Damien Rieu

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Damien Rieu
Illustration.
Damien Rieu en 2021.
Biographie
Nom de naissance Damien Lefèvre
Date de naissance (31 ans)
Nationalité Française
Parti politique FN/RN
Diplômé de Université Panthéon-Assas
Profession Assistant parlementaire

Damien Rieu, de son vrai nom Damien Lefèvre, né le , est un homme politique français.

Classé à l'extrême droite, il devient dans les années 2010 l'un des militants les plus médiatiques du mouvement identitaire en France.

Depuis 2019, il est l'assistant parlementaire du député européen Philippe Olivier, élu sur la liste du Rassemblement national. Il est candidat de ce parti aux élections départementales de 2021.

Biographie[modifier | modifier le code]

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Né Damien Lefèvre le 27 août 1989 en région lyonnaise, il est le fils d'un militant communiste[1],[2]. Il raconte que son père l’a exclu du foyer familial alors qu’il avait 17 ans, lorsqu'il a décidé de s'engager au Front national de la jeunesse (FNJ). Placé en foyer, il affirme y avoir été « le seul Blanc », une version des faits démentie par le personnel d'un des foyers, qui affirme aussi qu'il était alors peu bavard sur ses opinions politiques[3].

Génération identitaire[modifier | modifier le code]

Il quitte le FNJ rapidement[4] et rejoint Génération identitaire, où il dira avoir trouvé « une dimension communautaire, une famille, un bouclier et une solidarité »[5]. Au sein de l'organisation, il mène des actions comme l'occupation d'un chantier de mosquée à Poitiers, d'un Quick halal à Villeurbanne et l'organisation d'une manifestation contre la présence de milliers d'étrangers en situation irrégulière à Calais[6],[7]. Il intègre en particulier « Rebeyne ! », un groupe identitaire lyonnais[8], et devient porte-parole de Génération identitaire[9].

En , il est condamné pour avoir, dans le cadre d'une manifestation contre le mariage homosexuel, déployé illégalement une banderole « Hollande démission » au siège du Parti socialiste, rue de Solférino[10].

En , Damien Rieu prend la parole lors de rassemblements de Génération identitaire, où, selon Libération, « le complotisme n'est jamais loin »[11]. Il y soutient la théorie du Grand remplacement et préconise la « remigration »[12],[13]. D’après LCI, il y qualifie le gouvernement de François Hollande de « dictature socialiste » et déclare que « François Hollande a été élu par plus de 90 % de la communauté musulmane. Il est le président du grand remplacement »[14].

À partir de , il s'engage auprès de l'association SOS Chrétiens d'Orient[1],[15]. La même année, inculpé pour incitation à la haine raciale, il est relaxé[16].

En , il est condamné à « 40 000 euros d'amende et à un an de prison avec sursis » pour son action dans l'occupation du chantier de la grande mosquée de Poitiers[17]. À l’issue du procès, qui a lieu le à Poitiers, il est relaxé en raison d’une erreur de procédure, le tribunal ayant oublié de suspendre la prescription, qui n'est que d’un an pour des faits d'incitation à la haine raciale et dégradation[18].

En , il participe à l'organisation du blocage du Col de l'Échelle, point de passage des migrants venus d'Italie, par des dizaines de militants de Génération identitaire[19]. Poursuivi pour des « activités exercées dans des conditions de nature à créer dans l’esprit du public une confusion avec l’exercice d’une fonction publique », Damien Rieu est condamné en première instance, en — avec Clément Gandelin, porte-parole de Génération identitaire et Romain Espino —, à six mois de prison ferme, une amende de 2 000 euros et la privation « de [ses] droits civiques, civils et de famille pendant cinq ans ». En , la cour d'appel de Grenoble prononce finalement la relaxe des trois prévenus[20].

Il se mobilise en 2019 en faveur de la militante du mouvement des Gilets jaunes Fiorina Lignier, éborgnée par un tir de lanceur de balle de défense, en lançant une cagnotte de soutien qui rapportera 50 000 euros. Selon Slate, Fiorina Lignier a été « érigée en martyr du mouvement identitaire par la fachosphère », et le soutien de Damien Rieu s'effectue dans ce contexte[note 1],[21].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Cofondateur de la société de communication Janus, il est recruté pendant six mois en 2014 au cabinet de Marie-Claude Bompard à Bollène[23], puis est embauché par Julien Sanchez comme directeur adjoint de la Communication de la ville de Beaucaire[24] durant l'année 2015[10]. Il passe ensuite au service de Marion Maréchal-Le Pen[25], se rapproche d'elle lors des élections régionales de 2015[10], et se retrouve employé au conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur à l'issue de ces dernières[6].

Il est, avec Pierre Sautarel, un des rédacteurs du site Fdesouche[25]. En 2016, il fonde avec Charlotte d'Ornellas un magazine gratuit sur Internet intitulé France. Cette dernière décrit ce magazine comme le « petit nouveau de la famille des médias patriotes, issu du constat partagé qu’il existait une place libre pour un magazine de reportages, d’interviews et de débats sous une esthétique que nous espérons soignée[26],[27] ». Ce magazine présente des thèmes sur l'histoire, la politique ainsi que des entretiens avec notamment Philippe Conrad[28], Marine Le Pen[8], Philippe de Villiers et Nicolas Dupont-Aignan[29]. Le magazine cesse sa publication après trois numéros[réf. nécessaire].

En 2018, il est recruté sous son nom d'état civil comme collaborateur parlementaire de Gilbert Collard à l'Assemblée nationale[30]. Jugeant que « ça ne marchait pas » avec lui, il devient, en 2019, l'assistant parlementaire du député européen Philippe Olivier — membre du bureau national et du conseil national du Rassemblement national, époux de Marie-Caroline Le Pen[31], avec pour mission, écrit le quotidien L'Opinion, de « faire buzzer », à savoir produire « un maximum de bruit sur le travail de la délégation RN au Parlement européen »[32]. L'administration du Parlement européen ouvre une enquête sur lui, en raison de sa condamnation par le tribunal de Gap qui ne figurait pas sur l'extrait de casier judiciaire nécessaire à son embauche[33].

Selon un article de 2020 de Libération, Damien Rieu, qualifié de « pro de l'agit-prop », se « spécialise dans le clash numérique », avec une maîtrise « souvent supérieure à celle de ses adversaires ». Sur Twitter, Damien Rieu dénonce l'« islamisation » et l'« ensauvagement » de la société française, ou encore le « racisme anti-Blancs ». Selon Libération, il expose des faits divers, présente des vidéos tronquées et diffuse de nombreuses fausses nouvelles. Selon le politologue socialiste Gaël Brustier, il est un « excellent propagandiste »[3].

Il est candidat aux élections départementales de 2021 dans le canton de Péronne (Somme) sous l'étiquette du Rassemblement national[34].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Plus tard ressurgiront des photos montrant Fiorina Lignier s'agenouillant et priant devant une croix gammée qu'elle vient de dessiner sur le sable d'une plage, une « connerie d'étudiante, une blague de mauvais goût » selon elle[21],[22].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « SOS Chrétiens d'Orient : Noël en Syrie, Pâques au tison ? », sur reflexes.samizdat.net, .
  2. Henry 2017, p. 143.
  3. a et b Pierre Plottu et Maxime Macé, « Damien Rieu, le pro de l’agit-prop », sur liberation.fr, (consulté le 24 avril 2020)
  4. Henry 2017, p. 145.
  5. Henry 2017, p. 137.
  6. a et b Henry 2017, p. 134.
  7. Paul Laubacher, « Damien Rieu, « twitto » préféré de Marine Le Pen et « premier identitaire français » », sur nouvelobs.com, (consulté le 10 mai 2021).
  8. a et b Henry 2017, p. 139.
  9. Frédéric Durand, « Damien Rieu, petit prince des causes obscures... », sur humanite.fr, .
  10. a b et c Henry 2017, p. 142.
  11. « La «remigration» des identitaires aux portes du FN », sur Libération.fr, (consulté le 9 juin 2019)
  12. « Génération Identitaire : la patrouille d’extrême droite mobilise ses troupes avant la Manif pour tous », sur Les Inrocks, (consulté le 9 juin 2019)
  13. « Au Bloc Identitaire, l'apologie de la «remigration» », sur FIGARO, (consulté le 9 juin 2019)
  14. « Ce qu'on a entendu au meeting islamophobe de Génération Identitaire », LCI,‎ (lire en ligne, consulté le 3 octobre 2018).
  15. « SOS Chrétiens d'Orient, une association humanitaire discrètement noyautée par l'extrême droite », BuzzFeed,‎ (lire en ligne, consulté le 3 octobre 2018).
  16. « Incitation à la haine raciale : l'ex porte-parole de Generation identitaire relaxé », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  17. « Damien Rieu, l'identitaire derrière l’opération anti-migrants du col de l'Echelle », sur lejdd.fr, .
  18. Pierre Plottu et Maxime Macé, « Procès Génération identitaire à Poitiers : une relaxe mais un dossier vidé de substance », sur libération.fr, (consulté le 21 juillet 2020)
  19. « Damien Rieu, l'identitaire derrière l’opération anti-migrants du col de l'Echelle », sur lejdd.fr (Europe 1), .
  20. Stanislas Poyet, « Opération antimigrants dans les Alpes : Génération Identitaire relaxée », sur lefigaro.fr, (consulté le 16 décembre 2020).
  21. a et b « Européennes 2019: la ligne pas très claire de Renaud Camus », sur Le Huffington Post,
  22. « Prière devant une croix gammée: Fiorina Lignier et Renaud Camus se retirent (photo + vidéo) », sur FranceSoir, (consulté le 23 mai 2019)
  23. Abel Mestre et Caroline Monnot, « Comment les identitaires cherchent à peser sur la ligne du FN », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  24. Sylvain Chazot, « Le maire FN de Beaucaire embauche le porte-parole de Génération identitaire », sur lelab.europe1.fr, .
  25. a et b Olivier Faye et Gilles Rof, « Les identitaires investissent le Front national », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  26. « France, le nouveau « magazine patriote » gratuit », sur ojim.fr, (consulté le 30 mai 2020)
  27. StreetPress, « De Gollnisch à Ménard : Charlotte d’Ornellas, la journaliste préférée de la fachosphère », sur StreetPress (consulté le 30 mai 2020)
  28. « France n°1 », sur calameo.com (consulté le 30 mai 2020)
  29. Marie-Pierre Bourgeois et Michela Cuccagna, « De Gollnisch à Ménard : Charlotte d'Ornellas, la journaliste préférée de la fachosphère », sur streetpress.com, .
  30. « ÇA RESTE ENTRE NOUS Les indiscrétions de la semaine », sur Objectif Gard,
  31. « Deux identitaires deviennent collaborateurs parlementaires RN à Bruxelles », sur lopinion.fr, (consulté le 5 janvier 2020).
  32. Ivanne Trippenbach, « Deux identitaires deviennent collaborateurs parlementaires RN à Bruxelles », sur lopinion.fr, (consulté le 9 janvier 2020).
  33. Marine Buisson, « Le Parlement européen se penche sur le cas des assistants parlementaires identitaires », sur lesoir.be, (consulté le 5 janvier 2020).
  34. « Damien Rieu, ex-porte-parole de Génération identitaire, candidat RN », sur huffingtonpost.fr, (consulté le 27 mars 2021).

Bibliographie[modifier | modifier le code]