Guillaume Faye

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Guillaume Faye en février 2015.

Guillaume Faye, né le à Angoulême, est un journaliste et écrivain français d'extrême droite.

Biographie[modifier | modifier le code]

De la « Nouvelle droite » à la mouvance identitaire[modifier | modifier le code]

Il est influencé par Henri Lefebvre dans les années 1970[1]. Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et titulaire d'un doctorat en sciences politiques, il est l'un des principaux théoriciens de la Nouvelle Droite française des années 1970-1980, dans le cadre du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE), cercle de réflexion créé et animé par Alain de Benoist[2], puis celui de l'extrême droite identitaire à partir de 1998.

Guillaume Faye est alors l'une des principales plumes du GRECE, et contribue à diffuser certains des grands thèmes des extrêmes droites radicales des années 1970-1980 : défense de l'« identité » culturelle et biologique contre le métissage, euro-fédéralisme, soutien à l'Iran de Khomeyni, antisionisme, etc.[3] Il manifeste également une préoccupation pour le thème de la modernité — « ou plutôt de la post-modernité » selon Anne-Marie Duranton-Crabol —, qu'il redéfinit comme la redécouverte du passé des cultures holistes, antérieur à la conscience chrétienne, et comme « projection d'un certain passé dans l'avenir »[4].

Fin 1986, il est exclu du GRECE : d'après l'historien Nicolas Lebourg, son éviction aurait été notamment causée par ses références à Jean Thiriart[3].

Durant la période où il est lié à la Nouvelle droite, il travaille au Figaro Magazine, à Paris Match, à VSD et anime des émissions de radio (La Voix du Lézard).

Guillaume Faye s'éloigne de la politique[5] de 1987 à 1998. Il travaille alors comme animateur sur Skyrock - sous le pseudonyme de Skyman - et se spécialise dans les canulars radiophoniques. Il collabore également à L'Écho des savanes, organise des sonoramas et organise l'émission Avant guerre avec Olivier Carré. Il forme[évasif] l'animateur Arthur. Il aurait aussi été occasionnellement acteur dans des films pornographiques[6]. Il participe à l'émission Télématin sur France 2 de 1991 à 1993[5] et dispense des cours de sociologie de la sexualité à l’université de Besançon[7]. Il participe également à la revue Gaie France, magazine homosexuel français d'extrême droite, et défend l'« érotisme adolescent » au nom du paganisme[8].

Réintégré au GRECE[Quand ?], il tient, d'après Nicolas Lebourg, « un discours nettement plus tranché sur la question raciale et violemment islamophobe. Il revient également vers les positions d'Europe-Action »[3]. Il produit alors le concept d'« Eurosibérie », qu'il définit comme « l’espace destinal des peuples européens enfin regroupés de l’Atlantique au Pacifique, scellant l’alliance historique de l’Europe péninsulaire, de l’Europe centrale et de la Russie ». Le politologue Stéphane François l'analyse comme « une forme de nationalisme européen, à l’instar des systèmes des théoriciens d’extrême droite Oswald Mosley, Yockey, Carl Schmitt et Julius Evola, mais avec un aspect ethnique et raciste très affirmé »[9]. Nicolas Lebourg considère qu'il développe ce concept « pour se démarquer du caractère multi-ethnique des thèses eurasistes en vogue sous l'influence du russe Alexandre Douguine ». C'est à cause de cette thèse qu'Alain de Benoist l'exclut de nouveau du GRECE[Quand ?] en dénonçant « un hybride d'X-Files et de Mein Kampf ». En revanche, Terre et Peuple, Unité radicale et les Jeunesses Identitaires y font explicitement référence par la suite[3].

À partir de 1998, il publie plusieurs livres de réflexion qui font de lui l'un des principaux inspirateurs de la mouvance identitaire. Ses nouvelles positions sont très éloignées de la ligne tiers-mondiste et anti-occidentale qu'il défendait quand il était au GRECE[10]. Dans L'Archéofuturisme publié en 1998, il fait l’éloge de la « mentalité européenne » faustienne qui se manifesterait dans « […] la cathédrale de Reims, l’escalier à triple révolution du château de Chambord, les dessins de Vinci, les BD de Liberatore et de l’école bruxelloise, ou du design des Ferrari ou les réacteurs germano-franco-suédois d’Ariane 5 »[11].

En 2000, il publie une lettre mensuelle sous forme de fanzine intitulé J'ai tout compris ! Lettre de désintoxication dont le premier numéro sort en septembre. Il y développe ses thèses : Faye prévoit un écroulement des sociétés européennes sous l'effet de l'immigration massive et une guerre totale entre l'Occident et l'islam. Après une interruption de plus d'un an, ce mensuel deviendra Signal d'alarme lors de sa reparution en avril 2006. Quelques années plus tard, il créé un blog du même nom que son premier fanzine.

En 2001, à l'occasion d'un long entretien, il déclare : « J’ai été élevé dans le culte du nationalisme français, de tendance bonapartiste, et le résultat paradoxal en fut un patriotisme européen. Mon milieu social d’origine est celui de la grande bourgeoisie parisienne, que je connais parfaitement de l’intérieur et dont je n’ai jamais partagé les idéaux conformistes et matérialistes, que je n’ai jamais enviée, parce que le style de vie qu’elle me proposait, fondamentalement, ne m’intéressait pas »[12].

Faye développe dans ses écrits le concept d'« ethnomasochisme », qu'il définit comme la tendance d'un peuple déterminé à dénigrer sa propre histoire, sa culture et ses valeurs par rapport à celles de l'étranger, en stigmatisant ses propres fautes historiques et en souhaitant sa propre dissolution par le fait d'une immigration massive. Certains adversaires du métissage considèrent l'apologie du métissage comme une forme d'« ethnomasochisme » : le terme a été repris dans les discours et les écrits de divers mouvements et auteurs, se retrouvant pour l'essentiel à l'extrême droite[13],[14].

Polémiques[modifier | modifier le code]

Après son retour sur la scène politique et intellectuelle, Guillaume Faye sera vivement critiqué par Alain de Benoist qui dénoncera l'« extrémisme » de ses prises de position actuelles[15].

Plus que par les anciens de la Nouvelle droite, Guillaume Faye se trouvera, au fil du temps, en butte aux attaques de certains milieux catholiques traditionalistes, des nationalistes révolutionnaires et des négationnistes. Ces attaques concerneront ses liens — réels ou supposés — avec la communauté juive et le sionisme.

En 2004, Le Journal de la France courtoise de Serge de Beketch publia le script d'une discussion enregistrée à l'insu de Guillaume Faye et laissant à penser qu'il ne croyait nullement à ce qu'il écrivait et qu'il était en contact avec le journaliste Serge Moati. Serge de Beketch accusa alors publiquement Guillaume Faye d'être « un agent provocateur et un imposteur ».

Cette polémique fut notamment relayée par des personnalités et sites liés au courant nationaliste-révolutionnaire. Ceux-ci considèrent Guillaume Faye comme le principal théoricien identitaire faisant passer la question juive au second plan. Certains vont jusqu'à le qualifier « d'agent d'influence sioniste » dans leurs publications. Guillaume Faye riposta en dénonçant dans son livre La Nouvelle question juive[16] Alain de Benoist, Christian Bouchet et Alain Soral comme « ayant ataviquement l'esprit femelle du collabo » vis-à-vis de l'islam et des immigrés.

La parution de ce livre relança la polémique. Guillaume Faye y avouant avoir eu des contacts avec des organisations sionistes[17] et usant de termes durs à l'encontre des négationnistes fut dénoncé par des représentants de cette dernière tendance, comme Robert Faurisson[18] et Jürgen Graf[19].

Les positions de Guillaume Faye sur la question juive ont suscité des controverses au sein de l'extrême droite : Pierre Vial a ainsi fait connaître son éloignement de Faye[20] et l'équipe du trimestriel Réfléchir et Agir a publié un communiqué le dénonçant[21].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Stéphane François, « La Gauche, le communautarisme et le différentialisme », sur http://tempspresents.com/,‎ (consulté le 29 avril 2015)
  2. Le retour des affreux (Biographie critique sur Guillaume Faye et Alain de Benoist). Technikart 1er décembre 2002
  3. a, b, c et d Nicolas Lebourg, « Ce n'est pas une interview : c'est une déclaration de guerre de Jean-Marie Le Pen », sur slate.fr,‎ (consulté le 16 avril 2015)
  4. Anne-Marie Duranton-Crabol, « La « nouvelle droite » entre printemps et automne (1968-1986) », Vingtième Siècle : Revue d'histoire, vol. 17, no 17,‎ , p. 40 (lire en ligne)
  5. a et b Portrait Guillaume Faye REFLEXes 2004
  6. Guillaume Faye relate cette expérience dans L'Archéofuturisme, L'Æncre, Paris, 1998, p. 103. Lire un extrait
  7. Emmanuel Lemieux, Le retour des affreux, Technikart, n° 68, 1er décembre 2002
  8. Pierre Vedraeger, L'Enfant interdit : Comment la pédophilie est devenue scandaleuse, Armand Colin, coll. « Individu et société »,‎ , 344 p..
  9. Stéphane François, « Réflexions sur le mouvement “Identitaire” (2/2) », Fragments sur les Temps présents, 5 mars 2009
  10. Voir par exemple son article « Pour en finir avec la civilisation occidentale », Éléments no 34, avril 1980.
  11. Stéphane François, « Un « Freak » aux Assises identitaires », sur tempspresents.com,‎ (consulté le 29 avril 2015)
  12. L'Europe païenne Guillaume Faye 2001
  13. « Stratégies et pratiques du mouvement nationaliste-révolutionnaire français », Le Banquet, Numéros 19 à 20, 2004
  14. Georges Perrin, Le grave malaise français: pourquoi les français ne s'aiment-ils pas, Godefroy de Bouillon, 2006, page 326
  15. « Dans un entretien paru en mars 2000 dans la revue italienne Area, proche de l'Alleanza Nazionale, Alain de Benoist évoque les « positions fortement racistes » de Faye, notamment sur la question de l'Islam », in Jean-Yves Camus, « La Nouvelle droite : bilan provisoire d'une école de pensée », La Pensée, mars 2005. Alain de Benoist avait déjà pris ses distances avec Faye peu après le retour de celui-ci sur la scène intellectuelle, marqué par la publication d'un livre que Benoist commenta ainsi en 1999 :
    « Je lis, rapidement, L'archéofuturisme, de Guillaume Faye. Comme dans tous les livres qui, depuis au moins un siècle, relèvent de la rhétorique de l'urgence, le style est haletant et l'avenir exclusivement conçu sous forme d'apocalypse (la “conjonction des catastrophes”). Ce qui frappe, c'est la façon dont l'auteur ne trouve rien à opposer à l'époque actuelle qui n'en soit pas la surenchère, qui n'en représente pas l'intensification : contre l'univers de la maîtrise et de l'aliénation de soi, toujours plus de volonté de domination ; contre la démonie technicienne, encore plus de déchaînement technicien ; contre le primat de l'efficience et le matérialisme pratique, les idées réduites à leur seule valeur instrumentale ; contre la montée de l'intolérance, le recours à l'exclusion généralisée ; contre le mouvement pour le mouvement, la fuite en avant. Rien d'“archaïque” ni de “futuriste” ici, ni même de postmoderne, seulement l'exponentielle de la modernité et tous les ingrédients de l'autodestruction. Pour finir, Faye dépeint un univers de fiction où je n'aimerais pas vivre. Prométhée contre Zeus : en termes jüngeriens, un tel livre se situe du côté des Titans », cf. Dernière année, notes pour conclure le siècle, éd. L'Âge d'Homme, 2001, p. 183.
  16. Guillaume Faye, La Nouvelle question juive, Les éditions du Lore, 2007.
  17. Entre autres, page 281, où il publie le texte d'une conférence qu'il tint en janvier 2004 devant des membres de l'Association France-Israël et du Jewish American Congress.
  18. « Communiqué de presse de Robert Faurisson », Altermedia, .
  19. « La Nouvelle question juive ou la fin de Guillaume Faye ? », .
  20. Terre et Peuple, no 33, équinoxe d'automne 2007.
  21. Réfléchir et agir, no 28, janvier 2008.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le Système à tuer les peuples, Copernic, 1981 ;
  • Sexe et idéologie, Éditions du Labyrinthe, 1983 ;
  • La NSC : Nouvelle société de consommation, Éditions du Labyrinthe, 1984 ;
  • L'Occident comme déclin, Le Labyrinthe, 1984 ;
  • Nouveau discours à la nation européenne, Albatros, 1985 ;
  • Les Nouveaux enjeux idéologiques, Éditions du Labyrinthe, 1985 ;
  • Le Guide de l'engueulade, Hors collection, 1992 ;
  • Le Manuel du séducteur pressé (sous le pseudonyme de Skyman), Hors collection, 1993 ;
  • L'Archéofuturisme, L'Æncre, 1998 ;
  • Les Extraterrestres de A à Z …, Dualpha, 2000 ;
  • La Colonisation de l'Europe. Discours vrai sur l'immigration et l'Islam, L'Æncre, 2000 ;
  • Pourquoi nous combattons. Manifeste de la résistance européenne, L'Æncre, 2001 ;
  • Balades au cœur de l'Europe païenne (participation à un ouvrage collectif), Les Éditions de la forêt, 2002.
  • Chirac contre les fachos (bande dessinée avec dessins de Chard), GFA, 2002  ;
  • Avant-guerre : Chronique d'un cataclysme annoncé, L'Æncre, 2003 ;
  • La Convergence des catastrophes (sous le pseudonyme Guillaume Corvus), DIE, 2004 ;
  • Le Coup d'État mondial, essai sur le nouvel impérialisme américain, l'Æncre, 2004 ;
  • La Nouvelle question juive, Les éditions du Lore, 2007.
  • Sexe et Dévoiement, Les éditions du Lore, 2011.
  • L'archéofuturisme V2.0, Les éditions du Lore, 2012.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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