Anna Gould

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Anna Gould
Anna Gould.jpg

Anna Gould, portrait par Carolus-Duran.

Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
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Père
Fratrie
Helen Miller Shepard (en)
Edwin Gould I (en)
George Jay Gould I
Frank Jay Gould
Howard Gould (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoints
Enfants

Anna Gould, née en 1875 et morte à Paris en 1961, comtesse Boniface de Castellane, puis duchesse de Talleyrand et princesse de Sagan, est une héritière américaine qui fit partie du gratin mondain de la Belle Époque.

Biographie[modifier | modifier le code]

Seconde fille de Jay Gould (1836-1892), magnat américain des chemins de fer, elle est d'abord fiancée à l'acteur américain Frank Woodruff, mais elle renonce à ce mariage, sur les instances de son frère aîné George, et épouse le à New York le comte Boniface de Castellane, dit Boni, rencontré au printemps 1894 à Paris chez Fanny Read, amie de la famille Gould.

Petite, grassouillette, dotée d'un faciès simiesque[1] et d'un caractère renfrogné, mais à la tête d'une fortune personnelle de 15 millions de dollars (soit plus de 440 millions de dollars de 2015[2]), Anna Gould s'attire le mot fameux : « elle est surtout belle vue de dot ». Le couple s'installe à Paris la même année, d'abord au 9, avenue Bosquet. Il voyage en Angleterre. Trois garçons – Boniface, Georges et Jason (Jay) – naissent en 1897, 1898 et 1902.

Le mariage, d'intérêt et non d'amour, ne fut jamais heureux. Boni se mit à dépenser l'argent de sa femme avec élégance, mais sur une échelle colossale, alors que celle-ci dépensait en nombreuses toilettes : Redfern, Agnès ou plus tard Chanel font partie de sa garde-robe[3]. En , on posait la première pierre du palais Rose, nouvelle résidence des Castellane construite par Ernest Sanson, à l'angle de l'avenue du Bois (aujourd'hui avenue Foch) au numéro 50 et de l'avenue de Malakoff, où les Castellane s'installeront en 1902 (malgré une campagne en sa faveur, le palais est malheureusement détruit en 1969 pour réaliser une opération immobilière), palais dont Anna Gould confiera la gestion des visites par la presse au journaliste et avocat Paul Parsy représentant ses intérêts en France. En 1897, le couple achete un magnifique trois-mâts, le Walhalla, qui réclamait un équipage de 90 hommes, sur lequel il effectua une croisière en Norvège et en Russie. En 1899, Anna Gould acquit le château du Marais en Essonne, avec 1 200 hectares de terre, et le château de Grignan dans la Drôme. Boni transforma ces résidences et les garnit des meubles et des tableaux les plus rares.

Dessin illustrant l'ambiance burlesque du divorce d'Anna Gould et Boni de Castellane.

Les excentricités dispendieuses de Boni finirent par inquiéter la famille Gould. Et Anna, dont Boni de Castellane présentait la chambre avec un ton de guide de musée sous les commentaires du type : « voilà le revers de la médaille », ou pire encore : « voilà la chapelle expiatoire », se lasse des frasques de son mari volage autant que de ses dépenses immodérées. En , Anna demanda la séparation de corps et le divorce fut prononcé le . Boni de Castellane demanda à Rome l'annulation de son mariage, qu'il obtint en 1924.

Anna Gould se remaria civilement le avec un cousin de son premier mari, Hélie de Talleyrand-Périgord, prince de Sagan (1859-1937). Ce mariage fut parfaitement heureux. Le couple eut deux enfants : Howard (1909-1929), duc de Sagan par renonciation de son père (il se suicide avenue Foch en 1929 à la suite d'une peine de cœur[4]), est mort sans alliance ; Helen-Violette (1915-2003), duchesse de Sagan, mariée au comte James de Pourtalès en 1937, d'où postérité, puis à Gaston Palewski (1901-1984).

Devenue veuve en 1937, Anna Gould retourne aux États-Unis en 1939, se partageant entre l'hôtel Plaza à New York et la résidence des Gould dans la vallée de l'Hudson, Lyndhurst, qui avait appartenu à sa sœur Helen jusqu'à sa mort en 1938.

À la fin de sa vie elle s'attache à la restauration du château du Marais, où elle avait souhaité mourir[5]. Mais c'est aux États-Unis, où elle est retournée depuis quatre mois, qu'elle meurt le . Elle est enterrée au cimetière de Passy à Paris.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le , Boni, « très dandy, très blond, encore vert, trop vert, très charmeur, trop poupée et très grand seigneur », Anna, « petite, difforme, dont le corps a la ligne d’une gourde, et en place de nez une pomme de terre vineuse », et son nouveau mari qui « traîne ce grand air respectable et plein d’aménité de l’homme qui a fait les cent coups », entrent à trois minutes d’intervalle dans la galerie du grand antiquaire René Gimpel, rue La Boétie à Paris. D'après Journal d'un collectionneur marchand de tableaux, Calmann-Lévy, 1963, page 2.
  2. (en) Comparator to Compute the Relative Value of a U.S. Dollar Amount – 1774 to Present. sur le site MeasuringWorth.com
  3. Sophie Grossiord, « La robe du soir Oiseau de Paradis », dans Olivier Saillard et Anne Zazzo, Paris Haute Couture, Paris, Skira, , p. 127
  4. Vanina Prélat L'Hermitier et Jean-Baptiste Roques, « Splendeurs et misères de l'avenue Foch », Vanity Fair n°38, août 2016, pages 96-103.
  5. source : Claude Frégnac, L'Île-de-France des châteaux, Hachette Réalités, 1977, page 121

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