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Damien Rieu

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Damien Rieu
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Biographie
Naissance
Nom de naissance
Damien LefèvreVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Damien RieuVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Militant politique, assistant parlementaire, conspirationnisteVoir et modifier les données sur Wikidata
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A travaillé pour
Partis politiques
Membre de

Damien Rieu, de son vrai nom Damien Lefèvre, est un militant politique français d'extrême droite. Dans les années 2010, il devient l'une des principales personnalités du mouvement identitaire en France.

Depuis 2019, il est l'assistant parlementaire du député européen Philippe Olivier, élu sur la liste du Rassemblement national.

Biographie

Né Damien Lefèvre[1] en 1990[2], il est le fils d'un militant communiste[3]. Il raconte que son père l’exclut du foyer familial alors qu’il a 17 ans, lorsqu'il décide de s'engager au Front national de la jeunesse. Placé en foyer, il affirme y être « le seul Blanc », façon selon Libération, « d'insister sur son expérience du prétendu « grand remplacement » et de se peindre en guerrier de la race blanche ». Le personnel d’un des foyers indique cependant qu’il était alors peu bavard sur ses opinions politiques[4].

Il quitte le FNJ rapidement[5] et rejoint Génération identitaire, où il dira avoir trouvé « une dimension communautaire, une famille, un bouclier et une solidarité »[6] ; là, il mène des actions comme l'occupation d'un chantier de mosquée à Poitiers, d'un Quick halal à Villeurbanne ou l'organisation d'une manifestation contre la présence de milliers d'étrangers en situation irrégulière à Calais[7]. Il intègre en particulier « Rebeyne ! », un groupe identitaire lyonnais[8] et devient porte-parole de Génération identitaire[9].

En , il est condamné pour avoir, dans le cadre d'une manifestation contre le mariage homosexuel, déployé illégalement une banderole « Hollande démission » au siège du Parti socialiste, rue de Solférino[10].

En , Damien Rieu prend la parole lors de meetings de Génération identitaire, où, selon Libération, « le complotisme n'est jamais loin »[11]. Il y soutient la théorie du Grand remplacement et préconise la « remigration »[12],[13]. D’après LCI, il y qualifie le gouvernement de François Hollande de « dictature socialiste » et déclare que « François Hollande a été élu par plus de 90 % de la communauté musulmane. Il est le président du grand remplacement »[14].

À partir de , il s'engage auprès de l'association SOS Chrétiens d'Orient[1],[15]. La même année, inculpé pour incitation à la haine raciale, il est relaxé[16].

En , il est condamné à « 40 000 euros d'amende et à un an de prison avec sursis » pour son action dans l'occupation du chantier de la grande mosquée de Poitiers[17]. Un procès en appel devait se tenir à Poitiers le 22 janvier 2020[18], mais est renvoyé au 20 mai à cause de la grève des avocats[19]. Le procès a finalement lieu le 19 juin 2020, où il est relaxé en raison d’une erreur de procédure, le tribunal ayant oublié de suspendre la prescription, qui n'est que d’un an pour des faits d'incitation à la haine raciale et dégradation[20].

En , il participe à l'organisation du blocage du Col de l'Échelle, point de passage des migrants venus d'Italie, par des dizaines de militants de Génération identitaire[21]. Poursuivi pour des « activités exercées dans des conditions de nature à créer dans l’esprit du public une confusion avec l’exercice d’une fonction publique », Damien Rieu est condamné, le 29 août 2019, par le tribunal correctionnel de Gap — avec Clément Gandelin, porte-parole de Génération identitaire et Romain Espino — à six mois de prison ferme, une amende de 2 000 euros et la privation « de [ses] droits civiques, civils et de famille pendant cinq ans ». Il fait appel, ce qui suspend la mise en application de la peine[22],[23].

En , il se mobilise en faveur de la militante du mouvement des Gilets jaunes Fiorina Lignier, éborgnée par un tir de lanceur de balle de défense, en lançant une cagnotte de soutien qui rapportera 50 000 euros. Selon Slate, Fiorina Lignier a été « érigée en martyr du mouvement identitaire par la fachosphère », et le soutien de Damien Rieu s'effectue dans ce contexte[note 1],[24].

Activités

Cofondateur de la société de communication Janus, il est recruté pendant six mois en 2014 au cabinet de Marie-Claude Bompard à Bollène[26], puis est embauché par Julien Sanchez comme directeur adjoint de la Communication de la ville de Beaucaire[27] durant l'année 2015[10]. Il passe ensuite au service de Marion Maréchal-Le Pen[28], se rapproche d'elle lors des élections régionales de 2015[10], et se retrouve employé au conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur à l'issue de ces dernières[7].

Il est, avec Pierre Sautarel, un des rédacteurs du site Fdesouche[28]. En 2016, il fonde avec Charlotte d'Ornellas un magazine gratuit sur internet intitulé France. Cette dernière décrit ce magazine comme le « petit nouveau de la famille des médias patriotes, issu du constat partagé qu’il existait une place libre pour un magazine de reportages, d’interviews et de débats sous une esthétique que nous espérons soignée[29],[30] ». Ce magazine présente des thèmes sur l'histoire, la politique ainsi que des entretiens avec notamment Philippe Conrad[31], Marine Le Pen[8], Philippe de Villiers et Nicolas Dupont-Aignan[32]. Le magazine cesse sa publication après trois numéros.

En 2018, il est recruté sous son nom d'état civil comme collaborateur parlementaire de Gilbert Collard à l'Assemblée nationale[33]. Jugeant que « ça ne marchait pas » avec lui, il devient, en 2019, l'assistant parlementaire du député européen Philippe Olivier — membre du bureau national et du conseil national du Rassemblement national, époux de Marie-Caroline Le Pen[34], avec pour mission, écrit le quotidien L'Opinion, de « faire buzzer », à savoir produire « un maximum de bruit sur le travail de la délégation RN au Parlement européen »[35]. Selon Le Soir, l'administration du Parlement « a pris la décision d’ouvrir une enquête concernant le cas de Damien Lefèvre […] », en raison de sa condamnation par le tribunal de Gap[23].

Selon un article de 2020 de Libération, Damien Rieu, qualifié de « pro de l'agit-prop », se « spécialise dans le clash numérique », avec une maîtrise « souvent supérieure à celle de ses adversaires ». Sur Twitter, Damien Rieu dénonce l'« islamisation » et l’« ensauvagement » de la société française, ou encore le racisme anti-Blancs. D'après le quotidien de gauche, il expose des faits divers, présente des vidéos tronquées et diffuse de nombreuses « fakes news ». Selon le politologue socialiste Gaël Brustier, il est un « excellent propagandiste »[4].

Note

  1. Plus tard ressurgiront des photos montrant Fiorina Lignier s'agenouillant et priant devant une croix gammée qu'elle vient de dessiner sur le sable d'une plage, une « connerie d'étudiante, une blague de mauvais goût » selon elle[24],[25].

Références

  1. a et b « SOS Chrétiens d'Orient : Noël en Syrie, Pâques au tison ? », sur reflexes.samizdat.net, .
  2. Le JDD, « Damien Rieu, l'identitaire derrière l’opération anti-migrants du col de l'Echelle », sur lejdd.fr (consulté le 30 août 2020)
  3. Henry 2017, p. 143.
  4. a et b Pierre Plottu et Maxime Macé, « Damien Rieu, le pro de l’agit-prop », sur liberation.fr, (consulté le 24 avril 2020)
  5. Henry 2017, p. 145.
  6. Henry 2017, p. 137.
  7. a et b Henry 2017, p. 134.
  8. a et b Henry 2017, p. 139.
  9. Frédéric Durand, « Damien Rieu, petit prince des causes obscures... », sur humanite.fr, .
  10. a b et c Henry 2017, p. 142.
  11. « La «remigration» des identitaires aux portes du FN », sur Libération.fr, (consulté le 9 juin 2019)
  12. « Génération Identitaire : la patrouille d’extrême droite mobilise ses troupes avant la Manif pour tous », sur Les Inrocks, (consulté le 9 juin 2019)
  13. « Au Bloc Identitaire, l'apologie de la «remigration» », sur FIGARO, (consulté le 9 juin 2019)
  14. « Ce qu'on a entendu au meeting islamophobe de Génération Identitaire », LCI,‎ (lire en ligne, consulté le 3 octobre 2018).
  15. « SOS Chrétiens d'Orient, une association humanitaire discrètement noyautée par l'extrême droite », BuzzFeed,‎ (lire en ligne, consulté le 3 octobre 2018).
  16. « Incitation à la haine raciale : l'ex porte-parole de Generation identitaire relaxé », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  17. « Damien Rieu, l'identitaire derrière l’opération anti-migrants du col de l'Echelle », sur lejdd.fr, .
  18. Lionel Gonzalez, « On connaît la date du procès en appel des militants “Génération Identitaire” qui avaient occupé la mosquée de Poitiers », sur francetvinfo.fr,
  19. Maïwenn Bordron, « Mosquée de Poitiers : le procès en appel des militants de Génération Identitaire renvoyé au 20 mai », sur francetvinfo.fr,
  20. Pierre Plottu et Maxime Macé, « Procès Génération identitaire à Poitiers : une relaxe mais un dossier vidé de substance », sur Libération.fr, (consulté le 21 juillet 2020)
  21. « Damien Rieu, l'identitaire derrière l’opération anti-migrants du col de l'Echelle », sur lejdd.fr (Europe 1), .
  22. Le Monde avec AFP, « Actions antimigrants dans les Alpes : six mois de prison ferme pour trois responsables », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 29 août 2019).
  23. a et b Marine Buisson, « Le Parlement européen se penche sur le cas des assistants parlementaires identitaires », sur lesoir.be, (consulté le 5 janvier 2020).
  24. a et b « Européennes 2019: la ligne pas très claire de Renaud Camus », sur Le Huffington Post,
  25. « Prière devant une croix gammée: Fiorina Lignier et Renaud Camus se retirent (photo + vidéo) », sur FranceSoir, (consulté le 23 mai 2019)
  26. Abel Mestre et Caroline Monnot, « Comment les identitaires cherchent à peser sur la ligne du FN », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  27. Sylvain Chazot, « Le maire FN de Beaucaire embauche le porte-parole de Génération identitaire », sur lelab.europe1.fr, .
  28. a et b Olivier Faye et Gilles Rof, « Les identitaires investissent le Front national », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  29. « France, le nouveau « magazine patriote » gratuit », sur ojim.fr, (consulté le 30 mai 2020)
  30. StreetPress, « De Gollnisch à Ménard : Charlotte d’Ornellas, la journaliste préférée de la fachosphère », sur StreetPress (consulté le 30 mai 2020)
  31. « France n°1 », sur calameo.com (consulté le 30 mai 2020)
  32. Marie-Pierre Bourgeois et Michela Cuccagna, « De Gollnisch à Ménard : Charlotte d'Ornellas, la journaliste préférée de la fachosphère », sur streetpress.com, .
  33. « ÇA RESTE ENTRE NOUS Les indiscrétions de la semaine », sur Objectif Gard,
  34. « Deux identitaires deviennent collaborateurs parlementaires RN à Bruxelles », sur lopinion.fr, (consulté le 5 janvier 2020).
  35. Ivanne Trippenbach, « Deux identitaires deviennent collaborateurs parlementaires RN à Bruxelles », sur lopinion.fr, (consulté le 9 janvier 2020).

Bibliographie