Marâtre et parâtre

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La marâtre ou belle-mère d'une personne est la conjointe de son père quand celle-ci n’est pas sa mère. De même, le parâtre ou beau-père d'une personne est le conjoint de sa mère quand celui-ci n’est pas son père. Les termes « marâtre » et « parâtre » ont pris dans le langage courant une connotation péjorative, et on leur préfère donc les termes de « beau-père » et « belle-mère ». Marâtre est devenu synonyme de « mauvaise mère », y compris pour désigner une « mauvaise » mère biologique.

Étymologie[modifier | modifier le code]

« Marâtre » vient de l’ancien français marastre (belle-mère) issu du bas latin matrastra (seconde femme du père)[1]. Les belles-mères n’étant pas toujours tendres envers les enfants d’un premier mariage comme en témoigne le vers français médiéval De mauvaise marastre est l'amour moult petite, le terme « marâtre » est devenu synonyme de « mauvaise belle-mère »[2]. Marâtre est également devenu synonyme de « mauvaise mère » pour désigner le cas échéant la mère biologique[1]. Le droit civil moderne préfère les termes de « belle-mère » et « beau-père », moins péjorativement connotés, pour désigner les « parents par alliance » ou « alliés »[3].

La marâtre dans les contes[modifier | modifier le code]

Dans les contes, la marâtre est en général présentée comme une mauvaise belle-mère, voire une méchante belle-mère comme dans Blanche-Neige ou Cendrillon et encore dans Les Malheurs de Sophie. Par extension et par la signification péjorative du suffixe français -âtre (comme dans noirâtre), marâtre est devenu synonyme de « mauvaise mère », y compris pour désigner la mère biologique.

Avant qu'elle ne devienne un personnage emblématique des contes de fées, tout en noirceur, l'équivalent de la sorcière, voire de l'ogre ou du diable, on trouve la marâtre, au XVIe siècle, dans certains contes merveilleux de Straparola (par exemple dans Blanchebelle et le Serpent ou Lancelot, roi de Provins) puis, dans la première moitié du siècle suivant, dans ceux de Basile (par exemple dans Nennillo et Nennella, dont l'introduction constitue une mise en garde contre les belles-mères).

Parâtre dans les contes[modifier | modifier le code]

Toujours dans les contes, il est encore rare de trouver aujourd'hui un parâtre (méchant beau-père), mais il en existe pourtant un, même plusieurs. Comme par exemple en 2018, R.J.P Toreille, auteur du conte de fée Éléonore, publié à Le Lys Bleu Édition met en scène un méchant qui est un parâtre.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • Catherine Audibert, Le Complexe de la marâtre : Être belle-mère dans une famille recomposée, Paris, Payot, , 170 p. (ISBN 978-2-228-89902-4, BNF 39232600)
  • Michel Moral et Marie-Luce Iovane-Chesneau, Belle-mère ou marâtre : Quels rôles pour la femme du père ?, Paris, L'Archipel, coll. « Archipsy », , 229 p. (ISBN 978-2-8098-0025-8, BNF 41240635)
  • Dominique Devedeux, Au secours, je suis une marâtre !, Paris, Michalon, , 156 p. (ISBN 978-2-84186-534-5, BNF 42199501)

Fiction[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Définitions lexicographiques et étymologiques de « marâtre » dans le Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. Définition de marâtre dans Pathologies verbales ou Lésions de certains mots dans le cours de l'usage d'Émile Littré
  3. Lexique des termes juridiques, Dalloz, , 24e éd. [détail des éditions] (lire en ligne), article « Beau-père, belle-mère »