également à cette époque qu'il épouse Monica Altman, une Juive argentine militante de la « cause israélienne ».[réf. nécessaire]

Il estime qu'il n'est plus possible, aujourd'hui, en France, de dénoncer la judéophobie d'origine arabo-islamique sans être qualifié d'« agent sioniste » ou de « complice du colonialisme israélien » et d'être catalogué islamophobe ou raciste[32]. Il rappelle que les premières victimes du « totalitarisme islamiste » sont des musulmans et que les « défenseurs » de la lutte antiraciste feraient mieux de dénoncer ce « fascisme vert » plutôt que d'essayer de « fasciser la communauté juive »[32]. Il estime que devant l'ampleur de l'électorat musulman, « la gauche et l'extrême gauche, engluées dans leurs idées tiers-mondialistes et antisionistes [...] ne veulent pas admettre que le retour du totalitarisme, du racisme et de l'intolérance passe également et même surtout, actuellement, par le Sud, [et] qu'il est le fait principalement de l'islamisme. »[32].

Libération indique que « ses prises de position violemment anti-islamiques lui valent actuellement d'être régulièrement invité à présenter ses travaux devant certaines associations de la communauté juive très marquées à droite et soutiens inconditionnels de la politique menée par Ariel Sharon en Israël »[25].

La commission d’Etudes Politiques du CRIF a entendu Alexandre del Valle sur la question des liens supposés entre les Frères Musulmans et l’extrême gauche, au cours de laquelle il évoque les alliances d'antagonismes idéologiques par simple judéophobie[33]. Il va plus loin en assurant que le mythe de l'islamophobie serait une création des Frères Musulmans et exploité comme outil d'infiltration.

Propos sur l'islam et l'islamisme[modifier | modifier le code]

Alexandre del Valle, en s'appuyant sur les attentats du 11 septembre 2001, assimile l'islamisme à un « totalitarisme » ou un « fascisme »[34]. Il gagne en notoriété en développant cette thèse sur les plateaux de télévision après les attentats[25]. Ainsi, dans son ouvrage Le totalitarisme islamiste à l’assaut des démocraties, il considère que le terrorisme islamiste sunnite et l’idéologie salafiste à prétention impérialiste qui le sous-tendrait ne sont pas une forme d'intégrisme, un concept qui selon lui mettrait sur un même plan les « trois monothéismes », mais bien une forme de « totalitarisme », à l’instar d’autres idéologies totalitaires « rouges » et « brunes » conquérantes et violentes fondées sur la terreur et le contrôle total de l’homme[35].

Il déplore, en conséquence, le rejet de la Russie par les pays de l’OTAN, à commencer par les États-Unis [36], et continue de plaider, a contrario, pour un « pan-Occident » réconciliant les anciens ennemis de la guerre froide face à la menace, selon lui, principale du « totalitarisme islamiste »[37].

En 2002, Alexandre del Valle est qualifié d'islamophobe par Libération[25]. En 2003, l'historien Dominique Vidal estime qu'Alexandre del Valle fait partie de ceux qu'il nomme les « experts de la peur » et qui participent à une « poussée d'islamophobie » en France[38]. La même année, le MRAP le qualifie d'« islamophobe forcené »[39].

Alexandre del Valle a publié un article sur le site anti-islam Riposte laïque en 2009 intitulé « Comment fonctionne l'islamiquement correct ? »[14].

Persécution du christianisme[modifier | modifier le code]

Alexandre del Valle soutient que la religion la plus persécutée est le christianisme. Selon lui, la banalisation de la haine envers les chrétiens et le christianisme dans le monde résulterait de son assimilation à un Occident colonial, dominant, donc à la « religion de l’oppresseur » blanc européen, voire à l’impérialisme américain[40]. Dans son essai Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui : La nouvelle christianophobie, Alexandre del Valle dénonce les persécutions, voire le « génocide », des chrétiens dans le monde « anti-occidental », essentiellement les pays musulmans, certains États d’Inde et la Corée du Nord[41]. Il assimile ces actes à une forme de « solution finale » des chrétiens, éradication qui participerait d’un anti-occidentalisme radical propre à la montée des indigénistes et des idéologies radicales dans le cadre d’un monde multipolaire de plus en plus désoccidentalisé[42].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Premiers engagements autour du RPR[modifier | modifier le code]

En 1991, au cours de ses études à l'IEP d'Aix-en-provence, Alexandre del Valle milite pour le RPR UDF puis au RPF de Charles Pasqua et Philippe de Villiers. En 2001 il s'engage à l’UMP avec Rachid Kaci[7]. Toujours étudiant à l'IEP d'Aix-En-Provence, Alexandre del Valle fait ensuite un passage au Centre national des indépendants et paysans (CNIP). Au même moment, il suit le mouvement de Philippe de Villiers Combat pour les valeurs, puis le Rassemblement pour la France (RPF) de Villiers et Charles Pasqua, dont il reste proche jusqu'à son adhésion à l'Union pour un mouvement populaire (UMP) en 2002[réf. nécessaire].

La Droite Libre et droite de l'UMP[modifier | modifier le code]

En novembre 2002, il cofonde, avec son ami Rachid Kaci, La Droite Libre, courant libéral-conservateur, et qui est, selon Le Monde, « un courant situé très à droite au sein de l'UMP, et aux positions résolument pro-israéliennes et peu islamophiles »[43]. Le , lors de l'assemblée constituante de l'UMP, Rachid Kaci et lui, sous pseudo, se présentent à la vice-présidence de l'UMP avec, comme adversaires, Alain Juppé ou Nicolas Dupont-Aignan[25]. Ils obtiennent 3,17 %, puis 14 % l'année suivante en liste commune avec Nicolas Dupont-Aignan[réf. nécessaire].

En 2017, il participe à une conférence organisée par le député européen Salvo Pogliese et son groupe du Parti populaire européen (PPE)[44].

En 2019, il intervient lors d'une conférence organisée par le député européen Costas Mavrides, membre du groupe de l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D)[45].

Critique et controverse[modifier | modifier le code]

En 2001, à la suite d’un article co-écrit sur le thème des « rouges-brun-verts », le géopolitologue fait l’objet de plusieurs réactions dans la presse l'accusant de proximités avec l'extrême droite. La revue engagée REFLEXes, est la première à publier, et est reprise par le media Canalplus et l'association proche de la mouvance d'extrême gauche MRAP[46]. La revue REFLEXes juge que del Valle présente un double visage, le décrivant comme « celui qui s’incruste dans la communauté juive et multiplie les gages de bonne conduite politiquement correcte en attaquant les « nazis », mais qui pour autant « continue à écrire dans des revues extrême droitières comme Relève politique » et « continuerait à rencontrer quelques représentants de la droite la plus nazifiante »[47], ce qu'il dément[48]. La même publication écrit qu'à l'IEP d'Aix-en-Provence, « ses fréquentations le poussent à participer aux activités d’Yggdrasill, petite secte païenne ultra-droitière, pour laquelle il écrit quelques articles dans la revue Muninn »[47]. Selon René Monzat, qui a mené une enquête sortie dans la revue Ras l'front en 2002, Muninn a publié un ou plusieurs articles de Del Valle à chaque parution pendant près de trois ans à partir de 1991[49]. Selon René Monzat, del Valle aurait initialement exposé ses thèses dans des cercles et conférences de la Nouvelle droite et du GRECE. Lorsque, la même année, Le Monde diplomatique, Le Monde, Politis et Libération reprennent les informations de Ras l'front sur le passé de del Valle[50], ce dernier attaque en justice l'article de René Monzat[51], et intente des procès à tous les journaux qui l'incriminent[10],[1].

Au cours du procès devant la 11e chambre de la cour d'appel de Paris en , « la Cour constate que la plupart des documents produits soit n’apportent aucun éclairage particulier sur les thèses développées par (…) [Alexandre DEL VALLE], soit ne font que refléter le point de vue personnel de leurs auteurs, qu’ils sont également inopérant au titre de l’offre de preuve. (…) considérant que la preuve de la vérité des faits diffamatoires n’est pas rapportée »[52] Aussi la cour estime que « (…) dire de quelqu’un qu’il est d’extrême droite n’est nullement diffamatoire s’agissant d’une imputation exclusive de tout fait précis puisque se situant uniquement dans le domaine des idées, qu’il en va, a fortiori, de même pour une personne au « passé d’extrême droite » »[53]. Aussi, Alexandre del Valle est débouté[46]. Les journalistes Cécilia Gabizon et Johan Weisz (repris par Daniel Bensaïd) estiment néanmoins que cette condamnation aurait confirmé qu'il a « fréquenté tour à tour les milieux royalistes légitimistes, les milieux intégristes catholiques, les milieux de la droite païenne et antisémite, ceux de la droite radicale, ceux du Grece et de la nouvelle droite, les milieux fascistes identitaires européens »[1],[54]. Dans leur livre, les deux journalistes évoquent ainsi des liens avec la mouvance identitaire en relevant plusieurs de ses interventions entre 2002 et 2004. Ils expliquent alors qu'« il suffit de suivre Del Valle pour s'apercevoir qu'il reste lié à la mouvance identitaire »[55].

La même année, le politologue Vincent Geisser écrit dans son ouvrage qu'Alexandre del Valle aurait, dans sa jeunesse, été proche de certains milieux de l'extrême droite européenne néo-païenne[56].

En 2010, l'historien Nicolas Lebourg, explique qu'« il réussit le tour de force, durant quelques années, de collaborer à la fois avec l'extrême droite catholique intégriste partisane du nationalisme-intégral et les Völkischen néo-païens. Participant aux travaux du G.R.E.C.E., il se joint à l'axe Vial-Faye, comme eux collabore avec le parti de Bruno Mégret, avec Synergies européennes, et est proche de Réfléchir & Agir »[57].

Les auteurs du livre OPA sur les Juifs de France estiment qu'il demeure lié à la « mouvance identitaire » mais que ses positions « pro-sionistes » n'auraient qu'un angle utilitaire[58]. C'est aussi le thème d'un article du journal Le Monde[59] auquel il répond par une ferme « mise au point »[60].

D'après la journaliste Marika Mathieu, Alexandre del Valle a tout au long de sa carrière été contesté par des universitaires, qui critiquent notamment son utilisation du terme fascisme, et il est, selon elle, « perçu comme un intellectuel de plateaux qui diffuse des analyses simplistes ». Elle voit en lui une figure emblématique de ce que le sociologue Raymond Boudon nomme « les intellectuels du second marché », comme Bernard-Henri Lévy et Ivan Rioufol, des personnalités médiatiques dont la pensée vise l'opinion et les médias, contrairement aux « intellectuels du premier marché », orientés vers l'académique, tels que Alain Finkielkraut et Pierre-André Taguieff. Marika Mathieu cite Nicolas Lebourg, qui reproche aux « intellectuels du second marché » de ne pas maîtriser les « acquis et débats historiographiques sur les objets fascisme, nazisme, totalitarisme et islamisme »[61].

En , son cabinet Géopol Consultings se voit commander, de la part de Jean-Luc Schaffhauser, député européen du Front national, un rapport sur Mediapart. Le devis, d'un montant de 10 000 euros, comporte quatre volets dont les intitulés sont jugés « pour le moins complotistes » par L'Obs. Le devis définit les objectifs du rapport : « Démontrer les liens existants entre certains acteurs extérieurs et ce média » et « montrer que ce média est un chien de garde du système ! » (sic). Le rapport, intitulé « Les métastases de Mediapart », est présenté en octobre suivant. L'Obs estime que la section du rapport sur les actionnaires de Mediapart « multiplie les erreurs factuelles sur les patronymes, les parcours personnels et la structure financière de Mediapart ». Après avoir rendu disponible le rapport sur Internet pendant plusieurs mois, Jean-Luc Schaffhauser le supprime, déclarant qu'il contient des « erreurs » à corriger[62],[14].

En , dans une tribune publiée par Le Monde, plusieurs politologues et journalistes maliens dénoncent les « analyses à connotation ethnique » d'Alexandre del Valle sur la situation au Mali : « Les propos de MM. Del Valle et Pinatel reflètent une tendance vers une forme d’essentialisme dans l’analyse et l’interprétation des enjeux de notre monde. Si la seule préoccupation de ces « spécialistes » est de plaquer sur la situation malienne une grille de lecture qui satisfait leurs fantasmes sur le « choc des civilisations », ils sont alors des rhéteurs incendiaires qui compliquent la tâche de Sahéliens qui œuvrent sans relâche à bâtir des sociétés meilleures. Si leur préoccupation était au contraire de comprendre cette crise, qu’ils commencent par lire et se renseigner avant de parader sur les plateaux de télévision. Les enjeux sont importants »[63].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il a soutenu sa thèse le  : L'Occident face à la seconde décolonisation portée par les idéologies islamistes et indigénistes, de la guerre froide à nos jours, sous la direction de Carol Iancu (ro). Voir la notice SUDOC

Références[modifier | modifier le code]

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  61. Marika Mathieu, La Droite forte : année zéro : enquête sur les courants d'une droite sans chef, La Martinière, coll. « Essais et Documents », 336 p. (ISBN 978-2-7324-5965-3, présentation en ligne).
  62. Timothée Vilars, « « Les métastases de Mediapart » : l'enquête paranoïaque commandée par les eurodéputés FN », sur nouvelobs.com, .
  63. « Le Mali ne doit pas devenir un fonds de commerce pour les apprentis sorciers de la géopolitique », Le Monde, .

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