Henry Greffulhe

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Henry Greffulhe
Comte Henry Greffulhe par Paul Nadar.jpg

Henry Greffulhe, photographié par Nadar

Fonction
Député
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 83 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Lieu de travail
Activité
Père
Mère
Félicité-Pauline-Marie de la Rochefoucauld d'Estissac (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Jeanne-Marie Greffulhe (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfant
Autres informations
Distinction

Le comte Henry Jules Charles Emmanuel Greffulhe, né le et mort le à Paris 8e, est un aristocrate français qui fut un des modèles de Marcel Proust pour le duc de Guermantes dans À la recherche du temps perdu.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du comte Charles Greffulhe et de la comtesse, née Félicie de La Rochefoucauld d'Estissac, le comte Henry Greffulhe est issu par son père d'une famille protestante de financiers et de propriétaires fonciers, dont la fortune, colossale, remonte à la Révolution française et qui a su s'agréger à la haute société. Grand, large d'épaules, avec une superbe barbe blonde, son allure majestueuse est démentie par des manières brusques et une certaine vulgarité d'expression et de caractère. Selon Proust, on le surnommait « Jupiter tonnant ».

En 1878, il épouse Élisabeth de Riquet de Caraman (1860-1952). Ils auront une fille, Élaine (1882-1958), qui épousera Armand de Gramont.

À Paris, les Greffulhe habitent un hôtel particulier au 8, rue d'Astorg, au milieu d'un vaste complexe d'hôtels et d'immeubles de rapport appartenant à la famille, que les Parisiens surnomment « le Vatican ». De septembre à janvier, ils passent le plus clair du temps dans leur château de Bois-Boudran, près de Melun (Seine-et-Marne), où le comte s'adonne à la chasse à courre et à la chasse à tir. La comtesse Greffulhe, connue pour sa grande beauté, tient un salon où se réunissent le gratin de l'aristocratie, des peintres et des musiciens et le cousin de la comtesse, Robert de Montesquiou. Le comte n'appréciait pas ces réunions d'esthètes, qui avaient lieu le plus souvent en son absence, car le comte n'appréciait que quelques « cercleux ».

Élu député en 1889 sur une liste d'union, il ne se représente pas aux élections de 1893.

Henry Greffulhe se comporte en tyran domestique, exigeant de son épouse qu'elle soit toujours rentrée avant minuit, ne tolérant pas que sa femme et la sœur de celle-ci qui habitait avec eux (Geneviève de Caraman-Chimay, Mme Charley Pochet Le Barbier de Tinan), soient en retard pour le déjeuner : « Il déjeunait à midi, rapporte Jean Cocteau. Si les deux femmes rentraient en retard, il criait aux domestiques : "Ne servez rien à ces salopes ! Qu'elles crèvent !" Elles devaient cuisiner des restes sur un réchaud, dans leur chambre. "Ma femme, me disait Greffulhe, c'est la Vénus de Mélo." »[1]

Homme à femmes, il trompe sa fiancée avant même de l'avoir épousée. À la fin de sa vie, il sera largement dépouillé par sa maîtresse, la comtesse de La Béraudière, qui prétendra même, mais sans succès, mettre la main sur son héritage. Henry Greffulhe a été le principal et quasiment unique modèle de Marcel Proust pour le personnage du duc de Guermantes[2]

Selon un auteur anglais, la haute société de l'époque aurait prononcé son nom « Greffeuille »[3]. Toutefois, Robert de Montesquiou définissait sa cousine ainsi : « La comtesse Henry Greffulhe : deux regards noirs dans du tulle », la rime s'accordant mal ici avec l'éventualité d'un telle prononciation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Passé défini, Paris, Gallimard, 1983, p. 301
  2. Laure Hillerin, La comtesse Greffulhe, L'ombre des Guermantes, Flammarion, , pp.389-394 et 437-442
  3. George Painter, Marcel Proust, Paris, Mercure de France, 1966, p. 202.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laure Hillerin, La comtesse Greffulhe, L'ombre des Guermantes, Flammarion, 2014
  • William Howard Adams, En souvenir de Proust, Lausanne, Edita, 1985
  • Anne de Cossé-Brissac, La comtesse Greffulhe, Paris, Perrin, 1991
  • George Painter, Marcel Proust, Paris, Mercure de France, 1966, 2de édition 1992
  • « Henry Greffulhe », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]

Liens externes[modifier | modifier le code]