Descendance de la reine Victoria

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Article principal : Victoria du Royaume-Uni.
La reine Victoria du Royaume-Uni (1819-1901)

La descendance de la reine Victoria désigne ici l'ensemble des nombreux descendants de la reine Victoria du Royaume-Uni (1819-1901), et de son mari Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (1819-1861).

Leurs descendants, par de nombreux mariages et alliances, ont rejoint plusieurs cours royales européennes, au moins jusqu'à la Première Guerre mondiale, d'où le surnom de « grand-mère de l'Europe » donnée à la reine Victoria : en effet, certains de ses descendants sont aujourd'hui les monarques du Royaume-Uni, de Norvège, de Suède, de Danemark et d'Espagne (en les personnes d'Élisabeth II du Royaume-Uni, Harald V de Norvège, Charles XVI Gustave de Suède, Margrethe II de Danemark et Felipe VI d'Espagne), ou ont été par le passé monarques de Grèce (Constantin II de Grèce) et de Roumanie (Michel Ier de Roumanie), ou ont fourni d'anciens monarques en Allemagne, en Russie et en Yougoslavie, et divers autres descendants dans des familles nobles européennes.

La reine Victoria et Albert de Saxe-Cobourg-Gotha ont eu, de leurs vivants ou après leurs décès, 9 enfants, 42 petits-enfants, 87 arrière-petits-enfants, 142 arrière-arrière-petits-enfants, 302 arrière-arrière-arrière-petits-enfants, plus de 400 arrière-arrière-arrière-arrière-petits-enfants, etc. En 1997 et 2011, deux décomptes ont dénombré respectivement 816 et 1087 descendants du couple royal, vivants ou décédés[1],[2], dont les lignées sont aujourd'hui géographiquement dispersées, non seulement dans toute l'Europe, mais aussi dans le monde entier : Australie, Afrique du Sud, États-Unis, Brésil, etc.[réf. souhaitée]

Enfin, cette descendance présente aussi une particularité notable en génétique, car elle illustre un cas notoire de transmission du gène responsable de l'hémophilie, et hérité, vraisemblablement par une mutation génétique, de Victoria elle-même[3].

La « grand-mère de l'Europe »[modifier | modifier le code]

Par des mariages et des alliances politiques, certains descendants de la reine Victoria ont rejoint plusieurs cours royales européennes des XIXe et XXe siècles, surtout jusqu'à la Première Guerre mondiale, d'où le surnom de « grand-mère de l'Europe » donnée à la reine. En effet, par le passé, Victoria a été l'ancêtre de :

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Aujourd'hui, la reine Victoria est ainsi l'ancêtre de :

Elle est aussi l'ancêtre de :

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Elle est également l'ancêtre de :

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Enfin, Victoria a également eu divers autres descendants dans les familles nobles de Prusse, d'Oldenbourg, de Hanovre, de Savoie-Aoste, de Hesse-Cassel, de Battenberg et Mountbatten, de Bade, de Hesse-Darmstadt, de Saxe-Cobourg-Gotha, de Habsbourg-Toscane, de Leiningen (Linange), de Hohenzollern, de Hohenlohe-Langenbourg, de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksbourg, d'Orléans, de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg, de Bourbon (d'Espagne), etc.

Si Victoria est la « grand-mère de l'Europe », il convient tout de même de relativiser car elle n'est pas l'ancêtre de certains autres souverains européens actuels : en effet, Willem-Alexander des Pas-Bas, Philippe de Belgique, Henri de Luxembourg, Albert II de Monaco et Hans-Adam II de Liechtenstein ne descendent pas de la reine Victoria, pas plus que d'autres prétendants à d'anciens trônes européens, d'Albanie (Leka Zogu), d'Autriche-Hongrie (Charles de Habsbourg-Lorraine), de Bulgarie (Siméon II de Bulgarie), de France (Henri d'Orléans, Jean-Christophe Napoléon), de Géorgie (Davit Bagration-Mukhranski), d'Italie (Victor-Emmanuel de Savoie), de Lituanie (Karl Anselm d'Urach), de Monténégro (Nikola Petrović-Njegoš), de Portugal (Duarte Pio de Bragança), de Russie (Dimitri Romanovitch de Russie), etc.

Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (1819-1861), époux de Victoria[modifier | modifier le code]

Le prince consort Albert de Saxe-Cobourg-Gotha
(1819-1861),
époux de la reine Victoria
Article détaillé : Albert de Saxe-Cobourg-Gotha.

Par respect de la hiérarchie – car la reine, c'était elle –, on oublie parfois que les enfants de Victoria ont aussi un père, issu d'une principauté comme le Saint-Empire romain germanique a su les conserver. Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (1819-1861) est le cousin germain de Victoria puisqu'il est le deuxième fils d'Ernest Ier de Saxe-Cobourg-Gotha (1784-1844), frère aîné de la mère de la reine, Victoria de Saxe Cobourg-Saalfeld (1786-1861). La maison de la famille royale britannique jusqu'à la présente souveraine Élisabeth II est donc la maison de Saxe-Cobourg-Gotha, rebaptisée maison de Windsor en 1917 à cause des nécessités nationalistes lors de la Première Guerre mondiale.

Le mariage très heureux de Victoria et d'Albert (qui a lieu en 1840) prend fin en 1861, à la mort du prince consort, laissant une veuve inconsolable et neuf orphelins de père.

Les enfants de Victoria et d'Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, et leurs descendances[modifier | modifier le code]

Quatre fils et cinq filles sont nés du mariage de la reine Victoria du Royaume-Uni et d'Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, de 1840 à 1857 :

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Tous les enfants du couple ont atteint l'âge adulte, ce qui est assez rare au milieu du XIXe siècle, même au sein d'une famille royale. De plus, quatre des enfants de Victoria seront, quant à eux, confrontés à la mort de leurs propres enfants avant l'âge adulte.

Victoria du Royaume-Uni (1840-1901)[modifier | modifier le code]

Victoria Mary Adelaide Louise du Royaume-Uni (1840-1901), surnommée « Vickie » ou « Vicky », enfant préférée de la reine et appelée à un grand avenir par le désir maternel, est mariée en 1840 au meilleur parti européen de l'époque : l'héritier du royaume de Prusse, le kronprinz Frédéric, futur Frédéric III d'Allemagne (1831-1888), fils de Guillaume Ier d'Allemagne (1797-1888) et d'Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach (1811-1890). La défaite de Napoléon III en fait l'héritière du nouvel Empire allemand en 1871 puis l'impératrice en 1888. Elle ne jouit cependant de ce titre que du 9 mars au , date du décès de son mari. Le reste de sa vie est notamment partagé entre les humiliations que son fils Guillaume II d'Allemagne (1859-1941) lui fait subir et la rédaction d'une ample correspondance avec sa famille.

Frédéric III d'Allemagne
(1831-1888),
époux de Victoria du Royaume-Uni

Victoria du Royaume-Uni et Frédéric III d'Allemagne ont huit enfants :

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Trois personnes de cette descendance méritent l'attention du point de vue généalogique :

Le deuxième fils de Victoria-Louise de Prusse (1892-1980), Georges-Guillaume de Hanovre (1915-2006), épouse également une princesse grecque, Sophie de Grèce (1914-2001), fille du prince André de Grèce (1882-1944) et sœur du prince Philippe de Grèce (1921) (rebaptisé Mountbatten et fait duc d'Édimbourg en contractant mariage avec Élisabeth II du Royaume-Uni (1926)). Leurs enfants Welf de Hanovre (1947-1981), Georg de Hanovre (1949) et Friederike de Hanovre (1954) sont donc les cousins germains des princes Charles, Anne, Andrew et Edward du Royaume-Uni, les enfants d'Élisabeth II.

Le troisième enfant de Victoria du Royaume-Uni et de Frédéric III d'Allemagne, le prince Henri de Prusse (1862-1929), épouse en 1888 une autre petite-fille de la reine Victoria en la personne d'Irène de Hesse-Darmstadt (1866-1953), fille d'Alice du Royaume-Uni (1843-1878), présentant le premier cas chronologique de mariage consanguin dans la descendance de la reine.

Le cinquième enfant de Victoria du Royaume-Uni et de Frédéric III d'Allemagne, Victoria de Prusse (1866-1929), est connue pour être la première de la famille de Prusse à ne pas hésiter à s'allier (en secondes noces) avec le roturier Alexandre Zoubkoff (1901-1936).

On trouve également Sophie de Prusse (1870-1932), qui apporte le sang prussien dans la famille royale grecque en épousant le roi Constantin Ier de Grèce (1868-1923). Elle lui donne, entre autres, trois fils qui deviennent rois de Grèce (Georges II (1890-1947), Alexandre Ier (1893-1920) et Paul Ier (1917-1981) déjà cité et mari de Frederika de Hanovre (1917-1981)), une fille Hélène de Grèce (1896-1982) qui devient reine de Roumanie en épousant un autre descendant de la reine Victoria, le roi Carol II de Roumanie (1893-1953), ainsi qu'une reine de Croatie, Irène de Grèce (1904-1974), épouse d'un duc d'Aoste, Aymon de Savoie-Aoste (1900-1948), propulsé roi de Croatie sous le nom de Tomislav II pendant la Seconde Guerre mondiale. Sa petite-fille Alexandra de Grèce (1921-1993) épouse le roi Pierre II de Yougoslavie (1923-1970), son autre petite-fille Sophie de Grèce (1938) épouse le futur roi Juan Carlos Ier d'Espagne (1938). À travers Irène de Grèce (1904-1974), Sophie de Prusse est par ailleurs la grand-mère de l'un des deux prétendants actuels au trône d'Italie, Amédée de Savoie-Aoste (1943), créant ainsi le lien généalogique entre la reine Victoria et la famille royale italienne. Quand on sait que ce dernier a épousé en premières noces Claude d'Orléans (1943), fille du « comte de Paris » Henri d'Orléans (1908-1999), on comprend mieux les liens entre les différentes familles royales européennes.

La descendance prussienne de Victoria du Royaume-Uni s'est donc unie dans toute l'Europe avec des citoyens britanniques, espagnols, français, italiens, grecs, yougoslaves, roumains, russes, suédois, voire américains. La princesse Stéphanie de Prusse (1966), arrière-arrière-petite-fille de Guillaume II d'Allemagne, va plus loin en épousant le Tanzanien Amadi Mbaraka Bao (1956), dont elle a quatre enfants.


Édouard VII du Royaume-Uni (1841-1910)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Édouard VII du Royaume-Uni.

La descendance d'Albert Édouard VII du Royaume-Uni (1841-1910), surnommé « Bertie », est la plus connue puisqu'elle détient toujours la couronne britannique : après lui, se succèdent ses héritiers directs : son fils George V (1865-1936), ses petits-fils Édouard VIII (1894-1972) et George VI (1895-1952), et enfin son arrière-petite-fille Élisabeth II (1926).

Alexandra de Danemark
(1844-1925),
épouse d'Édouard VII du Royaume-Uni

La belle-famille du roi présente un intérêt certain puisque son épouse, Alexandra de Danemark (1844-1925), est la fille du roi Christian IX de Danemark (1818-1906), surnommé le « beau-père de l'Europe », et de Louise de Hesse-Cassel (1817-1898). Alexandra de Danemark est aussi la sœur de Dagmar de Danemark (1847-1928) rebaptisée Marie Fedorovna dans la religion orthodoxe quand elle épouse le tsar Alexandre III de Russie (1845-1894) et qui est la mère du tsar Nicolas II de Russie. Alexandra de Danemark est encore la sœur du roi Frédéric VIII de Danemark (1843-1912), et celle de Guillaume de Danemark (1845-1913), devenu roi des Hellènes sous le nom de Georges Ier de Grèce. Sa dernière sœur Thyra de Danemark (1853-1933) épouse Ernest-Auguste II de Hanovre (1845-1923), le dernier prince régnant du Hanovre. En ajoutant ses propres frères et sœurs, cela contribue à faire d'Édouard VII du Royaume-Uni « l'oncle de l'Europe » – sa mère Victoria était déjà la « grand-mère de l'Europe » et son beau-père Christian IX de Danemark le « beau-père de l'Europe ».

Édouard VII du Royaume-Uni et Alexandra de Danemark ont six enfants :

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Parmi ces six enfants, outre George V du Royaume-Uni (1865-1936) et sa descendance royale britannique, mérite d'être citée Maud de Galles (1869-1938), mariée avec celui qui est ensuite devenu le roi Haakon VII de Norvège (1872-1957) alors qu'il n'était encore que le fils du roi de Frédéric VIII de Danemark (1843-1912). La lignée se poursuit jusqu'à nos jours avec Olav V de Norvège (1903-1991), puis l'actuel roi Harald V de Norvège (1937), son fils le prince héritier Haakon de Norvège (1973), et le jeune fils de ce dernier, Sverre Magnus de Norvège (2005).

La branche aînée issue de George V du Royaume-Uni (1865-1936) est restée en totalité au Royaume-Uni, ses membres épousant la noblesse locale, à quelques exceptions près :

Les autres trouvent alliance d'abord dans la petite ou grande noblesse anglaise et écossaise, qu'il s'agisse du duc d'York, futur roi George VI du Royaume-Uni (1895-1952), marié à Elizabeth Bowes-Lyon (1900-2002), puis de nos jours chez les commoners, comme par exemple le prince Charles de Galles (1948) qui est le premier héritier du trône à épouser une anglaise (Diana Spencer (1961-1997)) depuis le roi Jacques II d'Angleterre (1633-1701) en 1657, ou bien son fils aîné William de Cambridge (1982) qui a épousé une roturière, Catherine Middleton (1982).


Alice du Royaume-Uni (1843-1878)[modifier | modifier le code]

Alice du Royaume-Uni
(1843-1878)
Louis IV de Hesse
(1837-1892),
époux d'Alice du Royaume-Uni
Article détaillé : Alice du Royaume-Uni.

Alice Maud Mary du Royaume-Uni (1843-1878) a connu une vie tragique, marquée par l'hémophilie auquel ont échappé ses deux aînés, Victoria du Royaume-Uni (1840-1901) et Édouard VII du Royaume-Uni (1841-1910). Elle épouse Louis IV de Hesse (1837-1892), grand-duc de Hesse et du Rhin, chef de la famille des Hesse-Darmstadt, fils de Charles de Hesse-Darmstadt (1809-1877) et d'Élisabeth de Prusse (1815-1885). Alice meurt en 1878 à 35 ans de la diphtérie en soignant sa dernière fillette, Marie de Hesse-Darmstadt (1874-1878), morte la même année à l'âge de 4 ans. On dit qu'elle n'a pu résister à consoler son fils Ernest-Louis de Hesse-Darmstadt (1868-1937), lui aussi malade de la diphtérie : en lui annonçant la mort de sa petite sœur, elle l'a embrassé et a ainsi contracté la maladie.[réf. nécessaire]

Alice du Royaume-Uni et Louis IV de Hesse ont sept enfants :

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L'aînée, Victoria de Hesse-Darmstadt (1863-1950), épouse un cousin germain de son père, Louis de Battenberg (1854-1921), fils d'Alexandre de Hesse (1823-1888), lui-même frère de Charles de Hesse-Darmstadt (1809-1877), le père de Louis IV de Hesse. Alexandre de Hesse a contracté en 1851 une union morganatique avec Julia Hauke (1825-1895), créée princesse de Battenberg sans doute pour sauver les apparences. Le titre a été transmis aux enfants, créant ainsi la maison de Battenberg puis de Mountbatten.

En bonne petite-fille de la reine Victoria, Victoria de Hesse-Darmstadt s'installe en Angleterre et toute la famille est rebaptisée Mountbatten quand la germanophobie est la plus forte.

Victoria de Hesse-Darmstadt et Louis de Battenberg ont quatre enfants :

  1. Alice de Battenberg (1885-1969) mariée au prince André de Grèce (1882-1944), d'où Philippe de Grèce (Philip Mountbatten) (1921), époux d'Élisabeth II (1926). Outre Philippe, on listera Marguerite de Grèce (1905-1981), unie à un prince de Hohenlohe-Langenburg (Gottfried de Hohenlohe-Langenbourg (1897-1960)) avec descendance, Théodora de Grèce (1906-1969), mariée à Berthold de Bade (1906-1963), chef de la maison de Bade, d'où descendance, Cécile de Grèce (1911-1937), mariée avec le grand-duc Georges de Hesse-Darmstadt (1906-1937), et enfin Sophie de Grèce (1914-2001) déjà citée plus haut, mariée successivement à Christophe de Hesse-Cassel (1901-1943) et Georges-Guillaume de Hanovre (1915-2006).
  2. Louise de Battenberg (Louise Mountbatten) (1889-1965) qui est la seconde épouse du roi Gustave VI Adolphe de Suède (1882-1973) mais ils n'ont qu'une fille mort-née en 1925 ;
  3. George de Battenberg (George Mountbatten) (1892-1938), marquis de Milford Haven, marié à Nadejda Mikhailovna Romanova (1896-1963), et dont les arrière-petits-enfants se trouvent toujours au Royaume-Uni ;
  4. Louis de Battenberg (Louis Mountbatten) (1900-1979), amiral, comte de Birmanie, dernier vice-roi des Indes, assassiné avec un de ses petits-fils, Nicholas Knatchbull (1964-1979), sur son bateau dynamité par l'IRA.

Élisabeth de Hesse-Darmstadt (1864-1918), la seconde fille d'Alice du Royaume-Uni, a un destin similaire à celui de sa mère : elle épouse le grand-duc Serge Alexandrovitch de Russie (1857-1905), oncle du tsar Nicolas II de Russie et gouverneur de Moscou, qui est assassiné par un anarchiste pendant l'année pré-révolutionnaire de 1905. Elle verse alors dans le mysticisme, devient religieuse orthodoxe (elle a été élevée dans le protestantisme luthérien) et meurt atrocement en 1918, jetée vivante dans un puits de mine par les Bolchéviks.

Irène de Hesse-Darmstadt (1866-1963) devient princesse de Prusse en épousant un frère de Guillaume II d'Allemagne, Henri de Prusse (1862-1929).

Ernest-Louis de Hesse (1868-1937) prend le titre de grand-duc de Hesse et du Rhin à la mort de son père, devenant le grand-duc Louis V de Hesse, et le conserve jusqu'en 1918. Il est le dernier grand-duc. Il épouse une de ses cousines germaines, Victoria Mélita de Saxe-Cobourg-Gotha (1876-1936), fille de son oncle Alfred Ier de Saxe-Cobourg-Gotha (1844-1900). Mais Ernest-Louis est homosexuel tandis que son épouse possède le caractère bien trempé des petites-filles Saxe-Cobourg de la reine Victoria. S'ennuyant à Darmstadt, elle finit par s'enfuir, le divorce étant prononcé en 1901. Le grand-duc épouse en secondes noces la princesse Eleonore de Solms-Hohensolms-Lich (1871-1937), dont il a quatre enfants dont deux survivent :l'aîné Georges de Hesse-Darmstadt (1906-1937), meurt aussi en 1937, avec sa femme Cécile de Grèce (1911-1937), deux de leurs trois enfants et sa mère, leur avion s'écrasant en Belgique, alors qu'ils se rendent à Londres au mariage du Louis de Hesse-Darmstadt (1908-1968), frère de Georges.

Après un petit Frédéric de Hesse-Darmstadt (1870-1873) dit Frittie, mort à trois ans des suites d'une chute, fatale en raison de son hémophilie, et avant la petite Marie de Hesse-Darmstadt (1874-1878), morte à quatre ans de la diphtérie, nous trouvons le membre le plus célèbre de la famille, Alix de Hesse-Darmstadt (1872-1918), qui épouse le tsar Nicolas II de Russie (1868-1918) et devient impératrice de Russie, puis sainte de l'église orthodoxe après être exécutée sommairement dans le sous-sol de la villa Ipatiev à Iekaterinbourg, avec son mari le tsar déchu et ses cinq enfants.


Alfred Ier de Saxe-Cobourg-Gotha (1844-1900)[modifier | modifier le code]

Maria Alexandrovna de Russie
(1853-1920),
épouse d'Alfred Ier de Saxe-Cobourg-Gotha

Un regard aux contrées listées à la suite du nom d'Alfred Ier Ernest Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (1844-1900), deuxième fils de la reine Victoria, donne à penser que les membres de sa famille sont plutôt aventuriers et l'on aurait raison. Ses titres sont duc d'Édimbourg, comte d'Ulster et comte de Kent. Il épouse en 1874 Maria Alexandrovna de Russie (1853-1920), fille du tsar Alexandre II de Russie (1855-1881) et de Marie de Hesse-Darmstadt (1824-1880), et qui a le caractère souple des autocrates russes.

Alfred Ier de Saxe-Cobourg-Gotha et Maria Alexandrovna de Russie ont six enfants :

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Ils ont d'abord un fils, Alfred de Saxe-Cobourg-Gotha (1874-1899), dont la mort prématurée et tragique fait passer le titre de Saxe-Cobourg-Gotha au fils de Leopold d'Albany (1853-1884), Charles-Édouard de Saxe-Cobourg-Gotha (1884-1954), le titre étant soumis à la loi salique et la reine Victoria ayant demandé à son fils Arthur de Connaught et Strathearn (1850-1942) d'y renoncer pour lui et ses descendants.

Puis vient Marie de Saxe-Cobourg-Gotha (1875-1938). Son caractère aventureux se marque d'abord par un mariage avec un roi du bout du monde, en tout cas à cette époque, en tout cas pour une jeune Anglaise. Elle épouse en 1893 le prince héritier de Roumanie, Ferdinand de Hohenzollern (1865-1927), qui deviendra roi sous le nom de Ferdinand Ier de Roumanie. Elle se révèlera une souveraine fort active, défendant notamment les intérêts de la Roumanie à la conférence précédant le traité de Versailles et obtenant de substantiels aménagements territoriaux pour son pays d'adoption. Elle est mère de l'improbable roi Carol II de Roumanie (1893-1953), qui a le temps de faire un héritier mâle légitime (Michel Ier de Roumanie (1921)) à sa femme Hélène de Grèce (1896-1982), autre descendante de Victoria, entre ses départs inopinés pour l'étranger avec épouses (pas Hélène) ou maîtresses et ses retours crypto-dictatoriaux dans son pays. Le mariage de ses filles exprime autant de sens politique balkanique de sa part (d'où son surnom de « belle-mère des Balkans ») mais beaucoup moins de romantisme : sa première fille Élisabeth de Roumanie (1894-1956) épouse le roi Georges II de Grèce (1890-1947), sans postérité. Sa seconde fille, Marie de Roumanie (1900-1961) est envoyée à Belgrade pour épouser le roi Alexandre Ier de Yougoslavie (1888-1934), d'où une nombreuse descendance. Sa dernière fille, Ileana de Roumanie (1909-1991), épouse l'archiduc Antoine de Habsbourg-Toscane (1901-1987), d'une branche cadette de la maison des Habsbourg, d'où une nombreuse postérité qui a postulé un temps au titre de prétendant carliste au trône d'Espagne.

La deuxième fille d'Alfred Ier de Saxe-Cobourg-Gotha a une vie romanesque : Victoria Mélita de Saxe-Cobourg-Gotha (1876-1936) – Mélita parce que née à Malte – épouse d'abord son cousin germain Ernest-Louis de Hesse (1868-1937), grand-duc de Hesse, fils d'Alice du Royaume-Uni (1843-1878) (voir ci-dessus). Les rumeurs sur la sexualité de son mari seraient une des causes du divorce en 1901. En fait, elle est tombée amoureuse du grand-duc Cyrille Vladimirovitch de Russie (1876-1938), cousin germain du tsar Nicolas II de Russie. Ils ont quelques difficultés à faire admettre le divorce et le remariage à la cour impériale de Saint-Petersbourg, la tsarine n'étant autre qu'Alix de Hesse-Darmstadt (1872-1918), la sœur d'Ernest-Louis de Hesse. Cyrille et Victoria Mélita réussissent à s'enfuir de Russie lors de la Révolution russe. Ils ont trois enfants : Maria Kirillovna de Russie (1907-1951), mariée au prince Frédéric Charles de Leiningen (1898-1946), Kira Kirillovna de Russie (1909-1967), mariée à Louis-Ferdinand de Prusse (1907-1994), fils du Kronprinz Guillaume de Prusse (1882-1951), et Vladimir Kirillovitch de Russie (1917-1992), qui épouse la princesse Leonida Gueorguievna Bagration-Moukhranskaïa (1914-2010), de la famille royale de Géorgie. Leur fille Maria Vladimirovna de Russie (1953), épouse du prince Franz Wilhelm de Prusse (1943), réclame pour leur fils Georges (1981) (de Prusse, mais rebaptisé « de Russie ») le titre d'héritier de la couronne impériale russe.

La troisième fille d'Alfred Ier de Saxe-Cobourg-Gotha, Alexandra de Saxe-Cobourg-Gotha (1878-1942), épouse le 7e prince Charles Ernest de Hohenlohe-Langenbourg (1863-1950), dont elle a cinq enfants, le premier, Gottfried de Hohenlohe-Langenbourg (1897-1960), ayant épousé Marguerite de Grèce (1905-1981), la sœur aînée du prince Philippe de Grèce (Philip Mountbatten, duc d'Édimbourg) (1921).

La dernière fille d'Alfred Ier de Saxe-Cobourg-Gotha, Béatrice de Saxe-Cobourg-Gotha (1884-1966), fait un mariage original avec un catholique espagnol, le prince Alphonse d'Orléans (1886-1975), 5e duc de Galliera : du côté paternel, il est l'arrière-petit-fils du roi des Français Louis-Philippe Ier (1773-1850) et du roi Ferdinand VII d'Espagne (1784-1833) – du côté maternel il est le petit-fils de la reine Isabelle II d'Espagne (1830-1904), fille de Ferdinand VII, et comme Isabelle avait épousé son cousin germain le roi Charles IV d'Espagne (1748-1819) père de Ferdinand VII, ce dernier revient plusieurs fois dans l'ascendance d'Alphonse d'Orléans. Et quand on sait que la tante d'Alphonse, Mercedes d'Orléans (1860-1878), a épousé Alphonse XII d'Espagne (1857-1885), fils d'Isabelle II d'Espagne, on peut légitimement penser que, si ce n'est le drame de l'hémophilie, les filles de la lignée de Victoria mariées en Espagne apportent un peu de sang frais dans tous ces mariages consanguins.


Helena du Royaume-Uni (1846-1923)[modifier | modifier le code]

Helena du Royaume-Uni
(1846-1923)
Christian de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg
(1831-1917),
époux de Helena du Royaume-Uni
Article détaillé : Helena du Royaume-Uni.

Helena Augusta Victoria du Royaume-Uni (1846-1923), surnommée « Lenchen », épouse en 1866 Christian de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg (1831-1917), d'une famille lointainement apparentée à la famille royale danoise, fils de Christian-Auguste de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg (1798-1869) et de Louise Sophie Danneskjold-Samsøe (1797-1867).

Christian de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg et Helena du Royaume-Uni ont six enfants :

  • Christian Victor de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg (1867-1900)
  • Albert de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg (1869-1931)
  • Helena Victoria de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg (1870-1948)
  • Marie Louise de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg (1872-1958)
  • Harald de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg (1876-1876)
  • un fils mort-né de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg (1877-1877)
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Ils n'ont ensuite qu'une seule petite-fille naturelle, qui n'a pas de postérité.

L'aîné, Christian Victor de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg (1867-1900), surnommé « Christle », reste célibataire.

Le second, Albert de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg (1869-1931), duc titulaire de Schleswig-Holstein, chef de la Maison d'Oldenbourg, duc d'Augustenbourg, a une fille naturelle dont il admet la paternité au bout de 31 ans : Valerie Marie zu Schleswig-Holstein (1900-1953), dont on ne connaîtra jamais la mère (il aurait tout de même informé ses deux soeurs que la mère était « de noble naissance, peut-être une baronne von Wernitz »), et qui se marie d'abord avec Ernst Johann Wagner, puis avec Engelbert-Charles von Arenberg, dont elle n'a aucun enfant.

Helena Victoria de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg (1870-1948) reste célibataire.

Marie Louise de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg (1872-1958) épouse en 1891 Aribert d'Anhalt (1866-1933), mais n'ont pas d'enfant.

Enfin, Helena du Royaume-Uni a deux derniers enfants en 1876 et 1877, qui ne survivent pas : Harald (qui ne vit qu'une semaine) et un fils mort-né.

Louise du Royaume-Uni (1848-1939)[modifier | modifier le code]

Louise du Royaume-Uni
(1848-1939)
John Campbell
(1845-1914),
époux de Louise du Royaume-Uni
Article détaillé : Louise du Royaume-Uni (1848-1939).

La princesse Louise Caroline Alberta du Royaume-Uni (1848-1939), est l'artiste de la famille. Personnalité originale, elle aime et protège les arts, fait apprentissage et œuvre de sculptrice, et se déclare ouvertement libérale, en opposition au Parti conservateur, et féministe. Elle fonde à Ottawa un organisme destiné à aider et protéger les artistes, qui deviendra l'Académie royale des arts du Canada.

Peintre et sculptrice, elle est aussi le premier membre de la famille royale depuis les débuts de l'époque Tudor à épouser un noble britannique en 1871, en l'occurrence un Écossais, John Campbell (1845-1914), marquis de Lorne, 9e duc d'Argyll, et 4e gouverneur général du Canada de 1878 à 1883, fils de George Campbell (1823-1900), 8e duc d'Argyll, et d'Elizabeth Leveson-Gower (1824-1878). le couple partage le même amour des arts, mais vivent souvent séparément.

Louise du Royaume-Uni et John Campbell n'ont pas d'enfant. C'est la seule des neuf enfants de la reine Victoria à ne pas avoir de descendance. John Campbell a lié des amitiés avec des hommes soupçonnés d'être homosexuels, ce qui laisse bien des questions quant à son mariage avec Louise, et des rumeurs de bisexualité ou d'homosexualité.

Arthur de Connaught et Strathearn (1850-1942)[modifier | modifier le code]

Louise-Margareta de Prusse
(1860-1917),
épouse d'Arthur de Connaught et Strathearn
Article détaillé : Arthur de Connaught et Strathearn.

Arthur William Patrick Albert de Connaught et Strathearn (1850-1942) a une vie particulièrement longue de 92 ans. Il se marie avec Louise-Margareta de Prusse (1860-1917), fille de Frédéric-Charles de Prusse (1828-1885) et de Maria Anna von Anhalt-Dessau (1837-1906).

Arthur de Connaught et Strathearn et Louise-Margareta de Prusse ont trois enfants :

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Margaret de Connaught (1882-1920), surnommée « Daisy », crée le lien avec les familles royales de Suède et de Danemark en épousant le futur roi Gustave VI Adolphe de Suède (1882-1973). De leurs six enfants, l'aîné, le prince héritier Gustave-Adolphe de Suède (1906-1947) meurt avant son père mais ale temps d'avoir cinq enfants de sa femme Sybille de Saxe-Cobourg-Gotha (1908-1972) (de la lignée de Leopold d'Albany (1853-1884), huitième enfant de la reine Victoria, voir plus bas). Le dernier de ceux-ci est l'actuel roi de Suède, Charles XVI Gustave de Suède (1946). La troisième enfant et fille unique de Margaret de Connaught, Ingrid de Suède (1910-2000), devient reine du Danemark en épousant le roi Frédéric IX de Danemark (1899-1972), d'où la reine actuelle, Margrethe II de Danemark (1940) et Anne-Marie de Danemark (1946), ancienne reine des Hellènes, épouse de l'ancien roi Constantin II de Grèce (1940). Par ce dernier mariage, on retrouve la partie grecque de la famille de Danemark que nous avons rencontrée dans la descendance de Victoria du Royaume-Uni (1840-1901), via Frederika de Hanovre (1917-1981), mère de Constantin II de Grèce.

Le deuxième enfant d'Arthur de Connaught et Strathearn, appelé Arthur de Connaught (1883-1938) comme son père, épouse une petite-fille d'Édouard VII du Royaume-Uni (1841-1910), Alexandra Duff (1891-1959), duchesse de Fife. Ils n'ont qu'un fils, Alastair de Connaught (1914-1943), mort prématurément en 1943, à l'âge de 29 ans.

La dernière enfant, Patricia de Connaught (1886-1974), surnommée « Patsy », reste au Royaume-uni en épousant Alexander Ramsay (1881-1972) et ils ont un fils, Alexander Ramsay of Mar (1919-2000), deux petites-filles et sept arrière-petits-enfants.


Leopold d'Albany (1853-1884)[modifier | modifier le code]

Leopold d'Albany
(1853-1884)
Hélène de Waldeck-Pyrmont
(1861-1922),
épouse de Leopold d'Albany
Article détaillé : Leopold d'Albany.

Chez Leopold George Duncan Albert d'Albany (1853-1884), titré duc d'Albany, se manifeste l'hémophilie familiale : il est chronologiquement le premier descendant de la reine Victoria a en être atteint. Cela ne l'empêche pas de se marier le avec Hélène de Waldeck-Pyrmont (1861-1922), fille de Georges-Victor de Waldeck-Pyrmont (1831-1893) et d'Hélène de Nassau (1831-1888), et sœur d'Emma de Waldeck-Pyrmont (1858-1934), la seconde épouse du roi Guillaume III des Pays-Bas (1817-1890).

Leopold d'Albany et Hélène de Waldeck-Pyrmont ont deux enfants :

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Alice d'Albany (1883-1981) épouse Alexandre de Teck (Alexander Cambridge) (1874-1957), comte d'Athlone, frère de Mary de Teck (1867-1953) (épouse du roi George V du Royaume-Uni (1865-1936)), d'où les familles Liddell-Grainger, Abel-Smith, Beaumont et Wise.

Charles-Édouard de Saxe-Cobourg-Gotha (1884-1954), né après la mort de son père, devient duc de Saxe-Cobourg-Gotha à la mort de son oncle Alfred Ier de Saxe-Cobourg-Gotha (1844-1900). Lors de la Première Guerre mondiale, il choisit de rester fidèle à l'Allemagne et se retrouve exclu de sa famille. Lui et son épouse Victoria-Adélaïde de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksbourg (1885-1970) ont cinq enfants, dont l'aîné, Jean-Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha (1906-1972), renonce à la succession des Saxe-Cobourg-Gotha pour contracter un mariage morganatique avec Feodora von der Horst (1905-1991). Après sa renonciation, son frère cadet Friedrich-Josias de Saxe-Cobourg-Gotha (1918-1998) devient le chef de famille. Une de leurs sœurs, Sybille de Saxe-Cobourg-Gotha (1908-1972), épouse le prince héritier Gustave-Adolphe de Suède (1906-1947) : elle est la mère de l'actuel roi Charles XVI Gustave de Suède (1946).


Béatrice du Royaume-Uni (1857-1944)[modifier | modifier le code]

Beatrice Mary Victoria Feodore du Royaume-Uni (1857-1944), la dernière enfant de la reine Victoria, naît presque 17 ans après sa sœur aînée Victoria du Royaume-Uni (1840-1901). À sa naissance, la reine Victoria et Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, mariés depuis 17 ans, ont 37 ans (ils en avaient 21 à la naissance de Victoria du Royaume-Uni).

Bien que la reine Victoria s'oppose catégoriquement au mariage de Béatrice, afin de pouvoir la garder toujours auprès d'elle pour ses vieux jours, différents prétendants sont avancés pour la princesse. L'un des plus sérieux est le prince impérial Louis-Napoléon Bonaparte (1856-1879), fils et héritier de l'empereur des Français Napoléon III (1808-1873), ce qui présume une illustre descendance impériale française pour la reine Victoria. Mais ce projet s'effondre lorsque le prince impérial est tué le en pays zoulou, en Afrique du Sud, où il avait intégré les troupes britanniques d'Afrique australe. Le journal intime de Victoria décrit sa douleur et celle de Béatrice : « Cette chère Béatrice, en pleurant à chaudes larmes comme je le fis moi aussi, me donna le télégramme ... Il allait faire jour et j'avais peu dormi... Béatrice était si affligée, tout le monde si abattu »[4].

Henri de Battenberg
(1858-1896),
époux de Béatrice du Royaume-Uni

Après divers autres projets de mariage avec d'autres prétendants, Béatrice se marie enfin le avec Henri de Battenberg (1858-1896), fils d'Alexandre de Hesse (1823-1888) et de Julia Hauke (1825-1895), et frère de Louis de Battenberg (1854-1921), époux de Victoria de Hesse-Darmstadt (1863-1950), fille d'Alice du Royaume-Uni (1843-1878) et donc nièce de Béatrice.

Henri de Battenberg et Béatrice du Royaume-Uni ont quatre enfants :

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Leur fils aîné, Alexandre de Battenberg (Alexandre Mountbatten) (1886-1960), créé 1er marquis de Carisbrooke, épouse Irene Denison (1890-1956), dont il n'a qu'une fille, Iris Mountbatten (1920-1982), mariée trois fois et qui a elle-même un seul fils Robin Alexander Bryan (1957), de son second mari, le guitariste de jazz américain Michael Neely Bryan (1916-1972). Robin Alexander Bryan est lui-même père de trois enfants.

Leur seule fille, Victoire-Eugénie de Battenberg (1887-1969), devient reine d'Espagne en épousant le roi Alphonse XIII d'Espagne (1886-1941) le . Ils ont sept enfants, cinq fils et deux filles. Alphonse XIII d'Espagne contraint ses deux fils aînés, Alphonse de Bourbon (1907-1938) et Jacques-Henri de Bourbon (1908-1975), à renoncer à leurs droits au trône espagnol en 1933 pour eux-mêmes et leurs enfants en raison de l'hémophilie (et du mariage) de l'aîné Alphonse et de la surdité du cadet Jacques-Henri. Ce sont des renonciations sous seing privé, sans aucun caractère officiel. La lignée de succession passe donc à leur petit frère Jean de Bourbon (Juan de Borbón y Battenberg) (1886-1941), autoproclamé « comte de Barcelone » en 1941, puis à son fils, le roi Juan Carlos Ier d'Espagne (1938), puis à l'actuel roi Felipe VI d'Espagne (1968). Dès 1949, Jacques-Henri conteste cette succession, mais son seul descendant, Louis de Bourbon (1974), duc d'Anjou, ne prétend plus qu'au trône de France.

Léopold de Battenberg (Léopold Mountbatten) (1889-1922), hémophile, meurt lors d'une opération de la hanche.

Maurice de Battenberg (1891-1914) est tué au début de la Première Guerre mondiale durant la première bataille d'Ypres.


Descendance de Victoria[modifier | modifier le code]

Descendants[modifier | modifier le code]

Mariages entre descendants de Victoria[modifier | modifier le code]

À ce jour, il y a eu 21 mariages entre descendants de la reine Victoria. Ces mariages sont classés ci-après par date. Pour faciliter la lecture, les titres ont été simplifiés et les mariés portent le nom le plus usité. Entre parenthèses, après chaque descendant, figurent leurs ascendants en remontant jusqu'à Victoria ; quand le père et la mère sont concernés, les deux ascendances sont indiquées.

On remarque notamment que la lignée d'Alice du Royaume-Uni (1843-1878), mariée à Louis IV de Hesse (1837-1892), grand-duc de Hesse-Darmstadt, est particulièrement présente : d'abord par son fils Ernest-Louis de Hesse (1868-1937), mariée à sa cousine germaine Victoria Mélita de Saxe-Cobourg-Gotha (1876-1936), puis à travers les cinq enfants de sa petite-fille, Alice de Battenberg (1885-1969), mariée au prince André de Grèce (1882-1944) : quatre ont épousé des cousins plus ou moins lointains, tel Philippe de Grèce (1921) marié à la reine Élisabeth II du Royaume-Uni (1926) ou bien sa sœur Sophie de Grèce (1914-2001), arrière-arrière-petite-fille de Victoria, qui a épousé successivement un arrière-petit-fils (Christophe de Hesse-Cassel (1901-1943)) puis un arrière-arrière-petit-fils (Georges-Guillaume de Hanovre (1915-2006)) de l'impératrice des Indes dans une autre branche de la famille. Une des petites-filles de la même Alice de Battenberg, Marguerite de Bade (1932-2013), est également concernée du fait de son mariage avec un prince yougoslave, Tomislav de Yougoslavie (1928-2000).

Descendance simplifiée de Victoria

L'hémophilie dans la descendance de Victoria[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hémophilie.
Article détaillé : en:Haemophilia in European royalty.

L'hémophilie, qui se caractérise par la difficulté du sang à coaguler, est portée par le chromosome X. Les hommes reçoivent de leur mère leur seul chromosome X. Donc si leur mère est porteuse, les fils ont une chance sur deux d'être hémophiles. En revanche les femmes possèdent deux chromosomes X, le premier venu de leur père et le second de leur mère. En conséquence, si elles reçoivent le gène déficient de leur mère, l'autre chromosome X reçu de leur père les protège contre la maladie. Les cas d'hémophilie féminine sont extrêmement rares.

Cette définition est illustrée clairement par le cas de Leopold d'Albany (1853-1884), fils de la reine Victoria. Il n'a pu recevoir son chromosome X que de sa mère. Dans la mesure où l'hémophilie est présente dans la descendance de certaines de ses sœurs (Alice et Béatrice), il est certain que cette hémophilie provient de Victoria. Aucune trace d'hémophilie n'a été trouvée chez les Saxe-Cobourg-Gotha jusque-là. Leopold d'Albany ayant épousé Hélène de Waldeck-Pyrmont (1861-1922), dont la famille ne présente pas non plus de cas d'hémophilie, c'est bien lui qui a transmis le gène déficient de l'hémophilie à sa descendance. Son fils Charles-Édouard de Saxe-Cobourg-Gotha (1884-1954), ayant reçu son chromosome X d'Hélène de Waldeck-Pyrmont, ne souffre pas d'hémophilie. Sa sœur aînée Alice d'Albany (1883-1981) porte fatalement le gène déficient puisqu'elle a hérité du chromosome X de son père Leopold d'Albany. L'autre chromosome X venant de sa mère saine, elle n'est pas malade mais seulement porteuse.

On trace donc le gène de l'hémophilie dans la descendance de trois des enfants de la reine Victoria.

Par ordre d'aînesse, la première, chez qui se manifeste la maladie, est Alice du Royaume-Uni (1843-1878), épouse de Louis IV de Hesse (1837-1892). Si leur fils aîné Ernest-Louis de Hesse (1868-1937) est sain, leur fils cadet Frédéric de Hesse-Darmstadt (1870-1873) est atteint et meurt des suites d'une chute en 1873, à trois ans. Chez leurs filles, Irène de Hesse-Darmstadt (1866-1953), épouse de son cousin Henri de Prusse (1862-1929), transmettra l'hémophilie à deux de ses trois fils, Waldemar de Prusse (1889-1945) et Henri de Prusse (1900-1904). La dernière fille Alix de Hesse-Darmstadt (1872-1918) passera le gène de l'hémophilie à son fils le tsarévitch Alexis Nikolaïevitch de Russie (1904-1918). Ses filles Olga, Tatiana, Maria et Anastasia étaient peut-être porteuses du gène déficient. On dit que la reine de Roumanie Marie de Saxe-Cobourg-Gotha (1875-1938), elle-même petite-fille de Victoria, refusa pour cette raison l'offre de fiançailles entre Olga et son fils le prince héritier Carol (1893-1953) (futur Carol II de Roumanie). L'histoire s'est chargée de résoudre ce problème potentiel.

Leopold d'Albany, mentionné ci-dessus, mourra à 31 ans après une vie de souffrances causées par la maladie. Il n'aura pas vu la naissance de son fils Charles-Édouard de Saxe-Cobourg-Gotha (1884-1954), qui ne peut porter le gène déficient. En revanche, sa sœur Alice d'Albany (1883-1981) est forcément porteuse du gène. Elle épouse Alexandre de Teck (1874-1957). Du mariage sont issus trois enfants, dont le dernier, Maurice de Teck (1910-1910), meurt bébé sans qu'on sache si la maladie est en cause. Le second, Rupert de Teck (1907-1928), est décédé à 21 ans après un accident automobile survenu en 1928 qui entraîna une agonie de quinze jours due à l'hémorragie. Sa sœur Marie de Teck (1906-1994) peut avoir hérité du gène par sa mère mais heureusement son fils Richard Abel Smith n'est pas hémophile (1933-2004). Ses filles en revanche peuvent être porteuses.

Le dernier enfant de Victoria chez qui on a la preuve de la présence du gène déficient est Béatrice du Royaume-Uni (1857-1944). Des quatre enfants issus de son mariage avec Henri de Battenberg (1858-1896), seul l'aîné Alexandre Mountbatten (1886-1960) est sain. Les deux autres fils Léopold Mountbatten (1889-1922) et Maurice de Battenberg (1891-1914) étaient hémophiles. La seule fille Victoire-Eugénie de Battenberg (1887-1969), était porteuse et transmit la maladie à trois des enfants qu'elle eut du roi Alphonse XIII d'Espagne (1886-1941) : l'aîné Alphonse de Bourbon (1907-1938), le quatrième mort bébé et le septième et dernier enfant Gonzalve de Bourbon (1914-1934) mort également des suites d'un accident de voiture qui aurait été sans gravité pour tout autre personne. Jacques-Henri de Bourbon (1908-1975) et Jean de Bourbon (1913-1993), les deux autres garçons, n'étant pas malades, ont forcément reçu de leur mère un chromosome X sain et n'ont donc pu transmettre la maladie. Les deux filles d'Alphonse XIII d'Espagne et de Victoire-Eugénie de Battenberg ont pu recevoir et transmettre le gène quoiqu'on ne trouve aucun descendant de Marie-Christine de Bourbon (1911-1996), la seconde, touché par la maladie. S'agissant de Béatrice de Bourbon (1909-2002), il se peut qu'un de ses petits-fils, issu de sa fille Olimpia Torlonia (1943), soit décédé à la suite d'« un problème sanguin », mais ce n'est pas avéré. Compte tenu des cas constatés et de l'histoire familiale de chacune des branches, si le gène devait subsister, ce serait probablement dans la descendance espagnole de Victoria qu'on pourrait peut-être encore le trouver.

En gras, les sujets hémophiles :

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marlene A Eilers, Queen Victoria's descendants, Falköping, Sweden, Rosvall Royal Books,‎ (OCLC 40502208)
  2. Allan Raymond, « Descendants of Queen Victoria – Statistics », sur Monarchies of Europe,‎ (consulté le 26 mai 2015) via Internet Archive
  3. (en) Hugo Iltis, « Hemophilia, “the royal disease” », Journal of Heredity, vol. 39, no 4,‎ , p. 113-116
  4. (en) Matthew Dennison, The Last Princess : The Devoted Life of Queen Victoria's Youngest Daughter, Weidenfeld and Nicolson,‎ (ISBN 9780297847946)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Marlene A. Eilers, Queen Victoria's Descendants, Rosvall Royal Books, 1997 (ISBN 91-630 5964-9)
  • (en) Marlene A. Eilers, Queen Victoria's Descendants Companion Volume, Rosvall Royal Books, 2004 (ISBN 91-973978-8-1)
  • (en) Patricia H. Fleming « The Politics of Marriage Among Non-Catholic European Royalty » dans Current Anthropology, vol. 14, n° 3, The University of Chicago Press, juin 1973
  • (en) D.M. Potts et W.T.W. Potts, Queen Victoria's Gene – Haemophilia and the Royal Family, Alan Sutton Publishing Limited, 1995 (ISBN 0-7509-0868-8)
  • (en) Jerrold M. Packard, Victoria's Daughters, St. Martin's Griffin, 1998 (ISBN 0-312-24496-7)
  • (fr) José-Alain Fralon et Thomas Valclaren avec Linda Caille, Les rois ne meurent jamais, Fayard, 2006 (ISBN 2-213-61581-0)
  • (fr) Frédéric Mitterrand, Les Aigles foudroyés, Robert Laffont, Paris, 1998 (ISBN 2221083385)
  • (en) Hannah Pakula, Queen of Roumania – The life of Princess Marie, grand-daughter of Queen Victoria, Eland, 1989 (ISBN 0-907871-91-7)
  • (fr) Maurice Paléologue, Le Crépuscule des tsars, Journal (1914-1917), Mercure de France, 2007 (ISBN 978-2-7152-2650-0)
  • (es) Ricardo Mateos Sainz de Medrano, La Familia de la Reina Sofίa, La Dinastίa griega, la Casa de Hannover y los reales primos de Europa, La Esfera de los Libros, Madrid, 2004 (ISBN 84-9734-195-3)
  • (en) Christopher Warwick, Ella, Princess, Saint & Martyr, Wiley, 2006 (ISBN 0-470-87063-X)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]