Mathurin Moreau

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Moreau.
Mathurin Moreau
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 89 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Distinctions

Mathurin Moreau, né à Dijon le et mort à Paris le , est un sculpteur français, renommé pour ses sculptures décoratives.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mathurin Moreau[1] est le fils du sculpteur Jean-Baptiste Moreau. Ses frères Hippolyte et Auguste sont également sculpteurs.

Il est admis à l’École des beaux-arts de Paris en 1841 dans les ateliers de Jules Ramey et d’Auguste Dumont. Il remporte le second prix de Rome en 1842 avec Diodème enlevant le Palladium. Il débute au Salon des artistes français en 1848 et s’y fait remarquer avec la statue L'Élégie.

Il obtient une médaille de seconde classe à l’Exposition universelle de 1855 à Paris, puis une médaille de première classe en 1878. En 1897, pour sa dernière participation au Salon, il est couronné par une médaille d'honneur.

Entre 1849 à 1879, Mathurin Moreau collabore avec la fonderie d’art du Val d'Osne et en devient l’un des administrateurs, mais il fournit également des modèles à la Compagnie des bronzes de Bruxelles, et expose à l’Union centrale des beaux-arts appliqués à l’industrie dans les années 1880.

En 1880, l'artiste reçoit une prime lors du concours pour l'érection d'un monument allégorique de La Défense de Paris au rond-point de Courbevoie[2], mais c'est à Louis-Ernest Barrias qu'est attribué la commande.

À partir de 1879 et jusqu’à sa mort, Mathurin Moreau est élu maire du 19e arrondissement de Paris où l'avenue Mathurin-Moreau, précédemment rue Priestley, porte ce nom en vertu de l'arrêté du . En tant qu'adjoint, il y a célébré de nombreux mariages.

Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1865 et promu officier du même ordre en 1885.

Il meurt le dans son domicile du no 15 passage du Montenegro dans le 19e arrondissement de Paris. Ses obsèques ont lieu à l’église Saint-Jean-Baptiste de Belleville et il est inhumé au cimetière des Lilas.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Fonte d’art[modifier | modifier le code]

Nymphe fluviale, détail de la fontaine de la place André-Malraux à Paris.

Dans le cadre de sa collaboration avec les fonderies du Val d’Osne, Moreau produisit une centaine de modèles d’objets décoratifs et de statues de série. Ils figurent dans le catalogue de ces ateliers[3]. On y trouve des candélabres et girandoles, des fontaines et vasques, des statues (La Fidélité, L’Union, Crépuscule, Aurore…), des torchères, des statues religieuses (Saint-Pierre, Saint-Joseph, Ange…) et des Vierges (Vierge de Rome, Vierge de Lourdes, Vierge Immaculée…), des monuments funéraires.

Ces objets d’art sont très répandus dans de nombreuses villes de France (en particulier les candélabres ou les fontaines) mais aussi en Amérique latine où Moreau est l’un des sculpteurs français qui a été le plus apprécié : c’est ainsi que Tacna au Pérou, Valparaíso, Buenos Aires, Salvador de Bahia, entre autres, possèdent des fontaines du Val d’Osne conçues de Mathurin Moreau. C’est également le cas des villes d’Ottawa, Genève ou de Liverpool.

  • Fontaine de Tourny, ces fontaines, dont les sculptures sont l’œuvre de Moreau, alors que l'agencement des sculptures et des ornements revient à Michel Joseph Napoléon Liénard, figurent sur le catalogue des fonderies d'art Barbezat du Val d’Osne et elles ont obtenu une médaille d’or à l’Exposition universelle de 1855 à Paris. En 1857 et 1858, deux d'entre elles ont été installées à Bordeaux sur les allées de Tourny : dédiées à l'univers marin, elles sont riches en personnages et symboles. Déposées en 1960, l’une a été restaurée et offerte à la ville de Québec alors que l’autre a été réinstallée à Soulac-sur-Mer[4]. Deux autres se trouvent dans la ville espagnole de Valence.
  • Fontaine d’Esterel-Plage, aménagée au rond-point de la Fontaine, a elle été offerte à la ville de Saint-Raphaël par Albert Planchar d'Argelet, marchand de biens parisien et promoteur du lotissement d'Estérel-Plage, le [5].
  • Fontaine Godillot à Hyères, érigée en 1898, elle a été entièrement rénovée en 1995[6],
  • Fontaine de la place du Théâtre-Français à Paris, côté rue de Richelieu. Bronze, 1874.
  • Fontaine de la place du marché à Pointe-à-Pitre, les aménagements d’une conduite d’eau potable, débutés en 1872 sont achevés l'année suivante et elle est inaugurée le en présence du gouverneur Couturier qui laissa son nom à la fontaine. La statuette qui surmonte les deux vasques, Jeune Fille à la corbeille, est l'œuvre de Moreau[7].
  • Fontaine, Genève, jardin anglais[8].
  • Vénus, fonte du Val d’Osne, Angers, jardin du Mail à l’entrée par l’avenue Jeanne-d’Arc.
  • L'Été, fonte du Val d’Osne, Lota, Parque Isadora Cousiño[9].

Statue[modifier | modifier le code]

L'Océanie, Paris, musée d'Orsay.
  • Fileuse, statue en marbre exposée au Salon de 1861, anciennement à Paris au musée du Luxembourg. Un exemplaire, datée de 1894 est conservée au Sénat et un autre au musée des beaux-arts d'Angers. Une réplique en bronze a été présentée à l'Exposition universelle de 1867 à Paris[10].
  • Studiosa, modèle en plâtre exposé au Salon de 1865 (h. 1,42 m) ; le marbre commandé par l’État est conservé au musée des beaux-arts de Marseille[11].
  • Cologne, 1864, h. 5,50 m, Paris, gare du Nord[12]. Les entablements de la façade sont surmontés de huit statues en pierre de grandes villes européennes dont Cologne de Moreau.
  • Cariatides, Paris, Opéra Garnier[13]. Le pavillon de la façade arrière comporte des portes monumentales, donnant accès au vestibule des voitures, qui sont encadrées de cariatides d'Élias Robert au sud, et de Mathurin Moreau au nord. Elles brandissent d’une main une palme de bronze tendue vers l’aigle impérial et maintiennent de l’autre une couronne de laurier.
  • Abondance, 1878, bas-relief sur la façade du pavillon de Marsan donnant sur le Carrousel au palais du Louvre à Paris.
  • Statue de Zénobe Gramme, bronze, Paris, cour du musée des arts et métiers. Moreau est également l’auteur de la statue du monument funéraire de Zénobe Gramme au cimetière du Père-Lachaise à Paris[14].
  • Daphnis et Chloé, groupe en marbre (h. 0,85 m), legs d'Alfred Chauchard en 1909, affecté au musée d'Orsay en 1986, localisé au Mobilier national en 2002.
  • Le Repos, le Sommeil, groupe en plâtre exposé au Salon de 1868, musée de Dijon[Lequel ?].
  • L’Océanie, Exposition universelle de 1878, cette statue fait partie d’un groupe d’allégories des six continents. Fondue par A. Durenne, elle est exposée depuis 1986 sur le parvis du musée d'Orsay à Paris.
  • Statue des Exilés, modèle plâtre, Salon de 1884, no 3765, acquis par l'État. En dépôt au musée du Havre, détruit en 1944 pendant la Seconde Guerre mondiale. Une édition réduite bronze (don de l'auteur, 1908) est conservée au musée des beaux-arts de Dijon[15]. La statue en marbre qui figurait dans les jardins du Carrousel à Paris a été déposée en 1964 et installée dans le parc au Chambon-Feugerolles en 1965.
  • Statue de saint Vernier[16] à Ornans, statue en fonte de fer sur une fontaine lavoir, dite fontaine du Seult. Le modèle de cette statue a été sculpté par Mathurin Moreau sous le titre Automne en 1866, et fondue par les Fonderies du Val d'Osne en 1880.
  • L’Agriculture, statue en fonte dorée (h. 1,87 m) sur la place aux foires du Faou. Inaugurée lors de la fête du comice agricole en 1884, l'œuvre a été déposée lors de l'aménagement de la place en 1993.
  • Marguerite d’Anjou et son fils, 1902, groupe en bronze, Angers, place de la Visitation. Envoyé à la fonte en 1942 sous le régime de Vichy.
  • L’Égyptienne, Miliana (Algérie), jardin public[17].
  • Torchère Égyptienne[18], Pondichéry (Inde), place de la gare.

Buste[modifier | modifier le code]

Monument[modifier | modifier le code]

  • Monument à Pierre-Toussaint Thévenot, buste en bronze, inauguré le dans la cour de l’École normale de Dijon. Sur le socle est inscrit : « Pierre-Toussaint Thévenot, officier de la Légion d’honneur, directeur de l’École normale de Dijon (1829-1868) »[20].
  • Monument à Jeanne d’Arc, groupe équestre en fonte, œuvre de Pierre le Nordez qui a modelé le cheval alors que l’héroïne est de Mathurin Moreau. Comme toutes les statues de ces deux sculpteurs, elle a été fondue par la fonderie du Val d'Osne (Haute-Marne). Ce modèle figure à Montebourg, elle a été donnée par Mgr Le Nordez, évêque de Dijon, à sa ville natale et inaugurée en octobre 1899. Une autre statue équestre de Jeanne d’Arc, par les mêmes artistes, se trouve à Alise-Sainte-Reine près de l’embranchement de la route d’accès au mont Auxois, elle est datée de 1901[21]. Il y en existe également à proximité du sommet du Ballon d’Alsace, inaugurée en septembre 1909. Le Monument aux morts de Gandrange[22] est orné d’une statue similaire. De fait, il existe des dizaines d'exemplalres de cette statue, dont Saint-Germain-sur-Moine (Maine et Loire). La statue (don du maire) installée le fut inaugurée en tant que Monument aux morts sur la place du Château de Mondement le .
  • Monument à Sadi Carnot, 1899, Dijon, place de la République. Monument dû aux sculpteurs dijonnais Moreau et Paul Gasq, et à l'architecte Félix Vionnois.
  • Monument à Pierre Joigneaux, 1898, Beaune, square des Lions. Le groupe est composé d'une colonne supportant le buste de Pierre Joigneaux. À gauche, une jeune femme personnifiant la Côte-d'Or et tenant une palme se tourne vers le buste. Un comité central est créé en 1893 à Paris pour l'érection du monument, sous la présidence de M. Mazeau, sénateur de la Côte-d'Or. Le groupe réalisé par Mathurin Moreau est exposée au Salon des beaux-arts à Paris en 1897. Le piédestal est édifié en 1898 par E. Louvain et Cie, maîtres carriers et entrepreneurs à Comblanchien d'après le devis dressé le par M. Deschamps, architecte de la ville de Beaune. Le monument fut inauguré le [23].

Statuette et objet d'art[modifier | modifier le code]

Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (octobre 2017)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.
  • Fée aux fleurs, plâtre au Salon de 1852, puis en bronze au Salon de 1853.
  • La Liseuse, bronze fondu par les établissements Colin.
  • la Reconnaissance, bronze.
  • L’Enfant à l’oiseau, statuette en albâtre.
  • Jeune femme avec son enfant, bronze.
  • L’Éducation d’Achille, vase d’ornement exécuté en collaboration avec l'ornemaniste Auguste Madroux, il est offert par Napoléon III au cercle des patineurs pour le prix du concours international de tir aux pigeons organisé par le cercle en 1867. Réalisé par la Maison Christofle. Acquis par les musées nationaux en 1982, il est conservé à Paris au musée d’Orsay[24].
  • Mathurin Moreau créa également des lampes électriques à une ou trois ampoules avec statuette signée par lui.

Élèves[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :