Tristan Mordrelle

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Tristan Mordrelle
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Biographie
Formation
Activités
Éditeur, militant politiqueVoir et modifier les données sur Wikidata
Père

Tristan Mordrelle (souvent celtisé en Trystan Mordrel) est un éditeur et militant politique français.

Il est connu pour ses positions négationnistes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Tristan Mordrelle est le fils d'Olier Mordrel[1].

Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (section Économie et finances, promotion 1981)[2], il est titulaire d'un master 2 en histoire maritime (2009)[3].

Activités militantes[modifier | modifier le code]

« Après avoir été militant d'extrême gauche », il rejoint le Groupement de recherche et d'études sur la civilisation européenne (GRECE)[4]. Dans les années 1980, il « incarn[e] avec [Jean] Mabire l'aile régionaliste de la Nouvelle Droite[5] ». Exclu du GRECE[6],[7] et devenu négationniste à cette même période, il dirige la revue L'Autre Histoire qui défend ces thèses[8],[9].

Ogmios et sociétés-écrans[modifier | modifier le code]

En [10], il cofonde les éditions Ogmios[11], avec Jean-Dominique Larrieu, dit Bertrand Leforestier, propriétaire du château du Corvier à Vouzon[12]. Leur nom est emprunté au mensuel d'un ancien SS français, Yves Jeanne[13]. Il dirige avec Jean-Dominique Larrieu la librairie éponyme[14], sise 10, rue des Pyramides, dans les anciens locaux du Parti populaire français de Jacques Doriot[4]. Elle devient « le rendez-vous de l'extrême droite néonazie, notamment celle du Front national de la jeunesse et du Parti national fasciste européen [sic][15],[n 1] ». Y sont proposés des ouvrages antisémites, racistes ou relatifs à l'ésotérisme islamique[16], qui sont par ailleurs exposés lors de fêtes du Front national, comme en 1990 au domaine de Bagatelle[17]. Les gérants emploient notamment Frédéric Chatillon[18]. En , elle subit une attaque de l'Organisation juive de combat[19].

Elle se mue en « La Librairie » en 1991[20]. En , elle est expulsée pour non-paiement du loyer, et s'installe rue Saint-Honoré[21]. En , des livres interdits à la vente y sont saisis par la police, quatre personnes — dont Frédéric Chatillon et Philippe Randa — sont interpellées[20] et Jean-Dominique Larrieu, qui est poursuivi pour « banqueroute, détournement d'actifs, défaut de comptabilité et infraction à l'interdiction de gérer[22] », est placé en détention[23],[24],[n 2]. La Librairie ferme début 1995[20]. Dès 1996, L'Æncre se proposera, lors de sa création par Philippe Randa, de « relever le flambeau » d'Ogmios et de cette dernière[25].

Il dirige aussi avec Larrieu une maison d'édition connexe, les éditions Avalon, dont Olivier Mathieu devient le « conseiller littéraire », et qui publie la première traduction française du Mythe du vingtième siècle d'Alfred Rosenberg[6],[26] ; enfin, il chapeaute sous la houlette de la Communauté d’entreprise Noroît Suroît une multitude d'autres sociétés-écrans[20], comme Avenir international, Polémiques, SFDP, Sabre au clair, Vent du Nord, Mercure Diffusion, Livres de chez nous, Feu, Feu et Glace, OD, ATE, ou PAS[27].

Ces diverses structures sont soutenues par François Genoud[28] et financées par Wahid Gordji[6], comme le révèle Le Canard enchaîné en 1987[16],[29],[30].

Collaborations et pseudonymes[modifier | modifier le code]

Rédacteur de Devenir européen[31], L'Encyclopédie des armes ou de Troupes d'élite[32], il collabore à Ar Stourner, Éléments[33],[34] (dont il est secrétaire de rédaction en 1984-1985[35]), Notre Europe[1], Orientations, Renaissance européenne[36]. Il a participé à la fondation de Diaspad, puis d'Europa Riezel (« L'Europe impériale ») avec Guillaume Faye et Goulven Pennaod[1] ou Vouloir[37].

« Revendiquant sa celtitude », il utilise fréquemment la graphie bretonne de son nom, « Trystan Mordrel »[16].

Il a utilisé les pseudonymes d'André Chelain — précédemment employé par Jimmy Pirson et Henri Roques[38] —, Patrick Lebois ou Tristan Moberg[4].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Patrick Lebois (pseud.), L'Autre Visage de Raymond Barre, Paris, Avenir international, 1987.
  • André Chelain (pseud.) et Henri Roques, La Thèse de Nantes et l'Affaire Roques, Paris, Polémiques, 1989.

Préface[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Troisième Reich : le film, La Toison d'or-L'Autre Histoire, 1996.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En fait du Parti nationaliste français et européen.
  2. Par la suite, celui-ci tentera de relancer une revue, La Revue d'histoire non conformiste, « moins manifestement négationniste, pour tenter de retarder les poursuites » dont il faisait l'objet. Voir Rapport 1996 : panorama des actes racistes et de l'extrémisme de droite en Europe, Paris, Centre de recherche d'information et de documentation antiraciste, 1995, (ISBN 2-910887-01-4) p. 198.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Nicolas Lebourg, Le Monde vu de la plus extrême droite : du fascisme au nationalisme-révolutionnaire, Perpignan, Presses universitaires de Perpignan, 2010 (ISBN 978-2-35412-075-7) p. 214 (et n. 132).
  2. « Tristan Mordrelle », sur sciences-po.asso.fr.
  3. Mémoire soutenu à l'université du Littoral sous le titre Analyse d'un incident naval entre l'Argentine et le Chili dans la seconde moitié du XIXe siècle.
  4. a, b et c Jean-Louis Remilleux, Les Barristes, Paris, Albin Michel, 1987 (notice BnF no FRBNF36630725) p. 43.
  5. Stéphane François, op. cit., p. 168.
  6. a, b et c Marc Knobel, « L'Iran, Dieudonné et l'extrême droite française », sur huffingtonpost.fr,‎ .
  7. Pierre-André Taguieff, « Antisémitisme : les boutiques de la haine », Le Nouvel Observateur,‎ , p. 67 (lire en ligne)
  8. Stéphane François, op. cit., p. 169.
  9. Jean-Yves Camus, Extrémismes en Europe, L'Aube, 1997, 409 p. (ISBN 978-2876783515) p. 188-189.
  10. « Gilles Soulas ou le faf de petite vertu », sur reflexes.samizdat.net,‎ .
  11. Stéphane François, [PDF] Les Paganismes de la Nouvelle Droite (1980-2004), thèse de science politique sous la direction de Christian-Marie Wallon-Leducq, université Lille-II, 2005, p. 43.
  12. « La radicalisation d'une frange de l'extrême droite et les attentats contre les immigrés Les vigiles de la " race blanche " », sur lemonde.fr,‎ .
  13. Roger Martin, L'Affaire Peiper, Paris, Dagorno, 1994 (ISBN 2-910019-07-1) p. 75.
  14. 1990, la lutte contre le racisme et la xénophobie, Paris, La Documentation française, 1991 (ISBN 2-11-002390-2) p. 32.
  15. Frédérique Leblanc et Patricia Sorel, Histoire de la librairie française, Cercle de la librairie, 2008, 719 p. (ISBN 978-2765409663) p. 433.
  16. a, b et c Marie-José Chombart de Lauwe (préf. Madeleine Rebérioux), Vigilance : vieilles traditions extrémistes et droites nouvelles, Paris, Ligue des droits de l'homme, 1986 (ISBN 2-85139-078-3) p. 176.
  17. Ariane Chebel d'Appollonia, L'Extrême Droite en France, Bruxelles, Complexe, 1996 (ISBN 2-87027-573-0) p. 373, 377.
  18. Marine Turchi, « Le salut fasciste de l'argentier de Marine Le Pen », sur mediapart.fr,‎ .
  19. « Deux librairies d'extrême droite saccagées », sur lemonde.fr,‎ .
  20. a, b, c et d « Petites boutiques des horreurs », sur reflexes.samizdat.net,‎ .
  21. « Dans le cadre d'une information judiciaire La brigade financière visite une librairie d'extrême droite », sur lemonde.fr,‎ .
  22. « Fondateur de la librairie Ogmios Jean-Dominique Larrieu a été incarcéré à la Santé », sur lemonde.fr,‎ .
  23. Cathares : au-delà des mystères, Paris, Société de presse historique, 2003 (ISBN 2-9519750-0-7) p. 215.
  24. « Un militant d'extrême droite en prison », sur lesechos.fr,‎ .
  25. Christiane Chombeau, « La vente d'un fonds de livres racistes est examinée en appel », sur lemonde.fr,‎ .
  26. Notice BnF no FRBNF37016667.
  27. « PNFE : la vie de château de l'extrême droite », sur reflexes.samizdat.net,‎ .
  28. Karl Laske, Le Banquier noir : François Genoud, Paris, Le Seuil, 1996 (ISBN 2-02-012329-0) p. 358.
  29. « Un chèque iranien pour une maison d'édition Quand Wahid Gordji aidait l'extrême droite », sur lemonde.fr,‎ .
  30. « L'étonnant soutien de Wahid Gordji à ces "Livres de chez nous" Le flirt de l'extrême droite avec l'Iran », sur lemonde.fr,‎ .
  31. Françoise Morvan, Le Monde comme si : nationalisme et dérive identitaire en Bretagne, Actes Sud, 2002, 346 p. (ISBN 978-2742739851) p. 296.
  32. Notice BnF.
  33. Stéphane François, op. cit., p. 403.
  34. Nicolas Beau, Paris, capitale arabe, Paris, Le Seuil, 1995 (ISBN 2-02-018163-0) p. 186.
  35. Anne-Marie Duranton-Crabol, Visages de la Nouvelle Droite : le GRECE et son histoire, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1988 (ISBN 2-7246-0561-6) p. 230.
  36. Stéphane François, op. cit., p. 43.
  37. « Confirmations », sur lemonde.fr,‎ .
  38. « Biographies rapides de certains militants cités dans les articles », REFLEXes, 29 novembre 2004.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]