Vénétie

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Vénétie
Veneto
Blason de VénétieVeneto
Héraldique
Drapeau de VénétieVeneto
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Chef-lieu Venise
Provinces 7
Communes 581
Président Luca Zaia (LN)
2015-2020
NUTS 1 ITD (Italie du nord-est)
ISO 3166-2 IT-34
Démographie
Population 4 901 584 hab. (31/06/2013)
Densité 266 hab./km2
Géographie
Superficie 1 839 900 ha = 18 399 km2
Localisation
Localisation de VénétieVeneto
Liens
Site web regione.veneto.it

La région de la Vénétie[1] (en italien : Regione Veneto /ˈvɛːneto/, en vénitien : Rejón del Vèneto) est une région du nord-est de l’Italie. Elle compte environ 5 millions d'habitants, étant la cinquième région la plus peuplée du pays, sur un territoire de 18 391 km2. Sa capitale est Venise (en vénitien Venessia, en italien Venezia).

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue du val de Vénitie.

Avec 18 391 km2, la Vénétie est la huitième région italienne. Elle est délimitée à l'est par la région du Frioul-Vénétie Julienne, au nord-ouest par le Trentin-Haut-Adige, à l'ouest par la Lombardie, au sud par l'Émilie-Romagne et à l'est par la mer Adriatique[2]. Dans son extrémité septentrionale, la Vénétie est limitrophe de l'Autriche.

Le point le plus septentrional est la Cima Vanscúro, près des confins autrichiens, tandis que la Punta di Goro, dans le delta du Pô, est le point le plus méridional de la région.

Du point de vue morphologique, la Vénétie peut être divisée en plusieurs zones :

Provinces[modifier | modifier le code]

Les sept provinces de Vénétie.

La Vénétie est divisée en sept provinces ; la province de Belluno est la plus grande en extension et la province de Padoue, la plus habitée.

Province / Ville métropolitaine Habitants du chef-lieu Superficie (km²) Habitants de la province Densité Communes
Province de Belluno 36 584 3 678 213 956 58,1 69
Province de Padoue 213 151 2 141 925 640 431 104
Province de Rovigo 52 263 1 789 247 440 138,2 50
Province de Trévise 82 213 2 477 882 473 355,6 95
Ville métropolitaine de Venise 270 867 2 463 857 221 347,2 44
Province de Vérone 265 073 3 121 912 239 291,7 98
Province de Vicence 115 292 2 722 864 871 317 121

Communes les plus peuplées[modifier | modifier le code]

Pos. Commune Habitants
(hab.)
Superficie
(km²)
Densité
(hab./km²)
Altitude
(m)
Province / Ville métropolitaine
Venise 271 047 414,57 653,8 1 VE
Vérone 265 088 206,63 1 282,9 59 VR
Padoue 223 903 92,85 2 293 12 PD
Vicence 115 379 80,54 1 432,6 39 VI
Trévise 82 205 55,50 1 481,2 15 TV
Rovigo 52 290 108,55 481,7 6 RO
Chioggia 50 831 185,20 274,5 2 VE
Bassano del Grappa 42 982 46,79 918,6 129 VI
San Donà di Piave 41 015 78,73 521,8 3 VE
10° Schio 39 471 67,04 588,8 200 VI

Histoire[modifier | modifier le code]

Pendant l'Antiquité, la Venétie fut une des onze régions de l'Italie romaine (Regio X Venetia et Histria) d'après le découpage administratif de la péninsule prévu par Auguste en l'an 7. Après la fin de l'Empire d'Occident, la Vénétie passa sous l'autorité de l'Empire d'Orient, avant d'acquérir une indépendance de facto. Par la suite, le territoire régional appartint pendant des siècles à la République de Venise.

Palais des Doges de Venise.

En 1797, après environ un millénaire d'indépendance, la république fut conquise par Napoléon Bonaparte au terme de la campagne d'Italie et cédée à l’Autriche avec le traité de Campo-Formio. Après la défaite autrichienne d’Austerlitz et le traité de Presbourg, la Vénétie devint partie du Royaume napoléonien d’Italie (1805). Elle fut rendue à l’Empire d'Autriche en 1815. En conséquence de la troisième guerre d'indépendance italienne, grâce à la victoire des alliés prussiens contre l’Autriche (Bataille de Sadowa, 1866), la Vénétie (avec le Frioul) fut cédée par l'Autriche à l'empereur Napoléon III qui la rétrocéda à son tour à l'Italie.

La Vénétie fut le théâtre de plusieurs batailles pendant la Première Guerre mondiale. La bataille de Vittorio Veneto scella la victoire italienne contre l’Autriche-Hongrie. L’armistice fut signé à Villa Giusti, près de Padoue. Elle fut amputée de sa partie orientale en 1945 avec la création d'une nouvelle région, le Frioul-Vénétie Julienne, afin de donner un « arrière-pays » à la ville de Trieste à la suite de l'annexion de l'Istrie par la Yougoslavie de Tito.

Population[modifier | modifier le code]

Jusqu’au début des années 1970, la Vénétie, région pauvre et agraire, fut une terre d’émigration massive. Entre 1870 et 1970, plus de 3 millions de Vénètes abandonnèrent leur patrie pour chercher une meilleure qualité de vie, émigrant surtout vers l’Amérique du Sud et après la Seconde Guerre mondiale aussi vers les pays les plus développés de l’Europe (France). Beaucoup d’entre eux émigrèrent vers d'autres régions d’Italie (Marais Pontins, les centres industriels du nord-ouest, Milan, Turin et Gênes).

À partir des années 1970, grâce à l’industrialisation massive, la Vénétie se transforma en terre d’immigration, au début de l’Italie du Sud, depuis un quinzaine d’années surtout de l’étranger. Aujourd’hui, plus de 350 000 citoyens étrangers habitent dans la région, c’est-à-dire 7,3 % de la population régionale.

Outre l’italien, la majorité de la population parle vénitien. Il y a des minorités linguistiques germanophones (Sappada) et ladines dans la province de Belluno, frioulanes dans la zone de Portogruaro et à Sapadda. La région ne jouit pas d’un statut spécial d’autonomie, contrairement à ses voisins du Trentin-Haut-Adige et du Frioul-Vénétie Julienne. C’est pourquoi beaucoup de communes limitrophes de ces territoires ont organisé des référendums visant le rattachement aux régions autonomes avec statut spécial, lesquelles disposent d'un régime fiscal privilégié.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques[modifier | modifier le code]

Région traditionnellement conservatrice et plutôt religieuse, la Vénétie a été pendant une quarantaine d'années un bastion de la Démocratie chrétienne. Depuis la disparition de celle-ci, la région a été gouvernée par des coalitions de centre-droite. L'actuel président de la région est Luca Zaia, au pouvoir depuis 2010. Au niveau municipal, en revanche, certaines de ses villes majeures sont gouverné par des coalitions de centre-gauche (Padoue, Vicence, Belluno, Trévise, Bassano del Grappa, Feltre).

En raison du passé de Venise, les tendances autonomistes sont très prononcées. La Ligue du Nord - Ligue Vénitienne (Lega Nord-Liga Veneta), est très populaire. D'autres petits partis comme la Ligue Vénétie République (Liga Veneta Repubblica) et Projet nord-est (Progetto Nordest) sont implantés en Vénétie, pour laquelle ils réclament l'autonomie, voire l'indépendance.

Institutions[modifier | modifier le code]

Conseil régional[modifier | modifier le code]

Le Conseil régional de Vénétie est l'organe représentatif de la population. Il se compose de cinquante-et-un membres élus pour cinq ans.

Junte régionale[modifier | modifier le code]

La junte constitue l'exécutif de la région. Elle est dirigée par le président et comporte onze autres membres.

Présidents de la région de la Vénétie[modifier | modifier le code]

Période Président Parti
1970-1972 Angelo Tomelleri DC
1972-1973 Piero Feltrin DC
1973-1980 Angelo Tomelleri DC
1980-1989 Carlo Bernini DC
1989-1992 Gianfranco Cremonese DC
1992-1993 Franco Frigo DC
1993-1994 Giuseppe Pupillo PDS
1994-1995 Aldo Bottin PPI
1995-2010 Giancarlo Galan FI, PDL
Depuis 2010 Luca Zaia LN

Économie[modifier | modifier le code]

La Vénétie est aujourd'hui une des régions les plus riches d’Italie, ayant su se transformer de région agraire en région industrielle.

Pourtant l’agriculture joue un rôle important dans l’économie régionale. La Vénétie est une importante région viticole : Soave, Valpolicella, Amarone della Valpolicella et Prosecco sont les vins les plus connus.

Article détaillé : Vins de Vénétie.

Le radicchio est un autre produit typique de l’agriculture vénète.

L’industrie est caractérisée par des petites et moyennes entreprises. Dans la ville métropolitaine de Venise, il y a des raffineries de pétrole, des chantiers navals et des usines chimiques. Noale, dans la même province, est le siège du constructeur des motocyclettes Aprilia. À Porto Tolle (province de Rovigo) se trouve la plus grande centrale thermoélectrique d’Italie. L’industrie de la mode est très forte dans la région : Benetton, Geox, Lotto et Diesel y ont leur quartier général. Luxottica, le plus grand producteur mondial de lunettes, a son siège à Agordo, dans la province de Belluno.

Le tourisme est une ressource fondamentale pour l’économie de la Vénétie, qui est la première région touristique italienne, avec 60 millions d’arrivées en 2007. Venise et les autres chefs-lieux de province, ainsi que les localités plus petites, Cortina d’Ampezzo sur les Dolomites, la station thermale d’Abano Terme, Peschiera et Malcesine au bord du lac de Garde, les plages adriatiques et les villas de Palladio attirent des millions de visiteurs.

En comparaison avec le produit intérieur brut par habitant de l’Union européenne, la Vénétie dépasse la moyenne de 21,5 % (Vénétie : 121,5, UE : 23 500), avec 28 700 [3]. En termes de produit régional brut, la Vénétie est la troisième région italienne, après la Lombardie et le Latium, avec 135 milliards d’euros. Le taux de chômage est de 4,2 %.

Monuments[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Compléments bibliographiques[modifier | modifier le code]

Source sur la protohistoire et l'antiquité de la Vénétie :

  • Raymond Chevallier, « La romanisation de la celtique du Pô. : Essai d'histoire provinciale. », Bibliothèque de l' École française d'Athènes et de Rome, École française de Rome, vol. 249, no 1,‎ (DOI 10.3406/befar.1983.1214, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Antiquité romaine

Liens externes[modifier | modifier le code]