Charlotte d'Ornellas

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Charlotte d'Ornellas
Image illustrative de l’article Charlotte d'Ornellas
Charlotte d'Ornellas en 2017.

Naissance (34 ans)
Orléans (Loiret, France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Journaliste
Spécialité Journaliste politique
Chroniqueuse
Éditorialiste
Médias
Pays Drapeau de la France France
Média Presse écrite, radio, télévision et webTV
Fonction principale Chroniqueuse en presse écrite et sur internet
Presse écrite Boulevard Voltaire
Valeurs actuelles
Présent
Radio Radio Courtoisie
Télévision CNews
TV Libertés

Charlotte d'Ornellas, née le à Orléans, est une journaliste et chroniqueuse française. Classée politiquement à l'extrême droite identitaire par de nombreux médias français, et parfois dans la droite conservatrice ou réactionnaire, elle est considérée comme une des plumes les plus médiatiques de cette mouvance en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et études[modifier | modifier le code]

Issue d'une famille catholique pratiquante originaire d'Orléans — où elle fréquente Adélaïde Pouchol[1],[2] —, Charlotte d'Ornellas est la nièce à la mode de Bretagne de l'archevêque de Rennes, Pierre d'Ornellas[3], secrétaire particulier du cardinal Jean-Marie Lustiger, ancien évêque d'Orléans puis archevêque de Paris. À 16 ans, elle est désignée pour figurer Jeanne d'Arc lors des fêtes johanniques d'Orléans en 2002[4].

Elle entre en 2004 à l'Institut de philosophie comparée, à Paris, où elle obtient une licence de philosophie, puis de psychologie. En 2008, elle part durant un an à Sydney, en Australie. Vers la fin de ce séjour, elle est recrutée au sein du Centre international des médias pour participer à la traduction de communiqués de presse australiens à destination de la presse française et des discours officiels à l'occasion des Journées mondiales de la jeunesse 2008. Jusque-là, son objectif était d'enseigner la philosophie[5].

À son retour, en 2008, elle décide alors de mener des études de journalisme et est diplômée de l'Institut français de journalisme-faculté libre de droit, d'économie et de gestion en 2010. En 2009, Charlotte d'Ornellas effectue son stage de fin d'études à L'Orient-Le Jour, à Beyrouth, au Liban. Durant ce stage, elle découvre le Proche-Orient[5].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

De retour en France, en 2009, elle obtient un contrat à durée déterminée à La Nouvelle République du Centre-Ouest, quotidien régional basé à Tours. Elle est employée comme stagiaire au service « Société et Monde » de l'hebdomadaire Valeurs actuelles en 2009-2010, puis dans l'émission Tous les goûts sont dans la culture sur Direct 8 en 2010. Par ailleurs, elle fait, de janvier 2009 à octobre 2012, des piges pour Valeurs actuelles et Famille chrétienne. À partir de juillet 2011, elle travaille à la réalisation et à la présentation d'un journal hebdomadaire pour la webTV du syndicat CFTC et à la rédaction de sa Lettre confédérale hebdomadaire[6].

En tant que journaliste indépendante, elle collabore notamment au site Boulevard Voltaire, à Valeurs actuelles et au site d'actualité catholique Aleteia. Ses articles paraissent également régulièrement dans le quotidien national-catholique Présent. Par ailleurs, elle intervient régulièrement à l'antenne de Radio Courtoisie[3] et est chroniqueuse (« sociétaire ») dans l'émission Bistro Libertés animée par Martial Bild sur TV Libertés[3]. En 2016, elle fonde avec Damien Rieu, ancien porte-parole de Génération identitaire, le magazine France[3],[7], trimestriel diffusé gratuitement en ligne dont elle est rédactrice en chef ; le premier numéro, sorti en mars 2016, aurait été consulté « plus de 60 000 fois » en un an[3] et le deuxième, paru en juin 2016, « plus de 40 000 fois » en un mois[5]. En septembre 2017, elle intègre le comité éditorial du magazine conservateur et identitaire L'Incorrect, nouvellement fondé par Laurent Meeschaert, Charles Beigbeder et des proches de Marion Maréchal et qui « milite pour une union entre le FN et tout ou partie des Républicains »[8].

Elle est conseillère relations de presse de Jean-Frédéric Poisson lors de la primaire française de la droite et du centre de 2016[3],[9],[10].

En janvier 2017, elle fait partie, en tant qu'envoyée de Boulevard Voltaire, des journalistes qui accompagnent en Syrie les députés Thierry Mariani, Nicolas Dhuicq et Jean Lassalle. À cette occasion, elle participe avec d'autres journalistes à une rencontre avec Bachar el-Assad, qui les reçoit. Elle juge celui-ci « doux et assez en retrait », contrairement aux médias français. Les informations qu'elle ramène de Syrie sont « plutôt conciliantes avec le régime »[3].

Elle intervient régulièrement depuis avril 2017, en tant qu'éditorialiste, dans l'émission L'Heure des Pros, présentée par Pascal Praud sur CNews[11],[12]. Entre 2018 et 2019, elle intervient comme chroniqueuse dans l'émission Et en même temps sur BFMTV, présentée par Bruce Toussaint puis Apolline de Malherbe[13]. Elle est également régulièrement invitée dans l'émission Punchline présentée par Laurence Ferrari sur CNews[13].

En octobre 2017, elle intègre la rédaction de Valeurs actuelles[14].

La chaîne publique France 3 Centre-Val de Loire refuse en de diffuser un reportage consacré à Jeanne d’Arc au motif que Charlotte d'Ornellas en commentait certains passages en voix off, alors qu’elle est « journaliste à Valeurs actuelles » selon les termes de la direction, ainsi qu’en raison du temps d’antenne accordé au maire LR d’Orléans[15],[16].

Orientation politique[modifier | modifier le code]

Extrême droite identitaire, proche du RN[modifier | modifier le code]

StreetPress la décrit comme la « journaliste préférée de la fachosphère » par ses collaborations « dans des revues franchement marquées à l’extrême droite comme Boulevard Voltaire ou Présent, le canard des catho-tradis »[3]. Selon eux, elle sert de « mégaphone » aux identitaires, « le mag’ France œuvre au rapprochement entre l’extrême droite et “la droite hors les murs” »[3]. Dans La République du Centre, elle est décrite comme « une plume de l'extrême droite en France »[4] et par Les Inrockuptibles comme la « journaliste préférée de l'extrême droite »[17]. Claude Askolovitch la présente sur France Inter comme « une vraie vedette des média d'extrême droite ou catholiques conservateurs »[18]. Dans son livre Le Vieux monde est de retour (Stock, 2018), la journaliste Pascale Tournier décrit Charlotte d'Ornellas comme une « nouvelle idole du monde de la « réinformation », [qui] intervient pour rendre compte de la situation sur Boulevard Voltaire, Famille chrétienne, Valeurs actuelles, TV Libertés […] »[14],[19]. Tournier relève aussi « son ancrage à l'extrême droite : au second tour de la présidentielle, elle vote sans hésitation en faveur de Marine Le Pen. »[14]. Libération souligne sa participation « aux très droitiers médias en ligne TV Libertés et Boulevard Voltaire » ainsi qu'au web-magazine France, qu'elle dirige avec Damien Rieu[20].

Pour Le Figaro, Charlotte d'Ornellas partage avec Marion Maréchal « la génération et le goût pour les idées “antimodernes” » [21]. Selon L'Obs, elle est « proche de la cathosphère et de la ligne de Marion Maréchal-Le Pen » mais « ne se verrait pas travailler à la victoire de Marine Le Pen »[22]. L'Obs la qualifie également comme une « des valeurs sûres de la droite » lors de sa participation à une conférence contre Mai 68 en compagnie de Marion Maréchal-Le Pen et de ses proches[23]. Elle donne également une conférence devant des militants royalistes et d'extrême droite de l'Action française pour y parler de la Syrie[24]. Elle rencontre Bachar el-Assad, décrivant une « Alep libérée »[3],[25]. Pour Bruno Gollnisch, membre historique du Front national, « ses positions sociétales rejoignent les [s]iennes ou vice-versa »[3]. Le magazine L’Incorrect, lancé en septembre 2017 et dont Charlotte d'Ornellas est membre du comité de rédaction[26],[27], est défini par le journal La Croix comme prolongeant « la ligne « conservatrice » et « identitaire » de Marion Maréchal Le Pen qui s’est mise en retrait de la vie politique, et milite pour une union entre le FN et tout ou partie des Républicains […] Une passerelle entre droite et extrême droite[8] ». D'après Le Média, son arrivée à Valeurs actuelles en 2017 provoque des mécontentements car elle « incarne un courant à droite de la droite dont beaucoup souhaitent s’éloigner ». Il souligne son parcours à Présent, « quotidien des catholiques identitaires », à Boulevard Voltaire et à la web TV d’extrême droite TV Libertés[14]. Damien Rieu, cofondateur de Génération identitaire et membre du Rassemblement national, affirme : « Ok, Charlotte est catholique et elle s’intéresse aux questions de bioéthique. Mais ça, ce n’est pas prioritaire. Depuis les attentats de 2015, elle a compris que l’immigration est le problème principal et qu’on n’a pas le luxe d’aller se perdre sur le transhumanisme. Elle est catholique et identitaire. »[3]

Droite ultra conservatrice ou réactionnaire[modifier | modifier le code]

Le Monde la range dans les rangs de la « droite réactionnaire » et de la « droite conservatrice », la qualifiant de « bretteuse de la droite décomplexée »[28]. L'Express souligne sa proximité avec « la droite catholique conservatrice » et la qualifie de « valeur réac de la rentrée »[13], tandis que Le Parisien la présente comme « la nouvelle vedette de la droite ultra-conservatrice », également « celle que l'on décrit souvent comme la "nouvelle plume de l'extrême droite" »[29]. Pour le directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles, Charlotte d'Ornellas est la « candidate idéale pour incarner des positions conservatrices »[29].

Point de vue de Charlotte d'Ornellas[modifier | modifier le code]

« Catholique pratiquante », Charlotte d'Ornellas — qui assume « être classée à l'extrême droite »[4] et « de ne pas faire de journalisme neutre »[3] —, considère que « tous les journalistes font du journalisme d'opinion » ; elle se réclame de la « réinformation » plutôt que de la « fachosphère ». Elle considère qu'elle « fait son travail » quand elle s'oppose dans ses écrits à l'Interruption volontaire de grossesse[25]. Elle juge, en outre, que le refus affiché de la plupart des journalistes, qu'elle juge majoritairement de gauche, d'avouer leurs convictions explique pour partie la crise de la presse en France. Elle situe la ligne de fracture entre ces deux tendances politiques au niveau de la « définition de la liberté et de l'héritage » : « pour la gauche, de manière très large, la liberté, c'est la réponse à toutes ses pulsions et l'adoration du progrès », tandis que, « pour la droite, la liberté, c'est choisir ce qui est bon pour nous et ce qui est bon, normalement, pour la nation en assumant un héritage ». Toutefois, elle juge que, si « ce clivage est réel, […] il est plus philosophique que politique, aujourd'hui », « le monde politique, par électoralisme, assez souvent de gauche »[5]. D'Ornellas affirme qu’elle « refuse de [se] placer sur l'échiquier politique » et « partir du principe que tous les gens chez qui je pouvais faire mon travail en toute liberté, je le faisais », rajoutant que « quand j'ai étudié le populisme, j'ai essayé de comprendre pourquoi les gens choisissent de voter pour untel, qu'est-ce que ça veut dire de la société. Quand je parle d'identité, c'est pour parler de fond, pas pour féliciter tel ou tel candidat »[29].

Chrétiens d'Orient et régime syrien[modifier | modifier le code]

Elle est membre du conseil d'administration de l'ONG SOS Chrétiens d'Orient[30],[31], organisation contestée pour ses liens avec l'extrême droite et sa proximité avec le régime syrien[32],[33].

Correspondante du journal L'Orient-Le Jour à Yabroud (Syrie), elle suit la venue dans ce pays de Mgr Rey en 2015, alors premier évêque français à se rendre auprès des chrétiens de Syrie depuis le début de la guerre[34].

Elle publie, en 2016, un livre d'entretien sur les chrétiens d'Orient avec Grégoire III Laham, patriarche de l'Église grecque-melkite catholique, qui siège à Damas[35], puis un nouveau livre entretien, en 2019, avec Charles de Meyer et Benjamin Blanchard de l'ONG SOS Chrétiens d'Orient, préfacé par Marc Fromager, directeur de la fondation de droit pontifical Aide à l'Église en détresse (AED).

En 2017, Charlotte d'Ornellas réalise un entretien avec Bachar el-Assad pour Boulevard Voltaire. Elle participe en 2019 à l'organisation d'un voyage touristique en Syrie[36],[37].

Prix[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Connue ultérieurement en tant que porte-parole de la Marche pour la vie.
  2. « Adélaïde Pouchol, la perle des anti-IVG », Streetpress, 14 mai 2019.
  3. a b c d e f g h i j k l et m Marie-Pierre Bourgeois et Michela Cuccagna, « De Gollnisch à Ménard : Charlotte d'Ornellas, la journaliste préférée de la fachosphère », Streetpress,‎ (lire en ligne).
  4. a b et c Florent Buisson, « Une ex-Jeanne d'Arc d'Orléans est une plume de l'extrême droite en France », larep.fr,‎ (lire en ligne).
  5. a b c et d Michel Clerc, « « Je n'ai jamais cru une demi seconde que le journalisme pouvait être neutre » », Entreprendre, no 302,‎ , p. 166-167 (lire en ligne).
  6. « « Éditorial », Lettre confédérale, no 1364, 18 août 2011 ».
  7. Dominique Albertini, « Philippe de Villiers écarte l'idée d'une candidature en 2017 », liberation.fr,‎ (lire en ligne).
  8. a et b Laurent de Boissieu, « L’Incorrect, un nouveau magazine entre droite et extrême droite », sur la-croix.com, .
  9. Laureline Dupont, « Primaire à droite : les coulisses du premier débat télé », lepoint.fr,‎ (lire en ligne).
  10. Mathilde Siraud, « Primaire à droite : le premier débat portera sur l'économie et l'identité », lefigaro.fr,‎ (lire en ligne).
  11. Erwan Duchateau, « Pascal Praud, le pro de la provoc’ », lesinrocks.com,‎ (lire en ligne).
  12. Hadrien Mathoux, « L'aumônier de l'Assemblée clame sur CNews que l'IVG « est un crime » », marianne.net,‎ (lire en ligne).
  13. a b et c « Charlotte d'Ornellas, valeur réac de la rentrée », sur lexpress.fr, (consulté le 7 décembre 2019).
  14. a b c et d Kévin Boucaud-Victoire, « Crise interne profonde à « Valeurs actuelles » ? », sur lemediapresse.fr, .
  15. « France 3 censure un magazine sur Jeanne d’Arc », sur lepoint.fr, (consulté le 2 mai 2021).
  16. « Charlotte d'Ornellas censurée : a-t-on déjà vu une voix off contaminer des téléspectateurs ? », sur marianne.net, (consulté le 2 mai 2021).
  17. Pascal Praud, le pro de la provoc', Les Inrockuptibles, 6/5/2017.
  18. Claude Askolovitch, « La dernière confession de Michel Houellebecq est dans Valeurs actuelles... », France Inter, 23 novembre 2017.
  19. Pascale Tournier, Le vieux monde est de retour, Paris, Stock, coll. « Essais - Documents », , 280 p. (ISBN 978-2-234-08354-7 et 2-234-08354-0, lire en ligne).
  20. Philippe de Villiers écarte l'idée d'une candidature en 2017, Libération, 15/6/2016.
  21. Marion Maréchal, entre promotion et retour, Le Figaro, 22/6/2018.
  22. Breitbart en France : ça a l'air mal parti, Nolwenn Le Blevennec et Emilie Brouze, L'Obs, 1/2/2017.
  23. « Marion Maréchal-Le Pen de retour pour faire la peau à Mai-68 », Paul Laubacher dans L'Obs, 15 mai 2018.
  24. Alexandre Sulzer, « Le réveil des “nouveaux conservateurs” », L'Express, 27 mars 2018.
  25. a et b Audrey Kucinskas, « Boulevard Voltaire, Breizh-Info… dans la tête des « réinformateurs » », lexpress.fr,‎ (lire en ligne).
  26. édito et sommaire du n° 2, L'Incorrect, octobre 2017.
  27. Les auteurs de L'Incorrect, consulté le 1er octobre 2018.
  28. « Comment la droite réactionnaire pèse sur les débats politiques », sur lemonde.fr, (consulté le 7 décembre 2019).
  29. a b et c « Qui est Charlotte d’Ornellas, la nouvelle vedette de la droite ultra-conservatrice ? », sur leparisien.fr, (consulté le 7 décembre 2019).
  30. « Nous, Syriens, n’arrivons plus à dire : France, tendre mère des chrétiens d’Orient », sur www.famillechretienne.fr (consulté le 22 août 2017).
  31. « SOS Chrétiens d'Orient : révélations sur l'ONG proche d'Assad », Mediapart,‎ (lire en ligne).
  32. « SOS Chrétiens d'Orient, inattendu «partenaire de la défense nationale» », sur Libération.fr, (consulté le 4 septembre 2019).
  33. « Syrie : enquête sur ces Français qui fréquentent le régime de Bachar al-Assad », sur LExpress.fr, (consulté le 4 septembre 2019).
  34. « Mon fils n’arrive plus à aller à l’église, il se demande comment Dieu peut laisser faire »,L'Orient-Le Jour, 27 août 2015.
  35. « Nouveau livre de Charlotte d'Ornellas - Ne nous laissez pas disparaître - SOS Chrétiens d'Orient », SOS Chrétiens d'Orient,‎ (lire en ligne).
  36. « Extrême droite: les liaisons dangereuses entre Valeurs actuelles et le régime syrien », sur FranceSoir, (consulté le 3 septembre 2019).
  37. « Voyage en Syrie: demandez le programme! », sur Le Soir Plus, (consulté le 4 septembre 2019).
  38. « Les prix de l'IFP », sur www.ifpfrance.org.
  39. https://www.cerclerenaissance.info/page-vierge90481d65

Liens externes[modifier | modifier le code]

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