Cato Institute

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Cato Institute
Image illustrative de l'article Cato Institute

Domaine d'activité généraliste
Histoire
Création 1974
Budget
Caractéristiques
Personnes-clés Edward H. Crane, fondateur,
Siège 1000 Massachusetts Avenue NW Washington, D.C. 20001
Chercheurs 46
Site web cato.org

Le Cato Institute (français : Institut Caton) est un think tank libertarien (qui est l'équivalent du terme libéral en France, le mot libéral ayant un sens différent aux États-Unis) américain basé à Washington, D.C. Il a été créé initialement sous le nom de Charles Koch Foundation en 1974 par Ed Crane, Murray Rothbard et Charles Koch (président du conseil d'administration et président-directeur général du conglomérat Koch Industries). En juillet 1976, la Charles Koch Foundation est renommé en Cato Institute.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Cato Institute a été fondé en 1977 à San Francisco par Edward H. Crane (ancien président du Parti libertarien), avec une subvention initiale du milliardaire Charles G. Koch, héritier de Koch Industries. Il doit son nom aux Cato's Letters, des pamphlets libertariens écrits au début du XVIIIe siècle en Grande-Bretagne, qui reprenait les idées politiques de John Locke et qui ont posé les fondements philosophiques de la guerre d'indépendance américaine. Ces lettres reprenaient le nom de Caton le jeune (Cato en anglais) et non une référence au catholicisme.

Parmi les trois membres fondateurs se trouvait le fondateur de l'anarcho-capitalisme, Murray Rothbard ; c'est lui qui inspira le nom de l'organisation, mais il la quitta en 1981 à cause de différends avec les autres membres (voir aussi la section « Critiques » pour son opinion sur l'institut). La même année, l'institut déménage à Washington.

Idées défendues[modifier | modifier le code]

Dans ses statuts, le Cato Institute annonce défendre des politiques qui défendent « les libertés individuelles, un gouvernement réduit, les libertés économiques et la paix. » Les universitaires qui en font partie défendent souvent des positions libertariennes : abolition du salaire minimum, suppression de l'État-providence et des barrières douanières, retrait de l'État du marché, etc.

Bien qu'officiellement indépendant de tout parti, il existe des liens entre le Cato Institute et le mouvement conservateur américain. De nombreux républicains ont repris les idées libertariennes du Cato Institute et Ronald Reagan ainsi que Barry Goldwater ont été influencés par ces mêmes idées. L'institut s'est néanmoins fortement éloigné des politiques républicaines, en particulier dans le domaine des libertés individuelles[1] et sur la politique étrangère des néoconservateurs.

Le Cato Institute défend également la privatisation de la sécurité sociale américaine (cette expression désignant le système de retraite et d'assurances et non la sécurité sociale dans son sens français). Récemment, il a fortement critiqué le traitement réservé aux « ennemis combattants » et plaidé en faveur d'un accès plus facile du territoire américain aux travailleurs immigrants. Sur l'environnement, le Cato Institute invite régulièrement des auteurs « sceptiques » à l'endroit du lien entre réchauffement climatique et activité humaine.

Actions[modifier | modifier le code]

Cato Institute

Le Cato Institute diffuse ses idées par la publication de revues ou des conférences. Il publie ainsi régulièrement les Cato's Letters, The Cato Journal ou encore Regulation. Il publie également des ouvrages tels que Social Security: The Inhérent Contradiction, In Défense of Global Capitalism, ou You Can't Say That!: The Growing Threat to Civil Liberties from Antidiscrimination Laws.

Revenus[modifier | modifier le code]

Selon le rapport annuel de 2005, l'institut a effectué pour 17,2 millions $ de dépenses et a eu des revenus de 22,4 millions $. 83 % de ces revenus provenaient de particuliers, 11 % d'associations, 2 % d'entreprises, et 4 % du revenu des ventes d'ouvrages ou des formations.

Rupert Murdoch a été membre du conseil d'administration de Cato, alors qu'il siégeait également chez Philip Morris. Il est reproché à l'institut d'avoir reçu d'importants fonds du lobby du tabac[2]. Le groupe Knight Ridder l'a également accusé d'avoir accepté des fonds de l'assureur American International Group (AIG) au moment de sa campagne pour la privatisation de la sécurité sociale. De 2001 à 2003, Cato a reçu 75 000 $ d'ExxonMobil. En 2005 Doug Bandow, Senior fellow au Cato Institute, a reconnu avoir accepté de l'argent du lobbyiste Jack Abramoff pour lui écrire des articles favorables aux clients de ce dernier[3].

Critiques[modifier | modifier le code]

Murray Rothbard, théoricien anarcho-capitaliste ayant été l'un des fondateurs du Cato Institute, lui reprocha par la suite de pencher en plusieurs manières vers l'étatisme progressiste, que ce soit en défendant certaines positions sociétales anti-libérales (défense de lois anti-discrimination concernant les homosexuels) ou encore en proposant des réformes fiscales mi-figue mi-raisin (remplacement d'un impôt par un autre censé apporter une rentrée fiscale équivalente), entre autres[4].

Prix Milton Friedman pour le progrès des libertés[modifier | modifier le code]

Depuis 2002, Cato décerne le prix Milton Friedman tous les deux ans à ceux « qui ont fait une contribution remarquable au progrès de la liberté humaine ». Le prix est assorti d'une prime de 500 000 $.

Lauréats[modifier | modifier le code]

Ont notamment remporté le prix:

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]